Les retraites, la non-révolution de Martine Aubry
La première secrétaire du PS appelle à une «révolution de l'âge». En réalité, son intervention sur ce dossier est son premier faux pas.
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Le Parti socialiste est en position de gagner en 2012. La réforme des retraites est le premier gros dossier sur lequel il doit se prononcer, non pas seulement en opposant, mais en parti de gouvernement. Hier, il lui suffisait de faire de l'antisarkozysme systématique, aujourd'hui, il lui faut entrer dans le plus difficile registre des propositions. Il faut donc les lire très attentivement. Non qu'elles donnent la ligne définitive de sa future politique: le «projet» n'est pas encore prêt, il faudra finir de l'écrire, puis l'adopter, puis il faudra choisir un «candidat» qui aura «son propre projet», lequel pourra se différencier assez sensiblement de celui du parti, etc. Tout cela est compliqué. Mais il est quand même légitime de commencer à appréhender, par les retraites, ce que le PS veut dire derrière son slogan de «société solidaire».
Autant le dire de suite: le texte de Martine Aubry sur «la révolution de l'âge» publié dans Le Monde du 15 avril a un air, c'est le cas de le dire, ultravieillot: «Promettons monts et merveilles, les riches paieront.» Non seulement la première secrétaire affirme qu'il faut «assurer la pérennité et l'équité du système par répartition» sans baisse des pensions, bien entendu, mais elle ajoute qu'il est temps de rompre avec «l'exclusion de l'âge et du grand âge». Dans le «mieux-vieillir ensemble», il faut offrir aux anciens des logements, des loisirs, des soins à domicile, des accueils de jour, des hébergements médicalisés, etc. Martine Aubry résume: «Le moment est venu pour la France de dire quelle part des ressources nationales elle entend consacrer au vieillissement.»
Et les jeunes?
Cette ligne est magnifique. Personne ne sera contre. La difficulté est que, si tout le monde est d'accord avec le PS pour faire une belle vie aux seniors, tout le monde est aussi d'accord pour dire qu'il faut que les jeunes cessent de voir leurs conditions de vie et de travail massacrées et que la classe moyenne, qui fait le centre de la vie démocratique (et les gros bataillons du PS), doit, elle aussi, être revalorisée. Bref, les vieux, les jeunes, les moyens, tous, «du mieux»! Voilà de bien belles promesses.
Comment payer? D'abord la question est évacuée: «le gouvernement cherche à dramatiser» avec les chiffres de déficit annoncés par le COR (Conseil d'orientation des retraites, où siègent les syndicats). Et puis l'archi-classique: ce n'est pas qu'une question «comptable». Enfin, puisqu'il faut quand même finir par parler d'argent, le PS s'immobilise: ne pas renoncer au départ légal à 60 ans. Martine Aubry, qui avait un moment accepté le contraire, est revenue en arrière sous la pression du parti. Le tabou reste tabou. En revanche, le PS ne dit rien sur la durée de cotisation, le débat n'est pas tranché en son sein. Reste donc, en attendant, la voie de la facilité: «Soumettre les très hauts revenus, les produits du capital financier et de la rente à l'impératif de solidarité.» Bref, les riches... Chacun sait, à regarder les comptes, que cette réponse n'est ni à l'échelle ni sans néfaste incidence sur les impératifs économiques. Chacun sait qu'il faudra bien, d'une façon ou d'une autre, prolonger le temps de travail. Ne pas l'avouer, comme le dit Manuel Valls, est «mentir aux Français».
Mais, justement. A en juger par les retraites, le PS 2010 est revenu dans sa ligne «mollettiste»: dans l'opposition, promettre la révolution; au gouvernement, se résoudre à la gestion. Conserver une doctrine du «changer la société» et puis, au pouvoir, faire semblant de découvrir la dure vérité «comptable». La ligne est de s'apprêter, en somme sciemment, à décevoir son électorat sitôt en place. Ce ne serait pas la première fois: cette «schizophrénie» vis-à-vis de l'exercice du pouvoir est inscrite dans la «génétique historique» des socialistes, comme l'ont écrit Alain Bergougnioux et Gérard Grunberg (L'Ambition et le Remords, Fayard, 2005). Mais n'est-il pas temps de rompre quand tant de Français sont dégoûtés de la politique?
Il ne faut pas juger trop vite: il reste deux ans. Deux ans pour les ténors du parti pour découvrir qu'il existe dans la littérature des sciences sociales d'aujourd'hui de quoi réinventer la doctrine sociale-démocrate de fond en comble, pour l'adapter à la mondialisation. Deux ans pour sortir de la vulgate antiriches et avoir le courage de présenter les choix et les efforts qui vont avec. Travailler plus longtemps est l'un de ceux-là.
Eric Le Boucher
Photo: A Lille le 9 avril 2010. REUTERS/Farid Alouache
Cette chronique est également parue dans Les Echos du 16 avril 2010.
Mis à jour le 18/04/2010 à 9h11













































Tout ce que vous écrivez est bel et bon. Votre constat est des plus honnêtes. Vous faites indiscutablement partie de ces quelques journalistes qui n'ont pas la mémoire courte.
Vous m'êtes tellement sympathique que, pour un peu, j'aimerais que votre dernier paragraphe se réalise. Cependant j'ai comme un doute !
Une seule consolation, je crois qu'il sera très difficile de refaire aux Français le coup du "changer la vie" : ils ont déjà donné !
Mais vous avez raison "il ne faut pas juger trop vite".
l'espérance de vie à 60 ans n'a augmenté que de 5 ans en 50 ans.
Se servir de l'espérance de vie à la naissance pour dire que les gens vives beaucoup plus longtemps et qu'ils doivent donc travailler plus longtemps en vertu de ce fait , est une véritable escroquerie.
Les gens ne meurent pas en masse à 45 ans si l'espérance de vie est de 45 ans. L'essentiel du gain d'espérance de vie au cour de l'histoire est du à la baisse de la mortalité infantile.
Il ne faut pas confondre espérance de vie et longévité, a part si l'on veut se servir de la méconnaissance à des fin politique.
L'énorme bêtise proféré par Ardisson pour présenter son invité Mr Valls , lequel s'appuit sur la même bêtise, pourrait s'apparenter à de la simple propagande alors que l'on montre cela comme du pragmatisme.
Pline, on peut faire dire tout et n'importe quoi aux chiffres, on le sait. En fait on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres à partir du moment où on ne s'interroge pas sur leur sens, leur portée, ce qu'ils disent exactement et ce qu'ils ne disent pas (même s'ils ont l'air de le dire avec un examen trop superficiel). Peut-être bien que l'espérance de vie à 60 ans n'a gagné que 5 ans en 50 ans. Mas s'il y a 50 ans 99% de la population mourait à 59 ans et que le pourcent restant mourait à 75 ans (je précise bien sûr que je donne des chiffres caricaturaux et faux, juste pour vous faire sentir le problème que vous n'avez apparemment pas perçu), le coût du financement des retraites était faible. Alors que si maintenant 1% de la population meurt à 59 ans et que les 99 restant meurent à 80 ans, effectivement l'espérance de vie à 60 ans n'a progressé que de 5 ans, mais la population concernée devient massive, et le financement des retraites un réel problème "comptable".
En l'occurrence, les chiffres de besoin de financement ont été établis par le COR, qui quoique Mme Aubry le mette en doute fut mis en place par M. Jospin. Le COR a effectué des extrapolations en considérant différents scenarii de croissance, chômage, etc. souvent plutôt optimistes d'ailleurs, si l'on regarde les 30 dernières années. On peut toujours critiquer tel ou tel choix de scénario (comme on peut critiquer le GIEC de tel choix de scénario d'émissions de CO2...), mais il se trouve que comme pour le CO2 ce sont nos choix d'aujourd'hui qui déterminent la situation dans 30 ans, et que nous sommes bien obligés de faire des hypothèses d'extrapolation. Même avec des hypothèses optimistes, le problème de financement est incontournable, sauf à démontrer que les calculs du COR à partir des hypothèses sont erronés (ce que personne n'a pu faire jusqu'à présent). Reste donc à traiter ce problème. Ce que le PS, irresponsable aujourd'hui comme il y a 10 ans, préfère ne pas faire, par démagogie.
