Santé / Monde

Pourquoi le Japon a mis autant de temps à lancer sa campagne de vaccination?

Temps de lecture : 2 min

Les Japonais ont une confiance très limitée à l'égard des vaccins de manière générale.

Une soignante reçoit une dose de vaccin, 19 février 2021, Chiba, Japon. | Kazuhiro NOGI / AFP
Une soignante reçoit une dose de vaccin, 19 février 2021, Chiba, Japon. | Kazuhiro NOGI / AFP

Alors que les Jeux Olympiques 2020 (l'appelation ne sera pas changée) sont censés débuter au mois de juillet 2021 à Tokyo, le Japon est très en retard sur la vaccination de sa population contre le Covid-19. Pour le gouvernement japonais, la précaution est le maître mot.

Le Japon compte 126 millions d’habitants mais, à ce jour, seulement 18.000 doses du vaccin Pfizer-BioNTech ont été administrées, nous apprend CNN. Au même moment ce sont 68 millions de doses qui ont été administrées aux États-Unis et 7,7 millions en France.

Depuis le mois de janvier, le Japon subit une vague épidémique sans précédent qui met à mal son système de santé avec des centaines de nouveaux cas recensés chaque jour.

Le Premier Ministre Yoshihide Suga est sous pression pour que le nombre de contaminations soient réduites avant d'accueillir les JO. Dans le même temps, son gouvernement a pris presque deux mois supplémentaires par rapport aux autres grandes puissances mondiales pour approuver l’utilisation du vaccin Pfizer-BioNTech par souci de précaution.

Les vaccins et le Japon

Le 31 décembre, l’Organisation Mondiale de la Santé a approuvé l’utilisation du vaccin Pfizer-BioNTech, pourtant le Japon a attendu le 14 février, après un essai clinique national auprès de 160 volontaires –avec des résultats similaires aux essais internationaux– pour lancer la vaccination. L'essai rapide était assez scientifiquement discutable, étant donné l’échantillon restreint, mais nécessaire selon Taro Kono, le ministre en charge de la campagne vaccinal, pour rassurer les Japonais.

Au Japon, dont le système de santé est considéré comme l’un des plus performant du monde avec le plus de lits d'hôpitaux disponibles par habitant, la population est méfiante à l’égard des vaccins. Seuls 60% des Japonais s’y disent favorables selon une étude Ipsos. D'après d’autres sondages, ce serait même moins de la moitié de la population.

La méfiance des Japonais date. Dans les années 80, le vaccin combiné rougeole-oreillons-rubéole a été retiré après des cas de méningite aseptique apparus chez des enfants vaccinés. En 1992, le gouvernement a été rendu responsable des effets indésirables imputés à plusieurs vaccins par une décision de justice.

En 2013, alors que le vaccin contre le papillomavirus venait d’être approuvé au Japon, des vidéos diffusées sur YouTube montrant des jeunes femmes censées souffrir des effets secondaires du vaccin ont poussé le gouvernement à retirer leur programme de vaccination national, aujourd’hui seulement 1% des jeunes filles japonaises se feraient vacciner contre le papillomavirus.

Au Japon, les soignants des services Covid sont les premiers à recevoir les doses du vaccin Pfizer, la population âgée sera vaccinée en avril. Pour continuer de rassurer les Japonais, le gouvernement a demandé aux personnels soignants concernés de tenir un journal d’observation de leur état de santé pendant septs semaines et de signaler tout potentiel effet secondaire.

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