France

Prostitution: Zahia D. est un ovni dans le monde du tapin

Marc de Boni, mis à jour le 27.04.2010 à 18 h 57

Il n'y a pas une mais des prostitutions; autant de pratiques, de prix, de conditions et de lieux d'exercice. Petit tour d'horizon.

Une des premières questions qui vient en matière de tapin reste: «C'est combien?» L'affaire Zahia D., du nom de la jeune femme qui aurait vendu ses charmes à au moins trois joueurs de l'équipe de France de foot, ne doit pas faire illusion. A peine 18 ans, 20.000 euros de salaire mensuel, des voyages à l'œil, des soirées de débauche luxueuse au bras de grandes vedettes... L'histoire pourrait presque faire rêver. Mais la fable cache la réalité d'un travail le plus souvent difficile et beaucoup moins bien payé.

Il est absurde de prétendre dresser le profil type du travailleur sexuel en France. Il n'y a pas une mais des prostitutions; autant de pratiques, de prix, de conditions et de lieux d'exercice. Les prostitué(e)s n'ont pas tou(te)s un passé malheureux, une vie insupportable, des seins siliconés, un appétit sexuel anormal ou un profil de marginal. On les trouve dans toutes les strates de la société, souvent rompus à l'art de l'anonymat qu'imposent l'opprobre et le stigmate liés à cette activité. Vous les croisez peut-être quotidiennement au travail, dans la rue, en boîte, dans la famille, le plus souvent sans le savoir.

De l'aveu d'un commissaire divisionnaire de la brigade de répression du proxénétisme** (BRP), nul ne sait exactement combien ils et elles sont. En se basant sur les arrestations consécutives à la pénalisation du racolage passif, soit plus de 13.000 interpellations en six ans, la police estime l'offre entre 15 et 20.000 prestataires sur tout le territoire. Parmi elles, 5 à 8.000 personnes dans la région parisienne selon l'OCRTEH* (Office central pour la répression de la traite des êtres humains aux fins d'exploitation sexuelle). «Mais il n'est pas impossible qu'il existe dix fois plus de prostitution informelle», selon la sociologue Françoise Gil.

10 à 30% des travailleurs sexuels sont des hommes, des travestis ou des transsexuels, une proportion qui tend à croître avec l'essor des sites spécialisés tels Gayromeo ou Gaydar et des clubs avec backrooms. D'une manière générale, une part incalculable et certainement significative de la profession s'est adaptée à Internet pour se soustraire à l'exposition publique par le biais de forums privés ou de sites d'annonces et de rencontres spécialisés. Ces réseaux virtuels d'escorting font florès et dépasseraient même l'offre de rue, selon l'association abolitionniste du Nid et les sources policières.

Les passes y sont plus rares, mais un peu mieux payées et plus sécurisées. L'anonymat du Web amène en outre de nombreuses personnes à franchir le pas ponctuellement, là où la dure loi du trottoir reste dissuasive. Beaucoup d'autres sont isolées, se cachent ou sont tenues à l'écart des observateurs par les réseaux qui les exploitent.

Petite typologie du tapin

Comme il n'existe pas de profil type de la personne prostituée, tout au plus peut-on en esquisser certains contours qui, s'ils restent des clichés, traduisent néanmoins des situations récurrentes. Tout tarif est négocié sur l'instant, ils sont donc fluctuants, bien qu'il existe un marché. D'une manière générale, la «totale» coûte le double de la fellation, et chaque détail supplémentaire de la prestation à son prix. Selon une estimation de l'OCRTEH produite en 2000*, les rentrées annuelles de la prostitution pourraient se situer, pour la France, entre 2 et 3 milliards d'euros. Le statut légal ambigu dont souffre le sexe tarifé en fait l'une des activités libérales les moins bien encadrées. La passe, en théorie, reste quand même soumise à une taxation d'État à titre de bénéfice non commercial.

Les profils composés ci-dessous croisent les situations récurrentes qu'il m'a été donné de rencontrer au cours de mes investigations dans cet univers (à lire notamment ici). Seules les situations se recoupent, les histoires personnelles, elles, restent à chaque fois différentes.

• L'escort de luxe
C'est dans cette catégorie que rentre a priori Zahia D., notre médiatique mangeuse de footballeurs. L'escort de luxe est une sorte de bijou vivant duquel se parent les généreux clients. Il ou elle transcende les canons esthétiques du moment, et gagne bien sa vie, comme l'aurait affirmé Zahia D. à la BRP. Il leur faut répondre à toute une série de critères de professionnalisme et d'exigences dignes des plus grandes agences de mannequins. Elles ne frayent pas avec le bas peuple. Confrontées à de nombreuses personnalités, elles sont régulièrement en position de faire du chantage ou de piéger leurs riches clients, en trichant par exemple sur leur âge. Si 1.000, 2.000 euros la soirée ne semblent pas incongrus, le principe de l'escort de luxe est que son prix n'a comme limite que l'ampleur du fantasme généré.