Merci à M. Le Boucher de souligner ce qui ne l'est quasiment jamais dans les commentaires : le choix de nos décideurs jusqu'à présent, qui est effectivement un choix politique, est un choix en faveur des vieux (qui sont pourtant ceux qui s'en sortent le mieux, comparativement au reste de la population française) et du passé, au détriment des jeunes et du futur.
Quel régal; rien ne dit dans mon intervention que je néglige le fait qu'il y a plus de gens qui vivent après 60 ans, n'y qu'il y ait un problème pour les retraites. je répète ,l'argument de l'espérance de vie pour prolonger le temps de travail après 60 ans n'a aucun sens dans se cadre là.
En lieux et place de votre démonstration déconnecté de toute réalité pour simplement dire qu'il y à plus de gens qui dépassent les 60 ans, vous auriez pu prendre les vrais chiffres. Lequel montrent effectivement qu'il y a un problème de financement lié à ce phénomène. Avant de critiquer il faut d'abord savoir de quoi parle le texte.
les chiffres que j'ai donné disait exactement ce que j'en ai dis, ce que vous auriez pu prendre disent exactement ce que j'ai énoncé plus haut.
Les vôtres purement fictif ne dise rien, mais entre nous ce ne sont que rarement les chiffres qui parlent ( en fait jamais je crois)
Je dois avouer que votre réponse me laisse perplexe ! Que vouliez-vous donc dire dans votre commentaire initial ?
S'il s'agit de dire que citer l'augmentation de l'espérance de vie à la naissance n'est pas concluant à soi seul, nous pouvons tomber d'accord. Sauf que le chiffre que vous mettiez en avant n'était pas concluant à soi seul non plus, et ne faisait pas avancer le schmilblick... Votre commentaire insinuait un raisonnement boiteux, et sous-entendait qu'il n'y avait pas de problème de financement, raison pour laquelle j'ai réagi.
Pourquoi ai-je produit des chiffres bidons ? Parce qu'il me semble qu'en forçant le trait on saisissait mieux la faiblesse que je voulais souligner dans votre raisonnement. Et aussi, je l'avoue, parce que je suis paresseux. Mais comme un autre commentaire sur l'évolution de la part de PIB allouée aux retraites m'a forcé à aller récupérer et lire les rapports du COR, je puis maintenant vous donner les "vrais" chiffres : http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/014000788/0000.pdf p. 23. La mortalité pour un homme (respectivement une femme) entre 20 et 60 ans est passée de 35% à 15% (respectivement 29% à 7%) de 1932 à 1990, et la probabilité pour un jeune actif d'atteindre la retraite est désormais (à la date d'écriture du premier rapport soit 2001) de 90%. Allez, ce n'est pas si loin de 99% !...
vous répondez toujours à côté mais vous devez avoir vos raisons ou autres.
Je pense que vous ne maitrisez pas le concept d'espérance de vie et c'est pour cela que vous citez le même rapport en boucle.
Il est hallucinant de penser que ma première intervention laissait supposer qu'il n'y avait pas de problème de financement, alors bonjour chez vous.
Je répète, le fait que plus de monde atteigne l'age de 60 ans
ne rendra pas l'utilisation de l'espérance de vie a la naissance pour rendre crédible le recul de l'age de la retraite moins absurde. Si nous décidons du recul de l'age de la retraite c'est en l'état actuel uniquement pour des raison idéologique.
Dans toute politique il y à des choix et ses choix résument nos préférence, il en est de même pour les rapports d'expert c'est pour cela qu'il y a souvent des contradiction.
Je clos mes interventions sur cet article.
Je comprends bien ce qu'est l'espérance de vie à la naissance, merci. Il se trouve qu'elle n'augmente pas seulement du fait de la réduction de la mortalité infantile, mais d'un allongement réel de la vie de l'ensemble de la population.
Sinon, vous n'avez jamais voulu insinuer qu'il n'y avait pas de problème de financement, néanmoins ceux qui disent qu'il y en a un le font uniquement sur une base idéologique, puisque les faits n'existent pas, seules les préférences comptent.
Je crois que tout est bien clair !
Si l'on prend l'espérance de vie à partir de 60 ans , on a l'augmentation présumée du nombre de personnes inactives (sur le marché car il ne faut pas oublier que les retraités sont un soutien important des actifs : garde d'enfants...).
Mais si l'on prend l'augmentation de l'espérance de vie depuis la naissance, on a alors une augmentation de la population en âge de travailler et une diminution relative des coûts d'éducation : plus on vit entre 20 et 60 ans, plus les études entre 0 et 20 ans sont valorisées.
Donc, dire que l'on a augmenté l'espérance de vie de 20 ans quand il s'agit de la diminution de la mortalité infantile aurait plutôt tendance à dire qu'il y aura plus d'actifs qu'avant.
De toute manière, ce qui compte n'est pas la population en âge d'être actif mais le nombre de cotisants (si l'on est en plein-emploi avec des salaires de misère, les cotisations ne permettront toujours pas de financer les retraites) et le nombre de personnes "à charge". Par exemple, plus il y a des naissances, plus le nombre travailleurs/non travailleurs diminue et donc ne résout pas le financement des retraites.
Il faut voir le problème dans sa globalité et vu dans son ensemble, les interprétations sur le rapport du COR sont clairement catastrophistes alors qu'il n'y a pas lieu d'être paniqué.
Pour mémoire, le coût estimé entre 1,5 et 3 point de PIB en 2050, soit dans 40 ans, est à comparer aux 2,3 points de PIB supplémentaires du coût des retraites entre 1980 et 2000, soit en 20 ans.
A méditer...
Vous pouvez tourner les chiffres dans tous les sens, l'effet d'allongement global de la vie qui fait que quasiment tout le monde atteint maintenant la retraite, et ce avec une espérance de vie à ce moment-là allongée (et qui va continuer à s'allonger) est si massif qu'il l'emporte sur tous les autres effets. Ce qui est caractéristique, c'est la diminution continue du rapport nombre de cotisants sur nombre de retraités. À partir de là, la messe est dite.
Pour ce qui est de l'interprétation du rapport du COR, je vous signale que
1- La France a en ce moment 8% du PIB de déficit.
2- Elle a un gros problème de compétitivité, et un manque d'investissement et d'innovation.
3- Ce n'est pas en 2050 que le problème se pose mais dès maintenant : dès 2015, même avec le scénario ultra-optimiste, il faut trouver 1,8% du PIB. Et encore une fois, ce n'est pas parce que la part des retraites a pris 2% de plus en 20 ans qu'on peut continuer à coup de 2% en plus tous les 10 ans, il y a un moment où ça devient trop lourd.
Dans un article titré sur les retraites, envoyer ainsi le sort des jeunes donne le ton
et classe dans la presse d'opinion, qui est, au demeurant, parfaitement recevable.
Choisir son camp et plaider sa cause est d'autant plus noble qu'il y a moins
de grands écarts comme celui-là. Quant au reste de l'article, il est d'aussi bonne guerre
de prévoir qu'une gauche au pouvoir adopte en général une politique plus droitière
que son programme ne le promettait (même en craignant le contraire comme le diable)
que de présenter le shangaïage de seconds couteaux mercenarisables
comme une politique "d'ouverture".
Sûr encore que s'il est arrivé aussi que des politiques de droite furent infléchies
par le "je gouvernerai pour tous les Français" du candidat élu, vieille règle tacite
marquée au coin du bon sens et issue de la magnification du dit candidat
par la fonction, le temps de ce - petit - miracle républicain est bien révolu !
Privilégèrement.
Curieuse démonstration ! Accuser le recours à des idées "vieillotes" quand on propose soit même de revenir, à petits pas comptés ..., à un système où l'on travaillerait plus et ... plus longtemps ... comme il y a un siècle ou deux par exemple !
Et cela alors que le pays, à l'image d'ailleurs des autres pays occidentaux, n'a jamais été aussi riche (voir la progression du PIB, en constante et franche augmentation depuis plusieurs décennies, par exemple sur le site de l'INSEE ...!).
