Economie

L'Amérique est de retour

Daniel Gross, mis à jour le 16.04.2010 à 12 h 19

Aux Etats-Unis, la reprise sera plus rapide et plus vigoureuse que ne le pensent les économistes et les politiques.

Depuis la crise financière de 2008 et la longue récession qui a suivi, le déclin de l'Amérique est devenu le sujet de préoccupation préféré de l'élite intellectuelle, tous bords confondus. Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz estime dans son dernier ouvrage, Le Triomphe de la cupidité que la timide réponse d'Obama face à la crise va plomber la reprise. De son côté, l'historien Niall Ferguson pense que le niveau élevé de la dette allié à des dépenses trop généreuses va causer la perte du puissant empire américain. Pour sa part, Ken Rogoff, économiste à Harvard, redoute que les Etats-Unis ne soient la prochaine Grèce. En janvier dernier, lors du Forum économique mondial de Davos, le président français Nicolas Sarkozy, autrefois surnommé «l'Américain», critiquait vertement le capitalisme mondial à l'américaine.

Après la chute de Lehman Brothers, en septembre 2008, la moitié des entreprises et des institutions associées à l'ère de l'argent facile ont disparu, portant un coup fatal à l'estime qu'avait l'Amérique de son économie. Entre la fin de 2007 et le premier trimestre de 2009, 9.000 milliards de dollars de richesses se sont évaporés. La croissance infinie de la Chine, de l'Inde et du Brésil, nourrie par une main-d'œuvre bon marché et d'abondantes ressources naturelles, constitue une menace inédite et angoissante.

Morosité ambiante

Et les signes alarmants se multiplient: gallon d'essence à 4 dollars [1 gallon équivaut à 3,78 litres]; émergence des Tea Party [qui regroupent les conservateurs radicaux]; Sénat totalement indiscipliné; Maison Blanche curieusement atone; banques toujours aussi arrogantes; et chômage désespérément élevé. Au sens large, le taux d'inactivité, qui comprend les temps partiels subis et les non inscriptions au chômage, se maintient à 16,9 %. Le consensus veut donc que, si les Etats-Unis ne retombent pas dans la récession, ils perdront en tout cas une bonne décennie, comme le Japon en son temps. Un sondage NBC/Wall Street Journal réalisé en 2009 révélait que seules 27% des personnes interrogées étaient sûres que leurs enfants auraient un niveau de vie supérieur au leur.

La mode est au maussade

Ce catastrophisme est amplement exagéré. L'Amérique se relève plus vite et avec plus de force que quiconque l'avait prédit, et bien avant la plupart de ses concurrents mondiaux. Planant autour des 11.000 points, le Dow Jones a gagné 70 % en variation annuelle, et au premier trimestre 2010, les ventes automobiles ont enregistré une augmentation de 16 % par rapport à 2009. L'économie a créé 162.000 emplois en mars, dont 17.000 dans l'industrie. Le dollar a retrouvé des couleurs, tandis que la croissance américaine a repris la tête du peloton devant l'Europe et le Japon. Parmi les grandes économies, seuls la Chine, l'Inde et le Brésil devancent les Etats-Unis en rythme de croissance, mais en partant de beaucoup plus loin.

Si la croissance américaine atteint cette année 3,6 %, comme le prévoit le cabinet Macroeconomic Advisers, les nouveaux secteurs économiques post-crise devraient représenter 513 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB indonésien.

Comment donc expliquer cette morosité ambiante? Vrai, le logement et les déficits abyssaux restent de sérieux problèmes. Mais la plupart des observateurs négligent les atouts concurrentiels des Etats-Unis. Le remarquable revirement de l'économie est d'abord le fait d'une grande réactivité, d'une réelle volonté d'effacer les mauvaises créances et de se restructurer, et de la recherche de «l'efficience», autant de disciplines que les Etats-Unis ont pratiquement inventées et dans lesquelles ils continuent d'exceller.

