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Chavez, Morales et les autres «lost» sur Internet

Slate.fr, mis à jour le 23.04.2010 à 12 h 44

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Imaginez treize naufragés sur une île déserte, sans nourriture, ni espoir de survie. Si le scénario initial ressemble en tous points à celui de Lost, les personnages sont des chefs d'Etat latino-américains et le roi espagnol Juan Carlos, échoués sur une île déserte dans le dessin animé vénézuélien La Isla presidencial.

Evo Morales est le «jovial», Daniel Ortega «l'indien» quand Hugo Chavez -la star de la série- réussit à endormir tous les autres et pousse les poissons à se faire hara-kiri à force de raconter sa vie. Cristina Kirchner vêtue à la hawaïenne avec des noix de coco joue, elle, le rôle de «la sex bomb» du groupe,...

Comme le rapporte un article paru dans le Nuevo Herald, les 3 jeunes vénézuéliens qui réalisent la série puisent dans les anecdotes des évènements internationaux pour trouver leur inspiration:

L'idée de caricaturer les chefs d'Etat a surgi au lendemain du Sommet ibéro-américain, qui s'est tenu au Chili en novembre 2007 et lors duquel Juan Carlos d'Espagne avait adressé à Chávez son fameux "Tu ne veux pas la fermer?" Le premier épisode de La Isla presidencial commence précisément à la fin d'un 74e Sommet ibéro-américain imaginaire; lors de la cérémonie de clôture, le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, invite ses homologues sur son nouveau yacht pour "la meilleure promenade de [leur] vie".

Inutile de chercher très loin pour faire rire, explique Gaziani -un des réalisateurs- dans le journal colombien El Espectador:

Nous avons des présidents haut en couleur qui nous donnent suffisament de matière première. Cristine, Evo Morales, Chavez... Ce sont de vraies perles pour la comédie!

Mais les discordes politiques ne sont jamais bien loin. Lorsque le président brésilien, Lula, tente d'extirper le bateau de la tempête en luttant avec la barre du bateau, Chavez tente de la tirer à gauche et le Colombien Alvaro Uribe vers la droite.

Une déconvenue pour une série précédente -Nada que ver- retirée de l'antenne car ils y raillaient la présidente chilienne qui souffrait d'un «manque de sexe», a incité les 3 producteurs à s'emparer des réseaux sociaux. Un pari réussi au vu du succès immédiat de la série sur la Toile. Si les deux épisodes de la série ne durent que quatre minutes, les scènes croustillantes ont été visionnées 970.000 fois sur youtube pour le premier et 330.000 fois pour le second. Et ce, rien que pour les versions espagnoles. Le profil Facebook de La isla presidencial compte aujourd'hui 26.000 fans et ils sont 30.000 abonnés sur twitter.

Un choix stratégique sur lesquels s'expliquent les 3 réalisateurs Oswaldo Graziani, Alvaro Mora y Juan Andrés Ravell dans un reportage de la BBC:

 

Si le troisième épisode tarde un peu, les statuts Facebook et twitter de la série permettent de suivre les naufragés, comme si les chefs d'Etat d'Amérique du sud étaient vraiment en train de s'entre-tuer pour un bout de racine. «Daniel Ortega propose de jouer au jeu de la bouteille, Cristina Kirchner lui rétorque qu'il n'y a pas de bouteille sur l'ile», informe actuellement le profil Facebook de la série.

Qu'en pense Chavez?

Interrogé par la BBC Monde, Emilio Lovera -qui double14 voix de présidents aux accents très disctintcs- estime que, de façon générale, «tous les présidents d'Amérique latine parlent de Chavez, il est omniprésent. Et cela se ressent dans la série. Il apprécie probablement, dans le fond».

Le président Chavez a néanmoins jugé il y a peu que Twitter -qui connait un vrai engouement au Venezuela- pouvait constituer une menace et déclaré au petit oiseau «qu'il l'embêtait». Les producteurs de La isla presidencial -qui tiennent un blog satirique aujourd'hui très populaire, El Chigüire bipolar, se sont fait le plaisir d'immédiatement reprendre ses propos. Son discours repris avec piaillements d'oiseau en fond, le tout version cumbia, est désormais un tube.

[Lire l'article sur El Nuevo Herald ici, celui de El Espectador ici et de la BBC ]

À LIRE ÉGALEMENT SUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE AU VÉNÉZUELA: Les petits croisés du bolivarisme politique, par RSF

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Photo: capture écran épisode1 La isla presidencial
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