L'idée de partager cette "richesse" de manière plus équitable ne semble donc pas effleurer le cerveau libéralo-formaté de monsieur Le Boucher !
Je lui propose donc, s'il voulait bien accepter un léger, mais éphémère (il est de taille à résister !) déformatage (!), de prendre sa plus belle règle à calcul et de faire ce petit exercice :
- établir la courbe d'évolution, depuis 1960 par exemple, de la part du PIB consacrée aux retraites par rapport au PIB total.
Il devrait constater que cette part est en constante diminution, diminution qui avoisine sur cette période les 10% ! Largement de quoi équilibrer les régimes de retraites ...!
Ah! Ben ça alors !! Damned ! J'y crois pas !
Mais, fi de billevesées, j'oubliais que le monde change .... et que l'on doit ( c'est une obligation vitale !) changer avec le monde ... un monde redessiné par les 'autres ... Fonçons, la tête baissée ....
Panurgement !
Autre manière de faire dire tout et n'importe quoi aux chiffres que celle que j'ai relevée plus haut : donner des chiffres faux.
Je ne sais pas quelles sont vos sources, mais si l'on se réfère à des sources de référence (en l'occurrence le premier rapport du COR, disponible à http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/014000788/0000.pdf à la page 68), il ressort que le pourcentage du PIB consacré aux retraites est passé de 5,4% en 1959 à 12,6% en 2000. Soit une augmentation de 133%, et non une diminution de 10%. Votre règle à calcul semble faussée, peut-être devriez-vous la remplacer par une calculatrice...
Certains, du reste, ne manquent pas de dire que puisque la part du PIB consacrée aux retraites n'a cessé d'augmenter, elle peut aussi bien continuer à le faire. Il faut aussi démonter cette assertion simpliste : car si avoir pu passer de 5,4% à 12,6% justifie qu'on puisse passer de 12,6% à 19,8%, alors on pourrait sans doute aussi passer de 19,8% à 27%, de là à 34,2%, etc, jusqu'à 100% et pourquoi pas plus tant qu'on y est : on perçoit bien l'ineptie de ce raisonnement en le poursuivant jusqu'au bout. En vérité, il y a une limite au-delà de laquelle la part des richesses nationales attribuée aux retraites devient inéquitable vis-à-vis des générations plus jeunes, et pénalisante pour l'économie et l'avenir. Il n'est pas exclu que nous ayons déjà passé cette limite...
Avec Martine on n'a pas "l'Allemagne payera" mais "les riches payeront". Comme il est doux à l'oreille d'entendre qu'il faut faire payer les banques,taxer les bonus,les dividendes et autres stock-option. Sauf que le problème des retraites,ça n'est pas une question de répartition de la richesse entre le capital et le travail mais entre actifs(travailleurs) et inactifs(retaités). Martine élude le problème qui est démographique (mathématique,donc) et le transforme en question sociale, ce faisant,elle ne répond pas à la question du financement.En outre,elle semble vouloir fiscaliser ce financement.Or,elle semble ignorer le principe de non affectation de l'impôt.En effet,pourquoi affecter de nouvelles recettes aux retraites (les vieux) plutôt qu'aux universités (les jeunes)?
Les jeunes sont les éternels sacrifiés depuis 30 ans.Qu'on en juge:lorsque l'on interroge les Français, c'est à 60 ans qu'ils sont le plus heureux!
Je ne laisserai personne dire que 20 ans est le plus bel âge de la vie:cela n'a jamais été aussi vrai!
Qu'on en juge:la France est le pays du monde qui consacre le plus fort pourcentage deson PIB aux retraites (juste derrière l'Italie).
Avec sa "société du care",M Aubry souhaite nous envelopper d'un cocon moelleux ,nous isoler d'un bouclier l.Nous avons besoin d'un GLAIVE PAS D'UN BOUCLIER
- Autrefois, les Francais/Francaises en age de travailler trouvaient un travail. Desormais, 25% n'en ont pas (10% emargent au chomage, une bonne proportion sont en preretraite, d'autres misereux...)
- Autrefois, une plus grosse partie du PNB allait vers le travail et moins allait vers le capital. Desormais, les retraites sont payees a partir d'une plus petite part du PNB (double effet puisque les retraites payees sont liees au partage d'hier). Il ne semblerait pas illogique que le capital contribue un peu aux retraites gagnees hier puisqu'il prend une partie de ce qui allait vers ce travail
- Autrefois, (comme encore aujourd'hui en Allemagne), les entreprises Francaises ne delocalisaient pas systematiquement leurs activites a l'etranger (balance commerciale!) condamnant les actifs de moins en moins nombreux a cotiser toujours plus
- Autrefois, les actifs du systeme general avaient les moyens de payer pour les regimes de retraite speciaux (suivez mon regard..., on en parle pas!...) sans mettre l'equilibre du systeme en cause. Ce n'est plus le cas.
- Autrefois, une large partie de nos elites ne travaillaient pas dans l'economie casino (transfert de richesses d'une poche a l'autre) mais plutot dans les activites creatrices de richesses/services
En Allemagne, il y a une certaine communaute d'interets entre les entreprises de taille moyennes et les interets des Allemands. En France, il y a souvent conflit d'interets entre queqlues grosses entrerpises globales (dites Francaises bien qu'elles apppartiennent en large partie aux Anglo-saxons) et les Francais. Il faut l'accepter, bien sur, mais on aimerait que le gouvernement defende les interets des Francais ce pour quoi il est elu.
En France, on fait des enfants et cela coute cher...mais c'est un investissement que d'autres pays Europeens ne font pas ce qui nous rend non competitifs si on souhaite les eduquer et les nourrir. Personne ne suggere de ne plus en faire.
La remise des Francais au travail, la relance des investissements afin d'accompagner le plus de travail par plus de productivite et un meilleur partage de la valeur ajoutee sont les seules solutions a la reprise d'un cercle vertueux et au sauvetage de nos protections sociales.
Si cela n'est pas possible (et ca ne l'est pas!) dans un "monde de libre echange" qui consiste essentiellement en un monde d'arbitrage du cout du travail (y compris le demantelement de la protection sociale) et d'endettement massif de la France et de son gouvernement, alors tirons en les consequences: Retranchons nous derriere nos frontieres... Ce sera dur au debut, mais on a les capacites de reussir
..Autrefois, on a eu les 30 annees glorieuses dans un monde de non libre echange, la Chine a fait de meme plus recemment (le tout base sur l'investissement educatif). De toute facon, comme en 1929, ca se terminera comme ca. On le voit bien avec la Grece et bientot le club med et la devaluation competitive de la livre sterling.
Ce sera bien mieux que de reduire les perspectives d'avenir en eduquant moins, en soignant moins en condamnant les vieux a la misere et en s'endettant plus.
Ce n'est pas que je sois en désaccord avec tout ce que vous dites sur l'évolution de l'économie contemporaine, mais il y a tout de même des choses qui méritent réaction.
Même si la part salariale de la valeur ajoutée à baissé depuis les années 70, la part attribuée aux retraites a augmenté. C'est donc que les dindons de la farce sont les actifs. Aujourd'hui beaucoup à gauche affirment qu'il suffit de faire "payer" les riches, le capital, les entreprises et d'augmenter la part salariale dans le PIB, au profit des retraites. Cela appelle les commentaires suivants :
- La baisse de la part salariale du PIB s'est faite sur le dos de ceux qui ont aujourd'hui moins de 50 ans, et plus encore sur les plus jeunes d'entre eux. Les baby-boomers ont été largement épargnés, et avaient au contraire largement bénéficié d'une hausse de la part salariale du PIB dans les années 70. On voudrait donc une nouvelle hausse de la part salariale du PIB à leur profit, puisque ce sont eux qui partent en retraite aujourd'hui.
- Augmenter les cotisations patronales ? Les PME françaises sont déjà peu compétitives face à l'Allemagne et d'autres pays, et ne font pas des profits fabuleux comme les entreprises du CAC40. Augmenter leurs cotisations plombera un peu plus leur compétitivité. Quant aux entreprises du CAC40, soit elle délocaliseront un peu plus, soit elles feront pression sur les salaires, pour conserver le même taux de profit (trop élevé, là on est bien d'accord) : à l'arrivée, ces hausses de cotisations patronales seront en fait payées par les salariés soit sous la forme de chômage supplémentaire, soit sous la forme de baisses de salaire, ou de moindres augmentations.