• L'étudiante call-girl
Elle est jeune, et souvent plutôt intello. Alors que le syndicat SUD-Étudiant avançait en 2006 le chiffre invraisemblable de 40.000 étudiant(e)s prostitué(e)s, ce cas de figure a suscité beaucoup de fantasmes. Le tapin reste un compromis temps/rentabilité que n'offrent pas les jobs étudiants. Du fait de leur «fraîcheur» relative, le tarif des prestations tend plus vers ceux des bars (100 à 300 euros) que vers ceux de la rue. L'étudiante tapine pour se donner les moyens de réussir, certaines y ajoutent un goût pour la découverte. Pour rentabiliser l'activité, elle croisera parfois les pratiques: téléphone/chat rose, webcams, films amateurs... Elle travaille souvent sur Internet, mais aussi en bar, et parfois même à la fac.

• La tradi
Les «tradis» sont la vieille garde du trottoir. Elles ont parfois plus de trente ans de métier, un savoir-faire connu dans tout Paris, et un emplacement «historique» où les habitués savent les trouver. La «tradi»-cliché enchaîne les cafés-clopes, a mauvais caractère, tout en étant souvent la figure emblématique d'une rue, voire d'un quartier. Elle a ses tarifs, rarement les plus hauts, mais jamais les plus bas, ses chouchous et ses humeurs. Pour une escale dans l'une des garçonnières historiques de la rue Saint-Denis ou de Pigalle, il faudra investir de 30 à 70 euros, selon la tête du client, l'humeur et la demande.

• Le travelo/ le trans'
Ils et elles peuplent les bois de l'ouest parisien. Figures emblématiques du tapin «classique», ils officient derrière les arbres, sous une tente sommaire, dans la voiture du client... Souvent originaires d'Amérique du Sud, et largement adeptes/tributaires de la chirurgie plastique et des accessoires, ils pratiquent des tarifs plutôt plus bas que la «tradi». Il faut prévoir 20 à 50 euros selon que l'on opte pour la fellation ou le service complet en pleine nature. Nombre de transsexuels se résignent également à vivre de leurs charmes du fait des difficultés sociales et professionnelles résultantes de leur nouvelle identité.

• L'esclave sexuel-le
Il ou elle est contrainte à la prostitution par le biais d'une dépendance affective, à la drogue, à l'alcool ou dans le cadre d'un quelconque chantage. Elle est contrainte à se vendre pour un proxénète qui entretient la dépendance. Elle ne voit pas ou peu la couleur de l'argent des passes, se trouve maintenue dans un isolement maximum par les «macs». Les étrangères non francophones font des proies faciles qu'elles viennent d'Afrique, de Chine, des pays de l'Est ou même de Mongolie. D'après l'OCRTEH, chaque prostituée serait censée rapporter dans ces réseaux entre 300 et 800 euros par jour à son proxénète et environ 50 euros seulement lui seraient laissés pour ses besoins personnels. Un réseau pouvant contrôler une douzaine de femmes, un proxénète pourrait gagner jusqu'à près de 9.000 euros par jour... L'argent est souvent renvoyé dans les pays d'origine où il permet à ces proxénètes d'acquérir un statut social et de financer les réseaux nécessaires à l'alimentation des filières. On trouve aussi des jeunes démunis rendus dépendants qui cherchent à financer l'achat de drogue.

•La sans-papiers endettée
Si elle n'est pas obligée à proprement parler de tapiner, la sans-papier endettée finit sur le trottoir pour rembourser au plus vite les frais du passage clandestin à la frontière. Elle enchaîne les prestation «bas de gamme» dans des conditions déplorables. Quatre jours de travail sur cinq pour payer les dettes de passage et les amendes de stationnement, sans compter le parking, me racontait Suzy**, 34 ans, une Nigériane qui avait raccroché. Elles sont nombreuses à attendre dans les camionnettes du bois de Vincennes, descendantes des fameux Bordels Mobiles de Campagne (BMC) qui suivaient la troupe. Elles travaillent dangereusement, en indépendantes, souvent à l'insu de leurs proches, et ne disposent pas dans le véhicule de moyens sanitaires satisfaisants. La pression qui pèse sur elles les amène à multiplier les prestations à 20/30 euros (50 pour les extras), parfois 10 à 20 fois par jour.

