Israël isolé, la Palestine souveraine
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Que se passerait-il si la Palestine proclamait son indépendance? Ce ne sont ni des spéculations, ni un scénario tiré par les cheveux. C'est ce que Salam Fayyad, le Premier ministre palestinien, a promis s'il ne parvient pas à trouver un accord avec Israël.
D'ailleurs, à Washington et dans d'autres centres de pouvoir, une rumeur persistante laisse entendre que la déclaration d'indépendance de la Palestine est une possibilité réelle et imminente. Et que, étant donné l'isolation politique d'Israël sur le plan international, la détérioration de ses relations diplomatiques avec les Etats-Unis et la popularité de la cause palestinienne dans le monde, bon nombre de pays s'empresseraient de reconnaître le nouvel Etat palestinien.
La stagnation du processus de paix au Proche-Orient, l'absence d'une «feuille de route» crédible qui puisse donner un espoir de progrès dans les relations entre Palestiniens et Israéliens, la futilité des actions de George Mitchell, le médiateur américain pour le Proche-Orient nommé par Obama deux jours après son arrivée à la Maison Blanche et, surtout, la faiblesse politique du gouvernement israélien et de l'autorité palestinienne sont, entre autres, les conditions qui rendent plausible une déclaration unilatérale d'indépendance de la part des Palestiniens. Cela ne règlerait pas le conflit israélo-palestinien. Mais, de toute évidence, la situation serait différente.
Un facteur qui a contribué à rendre ce scénario possible est la fragmentation politique interne dont souffre Israël et les conséquences qu'elle comporte en termes d'isolation internationale. Théoriquement, la démocratie veut que les gouvernements représentent les points de vue et préférences du plus grand nombre. Dans la pratique, il n'est pas rare que le gouvernement s'attache plus à défendre des petits groupes d'intérêts qui font beaucoup de bruit et non à faire primer l'intérêt général.
Ainsi, un groupe politique peut acquérir une forte influence grâce à la passion de ses partisans, une influence non proportionnelle au nombre de ses militants. Cela a cours depuis bien longtemps déjà dans l'Etat hébreu, où des groupes religieux conservateurs, des colons ainsi que d'autres secteurs extrémistes font en sorte que leurs priorités, et non celles de la majorité, définissent les politiques du pays.
Un exemple récent: alors que le vice-président américain, Joe Biden, était en visite en Israël pour promouvoir les négociations avec la Palestine, le gouvernent israélien a annoncé et autorisé la construction de 1.600 nouveaux logements à Jérusalem-Est - une initiative plus que controversée et dénoncée à Washington. «En voyant cela, je me suis demandé si les leaders [d'Israël] croyaient vraiment qu'un Iran doté de bombes nucléaires menacerait la survie d'Israël», m'a confié un haut responsable de la Maison Blanche. «Nous sommes le principal allié d'Israël, et sans nous il ne pourra pas empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires. Mais pendant que nous nous efforçons de convaincre la Chine et la Russie de soutenir les sanctions que nous voulons infliger à l'Iran, les responsables politiques israéliens semblent ne s'intéresser qu'à faire construire plus de maisons pour quelques colons».
On peut faire une autre analyse de cet incident. Les colons et leurs représentants politiques ont simplement pris en otage la bureaucratie israélienne et réussi à l'amener à réaliser quasi aveuglément ses ambitions, sans prendre en compte les priorités nationales. Selon cette logique, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a été tout aussi surpris de l'annonce de ces nouvelles constructions que son interlocuteur, Joe Biden. Une minorité radicale passionnée pousse donc le pays dans une direction qui ne fait pas l'unanimité de la population laquelle, lassée de la politique et désillusionnée de ses dirigeants, se contente d'un incroyable succès économique national et de la réduction spectaculaire des attentats terroristes depuis l'érection d'un mur autour des territoires palestiniens. En somme, les Israéliens laissent des extrémistes qui ne les représentent pas définir le cap politique de leur pays.
Politiquement, Israël paye le prix d'une telle situation en étant de plus en plus isolé. Dans beaucoup de pays, soutenir l'Etat hébreu est synonyme de danger politique. Tandis que plaider la cause palestinienne est devenu bénéfique.