À l'arrivée, "faire payer le capital" revient à un véritable hold-up sur la richesse nationale par une génération (les baby-boomers) qui en a déjà fait un dans les années 70, et qui veut maintenant partir se dorer la pilule dès 60 ans, au détriment des jeunes générations. Si vraiment on pouvait augmenter la part salariale du PIB, alors augmentons plutôt les salaires des jeunes. Il en reviendra toujours un peu, via les cotisations, pour les retraites... Mais certainement pas assez pour éviter la prolongation de la durée de cotisation !
- "idees vieillotes ou idees de vieux": je ne suis pas a la retraite, je ne fais pas partie des classes defavorisees et si le systeme economique ne s'effondre pas, je dependrai plus de mon capital accumule que de ma petite retraite pour mes vieux jours. Mes contributions d'analyses et d'idees a ce site ne sont pas le reflet de mon interet personnel et ne constituent pas une defense de Martine Aubry ou de qui que ce soit. Peut etre essayent elles de retablir un equilibre dans ce qu'on lit.
- Vous avez raison, la solution n'est pas d'augmenter les cotisations patronales ou des actifs. Mais pensez vous une seconde que les entreprises augmenteraient les salaires des actifs si les cotisations patronales baissaient?
- Bien sur personne ne dit que la solution est de donner plus aux baby boomers (je note qu'ils ont quand meme renouvele les generations contrairement au reste de l'Europe)
- "C'est donc que les dindons de la farce sont les actifs" est une erreur et une assertion dangereuse qui risque de diviser les generations. Bien sur, la proportion du PIB a augmentee puisqu'il y plus de retraites. Suggerez vous qu'on partage un pot constant entre toujours plus de retraites? Mais, voyez vous, les retraites des actifs d'aujourd'hui seront payes par les actifs de demain. Les actifs d'aujourd'hui ne seront donc les dindons de la farce que si :
* Comme vous semblez le proposer, les retraites continuent a etre reduites (jusqu'a rejoindre les retraites Chinoises (zero) pour etre competitifs?)
* la France continue sur la mauvaise pente de demantelement du systeme de protection sociale et de la pauperisation de la classe moyenne
* La France continue a utiliser de moins en moins ses resources de capital et de travail a generer des richesses
* La natalite venait a baisser comme dans les pays voisins
La piste proposee par le consensus mou actuel me semble dangereuse et ressemble a "Accompagner le declin et la pauperisation de la majeure partie de la population Francaise" tout en protegeant toujours plus les privileges des plus nantis au pretexte de la concurrence internationale.
Le vrai probleme me semble que la France est consideree par les detenteurs du capital comme une "cash cow" et les profits (resources de capital) generes par les Francais Actifs sont detournes vers l'investissement soit a l'etranger, soit pour gonfler des bulles speculatives (dont certaines, immobilier, penalisent les Actifs que vous pretendez defendre). La solution a nos problemes consiste a amener l'utilisation des resources de capital generees en France a s'investir en France afin de mieux utiliser ses resources de travail et d'en ameliorer l'efficacite.
Alors, a partir d'une base elargie d'actifs ayant une meilleure productivite, vous sauverez son systeme de protection sociale et la retraite future des actifs, bien sur en l'adaptant aux realites demographiques.
Et le probleme court terme? Il ya a beaucoup de pistes a suivre:
- Certainement pas d'augmenter l'age de depart puisque cela augmenterait les files de chomage
- Puisque nous heritons notre societe de nos anciens, au lieu de reduire les impots sur la transmission de patrimoine, pourquoi ne pas affecter son produit aux caisses des retraites?
- Le systeme general des retraites paye pour beaucoup de situations speciales qui devraient etre payes par la solidarite natiionale dans son ensemble:
* Les regimes speciaux en deficit (les elus?)
* Le traitement social du chomage ou depart anticipe a la retraite
Maintenant que le regime general n'en a plus les moyens, est ce que cette solidarite ne devrait pas s'exprimer par l'ensemble des Francais? Ou doit on faire seul;ement payer les Francais cotisant au systeme general en reduisant leurs retraites futures?
- Si au lieu de vendre les "actifs" (capital) de l'etat pour financer les deficits abysmaux generes par les casinos bancaires et les projets pharaoniques de nos elites, on affectait ces actifs au systemes de retraites (participations dans FT, EDF,...rapporteraient des milliards d'euros chaque annees...)
Votre pseudonyme: avez vous, comme votre illustre ancetre Egnatius Mecenius, l'intention de battre a mort, non votre femme, mais le systeme de retraites des Francais?
1- Je ne sais pas si les entreprises augmenteraient les salaires si l'on baissait les cotisations, mais l'inverse est certain : le partage de la valeur ajoutée ne dépend certainement pas du niveau de cotisation mais d'un rapport de force global, d'une comparaison avec ce qui se passe à l'étranger et d'une viabilité économique.
2- La question n'est pas de savoir si ce que j'affirme risque de diviser les générations mais si c'est vrai : si c'est vrai, alors c'est la situation elle-même qui divise les générations. En l'occurrence, quand on examine la répartition des revenus et patrimoines suivant l'âge, il apparaît déjà une division très nette entre générations. Faire financer par les jeunes un surcroît de retraite aux baby-boomers ne fera qu'accentuer encore cette division : je n'y suis pour rien, je me contente de décrire ce qui se passe. J'adore ceux qui ont constamment le mot "solidarité" à la bouche : il s'agit souvent de solidarité des moins favorisés au profit des plus favorisés, et le mot "solidarité" n'est là que pour couvrir une situation inéquitable par un voile de morale propre à effrayer ceux qui voudraient signaler l'inéquité.
3- Le pot augmente sans que la part du PIB allant aux retraites ait à augmenter nécessairement puisque le PIB croît. Partant de là, si la part allant aux salariés et aux retraités diminue globalement et que celle allant aux retraités seuls augmente, c'est bien que les salariés non retraités se font avoir par tout le monde.
4 - Les jeunes générations actuelles renouvellent quasiment leur génération, les baby-boomers ne l'ont pas fait.
5- On ne peut pas dire que la France est en train de démanteler son système social : on n'y a jamais consacré une part si importante d'un PIB lui-même sans cesse croissant.
6- En ce moment, ce sont plutôt les jeunes que les baby-boomers qui sont en voie de paupérisation.
7- Je ne prendrai pas ma retraite avant 2040, à cette date il n'y a aucune chance que la retraite à 60 ans soit encore d'actualité vu le coût faramineux. Alors je suis clair : jamais je ne gagnerai ce que gagne un baby-boomer actuel exerçant la même profession que moi, il faudra même que j'attende d'avoir 45 ans selon toute vraisemblance pour toucher en salaire le montant de la retraite médiane actuelle de ma catégorie socio-professionnelle. Dans ces conditions, je trouve inique qu'on puisse me demander de diminuer mes revenus ou espérances de revenus pour financer des privilèges que je n'aurai jamais à une génération déjà nettement plus privilégiée que moi. Lorsque les inactifs touchent plus de revenus que les actifs, le système marche sur la tête.
8- Il est vrai que le capital des grandes entreprises françaises étant détenu par des fonds de pension états-uniens pour une part notable, nous finançons en plus les retraites des états-uniens. Je ne vois comme parade que l'institution de fonds de pension français, qui récupèrent les revenus du capital des entreprises françaises. Êtes-vous pour les fonds de pension ? Moi, pas tellement !
9- Après, j'aimerais bien rêver aussi d'un système économique plus favorable aux salariés : en théorie, c'est possible. Mais pas à l'échelle de la France seule : elle n'est pas coupée du monde, et n'a pas à gagner à l'être. Et essayer de convaincre ne serai-ce que l'Allemagne est déjà une tâche herculéenne. Le reste de l'UE, n'en parlons pas. Alors le reste du monde...
