Santé

Travailler depuis votre lit n'est vraiment pas une bonne idée

Temps de lecture : 3 min

Au bout d'un an de pandémie et de télétravail, certaines mauvaises postures peuvent avoir des effets néfastes sur notre santé.

Travailler sur du mou, c'est confortable, mais mauvais pour la santé. | Windows via Unsplash
Travailler sur du mou, c'est confortable, mais mauvais pour la santé. | Windows via Unsplash

En ces temps de confinement, déconfinement, reconfinement et télétravail, l'appel du lit est fort, et les édredons à plumes d'un rare réconfort. Pourtant, transformer votre matelas en bureau peut avoir sur le long terme de sérieuses conséquences sur votre santé, tant sur le plan physique que psychologique.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, une grande part de la population mondiale s'est retrouvée à devoir travailler, au moins partiellement, à domicile. Une étude de novembre 2020 montre que sur 1.000 Américain·es interrogé·es, 72% déclarent avoir déjà été amené·es à travailler dans leur lit, soit une augmentation de 50% depuis le début de la crise, et près d'une personne sur dix déclare passer la majeure partie voire la totalité de son temps de travail au lit. Au Royaume-Uni, les jeunes travailleurs et travailleuses âgés de 18 à 34 ans sont deux fois plus susceptibles que leurs aîné·es de travailler depuis leur matelas, n'ayant souvent pas accès à un bureau ou une chaise confortables.

À la précarité de certains foyers –manque de place, manque d'installations adaptées– fait pendant le confort immédiat d'un endroit moelleux où s'échouer le temps d'une journée de travail. Mais après un an de pandémie, les effets néfastes de cette pratique quotidienne peuvent commencer à s'installer, et se faire sentir.

L'enfer des surfaces molles

Enfoncées sur une surface molle qui encourage l'affalement, différentes parties du corps comme le dos, le cou ou les hanches ont tendance à se tendre. «Rien de tout cela n'est optimal. Vous n'êtes vraiment pas soutenu d'une manière qui soit propice au travail», prévient Susan Hallbeck, directrice de l'ingénierie du système de santé à la Mayo Clinic, l'un des plus grands instituts de recherche médicale aux États-Unis.

Varier ses postures, et soutenir dans la mesure du possible différentes parties de son corps, en évitant de provoquer des pressions ou des crispations est essentiel pour réduire les effets négatifs d'un allongement prolongé. Si vous devez continuer à travailler depuis votre lit ou votre canapé, il est préférable de recréer autant que possible l'expérience d'une posture assise sur une chaise droite, notamment en apportant un soutien lombaire au bas de votre dos (un oreiller roulé fera l'affaire), et en surélevant légèrement vos genoux.

Sur ordinateur, il vaut mieux placer l'écran à hauteur des yeux, ou plus haut. S'allonger sur le ventre pour pianoter est vivement déconseillé, au regard de la tension que cela provoque dans le cou et les coudes.

Selon Hallbeck, les douleurs provoquées par ces mauvaises postures peuvent mettre du temps à apparaître, particulièrement chez les jeunes, qui sont susceptibles ne pas les ressentir immédiatement. Néanmoins, ces douleurs risquent de s'amplifier avec le temps, et se révéler lourdes de conséquences sur le long terme, aussi est-il préférable d'abandonner ou de limiter au mieux cette habitude avant d'en éprouver les effets. Maux de têtes, raideurs permanentes du dos, douleurs cervicales ou arthrite sont favorisés par ces tensions.

Troubles du sommeil

À ces problèmes ergonomiques s'ajoutent des effets indésirables sur le sommeil. D'après Rachel Salas, professeure associée de neurologie et experte du sommeil à l'université Johns Hopkins du Maryland, entretenir des activités qui n'ont rien à voir avec le repos, auquel est d'abord dédié l'espace du lit, peut non seulement nuire à notre productivité, mais surtout à nos habitudes de sommeil:

«[Quand vous travaillez depuis votre lit], vous entraînez vraiment votre cerveau à être alerte, et vous lui dites que c'est d'ici que viennent vos idées, et d'ici que vous êtes en mode travail. Lorsque vous essayez de vous détendre et de vous endormir, votre cerveau se dit: "Attendez une minute, qu'est-ce qu'on fait? C'est l'heure de travailler".»

Salas parle d'ailleurs de «coronasomnies», pour désigner la recrudescence mondiale des insomnies et des troubles du sommeil qui a accompagné la crise du Covid-19.

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Ces troubles du rythme circadien, comme les tensions liées à une mauvaise posture prolongée, ne touchent pas tout le monde de la même manière. Certaines personnes ne seront aucunement touchées dans leur qualité de sommeil, quand d'autres feront face à de douloureuses crises d'insomnie. Plusieurs facteurs entrent en jeu, comme la génétique, l'environnement, l'âge, les habitudes et leur durée. Dans le doute, mieux vaut tâcher de se préserver au mieux, en prenant le pli de postures moins avachies.

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