Une nouvelle économie

Car ils restent maîtres dans l'art d'apprendre de l'échec et de se propulser au moyen d'innovations rendues rapidement exploitables et rentables. «Nous sommes le pays le plus adaptable et le plus inventif, doué d'une grande capacité de résilience», juge le sociologue Richard Florida, auteur de The Great Reset: How New Ways of Living and Working Drive Post-Crash Prosperity  [«Remise à zéro : comment les nouveaux modes de vie et de travail modèlent la prospérité d'après-crise»]. Si ce potentiel est cultivé plus largement, les Etats-Unis pourront se maintenir au rang de super-puissance encore longtemps.

Quand les dernières fumées se seront dissipées, à quoi ressemblera notre nouvelle économie? Il y aura sûrement moins de demeures extravagantes à garage surdimensionné et plus de maisons bien isolées, moins de 4X4 et plus de voitures hybrides, moins de spéculation sur fonds propres et plus de logiciels d'amélioration de productivité, moins de dettes et plus de capitaux, moins d'énergie importée et plus de biens exportés. Surtout, il y aura de nouvelles structures commerciales et de nouveaux environnements économiques qui constitueront autant d'incubateurs et de créateurs de croissance, à l'image d'Internet dans les années 1990.

Le pessimisme en vigueur s'explique aussi par un complexe d'infériorité historique. A écouter certaines âmes chagrines, le pays serait sur la mauvaise pente depuis ce cruel hiver de famine de 1609, qui décima la quasi-totalité de la ville de Jamestown, en Virginie. Pendant la majeure partie du XIXe siècle, l'Amérique fut cette cousine rustre et attardée qui nécessita de fortes injections de capitaux européens pour construire ses chemins de fer.

Les déclinologues se sont trompés

Après la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis sont devenus par défaut la première puissance industrielle, financière et technologique du monde, les autres pays développés ayant réduit à néant leur capacité industrielle. Pourtant, les Américains doutaient encore d'eux-mêmes. Dans les années 1920, nombre de progressistes revinrent d'Italie convaincus que Mussolini détenait un meilleur modèle économique que le leur.

Pendant le New Deal, banquiers et patrons de l'industrie craignirent sincèrement que la protection sociale voulue par Franklin Roosevelt ne sape le potentiel de croissance du pays. En 1957, le lancement du satellite Spoutnik 1 fit redouter que l'Union soviétique ne gagne la Guerre froide grâce à sa supposée suprématie technologique. Et dans les années 1980, la menace fut incarnée par le Japon qui, en plus d'exporter son électronique et ses voitures, fit l'acquisition de sites américains symboliques tels le Rockefeller Center [à New York] et le golf de Pebble Beach [en Californie]. «La Guerre froide est terminée, et le Japon a gagné», déclarait en 1992 le sénateur Paul Tsongas.

Naturellement, les déclinologues se sont souvent trompés. Le Rockefeller Center et Pebble Beach sont retournés dans le giron américain en une décennie. Mais, de même que les projections les plus folles se font en général au plus haut de la crête (souvenez-vous de «Dow 36,000»), les annonces d'inéluctable crépuscule jaillissent au plus creux de la vague. Cette fois-ci, les broyeurs de noir ont connu leur heure de gloire en mars 2009, en se moquant haut et fort du président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, qui croyait alors discerner quelques «pousses vertes», ou signes de reprise.

Or, si au premier trimestre de 2009, l'économie se contractait de 6,4 % en glissement annuel, au quatrième trimestre, elle enregistrait une croissance de 5,9 %. C'est-à-dire que le taux de croissance d'un pays pesant 14.500 milliards de dollars a connu une variation de 12,3 points de pourcentage en seulement neuf mois! Tel un immense voilier faisant demi-tour dans une mer agitée, l'embarcation américaine a laissé derrière elle un volumineux sillage que nombre de passagers contemplent encore avec la nausée.

Recentrer sur le cœur de métier

La reprise a été rapide car les secteurs public et privé ont réagi très rapidement. Dans les années 1990, les décideurs japonais avaient longuement débattu et tergiversé avant de mettre en œuvre un programme de baisse des taux d'intérêt, de mesures incitatives, d'augmentation de la garantie bancaire et de nationalisation des sociétés défaillantes. En 2008 et 2009, il n'a fallu aux États-Unis que 18 mois pour mener de front les actions fiscales et monétaires que le Japon avait mis 12 ans à concrétiser. Autant dire que le patient a répondu favorablement à ce traitement de choc, comme en témoigne le rebond du marché des crédits et du secteur financier.