10- Si ayant réformé le système économique on parvient à récupérer du gras sur les profits des grandes entreprises, ce gras doit être consacré aux jeunes qui ont des salaires dévalués, qui sont chômeurs, précaires, pauvres, qui arrivent en ce moment sur le marché du travail, en pleine crise, et en ressentiront durablement les effets. Pas à des baby-boomers aux revenus et patrimoines très confortables dans l'ensemble..
11- Augmenter l'âge départ en retraite n'augmente pas le chômage à moyen terme, au contraire : les pays qui se sont lancés dans cette voie ont un chômage inférieur à la France. Il est vrai que du coup les charges pesant sur les actifs sont moins fortes, le coût du travail plus bas, ce qui abaisse son seuil de rentabilité et améliore la compétitivité des entreprises. La France a préféré les joyeusetés telles les préretraites, et c'est cela qui pénalise l'emploi.
12- Les rapports du COR montrent que même sans chômage avec des gains de productivité significatifs, il subsiste un problème de financement.
13- Les régimes spéciaux ne doivent pas être financés par la "solidarité nationale" (encore un cas typique d'utilisation de ce mot que je mentionnais plus haut) : ils doivent être purement et simplement supprimés.
14- Plus généralement, la retraite étant du salaire différé, je ne vois pas de justification à ce qu'elle soit financée par autre chose qu'une cotisation assise sur le salaire. Ceci n'est pas du ressort de l'impôt. La seule justification à une augmentation des impôts réside dans le financement d'un investissement rentable ou d'un bien ou service public que les citoyens jugent nécessaire.
15- Accessoirement, s'imaginer qu'il suffirait d'augmenter les impôts des "riches" est naïf : les ordres de grandeurs des sommes en jeu ne sont pas les mêmes, on ne peut pas gagner 50 milliards à l'horizon 2020 simplement sur les "riches", sauf à en avoir une définition tellement étendue qu'elle englobe... les classes moyennes !
16- Mon pseudonyme... C'est compliqué... Et ça n'a rien à voir avec ce sévère mari, que je ne connaissais même pas !
Tout d'abord, oui il y a un probleme de financement, nous sommes d'accord
L'humanite a toujours fonctionne comme suit: les actifs procurent biens et services aux inactifs. Bien sur, cela s'est fait de differentes manieres au cours de l'histoire de l'humanite. La plupart du temps, il n'y avait pas conflit entre generations car les actifs savaient que leurs parents avaient pris soin de leur entree dans la vie et qu'eux memes prendraient soin a la fois de leurs parents quand ceux ci ne sont plus en age de le faire et de leurs enfants a leur tour.. Le conflit que vous semblez percevoir me semble du a plusieurs parametres:
- La solidarite est devenue indirecte
- Son cout peut paraitre excessif
- Ce conflit est instrumentalise par des parties qui y ont interet:
* L'industrie financiere qui veut se servir sur la bete avec l'introduction des retraites par capitalisation. L'example Britannique montre que cela mene a la misere du plus grand nombre et enrichit grassement
* les employeurs qui se battent dans un univers concurrentiel et considerent leurs employes comme un centre de couts
- Une civilisation qui a oublie que sa prosperite est du a l'heritage du passe
Votre "Plus généralement, la retraite étant du salaire différé, je ne vois pas de justification à ce qu'elle soit financée par autre chose qu'une cotisation assise sur le salaire".
Dans votre schema, 2 options qui s'appliquent aux retraites aujourd'hui et a nous futurs retraites demain
- Expliquez moi pourquoi alors, on devrait diminuer les prestations de ceux qui ont contractuellement gagne un salaire differe par leur cotisations pendant toute leur periode d'activite
- Expliquez moi aussi pourquoi on devrait augmenter les cotisations des actifs pour permettre de payer les salaires differes des retraites sans que ces actifs ne puisse jouir a leur tour d'un salaire differe correspondant
Votre idee est un concept qui apparait seduisant, elle est simplement impraticable puisqu'il y a un trou dans la caisse en appliquant ce concept et que retarder AUJOURD'HUI l'age de la retraite ne changerait rien!
Les propositions que je faisais tenait compte de ce probleme et s'orientait vers des idees qui permettaient de combler le trou tout en etant aussi justes que possible:
- Ne pas imposer la transmission de patrimoine c'est contraire a la meritocratie puisqu'etre bien ne donnera toujours plus que travailler dur. C'est ce qui mene a une societe decadente.
- Transferer le produit de l'impot sur les succession aux fonds de retraites c'est s'assurer que les fonds ne sont pas gaspilles par les gouvernements et garantir une societe plus meritocratique et plus efficace. De plus cela aidera a vous garantir a vous Mecenius la perceptiton de votre salaire differe. Ainsi, vous ne serez pas le dindon de la farce
- Transferer le capital des entreprises nationales aux fonds de retraite, non pour le depenser, mais pour en tirer des dividendes est aussi un phenomene juste et efficace: la prosperite de ces entreprises a ete cree par tous et nous en avons herite. Ceci permettrait a tous les Francais d'en rester "stakeholder". De plus, ceci permettrait d'eviter que seuls quelques actionnaires profitent des positions dominantes que beaucoup de ces societes ont sur leur marche (distorsion de concurrence, oligopole/monopole...)
Vous voyez, le conflit de generations n'est qu'apparent! Les mesures proposees profiteraient a tous: Actifs et retraites.
Seront elles suffisantes? Elles vont dans le bon sens et si elles ne suffisent pas, il faudra encore d'autres bonnes idees.
La principale a mettre en oeuvre restant remettre la France au travail et s'assurer que les profits generes en France sont investis en France pour que VOTRE travail soit plus productif. Sans cela, la decadence continuera..et pour le coup votre salaire differe risque de nee pas etre paye!
"Expliquez moi pourquoi alors, on devrait diminuer les prestations de ceux qui ont contractuellement gagne un salaire differe par leur cotisations pendant toute leur periode d'activite"
Ma réponse : il n'y a rien de contractuel en l'occurrence (personne n'a rien signé), mais s'il s'agit de morale, alors je ne vois pas pourquoi le cotisant toucherait plus que ses cotisations actualisées au moment de sa retraite (voir revalorisée des gains de productivité). Or les baby-boomers ont eu trop peu d'enfants pour maintenir le nombre de personnes par génération, et ont versé pour leurs parents et grands-parents des sommes très inférieures à ce qu'ils prétendent toucher aujourd'hui en partant dès 60 ans, notamment parce que leur durée de retraite sera bien plus longue (et par dessus le marché ils ont bénéficié d'une bulle salariale dans les années 70).
"Expliquez moi aussi pourquoi on devrait augmenter les cotisations des actifs pour permettre de payer les salaires differes des retraites sans que ces actifs ne puisse jouir a leur tour d'un salaire differe correspondant"
Ma réponse : à ce rythme, le système aura sauté en 2050, car il est financièrement intenable. Le problème, c'est que personne chez les jeunes n'a plus confiance en ce système, parce que les génération actuellement à la retraite ou sur le point de l'être font preuve d'un égoïsme sans bornes, alors que les réformes (nécessaires, sinon le besoin de financement serait encore bien plus faramineux) Balladur/Fillon feront pleinement sentir leurs effets en terme de baisse des pensions quand lesdits jeunes actuellement pressurés prendront leur retraite.
"retarder AUJOURD'HUI l'age de la retraite ne changerait rien!"
Si, ça empêche la situation financière de continuer à se dégrader. Accessoirement, pour que les choses soient claires, j'ai d'autres propositions, qui changeraient quelque chose dès aujourd'hui, et auiraient le mérite de mettre à contribution ceux déjà à la retraite (et qui s'en sont le mieux sortis) : supprimer les cotisations maladie sur les salaires et augmenter à due concurrence la CSG, et au passage aligner les taux de CSG pesant sur les retraités sur celui acquitté par les salariés ; voire ne plus indexer les pensions sur l'inflation sur une certaine durée (sauf pour une frange des petites retraites à définir).
Concernant vos propositions de financement, personnellement je suis contre la réforme TEPA sur les droits de succession, mais tout comme que les dividendes des entreprises publiques, ce n'est pas du tout le même ordre de grandeur que les sommes nécessaires aux retraites à système inchangé. De plus, dans quelque sens que vous preniez les choses, vous proposez d'augmenter la part des richesses aux retraités, en défaveur des jeunes et de l'investissement : c'est là que réside fondamentalement le conflit, et il n'y a aucun tour de passe-passe fiscal qui l'escamotera !