Pour toutes ces raisons, les Palestiniens sont tentés par une déclaration unilatérale d'indépendance; et cette initiative leur paraît viable. Ce geste dépasserait le simple symbole. Selon Daniel Levy, un Israélien qui a pris part à plusieurs négociations avec les Palestiniens, «le problème n'est pas la déclaration d'indépendance, c'est ce qui se passera le lendemain». Les Palestiniens resteraient divisés en deux factions ennemies. Par ailleurs, cela n'apporterait aucun progrès sur les trois points épineux de négociation avec Israël: la question des frontières, Jérusalem et le retour des réfugiés palestiniens. Sans compter que l'Iran conservera ses visées de contrôle sur la Palestine. En revanche, on peut être sûr qu'un tel événement engendrera la spécialité de cette minuscule région de la planète: des espoirs qui se transforment très vite en frustrations...
Moisés Naím
LIRE EGALEMENT SUR LA PALESTINE: Le spectre d'une troisième intifada, L'humour palestinien, baromètre de l'espoir, Les Palestiniens veulent que l'Onu proclame leur Etat, Israël-Palestine: deux Etats pour deux peuples.
Image de Une: Un garçon palestinien durant une manifestation contre le mur de séparation près de Tulkarem Mohamad Torokman / Reuters
Mis à jour le 01/05/2010 à 13h22










































Avec la volonté israélienne de coloniser progressivement et illégalement la Palestine, de façon à lui enlever toute viabilité économique, et sans la moindre réaction de l'Occident, une telle déclaration d'indépendance unilatérale aurait eu quelque sens il y a 3 ou 4 ans, aujourd'hui ce serait lettre morte, sauf à donner des espoirs sans lendemain aux Palestiniens!
Sari Nusseibeh, un des plus éminents intellectuels Palestiniens, diplômé de Harvard et d'Oxford, président de l'Université Al-Quds, n'a t-il pas déclaré il y a quelques mois: "Un état palestinien est impossible!"!
Permettez moi de contester fortement l'analyse de Moisés Naïm sur la situation politique israélo-palestinienne parue ce 1er mai dans Slate.
L'un des points centraux en est l'affirmation que la politique du gouvernement Netanyahu ne reflète pas la majorité de la population et que, de plus, elle ne répond pas à l'intérêt général.
C'est notoirement inexact : la coalition du gouvernement israélien représente la majorité des électeurs : malheureusement pour Moisés Naïm, les chiffres du scrutin sont incontestables et ne sont contestés par personne.
Et si l'on en vient aux sondages, qui n'ont rien de scientifiques, nous l'accordons, sur les trois points essentiels du désaccord entre le gouvernement israélien et les Palestiniens : Jérusalem, les frontières et le retour des réfugiés, les Israéliens, même s'ils ne votent pas pour les partis gouvernementaux, refusent en majorité écrasante le point de vue palestinien. Et sur ces trois points, les élus de Kadima également sont très loin d'adopter le point de vue palestinien.
En fait ceux qui sont en accord avec les positions palestiniennes sont très minoritaires et les électeurs qui les représentent sont moins de 100.000, en majorité dans la population israélo-palestinienne, ce qui est compréhensible au nom de la solidarité de l'oumma.
Le seul point majoritaire parmi les Israéliens est la séparation en deux Etats indépendants. Malheureusement, et contrairement à ce que les médias prétendent, l'accord pour deux Etats indépendants et pacifiques date de 1948 et ce, tout à fait officiellement ! Ce sont les pays arabes qui ont refusé le partage. En 1967, elle a été réitérée et la réponse arabe a été les "3 Non" de Khartoum. En 1995, Netanyahou, alors Premier ministre, avait déclaré que la situation raisonnable était "l'autonomie-plus" ou "l'Etat-moins", car le terrorisme palestino-arabe et le Front du refus ne permettaient pas d'aller plus loin.
Il ne fait aucun doute que les Palestiniens qui refusent la solution des deux Etats sont beaucoup moins nombreux que les Israéliens qui l'acceptent. Et il y a beaucoup plus, infiniment plus, de Palestiniens qui sont partisans de la Grande Palestine que d'Israéliens partisans du Grand Israël.
