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Google ne convient pas aux moins de 12 ans

Temps de lecture : 2 min

Le fournisseur d'accès à Internet britannique Tibboh s'est associé à l'organisme indépendant British Board of Film Classification (BBFC), l'équivalent du CSA outre-manche, pour donner des recommandations sur les sites Internet qui peuvent nuire aux enfants, à l'image de ce qui se fait à la télé. Une initiative censée aider à sécuriser Internet, mais il n'est pas certain que Google sera ravi d'apprendre qu'il ne convient pas aux enfants de moins de 12 ans.

Tibboh a appliqué les mêmes barèmes (bien plus sévères qu'en France) aux sites Internet que le BBFC applique aux films: U pour tout public, PG pour avis parental, puis les films qui conviennent aux plus de 12, 15 et 18 ans. L'idée de classifier l'Internet semble à première vue peu réalisable, mais Tibboh affirme que ses serveurs ont déjà répertorié et noté 3 milliards de pages.

Le processus est largement automatisé et utilise des services déjà existants comme Netsweeper, mais le résultat est assez simple, comme l'explique le site Fast Company: «les familles peuvent payer pour un accès de groupe à l'Internet via Tibbboh, et ensuite choisir le type de services auxquels leurs enfants peuvent accéder sur le grand méchant loup qu'est Internet.» La nouveauté est le fait de s'appuyer sur un organisme de «censure» connu et respecté pour répondre aux craintes grandissantes de certains vis-à-vis du contenu que l'on peut trouver sur Internet.

Mais le système semble avoir ses limites: interdire Google à un enfant de 11 ans est-il raisonnable? Bien sûr, Google sert de porte d'entrée vers une infinité de sites au contenu indésirable pour des enfants. Mais qu'en est-il de l'utilisation de Google comme «outil de recherche pour les devoirs, et comme outil pour comprendre que le monde est un endroit complexe et pas toujours en ordre»?

Une chose est sûre: cette nouvelle initiative s'inscrit dans un mouvement général de régulation du Web qui se développe actuellement. «Loin de l'image habituelle d'un impitoyable far west, le web est en réalité un espace surréglementé et l'arsenal législatif le concernant ne cesse de s'accroître. Hadopi, Loppsi, Acta...» écrivait Titiou Lecoq sur Slate. Un contrôle qui va souvent à l'encontre du principe fondateur de la neutralité du Web, qui «assure que les flux d'information ne sont ni bloqués, ni dégradés par les opérateurs de télécommunications, permettant ainsi aux utilisateurs d'utiliser librement l'architecture communicationnelle».

[Lire l'article sur fastcompany.com]

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Photo: cables, Bruno Girin via Flick CC License by

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