Depuis que le Trésor américain leur a imposé des tests de résistance, en mai 2009, les banques ont levé plus de 140 milliards de dollars de nouveaux fonds propres. En août 2009, le plus fervent des optimistes n'aurait jamais osé prédire qu'en quatre mois, Bank of America, Citigroup et Wells Fargo rembourseraient aux contribuables quelque 100 milliards de dollars de leurs emprunts. Et pourtant.

CITGroup, établissement spécialisé dans le crédit aux petites entreprises qui s'était fourvoyé dans le marché des subprimes, illustre parfaitement cette réactivité. Placé le 1er novembre 2009 sous la protection du code de la faillite (Chapitre 11), il a pu résorber 10,4 milliards de dollars de dettes en cinq semaines (dont 2,3 milliards de fonds TARP [provenant du plan de restructuration des banques]) et ainsi sortir du marasme.

Doté d'un nouveau PDG, John Thain, ancien dirigeant du New York Stock Exchange et de Merrill Lynch, le groupe s'est recentré sur son cœur de métier, à savoir le prêt aux PME. «La restructuration, qu'elle se fasse ou non sous l'égide de la justice, est quelque chose d'accepté aux Etats-Unis, quand de l'autre côté de l'Atlantique, elle est vécue comme une punition», remarque Stephen Cooper, fondateur de la société Zolfo Cooper, pionnière dans l'activité d'assistance-conseil aux entreprises gravement blessées.

Productivité accrue

Remettre sur pied les structures financières mal en point n'est qu'un début. En période de vaches maigres, la rentabilité repose essentiellement sur l'aptitude à faire plus avec moins. Et là encore, les Américains semblent posséder cet atout de façon innée. Quand on pense à Frederick Taylor, inventeur de l'organisation scientifique du travail, arpentant les usines victoriennes un chronomètre à la main pour mesurer le temps de travail des ouvriers; à Henry Ford et à son perfectionnement des chaînes de montage; à Edwards Deming et à sa «roue de la qualité» intégrale; ou à Wal-Mart et à ses chaînes d'approvisionnement effroyablement efficaces; quand on pense à tout cela, il semble que la quête de l'efficience soit aussi américaine que le hamburger.

Pendant cette dernière crise, les entreprises ont ainsi épousé la cause de la réduction des coûts et de l'efficience. Entre le quatrième trimestre de 2008 et le quatrième trimestre de 2009, la productivité s'est accrue de 5,8 %. Entre 2007 et 2008, la croissance de la productivité avait été respectivement de 1,7 et 2,1 %.

A court terme, l'efficience à tout prix se traduit par la dichotomie irritante et insoutenable de la hausse des profits et de la baisse du taux d'emploi. Cependant, elle crée aussi de nouvelles opportunités pour les entreprises ingénieuses. Installée à Needham, dans le Massachusetts, la société Big Belly Solar, fabricante de compacteurs de déchets solaires qui réduisent les besoins en main-d'œuvre et en énergie, a ainsi doublé ses ventes en 2008 et en 2009. «Les municipalités et les grandes structures comme les universités et les parcs veulent pouvoir faire plus avec moins», relève le PDG Jim Poss. A Philadelphie, l'utilisation de 500 de ces compacteurs a permis de réduire de 17 à 5 le nombre hebdomadaire de ramassages d'ordures, et d'économiser ainsi 13 millions de dollars en 10 ans.

BigBelly emploie moins de 50 personnes, mais à l'instar de nombreuses entreprises de secteur à forte croissance, elle génère indirectement bien plus d'emplois. Chez Mack Molding, sous-traitant d'Arlington, dans le Vermont, 35 ouvriers répartis en deux équipes se consacrent à la fabrication des compacteurs. «Quand on prend en compte les salariés de la cinquantaine de fournisseurs, cela fait 180 emplois en plus», calcule Joan Magrath, vice-président des ventes et de la fabrication de Mack Molding. Les compacteurs BigBelly, fabriqués intégralement aux Etats-Unis, s'exportent dans 25 pays. C'est une goutte d'eau dans l'océan, mais des milliers de start-up et de PME travaillent aujourd'hui à conquérir les marchés, dans le pays comme à l'étranger.

En réalité, les exportations ont honorablement repris, passant de 121,7 milliards de dollars depuis leur point le plus bas en avril 2009, à 142,7 milliards en janvier 2010, soit une augmentation de 17,3%. En 2010, Boeing devrait livrer, en majorité à l'étranger, environ 460 avions de ligne, rapportés à 375 en 2008.

L'esprit d'innovation

Fort bien, répondront les sceptiques, mais la route est encore longue. Pour récupérer les 8,2 millions d'emplois détruits depuis décembre 2007, il faudra quatre années de croissance à 170.000 emplois nouveaux par mois. Sachant que, par essence, il est très difficile de savoir quel sera le prochain moteur de l'économie, la prochaine machine à vapeur en quelque sorte. A cet égard, le conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Summers, raconte que le sommet économique de Little Rock (Arkansas), qui se tint après les élections [présidentielles] de 1992, donna lieu à des milliers de pages de rapports et de notes informatives où n'apparaissait pas une seule fois le mot Internet.

Grand pourvoyeur d'emplois pour ceux qui l'ont conçu et qui le développent, Internet constitue pourtant une extraordinaire plateforme pour de nouvelles entreprises et de nouvelles façons de travailler. La conception d'écosystèmes économiques inédits est un autre savoir-faire de l'Amérique. «Quand il faut repartir à zéro, nous faisons preuve d'un bel esprit d'innovation», confirme le sociologue Richard Florida. Mais le plus important est qu'émergent de cette innovation des systèmes viables, comme à l'époque où Thomas Edison et George Westinghouse configurèrent l'ère du tout électrique: «Cela conduit à de nouveaux modèles d'infrastructures et à de nouveaux types de consommation.»

En avril 2003, Apple lançait l'iTunes Music Store pour vendre un unique produit : des chansons à 99 cents. Sept ans plus tard, iTunes est un business d'une tout autre ampleur, puisqu'il propose l'achat de matériel comme l'iPhone, l'iPod Touch et l'iPad, et qu'on y trouve aussi des livres audio, des films, des sonneries de portable, des applications et des livres électroniques. C'est une manne pour les détaillants, les studios de cinéma, les programmeurs indépendants, les sociétés de statistiques Internet et les fabricants d'accessoires (le marché des sacoches, des housses et des casques pour les i-produits dépasse chaque année 1,5 milliard). En mars dernier, la société de capital-risque Kleiner Perkins Caufield & Byers a multiplié par deux son fonds iFund, créé il y a deux ans afin d'investir dans le développement d'applications, pour le porter à 200 millions de dollars.

Considérons maintenant deux secteurs parfois interdépendants: l'énergie et l'automobile. Ces deux dernières années, les politiques de subventions au logement et à Wall Street ont laissé la place à la recherche de l'efficience comme première source de revenus du pays. La création de millions «d'emplois verts» ne se fera pas du jour au lendemain, c'est un fait; mais dans certains secteurs d'activité, une expérience similaire à celle d'iTunes est en cours.

Nouvelles industries

Ces dernières années, le fabricant danois d'éoliennes Vestas a annoncé des investissements de près d'un milliard de dollars dans des usines de fabrication d'éoliennes au Colorado, ce qui, en bout de course, va créer directement environ 2.500 emplois. En outre, Vestas a attiré une douzaine de fournisseurs de pièces, tels que Aluwind, PMC Technology, Bach Composite ou Hexcel. Et l'immatériel semble suivre, puisque Renewable Energy Systems Americas, principal gestionnaire [américain] de parc d'éoliennes, a installé son siège social à Broomfield, au Colorado, en 2008. Le mois dernier, cet Etat a même décidé que, d'ici à 2020, 30 % de son énergie devrait provenir de sources renouvelables.