- Il y a 2 elements dans la retraite:
- La retraite secu: si on la diminue, cela affectera principalement les retraites les plus faibles. Votre argument de vieux vivant comme des pachas au depens des jeunes sur cette retraite ne s'applique pas, je suppose
- Les retraites complementaires et son systeme d'accumulation de points et la, comme vous le savez, cotisations et benefices sont intimement lies (vous recevez ce que vous avez paye). Et la, nous toucherons vous et moi moins que ce que nous avons cotise (ce qui vous a fait dire que vous serez dindon de la farce)
Vous en connaissez une raison importante:
- Le regime general paie pour beaucoup de regimes speciaux. Il n'y a aucune justification pour que cette solidarite ne s'exprime que par les cotisants au systeme general (tres peu general) vers le reste de la societe. Cela appelle 3 questions:
* Est ce que le regime general est encore en deficit s'il ne paie pas pour les autres?
* Si ce n'est le cas, pourquoi le changer? Ou est la justice si on fait payer une categorie limitee pour les autres tout en exonerant d'autres categories? (issu d'expedience politique quand le regime general etait en excedent)
* Comment doit s'exprimer la solidarite de tous les Francais envers les regimes speciaux?
Je constate notre accord sur la reforme TEPA. Vous ne semblez pas oppose non plus a la suggestion sur les participations publiques et l'affectation de leurs dividendes (plusieurs millards € par an, ce n'est pas rien non plus). Vous dites que ce n'est pas assez. J'en conviens si mesure unique comme vous conviendrez que la solution ne se fera pas en jouant sur un seul parametre.
Le retard du depart de l'age a la retraite dans la situation actuelle transfere le probleme sur les tranches d'age concernees puisqu'il est tres improbable que ces gens trouveront un travail (et pour ceux qui en ont un, cela retardera l'embauche d'un jeune...qui paiera donc en etant au chomage)
Bien sur, je ne propose pas d'augmenter les retraites.
De plus, je note que la plupart de vos propositions (essentiellement baisser les retraites en augmentant les prelevements donc plus d'impots) vous affecteront aussi quand vous partirez a la retraite. Ceci demontre encore qu'il n'y a pas conflit entre generations vous exprimez seulement votre souhait d'avoir plus d'argent aujourd'hui et moins demain.
Quant a penser que toute baisse du pouvoir d'achat des retraites se traduirait par un transfert de richesse vers les jeunes et l'investissement, cela revele une certaine naivete. Pouvez vous m'expliquer comment ce mecanisme prendrait place? (d'ailleurs les deficits dont on parle interdisent la baisse des cotisations retraites). La realite est que ceci faciliterait et accelererait le mouvement actuel de pauperisation du plus grand nombre en France.
Nos echanges montre que le probleme n'est pas simple et que la solution ne viendra que par de nombreuses mesures et surtout viendra de l'utilisation des profits et resources de capital et de travail disponible soit a l'echelon Europeen si c'est possible (j'en doute de plus en plus) ou a l'echelon national puisque c'est le seul qui existe vraiment. Si les profits et la richesse generees dans ce pays continuent a ne pas etre reinvestis en France, toutes l'energie des jeunes "ne servira qu'a les aider a se pendre". La seule question sera "on pend les vieux avant les jeunes ou les jeunes avant les vieux?"
"La retraite secu: si on la diminue, cela affectera principalement les retraites les plus faibles"
Ma réponse : mon propos ne vise pas les détails de la mécanique illisible (c'est aussi un problème) du système français. Ce sur quoi mon propos porte, c'est le niveau de revenu des retraités comparé à celui des actifs. La désindexation partielle des retraites sauf sur les petites retraites telles que le minimum vieillesse réglerait la question.
"Les retraites complementaires [...] Et la, nous toucherons vous et moi moins que ce que nous avons cotise "
Ma réponse : Il y a la valeur d'achat du point qui reflète l'équilibre démographique au moment de la cotisation, et la valeur à la liquidation, différente de la valeur d'achat, qui reflète l'équilibre démographique lors de la retraite. Ce mécanisme complexe fait qu'on ne touche pas ce qu'on cotise.
Je préfère largement le système suédois de comptes notionnels, qui est lisible, et lie les pensions à l'espérance de vie lors du passage à la retraite. Il permet à chacun d'arbitrer entre âge de la retraite et niveau de pension, tout en assurant l'équilibre financier sans avoir besoin d'y coller une rustine tous les 5 ans comme en France. Il n'empêche même pas, au contraire, une politique sociale telle que la valorisation par la solidarité nationale de la maternité et la formation (ici justifiée).
"Le regime general paie pour beaucoup de regimes speciaux"
Les régimes spéciaux sont déjà largement financés par l'impôt. Le régime général est en déficit tout seul. Et les régimes spéciaux doivent tout simplement être supprimés, ils sont injustifiés. (note : je ne suis pas contre une prise en compte selon une méthode à discuter de la pénibilité, mais si la conclusion c'est que le métier pénible par excellence c'est cheminot, c'est une plaisanterie)
"Le retard du depart de l'age a la retraite dans la situation actuelle transfere le probleme sur les tranches d'age concernees puisqu'il est tres improbable que ces gens trouveront un travail "
Encore une fois, non : c'est ce qu'on a toujours cru en France, et a priori ça paraît évident. Sauf que l'expérience prouve le contraire. Le principe français consiste à rétrécir la population active et non chômeuse à une base toujours plus étroite étroite, qui doit impérativement de ce fait être très productive, pour financer l'inactivité des retraités, chômeurs, etc. Ce système est en bout de course, il est en train de s'épuiser : il vaut mieux rendre productive une plus large part de la population, quitte à ce qu'elle soit moins productive. Il faut accepter l'idée de revenus diminués pour les quinquagénaires et retraités, et utiliser une partie de cet argent pour investir et former les salariés (y compris pour permettre de changer d'activité à ceux en fin de carrière pour rendre compatible le travail avec les contraintes de l'âge) : ce sont les clefs de la productivité.
"De plus, je note que la plupart de vos propositions vous affecteront aussi quand vous partirez a la retraite."
Oui, et je l'assume. Mais d'une part je n'ai pas envie d'avoir à attendre 60 ans pour toucher le fruit de mon travail (pensez par exemple que maintenant un jeune doit s'endetter un max pendant 25 ans pour acheter son logement, alors que la baby-boomera déjà son logement, acheté peu cher et payé bien souvent par l'inflation), et d'autre part je ne souhaite pas être un boulet que j'impose aux générations qui me suivront de traîner, quoique j'aie bien envie moi aussi de pouvoir partir en vacances perpétuelles payées par la princesse.
"Quant a penser que toute baisse du pouvoir d'achat des retraites se traduirait par un transfert de richesse vers les jeunes et l'investissement, cela revele une certaine naivete"
Ce qui est sûr, c'est qu'à partir de la situation actuelle, l'argent donné aux retraités viendra bien de quelque part. Et qu'à supposer (hyptohèse la moins probable, et même très improbable) qu'il ne vienne ni des jeunes ni de l'investissement mais de la rémunération du capital, et bien il vaudrait mieux affecter cet argent à l'investissement (parce que la France est en perte de vitesse dans l'innovation et la montée en gamme nécessaire pour survivre économiquement et préparer l'avenir) ou aux actifs de moins de 50 ans (parce que la comparaison des patrimoines et revenus par tranche d'âge montre que ce sont eux qui ont morflé ces 30 dernières années, alors que les quinquagénaires et sexagénaires s'en sortent globalement très bien, quoique eux aussi comptent leurs pauvres).
D'accord avec vous pour preserver la flexibilite de date de depart (menu a la carte) et d'autres propositions.
Le systeme de base a le merite de fournir un plancher
Le systeme de points n'est pas incompatible avec le modele suedois que vous appelez de vos voeux
Les cadres Francais voit leur pouvoir d'achat baisser significativement car il s'agit d'une politique RH coordonnee et deliberee. Un exemple chez gd petrolier quand un chef de departement avec division en F et UK accorde une performance exceptionnelle a 1 Anglais et un Francais. L'un obtient 10% d'augmentation et l'autre moins de 3% (meme jeune age, salaire equivalent, meme potentiel!). Cette politique RH (entente au niveau de l'industrie) continue depuis des annees et entraine une baisse relative des recettes retraite (ne s'appplique pas aux hauts cadres dirigeants)
"Le principe français consiste à rétrécir la population active et non chômeuse à une base toujours plus étroite , qui doit impérativement de ce fait être très productive, pour financer l'inactivité des retraités, chômeurs, etc"
La vous confondez traitement social d'une situation avec les causes de la situation. Oui, on a profite de la bonne sante des fonds de retraites pour leurs faire payer des mise en preretraite anticipees par expedience politique et pour degager des places pour les plus jeunes. La cause premiere est la reduction du nombre d'emploi (reduction des couts fixes, refus d'investir).
Les causes de la baisse de la population active sont toutes autres et liees au statut de "cash cow" de la France pour les investisseurs et doncau manque d'investissement/delocalisation (Automobile: les actifs Francais ont finance par leur travail les delocalisations des usines):
- Les profits generes (capital) ont choisi de ne PAS s'investir en France et plus le niveau des profits augmentent en France, plus les sorties de capitaux augmentent, plus d'usines sont fermees pour etre reconstruites ailleurs et plus le nombre d'actifs diminue
- L'innovation est remplacee par la reduction des couts et salaires - Les relances par la demande augmentent l'endettement de l'etat et des menages sans vraiment stimuler l'investissement. Elles accelerent le processus de pauperisation.
- Le refus de l'investissement productif mene les fonds vers les bulles (immobiliers...) d'ou cout excessif de l'immobilier pour les jeunes actifs (sauf heritiers...)
Il convient de reagir avant que la situation ne se degrade encore plus sur le modele anglosaxon. Et entrer en competition sur les salaires les retraites et l'age de la retraite avec l'Allemagne permettra d'augmenter les profits mais probablement pas l'emploi et l'investissement aggravant donc encore les desequilibres (moins de recettes pour l'etat et les systemes de protection sociales)
Dans la situation actuelle, toute baisse des retraites ne profitera pas aux actifs mais ira grossir les profits qui se reinvestiront a l'etranger et/ou tourneront dans les bulles donc reduiront l'activite et augmenteront le chomage donc penaliserons les actifs.
Le reequilibrage ne peut passer que par la relance de l'investissement productif en France (reinvestissement en France des profits) et il convient de mettre en priorite absolue l'equilibre de la balance commerciale soit en accord avec nos partenaires soit par action unilaterale (sortie de l'euro ou accord avec Europe du Nord).
Sur la baisse relative du pouvoir d'achat des cadres : c'est vrai (je suis bien placé pour le savoir !). Et ça vaut aussi pour de nombreux salariés, et les fonctionnaires (perte de valeur du point d'indice, revalorisé à moins que l'inflation). Bien sûr, cela entraîne un manque à gagner pour les caisses de retraite : mais c'est du second ordre par rapport au besoin de financement actuel (12% de quelques point de PIB, quand il faudrait 3% de PIB d'ici 5 ans). Et à mon sens cette perte de pouvoir d'achat par rapport aux générations précédentes justifie qu'on ne ponctionne pas un peu plus ces cadres (ou fonctionnaires ou tout autre salarié smicardisé à force de voir son salaire stagner) de moins de 50 ans pour financer la retraite précoce de ceux qui ont un meilleur pouvoir d'achat ! Merci d'apporter de l'eau à mon moulin !
Sur votre commentaire concernant mon explication de la base productive toujours plus étroite, vous avez en partie (mais en partie seulement raison) : il y a eu un cercle vicieux enclenché : le chômage augmente, on trouve sensé d'envoyer les 55 ans et plus en préretraite pour diminuer les chiffres du chômage. Mais ce que les gouvernements n'ont pas vu, c'est que ce qu'ils ont gagné sur le chômage, ils l'ont perdu sur le besoin financier accru des caisses de retraite. Cela a demandé des cotisations retraites (ou des taxes pour financer les préretraites) relevées, ce qui a augmenté le coût du travail ; les emplois peu productifs deviennent alors non rentables et sont supprimés, les autres perdent en compétitivité (exemple parmi tant d'autres : à l'étranger, il y a des jeunes ou des vieux qui remplissent vos sacs aux caisses de supermarché, en France on est en train de faire disparaître même les caissières). Du coup le chômage augmente, et on repart pour un tour. C'est ce cercle vicieux qu'il faut briser. Le traitement social fait bien partie des causes, même si ce n'est pas la seule (on peut dire au minimum qu'il a un effet de renforcement). Globalement, pour augmenter la richesse produite, il faut non seulement améliorer la productivité par tête autant que possible, mais aussi augmenter le nombre de personnes productives. En France on a artificiellement élevé la productivité en rendant impossible ou difficile le travail des personnes peu productives.
Les exemples scandinaves et allemand montrent qu'il est possible de maintenir l'emploi en agissant sur le coût du travail (même si ce n'est pas suffisant : il faut aussi agir sur l'innovation et la formation). Je rappelle toutefois que j'ai sur un précédent billet de M. Le Boucher fortement critiqué la politique allemande, parce qu'elle est non coopérative et nous entraîne de facto dans une spirale négative. Mais une chose est de ne pas entrer dans cette spirale (encore faut-il en convaincre l'Allemagne), une autre est de plomber plus notre compétitivité
Je partage largement votre critique de l'attitude des grandes entreprises qui n'utilisent plus leurs profits pour investir, ou alors à l'étranger : c'est il est vrai un problème crucial. Mais d'une part les décisions de ces entreprises sont une conséquence logique et imparable de l'environnement réglementaire que le politique définit (et là il y aurait quelques dogmes à revoir à Bruxelles et ailleurs, par exemple sur la "concurrence libre et non faussée", tâche herculéenne en perspective, et pour l'instant je ne vois pas quel pays nous suivrait). D'autre part, faites très attention à ne pas généraliser le cas des grandes entreprises aux PME françaises : celles-ci ont des profits franchement pas mirobolants, des marges en berne (je vous renvoie par exemple au blog de M. Peyrelevade sur lemonde.fr pour plus de développements), et donc de moins en moins les moyens d'investir et innover. Les causes en sont multiples, mais dégrader leur situation déjà plus que fragile par des augmentations de cotisations ne manquera pas d'être très préjudiciable.
D'abord l'amour de Mme Aubry pour les anciens est avant tout électoral M. Sarkozy à gagner 2007 grâce aux personnes de 60 ans et plus, 61% et 68% de suffrages.
Alors celle qui connaît les combines pour être élue, première secrétaire par certaines manipulations de sa fédération du nord est partie dans le délire, j'aime les vieux et puis demain j'aime les jeunes et les homos et les cathos ...... .
Rien n'arrêtera Mme Aubry qui a déjà montré son incompétence dans le gouvernement Jospin, Mme miracle qui a réussi à faire baisser le pouvoir d'achat des plus faibles dans sa devise bosser moins pour gagner plus, les 35 heures, en 2007 nous avons entendu un autre air, aussi ridicule les deux étant avant tout politique à défaut d'être économiques.
Mme Aubry n'a pas la carrure pour sortir la France de son surendettement. Faire payer les riches pourquoi pas mais le compte n'y sera pas il faudra passer par un cran ou plus de moins à la ceinture.
Au fait Mme Aubry allez vous proposer une réforme des régimes spéciaux des députés et sénateurs, vous savez dans le cadre des rertaites mais également dans "votre"amour pour LA JUSTICE SOCIALE?
Mme Aubry une éléphante dont la France n' pas besoin.
Pourquoi pénaliser ce qui ont travaillé très tôt et acquis leur droit à 60 ans? De toute façon ils seront de moins en moins nombreux.
Liberté, Égalité, Fraternité,
Dans la question des retraite la question de la liberté ne se pose pas.
Commençons donc par la question de l'égalité. Dans ce magnifique pays englué dans ses archaïsmes, les français ne sont pas égaux devant la retraite.
