Comment les marchés de gros de Rungis et Lille sont devenus des modèles de valorisation des déchets
Économie

Comment les marchés de gros de Rungis et Lille sont devenus des modèles de valorisation des déchets

Temps de lecture : 3 min
Slate.fr

Des milliers de cagettes et de cartons circulent chaque jour de main en main sur les marchés de gros de Rungis et de Lille. Une véritable politique écologique est menée pour recycler et valoriser les déchets qui en sont issus. 

On l'appelle «Rungis» comme un vieux copain. Ancré dans la culture collective, le plus grand marché de gros du pays jouit d'une cote de popularité impressionnante. Selon une étude réalisée en 2019 par l'institut Kantar Public, 92% des Français ont une bonne image du marché d'intérêt national (MIN) de Rungis. Ils sont aussi 88% à penser que ces halles appartiennent au patrimoine gastronomique national.

Le marché de Rungis joue en effet un rôle central. C'est la première plaque tournante de l'alimentation en France qui fournit des produits alimentaires à dix-huit millions de personnes, dont 65% de la population d'Île-de-France. Derrière ces chiffres, c'est une véritable fourmilière qui se déploie chaque jour avec 12.000 salariés, plusieurs centaines de tonnes de produits alimentaires en transit et… une montagne de déchets.

À l'heure du développement durable, «Rungis» est aussi cet ami qui tente de vous convertir à un monde plus propre et plus vert. Depuis plusieurs années, le MIN opère une profonde mutation pour recycler et valoriser les milliers de détritus laissés sur place. Visite guidée.

Rungis brûle ses déchets pour produire sa propre énergie

Au marché de Rungis, les emballages en carton ou les cagettes sont recyclés directement sur place grâce au centre de tri interne. Les déchets verts sont eux transformés en compost. En coopération avec les services du territoire et des communes volontaires, un plan d'amélioration de la collecte sélective des emballages et papiers graphiques a été mis en place par la Rived, la régie pour la valorisation et l'exploitation des déchets de la région de Rungis. Grâce à ce plan, les usagers disposent de moyens et d'informations adéquats qui leur permettent de trier, dans les meilleures conditions, l'ensemble de leurs déchets. Le bilan est très positif: en 2017, 97,3% des déchets traités ont ainsi été valorisés, selon les chiffres communiqués par la Semmaris, l'entreprise gestionnaire du marché de Rungis.

Les déchets non recyclables sont, eux, brûlés dans l'usine d'incinération du marché. C'est une formidable source d'énergie pour chauffer les immenses halles. Le marché s'étend en effet sur 234 hectares, soit une surface plus grande que la principauté de Monaco. En 2017, 29.000 tonnes de déchets avaient été valorisées sous forme énergétique grâce à l'incinération.

Un moyen de faire des économies d'énergie et de réduire considérablement sa production de déchets: «Là où un seul pavillon du marché produisait en moyenne 800 tonnes de déchets journaliers il y a vingt ans, la moyenne est aujourd'hui de trente tonnes seulement. La raison: la majorité des déchets est transformée en énergie», explique L'EnerGeek, un site d'information indépendant sur l'énergie propre. Et pour aller plus loin, la Semmaris a lancé un plan nommé Rungis Green Business 2020 pour développer des solutions alternatives qui optimisent le potentiel énergétique de Rungis.

Au marché de gros de Lille, le Packmat compresse les palettes

Mais il n'y a pas que Rungis. Direction le département du Nord, où se trouve le deuxième marché d'intérêt national français, sur la commune de Lomme, à proximité de Lille. Là aussi, comme en région parisienne, on tente de développer une approche écologique.

Ce marché de gros, qui compte 1.500 clients professionnels, est au cœur du projet Euralimentaire. Le but: construire un territoire d'excellence autour de l'alimentation et dynamiser cette filière, de la production à la commercialisation. La gestion des déchets y tient une place majeure avec un axe tri-collecte-traitement qui contribue à l'empreinte environnementale de ce MIN par lequel transitent quotidiennement 185.000 tonnes d'aliments.

Point fort de ce projet de gestion des ordures: une déchèterie a été aménagée au cœur du MIN de Lomme. Les grossistes et les clients professionnels y déposent leurs déchets d'activité, tels que des plastiques, du bois ou les produits frais invendables. Une montée en puissance du tri des flux de déchets a été progressivement organisée par Veolia avec notamment une séparation des typologies de plastiques et le déconditionnement de biodéchets qui partaient initialement en déchets non valorisables.

Le résultat est une balance favorable à l'empreinte environnementale grâce un taux de valorisation des déchets en forte progression, de 67% début 2017 à 85% début 2018.

Ce tri vertueux est renforcé par un bilan carbone nettement amélioré grâce à un Packmat installé par Veolia. Cet appareil permet de compresser les palettes perdues et d'optimiser le poids des bennes. Le résultat s'observe par trois fois moins de rotations de bennes et une limitation de l'impact carbone.

Cet article vous est proposé par Slate.fr et Veolia dans le cadre de Green Mirror, un événement éditorial écrit et audio pour voyager dans le temps, prendre conscience et réfléchir sur les enjeux qui nous attendent collectivement face au changement climatique. Comment agir dès maintenant face à l'urgence?

Découvrez les solutions déjà existantes ou prometteuses à travers notre série d'articles et de podcasts publiés sur notre site-événement.

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