Sciences

La majorité des microplastiques en Arctique vient de nos lessives

Temps de lecture : 2 min

Les scientifiques estiment qu'un seul article textile suffit à libérer des millions de fibres pendant un lavage traditionnel en machine.

Selon le chercheur Peter Ross, il est impératif de chercher à identifier l'origine des microplastiques pour espérer mettre fin à leur pollution. | Engin Akyurt via Unsplash
Selon le chercheur Peter Ross, il est impératif de chercher à identifier l'origine des microplastiques pour espérer mettre fin à leur pollution. | Engin Akyurt via Unsplash

La façon dont nous lavons nos vêtements est une source majeure de la pollution plastique des océans, et notamment de l'océan Arctique. En effet, selon une récente étude, la majorité des microplastiques que l'on retrouve dans cet océan proviendrait de nos vêtements.

Dans le cadre de cette nouvelle recherche, plusieurs scientifiques dont Peter Ross, chercheur spécialisé dans la pollution des océans, ont analysé la distribution des microplastiques dans l'océan Arctique. Pour ce faire, ils ont prélevé des échantillons d'eau de mer dans 71 sites différents dans les diverses régions de l'Arctique, de l'Europe jusqu'au pôle Nord. Les scientifiques ont retrouvé des microplastiques jusqu'à 1.015 mètres de profondeur dans les eaux de la mer de Beaufort, au nord des côtes de l'Alaska.

Notre linge pollue les océans

S'il était déjà démontré que les microplastiques ont pénétré les coins les plus reculés de notre planète, l'équipe de recherche explique que les mécanismes permettant de comprendre leur distribution et leur échelle de contamination restent flous. Grâce à leur étude, les scientifiques ont découvert que l'océan Arctique compterait environ 40 particules de microplastiques par mètre cube. La grande majorité de ces particules (92,3%) proviendraient de fibres synthétiques, majoritairement de polyester.

Selon les scientifiques derrière la récente étude, les fibres de polyester seraient arrivées jusqu'à l'est de l'océan Arctique en passant par l'océan Atlantique, et possiblement également par certains transports atmosphériques venus du sud. D'après l'équipe de recherche, les fibres textiles sont les principales coupables de la pollution des eaux en Arctique. En effet, lorsqu'un individu lave ses vêtements en polyester ou autres fibres synthétiques, des microplastiques sont libérés, avant de contaminer les océans dans lesquels ils se retrouvent.

Les scientifiques estiment qu'un unique article textile suffit pour libérer des millions de fibres pendant un lavage traditionnel en machine. Concernant les microplastiques présents en Arctique, l'étude suggère que leur présence pourrait être due à l'évacuation des eaux usées des machines à laver utilisées en Europe et en Amérique notamment.

Peter Ross rappelle, comme il l'avait déjà expliqué dans une vidéo en 2018, qu'il est impératif de chercher à identifier l'origine des microplastiques pour espérer mettre fin à leur pollution. «Plus nous cherchons des microplastiques dans des échantillons environnementaux, plus nous réalisons que [] nous vivons dans un nuage de poussière de plastique. Partout où nous regardons, nous trouvons des microplastiques [] Les microplastiques sont partout», assure le chercheur.

Newsletters

Une découverte majeure pourrait faire gagner dix ans de recherche sur le cancer de la prostate

Une découverte majeure pourrait faire gagner dix ans de recherche sur le cancer de la prostate

Le problème de résistance des cellules cancéreuses aux thérapies anti-hormonales a enfin une solution.

Le Monkeypox peut toucher n'importe lequel d'entre nous

Le Monkeypox peut toucher n'importe lequel d'entre nous

Alors que le virus, improprement appelé «variole du singe», se diffuse de manière inhabituelle en Europe, il est nécessaire de mettre en place des stratégies viables pour tenter de stopper l'épidémie.

Mon Europe à moi: «L'UE doit poursuivre ses efforts pour lutter contre la perte de biodiversité»

Mon Europe à moi: «L'UE doit poursuivre ses efforts pour lutter contre la perte de biodiversité»

L'Union européenne semble se focaliser sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone. Quitte à oublier la perte de biodiversité massive.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio