Économie

Le maire de New York aime les paradis fiscaux

Temps de lecture : 2 min

Le cœur du maire milliardaire de New York Mike Bloomberg se trouve peut-être dans la ville qu'il représente, mais ses comptes en banque sont dans les Îles Caïman, rapporte The Observer. Alors que les newyorkais se préparaient à faire face à une hausse des impôts, Bloomberg était fort occupé à acheminer près de 300 millions de dollars (224 millions d'euros) de sa fondation dans des paradis fiscaux offshore, parmi lesquels Chypre, les Îles Caïman, les Bermudes, l'Île Maurice et le Brésil.

Tous ces pays ont comme point commun d'être connus pour être favorables aux organisations caritatives, et beaucoup ont des lois qui permettent aux investisseurs de contourner les impôts américains, qui peuvent atteindre 40%. Rien ne prouve que Bloomberg ait agit dans l'illégalité -utiliser les failles du système pour échapper aux impôts est techniquement permis- mais une chose est sûre: ce n'est pas un bon coup de pub.

Bloomberg défend le travail de la fondation comme «la poursuite des intérêts de la ville» et ajoute que jusqu'ici «aucune bourse n'est allée à des organisations qui profitent à la ville de New York.» The Observer affirme que l'opacité financière de la fondation est encore favorisée par le fait qu'elle est dirigée par Steve Rattner, un financier qui fait actuellement l'objet d'une enquête du procureur général de New York.

Certains analystes estiment que les transactions suspectes de Bloomberg font partie d'une tentative de se mettre au niveau d'autres grands philanthropes américains dans l'optique de la campagne présidentielle de 2012. Bloomberg a ainsi désigné un nouveau conseil d'administration de 19 personnes pour sa fondation, qui ressemble fort à un «Who's Who» de la politique et de la finance américaine (parmi lesquels Jeb Bush, Sam Nunn et Hank Paulson), et dont le nouveau et somptueux siège social a été inauguré mercredi 21 avril, rapporte The Observer.

Impossible de savoir à l'heure qu'il est l'impact de ces révélations, mais elles pourraient bien ternir l'image de la fondation, dont on parle de plus en plus. «Je n'ai jamais vu rien de tel, a confié un analyste à The Observer. Ces investissements sont ce qui se fait de plus opaque.»

[Lire l'article sur observer.com]

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Photo: mike bloomberg, shooting brooklyn, via Flickr CC License by

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