• La michtonneuse
C'est un cas à part qui traduit une forme de prostitution aussi répandue que difficile à identifier. Contrairement à ses collègues classiques, la michtonneuse entretient l'illusion d'un rapport de couple avec un client unique, de préférence fortuné. Elle travaille également dans le cadre «d'un échange de bons procédés.» Cette forme d'arrangement de complaisance «sexe/affection contre confort matériel» fait par exemple fureur ces dernières années avec la multiplication de pseudo agences matrimoniales destinées à mettre en lien un occidental célibataire et une beauté d'un pays pauvre, qui se paiera en nature, en fournitures et en papiers. La promotion canapé peut également y être assimilée.

• La spécialiste
La spécialiste ne vend pas que du sexe, elle vend un savoir-faire. L'une des carrières les plus répandues dans le domaine est celui de dominatrice.

Elle est unique, elle a ses fans et sa signature. Il se développe souvent des liens d'une intensité extraordinaire avec les clients dont elle connaît le jardin secret. Elle prend en général un peu plus cher qu'une passe de «bar à champagne», entre 200 et 400 euros. La dominatrice ne va que rarement jusqu'au coït à proprement parler, la frustration étant l'un des ressorts essentiel du plaisir masochiste. Elle se fait connaître par annonce sur des forums, des sites de rencontres spécialisés ou par le biais de magasines appréciés des amateurs.

• La pin-up de club
On ne touche généralement pas la pin-up de club. Elle danse et aguiche le chaland le long d'une barre de pole dance, sans pour autant accepter plus qu'une offrande glissée dans le bas. Elle incarne le fantasme inaccessible. Il est logique qu'elle reste intouchable, sauf exceptionnellement quand on y met le prix. Certaines boîtes de striptease parisiennes offrent quelques alcôves discrètes à leurs habitués. On les retrouve parfois dans certaines boîtes échangistes, embauchées ponctuellement comme chauffeuses de salles. Leurs prix sont à discrétion et souvent très élevés.

• La pragmatique
La pragmatique est avant tout motivée par le rapport contrainte-revenu, et c'est souvent l'appât du gain qui l'amène à franchir le pas, de façon ponctuelle. La majorité des prostitués relèvent de cette réalité. C'est parfois un père ou une mère de famille isolé(e)s et endetté(e)s. Elle peut être étrangère (souvent d'Europe centrale) et profite alors d'un visa touriste pour venir faire le plein de clients, dénichés au préalable par le biais d'agences en ligne. Une bonne semaine de travail lui permet de cumuler un salaire tout à fait honnête. Ce n'est pas pour elle une vocation, mais plutôt un moyen de parvenir à ses fins. Elle envisage la vente de ses charmes comme une solution temporaire.

(Il arrive aussi parfois que des personnes se prostituent ponctuellement par fantasme, fascination ou goût de la transgression. «Mais je ne considère pas que cela fasse partie du métier», tranche une professionnelle du Syndicat du travail sexuel** (Strass).)

• La militante
Elle rejette le terme de «personne prostituée» qui renvoie à un acte subi et préfère le concept de «sexworker». Claire Cartonnet, Grisélidis Réal, Mariska Majoor, Gabrielle Partenza Nikita, Gilda: autant de noms que l'on trouve à l'envi dans les articles de presse pour évoquer la prostitution choisie. Leur slogan: «ni coupables ni victimes, fières d'êtres putes». Elle assument, parlent même à visage découvert et revendiquent leur activité comme un métier à part entière; et insistent sur le savoir-faire et l'importance sociale de l'artisanat charnel. Depuis un an, le Syndicat du travail sexuel mène le combat pour obtenir un statut légal et permettre de meilleures conditions d'exercice. Les abolitionnistes les accusent d'être l'aristocratie du trottoir. Ils/elles ne pratiquent pourtant pas un tapin différent, mais le font parfois pour des raisons et dans un état d'esprit différent.

Une fois évoquées ces images d'Épinal, reste que la réalité croise souvent les profils cités. Il n'y a aucune règle, aucune constante, si ce n'est celle du stigmate de la pute. Pour la sociologue Françoise Gil, la prostitution, «on y rentre souvent par nécessité, on y reste par choix».

Les lieux de passe

L'endroit où est pratiquée la prostitution détermine dans une certaine mesure les conditions de travail, les pratiques et les prix. La loi de sécurité intérieure, de l'aveu même de la députée UMP Chantal Brunel qui l'avait votée, repousse ces lieux toujours plus loin des regards. Il en découle un accroissement du danger et des aspects les plus sordides de la prostitution.

La rue reste l'atelier originel du tapin. On y trouve concentré un florilège de tout ce que la profession compte de particularités et d'exotisme. La rue reste un lieu dangereux, exposé à la violence des clients, à la police, aux souteneurs ou encore à la réprobation publique. La plupart des grandes villes de France disposent de leur quartier chaud. Le sexe s'y pratique dans les toilettes publiques, les bois, les ruelles, les locaux à poubelles, les cages d'escaliers, les voitures, les parkings, les aires d'autoroutes...

