Sciences / Culture

Tout ce que l'on sait de la vie sexuelle des Néandertaliens

Temps de lecture : 2 min

Il y a des milliers d'années, les hommes et femmes de la Préhistoire avaient une vie sexuelle. Logique, sinon nous ne serions pas ici pour en parler.

Des personnes regardent une oeuvre de l'exposition "Première humanité" au musée national de Préhistoire, le 2 juillet 2008 aux Eyzies-de-Tayac, Dordogne. | AFP PHOTO / PIERRE ANDRIEU
Des personnes regardent une oeuvre de l'exposition "Première humanité" au musée national de Préhistoire, le 2 juillet 2008 aux Eyzies-de-Tayac, Dordogne. | AFP PHOTO / PIERRE ANDRIEU

En 2002, deux explorateurs font une découverte extraordinaire du côté d'Anina en Roumanie dans les montagnes des Carpates. Dans une grotte contenant de nombreux ossements de mammifères se trouve une mâchoire humaine, elle est identifiée comme étant celle d'un des premiers Hommes modernes malgré certains traits néandertaliens. L'analyse ADN confirme une concentration remarquablement élevée de 6 à 9% d'ADN néandertalien, soit trois fois plus que pour les humains actuels. Pour les scientifiques, c'est une nouvelle preuve des relations sexuelles entre Homme moderne et Homme de Néandertal (apparu il y a environ 300.000 années et disparu il y a environ 30.000 années).

Le baiser

Laura Wevrich est une anthropologue particulièrement intéressée par l'activité bactérienne buccale des humains du passé. En effet, cela lui permet d'en apprendre davantage sur leur manière de se nourrir et d'interagir avec leur environnement. En analysant la plaque dentaire des restes d'une famille de Néandertaliens, elle a découvert qu'une micro-bactérie de l'Homme moderne avait été transférée à l'un d'entre eux, nous apprend BBC Future. Une des hypothèses de la scientifique pour expliquer ce transfert est le baiser. Il y a quelques 120.000 ans, il est fort probable qu'une Néandertale et un Homme moderne se soient embrassés au point d'échanger leurs bactéries.

Coït ininterrompu

En analysant les séquences ADN d'hommes de Néandertal, des scientifiques ont mis en avant que le chromosome Y de certains d'entre eux avaient beaucoup à voir avec l'homme moderne. Cela signifie qu'il y avait une forte activité sexuelle entre les hommes modernes et les femmes de Néandertal, au point de modifier le chromosome Y de nombreux descendants.

Ville Pimenoff étudie le papillomavirus depuis des années. Une centaine de variantes sont en circulation et elles sont réparties géographiquement de la même manière que l'ADN Néandertalien. Après avoir testé de nombreux scénarios, le scientifique estime que le virus a été transmis des Néandertals aux Hommes modernes au travers de nombreux rapports sexuels répétés à divers endroits du monde, et ce ne serait pas le seul virus sexuellement transmissible que nous aurions récupéré de nos coïts préhistoriques, en échange, l'Homme moderne lui a transmis l'herpès.

Une épine en moins

De nombreux travaux de recherche portent sur l'aspect des organes génitaux des Néandertaliens. Les chimpanzés, avec qui nous partageons 99% de notre code génétique n'ont pas les mêmes pénis: les leurs sont recouverts de sorte de petites épines. On estime qu'elles servent à évacuer le sperme d'autres mâles ou à blesser légèrement le vagin de la femelle pour réduire son envie de recommencer à copuler avec d'autres mâles. Du côté des ancêtres de l'Homme, ce morceau de code génétique aurait disparu il y a 800.000 ans. Cela pourrait signifiait que le Néandertalien avait déjà tendance à la monogamie et donc moins besoin de combattre les autres mâles.

En apprendre plus sur ces relations inter-espèces permet d'établir de nouvelles théories quant à la disparition des Néandertaliens, peut-être ont-ils été absorbés dans la population de l'Homme moderne à force de reproduction?

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