Sciences / Monde

La Grande-Bretagne autorise des pesticides mortels pour les abeilles

Temps de lecture : 2 min

Pour sauver ses cultures de betteraves sucrières, le gouvernement accepte de sacrifier ses abeilles, contre l'avis rendu par l'Union européenne en 2018.

Une abeille sur un tournesol. | Ina Fassbender / AFP
Une abeille sur un tournesol. | Ina Fassbender / AFP

Alors que les semences de betteraves sucrières britanniques étaient menacées par un virus, le gouvernement vient d'autoriser l'utilisation d'urgence d'un pesticide contenant du thiaméthoxame, une molécule présente dans certains néonicotinoïdes, réputée pour tuer les abeilles.

Cette décision, qui fait suite à une campagne de lobbying menée par la National Farmers' Union (NFU) et British Sugar, a été prise en dépit d'une interdiction de ce pesticide votée par l'Union européenne il y a deux ans.

La Grande-Bretagne rejoint ainsi dix autres pays, comme la Belgique, le Danemark et l'Espagne, qui avaient autorisé une utilisation d'urgence de ce produit afin de sauver des récoltes menacées.

Des insectes déjà menacés

Les écologistes ont vivement critiqué cette décision jugée «régressive», et réclament l'application de mesures visant à éviter la pollution des rivières par l'eau de pluie transportant ce produit chimique. Selon Matt Shardlow, le PDG de Buglife, une ONG œuvrant pour la conservation de la nature et des invertébrés, l'utilisation de ce pesticide détruira la flore sauvage et accentuera le déclin déjà alarmant des insectes en Grande-Bretagne. «Rien n'a changé scientifiquement depuis la décision d'interdire l'utilisation des néonicotinoïdes sur la betterave à sucre en 2018, ils vont encore nuire à l'environnement», a-t-il déclaré.

De son côté, le président du conseil du sucre de la NFU, Michael Sly, s'est dit soulagé d'avoir trouvé une solution pour enrayer le virus de la jaunisse de la betterave, précisant que «tout traitement sera utilisé de manière limitée et contrôlée sur la betterave sucrière, une culture non fleurie, et seulement lorsque le seuil scientifique nécessaire à cet usage aura été jugé par un organe indépendant comme ayant été atteint». D'après lui, certains producteurs peuvent subir des pertes de rendement de près de 80% lorsque leurs récoltes sont attaquées par la jaunisse grave de la betterave.

Il y a deux ans, le gouvernement britannique avait refusé d'accorder une dérogation pour l'usage en extérieur du thiaméthoxame, en raison de sa nocivité pour les abeilles, pour les populations d'insectes aquatiques, mais également pour les «les oiseaux et les mammifères qui mangent des semis provenant de semences traitées, et les oiseaux qui consomment des graines enrobées».

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À partir de 2007, date où le thiaméthoxame a été introduit en Grande-Bretagne, les scientifiques ont observé un déclin important de certaines espèces d'abeilles. Plusieurs études suggèrent que la molécule affaiblit le système immunitaire des abeilles, nuit au développement du cerveau des bébés abeilles et peut les rendre incapables de voler. En 2017, des tests menés sur des échantillons de miels collectés à travers le monde avaient révélé la présence de néonicotinoïdes dans 75% des différentes sortes de miels testés.

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