Les travailleurs du sexe y ont généralement des espaces de travail propres qu'ils doivent défendre de la concurrence. Ce que prétend gagner Zahia D. en une passe à 2.000 euros, il faut une cinquantaine de fellations à un travesti du bois du bois de Boulogne pour le cumuler. Une centaine de passes même, pour les esclaves sexuels caché(e)s autour des aires d'autoroutes de grande banlieue parisienne.

Certains professionnels du sexe travaillent à domicile ou se déplacent moyennant un supplément tarifaire. Actuellement, un bailleur louant un logement à une personne prostituée se trouve en situation de proxénétisme, ce qui oblige encore une fois les prostituées à se cacher.

Espace privé

C'est en arrêtant dix-huit jeunes filles qui vendaient leurs charmes à l'abri des murs du Zaman Café (8e arrondissement de Paris ) que la BRP met la main sur la fameuse Zahia D., dans un de ces fameux «Bars à champagne». A Paris, la passe y varie en moyenne de 200 à 400 euros environ, auxquels le «Punter» (client) doit ajouter les frais de boisson, d'hôtel, et, s'il est galant, de taxi. Le bar a longtemps été un espace de travail privilégié, lorsque le barman était sympa. Il offrait une relative protection.

Les services de l'OCRTEH estimaient en 2000 que près de 3.000 personnes travaillent dans ces bars à hôtesses et dans les salons de massage. On y trouve des entraîneuses plutôt jeunes, étudiantes parfois, et sélectionnées par le patron qui risque gros. Elles peuvent avoir toutes les nationalités, mais on y trouve un certain nombre de Françaises. On est loin des fortunes engendrées par Zahia D. «Ça existe, mais c'est aussi rare que de bosser avec un Émir. Et avec des clients comme les joueurs internationaux, il ne faut pas oublier que l'on facture à hauteur de leurs revenus», explique Cathy**, 25 ans, qui préfère aussi bosser en bar.

Mais la loi de sécurité intérieure de 2003 ayant provoqué la fermeture de nombreux établissements de ce genre, les filles officient désormais à l'hôtel (à charge du client) ou dans des chambres de bonnes situées à proximité du lieu de rencontre. «La loi est très ambiguë, concède un commissaire divisionnaire de la BRP. Un peep show à cabines avec vitrine entre le client et la fille, c'est légal. Sans la vitre, c'est de la prostitution. De même pour les théâtres pornos ou les "boîtes à cul" où se rendraient des professionnelles.»

Les militantes du Strass souhaitent pouvoir travailler dans le cadre de «maisons ouvertes»: des sortes de cabinets autogérés -donc sans mère maquerelle-, loués par une ou plusieurs filles en même temps. Chacune y disposerait de sa chambre, de sanitaires et de la sécurité qu'elle désire. Un tel établissement a été ponctuellement ouvert au public en mars dernier, à l'occasion des assises annuelles de la Prostitution.

Anne**, prostituée indépendante, a testé un tel dispositif à Genève, en Suisse. Selon elle, près de 800 filles officieraient dans de tels salons individuels ou collectifs. Elles louent le local environ 80 euros la journée et la prestation tourne autour de 90 euros par client. «J'ai même visité dans un appartement loué par 3 filles autour de 1.500 euros par mois. Elles généraient 8.000 euros mensuels pour 4 clients chacune par jour en moyenne», conclue-t-elle, convaincue par le modèle.

Marc de Boni

Photo: «The Hoerengracht» («Canal des putes»), installation des artistes américains Ed Kienholz et Nancy Reddin Kienholz, reproduction du quartier rouge d'Amsterdam, à la National Gallery de Londres, le 17 novembre 2009. REUTERS/Toby Melville

*Source: «Les politiques publiques face à la prostitution», rapport de la délégation aux droits des femmes du Sénat, sous la présidence de Dynah Derycke, 2000. A lire également, les «Cahiers Ethnographiques» de Catherine Deschamps, une enquête de plusieurs années dans l'univers de la prostitution.

** A la demande des intéressé(e)s les noms ont été modifiés et les identités dissimulées.

SI VOUS AVEZ APPRÉCIÉ CET ARTICLE, VOUS AIMEREZ PEUT-ÊTRE: Que pense le tapin du racolage actif de l'UMP?

ET, SUR L'AFFAIRE ZAHIA D.: Zahia D., le nouveau coup de boule de Zidane; Bienvenue dans l'univers bling-bling des footeux; Prostitution et minorité: que dit la loi? ; Le foot français dans une mauvaise passe et Zahia D., 18 ans, prostituée, sacrifiée? par Christophe Carron, responsable éditorial de Voici.fr

Marc de Boni
Marc de Boni (9 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte