Sciences

À cause de la fonte des glaces, les ours polaires utilisent quatre fois plus d'énergie pour survivre

Temps de lecture : 2 min

Ces mammifères doivent nager pendant trois jours ou parcourir de grandes distances sur la terre à la recherche de nourriture.

Les ours polaires sont physiologiquement conçus pour utiliser le moins d'énergie possible. | Annie Spratt via Unsplash
Les ours polaires sont physiologiquement conçus pour utiliser le moins d'énergie possible. | Annie Spratt via Unsplash

Les ours polaires s'épuisent. Alors que la glace ne cesse de fondre depuis des années en Arctique, ces grands prédateurs doivent désormais utiliser jusqu'à quatre fois plus d'énergie pour survivre, révèle The Guardian. Plus leur habitat rétrécit, plus les ours blancs luttent pour trouver de la nourriture et leur nature n'est pas adaptée à cet Arctique de moins en moins glacé.

Selon une étude publiée dans la revue scientifique The Journal of Experimental Biology, les ours polaires sont physiologiquement conçus pour utiliser le moins d'énergie possible. Pour chasser, ils restent assis et attrapent les phoques annelés et barbus, leur principale source de nourriture, par les trous de respiration dans la glace. Cependant, les phoques sont de plus en plus difficiles à trouver et la surface de la glace sur laquelle les ours chassent diminue de 13% chaque décennie depuis 1979.

Ces prédateurs de l'Arctique doivent désormais nager pendant trois jours en moyenne pour trouver des phoques ou parcourir de grandes distances sur la terre ferme à la recherche de nourriture, dont les apports énergétiques et nutritionnels sont beaucoup plus faibles. «Un ours polaire devra consommer environ 1,5 caribou, 37 ombles chevaliers, 74 oies des neiges, 216 œufs d'oie des neiges ou 3 mètres de camarine [une plante qui pousse au sol, ndlr] pour égaler l'énergie disponible dans la graisse d'un phoque annelé adulte», développent les scientifiques.

Les narvals également menacés

Cette étude corrobore les recherches existantes qui prédisent une diminution d'un à deux tiers de la population des ours polaires d'ici à la fin du siècle, précise The Guardian. Comme les ours, les narvals, ces licornes des mers, doivent aussi dépenser plus d'énergie pour se nourrir. Pour chasser les flétans noirs, leur proie favorite, ils peuvent atteindre jusqu'à 1.500 mètres de profondeur. Ils ont néanmoins besoin de remonter à la surface pour respirer.

Avec le changement climatique, la glace se déplace rapidement, ce qui signifie que les trous d'air aussi. «Avec une quantité limitée d'oxygène dans leurs muscles et leur sang, nous constatons que les narvals adaptent la vitesse, la profondeur et la durée de leurs plongées. Une erreur de calcul pourrait entraîner une noyade», affirme la Dr Terrie Williams, coautrice du rapport.

Le déclin des ours blancs et des narvals est susceptible d'impacter d'autres espèces qui dépendent de la glace et leurs proies, entraînant «des changements rapides dans tout l'écosystème marin de l'Arctique», selon les scientifiques. Des mammifères comme les bélugas, les renards polaires et les bœufs musqués pourraient se retrouver en danger. «Le monde arctique est tellement plus imprévisible pour ces animaux maintenant», alerte Terrie Williams.

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