Vous dites que "le gouvernent israélien a annoncé et autorisé la construction de 1.600 nouveaux logements à Jérusalem-Est." C'est inexact et vous le savez puisque vous écrivez vous-mêmes que "le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a été tout aussi surpris de l'annonce de ces nouvelles constructions que son interlocuteur, Joe Biden. "
Il s'agit paraît-il d'un coup des "colons". Peut-être ne savez-vous pas que c'est Tzipi Livni et son équipe qui ont alerté Obama sur cette affaire : Caroline Glick, éminente responsable du Jerusalem Post, le raconte dans un long article de la rédaction, "La coalition israélienne pourObama" du 28 mars. Cela a permis à Obama de saisir l'occasion de mettre plus bas que terre Netanyahou qu'il déteste cordialement.
Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet. Par exemple «En voyant cela, je me suis demandé si les leaders [d'Israël] croyaient vraiment qu'un Iran doté de bombes nucléaires menacerait la survie d'Israël», m'a confié un haut responsable de la Maison Blanche. Il vaut mieux que ce "haut responsable" soit anonyme tellement c'est grotesque, et plus encore lorsqu'il affirme que sans les USA Israël ne peut attaquer l'Iran, alors que tout le monde sait, a lu et a écrit, que l'administration Obama (ainsi que Jimmy Carter et Zbignew Brzezinski) était prête à attaquer l'aviation israélienne si elle s'avisait à attaquer l'Iran sans l'accord d'Obama.
Ce qui est parfaitement exact dans cette analyse, c'est que la proclamation unilatérale d'indépendance de la Palestine ne règlerait en rien le problème.
Et permettez moi d'ajouter que le but de cette proclamation est de faire reconnaître l'Etat palestinien sans que les Arabes ne reconnaissent Israël. C'est peut-être là la grande manœuvre qui se prépare.
Quand Churchill a fait son fameux discours de défiance à Hitler en 1940 c'était un symbole. Ses paroles n'avaient abattu aucun avion, aucun sousmarin allemand mais le peuple l'avait entendu.
Quand De Gaulle a fait son appel du 18 juin presque personne en France n'a pu le suivre outre Manche. Mais le jour venu, la France a réagit.
Aujourd'hui, après tant d'années d'oppression pendant lesquelles leurs espoirs ont été bafoués, le peuple Palestinien verra toute la signification symbolique d'une déclaration unilaterale d'indépendance par la Palestine.
Et ils ne seront pas les seuls. Même 80% des Israéliens sont en faveur de la création d'un état palestinien. Sans parler de l'UE et la plupart des membres de l'ONU.
Et comment réagiront les USA, fidèle ami d'Israël d'antan mais aujourd'hui moins prêt à le suivre dans ses démarches illégales? Ils opposeraient leur fameux veto contre quoi?
Le moment est propice pour les Palestiniens. Mettre les nationas hésitants et surtout leurs adversaires devant le fait accompli.
Il me semble que l'Israël a fait pareil en 1945-47 avant la reconnaissance par l'ONU de sa démarche.
Pour une fois, Peter Wright, que vous avez posté quelque chose de plus ou moins sobre, hormis le fait que vous parlez "d'oppression" en occultant le terrorisme palestinien, je tenais tout de même à le souligner.
De facto, il y a aujourd'hui un État juif d'Israël, démocratique, laïc, multi-confessionnel et multi-ethnique et un peuple palestinien. La seule solution est un compromis territorial basé sur le principe de deux peuples, deux états. Cette solution est acceptée par plus de 80% des israéliens qui soutiennent ce compromis, chiffre que vous avez finalement fini par reconnaitre, vous progressez Peter Wright.
Regardez ce qui se passe de l'autre coté:Poll # (35) - March 2010
http://pcpsr.org/survey/polls/2010/p35e.pdf
If new presidential elections took • place today, Abbas would receive 50% and Ismail Haniyeh 40%
Performance of the Haniyeh’s • government is seen as good or very good by 39%.
(page 2)
50% support and 49% oppose • a mutual recognition of Israel as the state for the Jewish people and Palestine as the state for the Palestinian people after a peace agreement has been reached
(page 5)
Support for armed attacks against • Israelis stands at 47% and opposition at 50%.
(page 6).
Et encore le chiffre de 50% doit être un peu manipulé vu qu'il s'agit d'un institut de sondage de l'autorité palestinienne.
Voila le véritable problème, 50% des palestiniens n'ont toujours pas compris que seule une reconnaissance mutuelle solutionnera ce conflit et quand on sait ce qui est écrit dans la charte du Hamas on est quand même en droit de mettre en doute le désir de paix des Palestiniens, sans oublier non plus que l'article de la charte de l'OLP appelant à la destruction d' Israël n'a toujours pas été abrogé. C'est ce fantasme de la destruction d'Israël qui fait perdurer ce conflit, c'est l'idéologie mortifère du jihad et la culture de la glorification de la figure du "martyr" suicide qui tue au hasard qui est la cause des souffrances des Palestiniens.
Quelle seraient donc les conséquences d'une déclaration unilatérale d'indépendance des Palestiniens si elle aura lieu ?Pour Israël, aucune. Pour les Palestiniens cela signifiera certainement la fin du soutien économique israélien. http://mediterranee.typepad.fr/marketing/2009/12/la-croissance-%C3%A9conomique-palestinienne-de-jud%C3%A9e-samarie-est-exponentielle.html , en plus d'un probable gel total de toutes discussions.
Pour conclure, que voulez vous dire précisément par " Il me semble que l'Israël a fait pareil en 1945-47 avant la reconnaissance par l'ONU de sa démarche." ? Ne savez vous pas que ce qu'il est convenu d'appeler la " Palestine mandataire" était sous mandat britannique et que la déclaration déclaration d’indépendance de l’État d’Israël n'est intervenue qu'à compter de la fin du mandat britannique, à minuit, dans la nuit du 14 au 15 mai 1948, donc bien après le vot du 29 novembre 1947 de l'Assemblée générale des Nations unies qui adopta une résolution prévoyant la création d'un État juif indépendant ?
Je ne suis pas un expert en ce qui concerne le système électoral byzantin d'Israël mais selon les résultats publiés le parti gagnant était le Kadima - plutôt favorable à une solution raisonable du conflit Israélo-Palestinien (respect des frontières de 1967, partage de Jérusalem, arrêt des colonisations illégales) - qui est arrivé en tête ainsi :
Kadima : 28 mandats (758 032 voix) 23%
Likoud : 27 mandats (729 054 voix) 22%
Israël Beiténou : 15 mandats (394 577 voix) 12%
Travaillistes : 13 mandats (334 900 voix) 10%
Shass : 11 mandats (286 300 voix) 9%
Soit 43% a priori en faveur de la politique du gouvernement actuel et 33% contre. Puisque la participation n'était que de 65% on peut conclure qu'en fonction des dernières élections quelques 28% (65% X 43%) des électeurs éligibles soutiennent par leurs bullletins le gouvernement actuel.
On est loin de la "majorité écrasante " évoqué par Cohen-Tanugi Robert refusant les prises de positions Palestiniens.
Mr. Cohen-Tanugi Robert dirait à juste titre qu'on ne peut pas jouer ainsi avec des résultats d'une élection où la questions palestinienne n'était pas le seul enjeu.
Mais prétendre que le gouvernement agit, comme il laisse entendre, avec le plein soutien du peuple israélien est une exagération.
Il est temps que ce sujet se dépassionne et le départ de la scène politique des partis religieux et nationalistes israéliens, qui eux sont minoritaires dans le pays, serait un grand pas en avant.
Car la majorité des Israéliens et la majorité des Palestiniens sont fatigués par ces maneuvres d'un côté comme de l'autre. Sans parler du monde entier autour exaspéré par un conflit que deux grands politiciens de bonne volonté pourraient résoudre dans 5 minutes.
Hélas il n'y a aucun Mandela et aucun De Klerk en vue pour le moment.
Il n'est pas sur que Netanyahu soit sincère quand il dit qu'il est favorable à la création d'un état palestinien. Les conditions mises rendent cette création impossible. Il a fait ce pas récemment pour répondre à la pression internationale. La reconnaissance de cet état sera virtuelle tant que les israéliens continueront à coloniser la cis jordanie pour rendre la création de cet état impossible..
Si après tout cette déclaration unilatérale d'indépendance n'avait pas de conséquences vous, et d'autres, n'auriez aucune raison de vous en offusquer!
Bonjour iconoclaste07,
Que Netanyahu soit sincère ou pas c'est une question à laquelle ni vous ni moi ne pouvons répondre puisqu'il s'agit de son for intérieur, mais votre argument qu'il afficherait une pseudo acceptation d'un état palestinien "pour répondre à la pression internationale" ne tient pas la route, le fait qu'il ne plie pas devant l' ultimatum d'Obama concernant les constructions dans Jérusalem le démontre.