Une telle dynamique s'observe aussi dans le secteur fragilisé de l'automobile, où même une légère hausse d'efficience peut se traduire par d'importants bénéfices économiques. Si les véhicules américains pouvaient ne seraient-ce que parcourir un mile supplémentaire avec un gallon de carburant [soit 1,60 km avec 3,78 litres], cela représenterait 6,1 milliards de gallons [23 milliards de litres] économisés chaque année, soit 17 milliards de dollars aux prix actuels. Pour aider le secteur automobile à produire un parc de voitures et d'utilitaires légers qui puissent parcourir en moyenne 35,5 miles par gallon d'ici à 2016, au lieu de 20,5 miles actuellement [soit passer d'une consommation de 11,5 à 6 litres aux cents], le département à l'Énergie a mis sur pied un système de prêts et de garanties de prêt destinés aux grands groupes - Ford a touché 5,9 milliards de dollars pour réhabiliter plusieurs de ses usines — et à des start-up telles que Fisker Automotive.

Henrik Fisker, ancien cadre de l'automobile né au Danemark, a créé sa société en août 2007 afin de concevoir une hybride rechargeable de qualité. «Les Etats-Unis sont une terre d'innovation, mais ce qui rend le pays si attractif, c'est que les consommateurs sont prêts à prendre des risques aussi», considère-t-il. Après avoir levé 250 millions de dollars en capital-risque, Fisker a engagé des ingénieurs de talent à peu de frais et a frayé son chemin dans la chaîne d'approvisionnement automobile, qui est très demandeuse de nouvelles opportunités. En octobre dernier, la société a acquis une usine General Motors récemment fermée à Wilmington, dans le Delaware, au prix cassé de 18 millions de dollars.

Grâce à une garantie de prêt fédérale de 528,7 millions de dollars, Fisker compte consacrer plus de 150 millions au rééquipement de l'usine. Sa première «Karma» (qui sera vendue 87.000 dollars) devrait être livrée aux concessionnaires d'ici à la fin de l'année. Le marché des voitures électriques et hybrides va créer son propre environnement, fait de vendeurs, de stations de recharge, d'accessoires et de logiciels. Henrik Fisker pense même que «le développement de ce secteur va influencer la façon de produire de l'électricité dans le pays.»

Les entreprises révolutionnaires

Une telle euphorie pourra sembler un peu forcée, en ces temps inquiets. Cependant, malgré leur complexe d'infériorité atavique, les Etats-Unis ont su démontrer qu'ils étaient capables de porter des idées nouvelles à l'échelle planétaire. A Davos, où le monde entier semblait fêter la fin de la toute-puissance économique américaine, la soirée la plus courue a été celle organisée par Google. Les élites s'y sont pressées, entre danses empotées et messages envoyés sur des iPhone conçus par... Apple. Google et Apple sont les troisième et neuvième plus grandes sociétés américaines en termes de capitalisation boursière, valant à elles deux 398 milliards de dollars.

N'oublions pas qu'au début de 2002, après l'immense crise de confiance survenue avec l'affaire Enron, ces deux sociétés ne pesaient que quelques milliards, la plus grande part revenant à Apple, que la Bourse valorisait alors au seul montant de ses liquidités. Google n'était pas encore entré en Bourse et employait 600 personnes. Aujourd'hui, l'un et l'autre sont des marques mondiales incontournables, fortement exportatrices, reines de l'innovation et de la croissance; Google et Apple sont les ambassadeurs de l'Amérique, comme Chevrolet et McDonald autrefois.

Les deux dernières périodes fastes ont duré respectivement 120 et 92 mois. Si les Etats-Unis continuent de s'adapter ainsi et de donner naissance à des entreprises révolutionnaires, il n'y a aucune raison pour que la reprise qui s'est amorcée en juillet 2009, contre toute attente, ne dure pas aussi longtemps.

Daniel Gross

Nick Summers et Jessica Ramirez, de Newsweek, ont contribué à cet article.

Traduit par Chloé Leleu

Photo: Bank of America, à Charlotte, novembre 2009. REUTERS/Carlos Barria
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