Valse avec Nadine

Giuseppe de Martino, mis à jour le 14.03.2009 à 15 h 12

Capture d'écran de Closed Zone / DR Yoni Goodman

Capture d'écran de Closed Zone / DR Yoni Goodman

Dimanche 8 : protéger n’est pas censurer

A la demande d’une association israélienne, Gisha, Yoni Goodman, le directeur d’animation du film «Valse avec Bashir» récemment Césarisé, a réalisé un court-métrage sur le blocus à Gaza:


Closed zone
envoyé par Gisha

Cette vidéo est certes remarquable et mérite d’être vue et revue mais je l’évoque qu’ici car elle vient illustrer un dérapage étonnant au nom de la protection du droit d’auteur. En effet, ce dimanche 8 (l'article n’est pas l’article le mieux documenté qu’on ait lu mais il a permis de réagir), cette vidéo aurait été refusée par Dailymotion. Censure? Scandale? Tout simplement une erreur… Comme brièvement expliqué la semaine dernière ici, les sites de vidéos (enfin les meilleurs…) ont mis en place des systèmes techniques pour déterminer automatiquement si la vidéo qu’un internaute veut mettre en ligne n’est pas une contrefaçon d’un droit d’auteur.

Les ayants droit fournissent les «empreintes» numériques de leurs œuvres aux prestataires des sites de vidéo qui les stockent dans des bases de données, les sites de vidéo prennent automatiquement les empreintes de chaque vidéo au moment de leur mise en ligne et les comparent aux bases de données d’empreintes : si les vidéos des internautes correspondent à des vidéos d’ayants droit, elles sont reconnues et la mise en ligne est  empêchée.

Or un ayant droit aurait «malencontreusement» envoyé les empreintes de la vidéo de Yoni Goodman au prestataire de Dailymotion ce qui aurait entrainé le refus de mise en ligne.

«L’erreur» est réparée. Profitez-en librement!

Lundi 9: censurez-moi ça!
Comme le dit mon camarade le grand Marc Eychenne, l’espoir existait aux Etats-Unis avant Obama comme en témoigne cette vidéo. En même temps, on se dit qu’une bonne petite censure de derrière les fagots aurait pu nous éviter de revoir ces images qui en même temps nous donnent confiance en un avenir qui nous éloigne de ce type de musique.

Mardi 10: la vérité cachée pendant si longtemps ?
L’histoire enfin mieux expliquée aux jeunes, cela passe sans doute par une meilleure appropriation des supports disponibles pour cet enseignement. Bravo donc à cette initiative de jeu vidéo qui décrypte en musique les batailles de l’été 1942. Enfin presque

Mercredi 11 : on ne nadine pas avec les bourres
La Secrétaire d’Etat à la Famille a porté plainte pour connaître l’identité de certains internautes qui ont écrit de commentaires peu amènes sur elle. Dans la veine d’un certain «casse toi pauv’con»… Rappel de la procédure pour éviter de partir en vrille en évoquant Big brother: dépôt de plainte par Madame puis dossier transmis à la police qui, dans le cadre de ce qu’on appelle une réquisition judiciaire, a demandé aux sites où ont été mis en ligne les commentaires de lui fournir les données permettant d’identifier les internautes auteurs des commentaires.

Ces sites sont des prestataires techniques qui ne connaissent pas le nom de leurs utilisateurs: ils ne détiennent que des données techniques, à savoir leur adresse IP. L’adresse IP, c’est une suite de chiffres qui permet de savoir auprès de quel fournisseur d’accès l’internaute est abonné et qui permet  à une autorité répressive comme la police d’obtenir le nom de cet abonné en le demandant à son fournisseur d’accès.

L’embêtant pour la Secrétaire d’Etat, c’est que la médiatisation de cette plainte, une première pour un acteur politique (le terme « acteur » est utilisé sciemment), entraine une multiplication soudaine des commentaires la concernant et on peut parier que cela va continuer.

Qu’auraient pu faire les sites destinataires des réquisitions? En tant qu’hébergeurs des vidéos et des commentaires, ils ont pour obligation de retirer les vidéos et commentaires manifestement illicites lorsque que ceux-ci  leur sont signalés. Ils ne vérifient pas (on dit «modérer») les vidéos ou les commentaires avant ou après leur mise en ligne.

Ainsi, une demande de retrait des commentaires sur la Secrétaire d’Etat aurait pu être faite auprès de ces sites qui auraient vraisemblablement obtempéré. La différence est réelle avec un site d’information comme Slate qui modère les chroniques comme les commentaires.

L’embêtant ici, c’est que la réquisition qui a précédé une quelconque demande de retrait ne semble pas comporter de demande de retrait et laisse envisager une action d’un membre du gouvernement pour faire condamner par la justice française des internautes à la plume leste.

Attendons de connaitre l’éventuelle suite judiciaire que certains  - de tous les côtés - attendent déjà avec impatience ; mais rappelons-nous que pendant ce temps-là à l’Assemblée Nationale, un autre membre du gouvernement voyait sa langue fourcher en parlant de Gestapo…

Jeudi 12 : journée mondiale contre la censure

Merci Reporters sans Frontières: «Toute ressemblance avec des faits réels ou futurs  évoqués dans cette chronique ne serait que pure coïncidence ».  Mais ouais, mais ouais… Tiens, jetez un œil à ça!

Vendredi 13: paroles et paroles
Denis Bertrand est sémioticien et Professeur à l'Université Paris-8. Il décrypte les mots et les images de l'actualité. Dans cette vidéo, il revient sur le discours du 22 janvier 2009 de Nicolas Sarkozy sur la recherche. Le pouvoir des mots en vidéo : étonnant et imparable. La sémiotique peut casser des briques. Un sémioticien de garde à chaque discours?

Samedi 14 : une semaine à jeter aux toilettes
Création est internet, création est internet et cuvette

Toutes les vidéos citées dans cette chronique sont accessbiles ci-dessous:

 

Giuseppe de Martino
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