Les fonctionnaires et les premiers d'entre eux, les politiques, bénéficient des régimes spéciaux des Sénateurs et Députés, qu'allez vous faire Madame Aubry ?
Viennent ensuite les ABUS SOCIAUX de la SNCF, des fonctionnaires d'outre mer, des femmes fonctionnaires de plus de trois enfants, d'EDF, et j'en passe ...
Dans ce pays on envoie un militaire en retraite à 45 ans avec une retraite supérieure au salaire de débutant d'un ingénieur, d'un vétérinaire...
C'est tellement incroyable, illogique et injuste que la vérité finit par ne plus choquer.
Seulement voilà dans un pays ou 65% de la population vit directement ou indirectement de l'état la démocratie n'a plus de sens car pour être élus les politique ne peuvent pas s'attaquer aux vrais réformes et il se savent.
Donc pendant les deux prochaines années, UMP et PS vont s'étriquer sur des broutilles pendant que la voiture France avance a toute vitesse dans le mur.
Les vrais solutions commencent d'abord pas un système de retraite simple et égal pour tout le monde : public et privé, tous dans le même wagon. Plus de régimes spéciaux à gauche, à droite...
Pour faire jouer la fraternité, il faut aussi y appliquer un seuil maximal, les retraités ne doivent pas gagner en moyenne plus que la moyenne des salaires des jeunes, comme c'est le cas aujourd'hui.
N'oublions pas non plus que la génération qui part en retraite n'a presque plus d'emprunts sur leurs biens immobiliers, l'inflation des années 70 et 80 s'étant chargée de leur donner un bon coup de pouce.
Finalement une fois la vrai JUSTICE SOCIALE rétablie, il pourra enfin être discuté sereinement de l'age du départ en retraite qui finalement est le dernier levier a ajuster une fois que tout le reste est réglé.
Le pronostic du COR relatif aux retraites à échéance 2020 situe le déficit des retraites du régime général à 18 milliards €. Si on admet cette prévision pessimiste de boule de cristal (on est bien incapable de connaître l'état de l'économie à six mois), ce déficit représente une hausse de la C3S de 0.60 % au maximum contre 0.13 % déjà réservés aujourd'hui au financement du tiers des retraites servies aux non salariés. On a su mettre en place à des fins électorales ce mode de financement pour satisfaire les amis politiques (entrepreneurs, artisans, Professions libérales...), on peut donc l'étendre sans problème au bénéfice de la vache à lait que sont les salariés. Cette contribution limitée à ce faible niveau est assez neutre au plan économique et la légère inflation qu'elle provoquerait (surtout sur les produits délocalisés) pourrait être aisément gommée par la productivité. N'oublions pas l'inflation connue lors du passage à l'euro qui n'a servi qu'à favoriser le facteur capital et que tout le monde a supporté imalgré le défaut flagrant de vocation sociale !!!
Pour ce qui concerne le déficit des pensions civiles et du budget public, l'Etat doit agir en auto-financement absolu sur l'intégralité de la masse salariale publique actuelle :
. En alignant les avantages vieillesse sur le régime général (mêmes obligations mêmes droits)
. Par non remplacement des emplois touchés par l'amélioration de la productivité du tertiaire
. Et en instaurant des contrats de droit privé pour les nouveaux recrutements avec avantages vieillesse interprofessionnels et en confiant des parts de service public à des agences de droit privé comme l'a fait le Dannemark (cf la gestion de la Sécurité sociale, de Pôle emploi ou des retraites complémentaires).
La vraie problématique économique n'est évidemment pas le système de retraite du régime général mais plutôt l'énorme déficit public qu'a su développer sans rougir la droite au pouvoir depuis 2002.
Aux pleureuses recensées, rappelons que Jospin avait abaissé le déficit public cumulé de 7 points en structure du PIB (la droite l'a réhaussé depuis de plus de 20 points !!!) et que Martine Aubry avait mis la trésorerie de la sécu dans le vert avant de quitter son ministère. Donc des solutions "humaines" -l'économie qu service de l'homme- sont possibles hors les traditionnelles incantations conservatrices.
Il faut réviser vos chiffres : ceux-ci datent d'un ancien rapport du COR. Depuis, on a connu une crise économique sévère, et le besoin de financement est d'ores et déjà supérieur à vos 20 milliards (on est à 30 !). D'après le dernier rapport publié, il sera en 2020 de 41 milliards d'euros 2008 avec des hypothèses très optimistes, et non pessimistes, comme vous le prétendez. Car s'il est difficile de prévoir la croissance dans 6 mois, évaluer le potentiel de croissance sur le long terme est plus aisé (en tout cas, on peut proposer des estimations crédibles... ou non !). En l'occurrence, le chiffre de 41 milliards s'obtient notamment avec 4,5% de chômage à l'horizon 2024. Étant donné que cela correspond à du plein emploi, et qu'on n'a pas connu ça depuis 35 ans, on ne peut qualifier cela de pessimiste : si ce n'est pas crédible c'est plutôt dans le sens inverse. Le scénario le plus pessimiste table sur 7% de chômage en 2022, et ce taux n'a pas été obtenu une seule fois depuis environ 1982, c'est dire... Et avec ce scénario supposé pessimiste, mais qu'on croirait plus volontiers encore optimiste (d'autant qu'on ne sortira que difficilement de la crise actuelle), le besoin de financement en 2020 est de quasiment 49 milliards d'euros 2008. Une paille ! Ce n'est pas en augmentant de 0,13 à 0,6% une petite cotisation que vous parviendrez à équilibrer le budget, il s'en faut de (très) beaucoup !
Quant à Jospin et Aubry, ils n'ont réduit aucun déficit : ils se sont contentés d'engranger les gains résultant d'une bulle de croissance liée à internet, sans prendre aucune mesure de restructuration de la dépense publique ou sociale pour en améliorer l'efficacité. Du reste quand la bulle a éclaté, les déficits massifs (que Jospin n'était même pas parvenu à annuler) sont revenus, et effectivement ne sont pas repartis depuis puisque Chirac s'est illustré par un immobilisme digne de Jospin&Aubry.
Intéressant de voir que vous confirmez qu'en 5 ans le COR a modifié du double ses prévisions. ça montre bien l'inconsistance du procédé.
Par ailleurs, l'OFCE, non moins sérieux, calcul que le déficit retraites serait 3 fois moindre en structurel et que c'est le coût de la crise qui le porte largement au-dessus des prévisions anciennes (manque de recettes, pas augmentation des dépenses !).
Comme quoi, vous avez raison, on peut faire dire n'importe quoi aux chiffres.
Quand à la période JOSPIN, il faut vraiment être de mauvaise foi pour ne pas applaudir un résultat économique extraordinaire. Pour mémoire, 1997 à 2000 = 3 crises mondiales majeures ayant fait tomber l'Asie, la Russie, l'Argentine. La bulle internet a explosé en 2000 mais il a fallu la crise de 2001 pour ébranler réellement les résultats de JOSPIN. Et les chiffres cités précédemment sont exacts : 7 points de déficits structurel en moins malgré des dépenses en hausse. Comme quoi investir peut être payant !
Il est vrai que le COR aurait du prévoir la crise que personne n'avait prévu...
Les membres du COR ont clairement dit dans leur propos que la crise avait avancé de 10 ans leur prévision de déficit. Autrement dit, les chiffres prévus pour cette année correspondent aux chiffres qu'ils avaient prévus pour 2020.
Nous sommes donc clairement dans un déficit structurel du système des retraites que vous le vouliez ou non. D’ailleurs, en plongeant dans le rapport, on constate que même avec une période de plein emplois, les déficits continueront à croitre…
Pour la période faste et les décisions politique illuminé de la période Jospin. Je n'aurais qu'un commentaire. La balance commerciale Français était excédentaire en 1998, alors que celle de l'Allemagne était déficitaire. Est-ce l'Allemagne ou la France qui a pris les bonnes décisions durant cette période ?
Il est clair que la prime de Noël est un investissement fort pour les générations futures... Je doute également que permettre aux Français de travailler moins, tout en gagnant autant, en leur vendant qu'ils partiraient plus en vacances soit un réel investissement d'avenir... Sans oublier également que la période 1997-2002 est la période ou la France a le plus privatiser...