D'autre part, vous écrivez que "que les israéliens continueront à coloniser la cis jordanie", désolé ceci est inexact, Netanyahu a annoncé le 25 Novembre dernier le gel des constructions dans les colonies de Cisjordanie pour une période de 10 mois (un geste vis-à-vis de l’Autorité palestinienne destiné à développer la confiance entre les deux parties et à relancer les négociations de paix) ce moratoire s’applique à la construction d’implantations dans les colonies de la Cisjordanie, hormis l’achèvement de 3 000 logements qui était déjà en construction avant ce moratoire ainsi que celles dans les quartiers situés dans les limites municipales de Jérusalem d'après 1967.
Concernant votre denier point, d'autres ou moi-même ne nous offusquons pas d'une éventuelle déclaration unilatérale d'indépendance des Palestiniens, vous extrapolez sur ce que je n'ai pas écrit, si offusqué il y aura ce ne sera que le processus de paix.
Permettez moi une question, puisque vous semblez avoir un sens critique développé, aucune remarque tout comme Peter Wright sur les sondages d'opinions réalisés par l'Institut Palestinien de sondages en Cisjordanie ?
Ce n'est pas en lisant vos commentaires que j'avais appris que 80% des Israéliens sont en faveur d'un accord avec les Palestiniens mais j'avais bien noté que vous en aviez parlé dans un de vos commentaires précédents.
J'étais d'ailleurs agréablement surpris de lire que vous vous comptiez parmi eux. Ce n'est pas l'impression que donne l'ensemble de vos commentaires.
Si vous êtes Israélien, vous avez toutes les raisons au monde pour souhaiter une fin aux hostilités. L'avenir de votre pays en dépend.
Quant à moi, je n'ai aucune raison personnelle pour souhaiter une solution dans ce conflit - je ne suis ni Israélien ni Arabe (à la différence de ma femme qui est d'origine arabe).
Il est vrai qu'en 1947 un cousin ainé a sauté sur une bombe placé par un groupe terroriste juif, mais cet incident regrettable ne colore pas mes opinions. J'ai bien compris que les terroristes d'avant deviennent tous les héros d'après et les anciens terroristes israéliens ne font pas exception..
Avec vos connaissances vous êtes sûrement au courant de l'existence de ces terroristes dont certains sont par la suite devenus premiers ministres! Dans vos appréciations des mouvements indépendantistes palestiniens vous devriez davantage en tenir compte de ce phénomène qui caractérise la plupart des mouvement indépendantistes.
Ma position dans cette affaire est déterminée uniquement par un sentiment de justice bafouée - bafouée, qui plus est, par un peuple qui lui-même a été opprimé et qui a bénéficié (très tardivement je l'avoue) du soutien de la communauté internationale lors de la création d'Israël en 1948.
Ce peuple devrait être à la tête d'un mouvement en faveur des droits des palestiniens au lieu d'élire des gouvernements qui cherchent tous les prétextes imaginables (dont, en ce qui vous concerne, des prétextes bibliques) pour bloquer une telle évolution. Quelques soit les problèmes actuels et les précédents historiques, les faits sont que l'Israël moderne a été créé au dépens des gens qui vivaient paisiblement sur ces terres au moment de l'arrivée en masse des juifs d'Europe.
C'est cette immigration importante qui a constitué le fait accompli dont j'ai parlé dans mon commentaire.
Si j'étais Israélien je serais certainement parmi les 80% précité et je militerais, comme Eli Barnavi par exemple, en faveur d'une solution juste de ce conflit. Comme dans ma jeunesse j'ai milité contre l'apartheid en Afrique du Sud.
Toute ma vie (j'ai 68 ans) j'ai vécu l'histoire du conflit israélo-palestine. N'êtes-vous pas d'accord avec moi qu'il est bien temps que cela s'arrête pour qu'on puisse commencer à nous occuper des vrais problèmes du monde - la faim, la pauvreté, l'éducation et toutes les autres inégalités?
Si oui, cessez vos analyses bien partisanes de ce conflit. Et j'essaierais pour ma part de comprendre mieux les arguments historiques et religieux qui semblent dicter les prises de position d'un certain nombre influent de politiciens israéliens et vous-même.
