France

Edouard Balladur pris dans la nasse du Karachigate

Slate.fr, mis à jour le 26.04.2010 à 18 h 56

Dans le panier de crabes des affaires d'Etat, on connaissait celle des frégates de Taiwan, avec ses rétrocommissions jamais démêlées. Selon les informations de Libération, un autre scandale pourrait éclater, un peu plus à l'ouest, quelque part entre le Pakistan et la France. Citant des documents bancaires qu'il s'est procuré, le journaliste Guillaume Dasquié affirme qu'Edouard Balladur aurait touché des commissions sur la vente de sous-marins à Islamabad en 1994. Ces sommes seraient ensuite venues alimenter son compte de campagne pour l'élection présidentielle de 1995. Ces révélations interviennent dans un climat tendu, alors que la lumière n'a toujours pas été faite autour de l'attentat de Karachi en 2002, qui avait coûté la vie à 14 personnes, dont 11 Français, employés de la Direction des constructions navales.

Depuis plusieurs mois déjà, les rédactions et les couloirs des tribunaux bruissent des bribes d'informations sur le «Karachigate». Dès juin 2009, Olivier Morice, avocat de sept familles de victimes, soutenait que le gel des paiements entre la France et le Pakistan était peut-être le mobile de l'attentat. Pour étayer son argumentaire, il citait une note interne de la DNCI, filiale commerciale de la direction des chantiers navals. A l'époque, Nicolas Sarkozy (porte-parole et directeur de campagne d'Edouard Balladur en 1995) avait balayé cette hypothèse d'un revers de main, évoquant une «fable grotesque».

Mis sous pression, Edouard Balladur a décidé mardi de sortir de sa réserve. Dans une tribune à paraître mardi dans Le Figaro, l'ancien Premier ministre dément les accusations formulées par Libération:

Dans cette présentation des choses rien ne correspond à la vérité, rien n'est étayé par les faits, tout s'appuie pour l'essentiel sur une note émanant d'un agent d'une officine privée de sécurité, note établie en 2002, après l'attentat, et qui amalgame un tissu d'invraisemblances et d'absurdités [...] Je m'en tiens à ce dont je suis certain : je n'ai pris en tant que Premier Ministre aucune décision d'octroi de commissions ; les comptes de ma campagne présidentielle ont été validés sans réserve, il y a quinze ans, par le Conseil constitutionnel.

A en croire Le Point, Edouard Balladur aurait également émis le souhait d'être auditionné par la Commission d'enquête parlementaire sur l'attentat de Karachi. Comme le souligne le site de l'hebdomadaire, cette initiative a pris la majorité à contre-pied, puisque l'UMP avait affiché son hostilité quant à toute convocation de l'ex-Premier ministre de François Mitterrand.

[Lire les articles sur le site de Libération (payant), de L'Express, du Figaro et du Point]

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Photo: Edouard Balladur / REUTERS, Pool New

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