Peter Wright,
Évidemment que je suis d'accord avec vous "qu'il est bien temps que cela s'arrête pour qu'on puisse commencer à nous occuper des vrais problèmes du monde - la faim, la pauvreté, l'éducation et toutes les autres inégalités"
Si nous sommes d'accord sur le chiffre de 80% d'israéliens favorables à la solution deux peuples deux états et si vous avez pris connaissance des sondages de l'institut de sondage de l'autorité palestinienne et que j'avais soumis à votre commentaire, ce dont vous vous êtes abstenu, ainsi que sur le contenu des chartes respectives du Hamas et de l'OLP, ne pensez vous pas qu'il faudrait élargir votre champ de réflexion et considérer leur signification et leur influence sur la stagnation de la situation ?
Je vous renvoie à ce qu'a écrit Robert COHEN TANUGI:
"Le seul point majoritaire parmi les Israéliens est la séparation en deux Etats indépendants. Malheureusement, et contrairement à ce que les médias prétendent, l'accord pour deux Etats indépendants et pacifiques date de 1948 et ce, tout à fait officiellement ! Ce sont les pays arabes qui ont refusé le partage. En 1967, elle a été réitérée et la réponse arabe a été les "3 Non" de Khartoum. En 1995, Netanyahou, alors Premier ministre, avait déclaré que la situation raisonnable était "l'autonomie-plus" ou "l'Etat-moins", car le terrorisme palestino-arabe et le Front du refus ne permettaient pas d'aller plus loin.
Il ne fait aucun doute que les Palestiniens qui refusent la solution des deux Etats sont beaucoup moins nombreux que les Israéliens qui l'acceptent. Et il y a beaucoup plus, infiniment plus, de Palestiniens qui sont partisans de la Grande Palestine que d'Israéliens partisans du Grand Israël."
Pourquoi n'avez vous pas non plus réagit à cela ?
Par ailleurs vous revenez encore sur ce que vous nommez "prétexte bibliques" vous pouvez adopter cette formulation si elle vous convient, pour moi et je vous l'avais déjà écrit il s'agit d'une mémoire identitaire, historique et culturelle, vous pouvez la nier, la railler mais elle n'a pu être effacée depuis deux millénaires, il semblerait donc qu'il ne s'agisse pas "d'un détail de l'histoire". Pour autant les sionistes qui ont construits Israël étaient plus que majoritairement des socialistes et des communistes athées.
Par conséquent ne pensez vous pas que la stigmatisation et la diabolisation des Israéliens telle qu'elle est assenée par leurs détracteurs, dont vous même, n'est pas aussi contre productif pour la cause que vous défendez et ne fait finalement que perdurer ce conflit ?
Un dernier point concernant votre réponse à Robert COHEN TANUGI.
Vous écrivez:
"le parti gagnant était le Kadima - plutôt favorable à une solution raisonable du conflit Israélo-Palestinien (respect des frontières de 1967, partage de Jérusalem, arrêt des colonisations illégales) -"
La position que vous présentez est erronée:
Programme de Kadima aux élections législatives de 2006
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kadima
La création d'un « État palestinien démilitarisé ne se livrant pas au terrorisme »
Le maintien du contrôle d'Israël sur l'ensemble de Jérusalem, y compris la partie orientale ;
Kadima définit également Israël comme le « foyer national du peuple juif » où « la majorité juive de la population doit être maintenue » ;
le retrait de certaines zones : « Nous devons abandonner une partie de la terre d'Israël pour établir un État juif et démocratique ».
Par ailleurs vous avez oublié dans votre décompte les partis suivants:
HaBayit HaYehudi: 9 sieges
Gil: 7 sieges
Yahadut Hatorah: 6 sieges
Par conséquent Robert COHEN TANUGI a tout à fait raison lorsqu'il écrit:
"les Israéliens, même s'ils ne votent pas pour les partis gouvernementaux, refusent en majorité écrasante le point de vue palestinien "
Contrairement à votre assertion:
"Mais prétendre que le gouvernement agit, comme il laisse entendre, avec le plein soutien du peuple israélien est une exagération."
Peter wright, ce n'est pas en regardant en arrière que l'on avance ,je vous l'ai écrit:
"De facto, il y a aujourd'hui un État juif d'Israël, démocratique, laïc, multi-confessionnel et multi-ethnique et un peuple palestinien. La seule solution est un compromis territorial basé sur le principe de deux peuples, deux états."
Tant que les palestiniens ne l'admettront pas, ils resteront les victimes d'eux-même.