Jean-François Copé: pourquoi l’assurance maladie allemande est en bonne santé
Les réformes engagées outre-Rhin devraient nous inspirer.
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Avant de conclure notre série de chroniques sur les réformes conduites en Allemagne depuis une dizaine d'années, il est temps de s'intéresser à leur système d'assurance maladie. Cela me permet d'ailleurs de répondre à ceux d'entre vous qui ont réagi un peu vivement à ma dernière chronique -par exemple Pline et Cenzo- en pensant que je recommandais d'appliquer telles quelles toutes les mesures prises outre-Rhin pour redresser les finances publiques.
J'ai la conviction que, face à la mondialisation, la France et l'Allemagne doivent désormais faire converger leurs grands choix économiques et sociaux. Un découplage trop important serait une menace pour nos deux pays et pour l'ensemble de l'Europe. A travers l'analyse approfondie des politiques allemandes, je ne milite pas pour une transposition à la lettre des mêmes recettes dans les deux pays. Je cherche à prendre le meilleur là où il se trouve, des deux côtés du Rhin, en tenant compte des points communs sur lesquels nous devons capitaliser mais aussi de nos différences qu'il est hors de question d'ignorer.
Le légitime attachement à la qualité de notre système de santé, l'un des tous meilleurs au monde, ne doit pas nous faire perdre de vue que l'assurance maladie est structurellement en déficit dans notre pays (11,5 milliards d'euros en 2009, après des déficits de 4,4 milliards en 2008, 4,6 en 2007, 5,9 en 2006, et 8 en 2005...). Ce déficit structurel revient à faire payer nos dépenses de santé d'aujourd'hui par les générations futures. Cela est injuste alors même que nos enfants auront eux-mêmes à assumer des soins toujours plus perfectionnés et coûteux dans un contexte de vieillissement de la population. Tous les experts s'accordent à dire que le poids de la santé dans le PIB va inéluctablement continuer de progresser dans les années à venir. Ce n'est pas un mal en soi... aussi longtemps que notre système demeure viable sur le plan financier!
En Allemagne, malgré des différences, le système d'assurance maladie est assez proche du nôtre: un même modèle d'origine fondé sur une logique d'assurance professionnelle «bismarckienne», une très large couverture par l'assurance maladie publique (90% de la population, à travers plus de 300 caisses différentes), des niveaux de dépenses comparables (entre 10 et 11% du PIB) dont plus de 75% sont à la charge de la sécurité sociale. Pourtant, l'assurance maladie allemande est excédentaire depuis 2004, hors période de crise, après avoir été longtemps déficitaire et malgré le vieillissement de la population. Quelle a été la recette d'un tel retour à l'équilibre des comptes de l'assurance maladie? S'est-il traduit par une dégradation de l'offre de soins?
Dès les années 1990, et dans la foulée de la réunification, l'Allemagne, confrontée à une augmentation des dépenses de santé (passées de 9,6% du PIB en 1992 à près de 11,2% fin 2002) et à une accumulation des déficits (-4,70 milliards en 1992) a été confrontée à un choix cornélien: laisser filer les déficits, augmenter les taux de cotisations au risque d'alourdir le coût du travail ou maîtriser les dépenses de l'assurance maladie. Comme dans tous les autres domaines, l'Allemagne a choisi de garantir l'équilibre financier de son régime, tout en préservant la compétitivité du travail.
C'est ainsi qu'entre 1992 et 2003, l'Allemagne a mené les réformes Seehofer, du nom du ministre de la santé d'Helmut Kohl, visant à contenir l'augmentation des dépenses de santé. Ces réformes se sont développées en trois volets:
• En 1992-1993: un montant de remboursement des médicaments à ne pas dépasser est fixé à l'échelon régional pour l'ensemble des médecins et des hôpitaux. Cette mesure a conduit les médecins à prescrire davantage de génériques. De même, les hôpitaux négocient individuellement leur budget annuel. En cas de dépenses excessives, les établissements doivent rembourser l'année suivante 65% du dépassement. Dans le cas contraire, ils conservent 40% des économies réalisées.
• En 1995-1996, le deuxième volet de la réforme instaure principalement la concurrence entre les caisses existantes, afin de pousser à la maîtrise des dépenses et des cotisations. En outre, un paiement forfaitaire s'applique pour les interventions chirurgicales et diverses réductions des prestations sont lancées (comme la baisse des indemnités journalières de congé maladie).
• En juillet 1997: le principe des enveloppes globales de prescription est abandonné au profit d'enveloppes individuelles. Chaque médecin se voit désormais attribuer un budget annuel tenant compte du profil moyen d'activité dans sa spécialité, des conditions sanitaires de sa région, de sa qualification et des spécificités de ses clients. Par ailleurs, le ticket modérateur est augmenté et la politique de déremboursement de certains médicaments est poursuivie.
Ces réformes sont complétées en 2001 par l'introduction d'un droit de substitution pour les pharmaciens, qui sont incités à vendre un médicament moins cher de la même classe thérapeutique, et, en 2002, par la loi de stabilisation des taux de cotisation qui gèle les honoraires médicaux, des dentistes et les budgets hospitaliers, et réduit les marges pour les grossistes et les pharmaciens.
Malgré des effets financiers immédiats, ces réformes n'ont pas suffi à ramener les caisses à un équilibre pérenne, ni à empêcher la hausse des cotisations. Par exemple, la réforme de 1992 a entraîné un excédent de 5 milliards en 1993, mais des déficits de 3,65 et 6,55 milliards en 1995 et 1996. Dans le même temps, les taux de cotisations ont bondi, passant de 12,1% en 1991 à 14,4% en 2002. Le gouvernement Schröder a donc lancé dès 2003 une réforme structurelle de l'assurance maladie autour de trois axes principaux :
• Responsabiliser les patients en augmentant la part non prise en charge: les tickets modérateurs sont augmentés pour les médicaments (10% du prix, pour un montant par médicament compris entre 5 et 10 euros) et les soins hospitaliers (le forfait passe de 9 à 10 euros par jour, pour une limite de 28 jours). Une «taxe de cabinet» de 10 euros, versée une seule fois par trimestre pour une pathologie donnée est également introduite. Comme en France, le médecin généraliste se voit accorder un rôle central, selon le principe du «médecin traitant».
• Financer certaines prestations par des assurances complémentaires privées ou par l'impôt. Les médicaments ne nécessitant pas d'ordonnance ne sont plus pris en charge à l'exception de ceux prescrits aux enfants de moins de 12 ans. Même certains médicaments de prescription obligatoire ne sont plus couverts (antalgiques pour syndromes grippaux et rhumes, laxatifs...). Ne sont plus pris en charge des médicaments visant à une amélioration de la qualité de vie (pour l'obésité et les dysfonctionnements érectiles, par exemple). Enfin, un certain nombre de prestations sont financées par une hausse de la taxe sur les tabacs: les indemnités et soins liées à la grossesse, l'IVG...
• Optimiser le fonctionnement global du système: la loi crée un Centre pour la qualité de la médecine qui regroupe l'ensemble des acteurs du secteur de la santé (représentants des caisses, des médecins, des hôpitaux et des patients). Il est chargé d'améliorer la transparence du système d'assurance maladie et de classer les médicaments en fonction de leurs caractéristiques thérapeutiques.
Conséquence directe de cette réforme: dès 2004, l'assurance maladie devient excédentaire de plus de 4 milliards d'euros. La volonté de responsabiliser les assurés semble avoir porté ses fruits: on peut noter une baisse des consultations médicales (-10% environ pour le premier trimestre 2004) et des prescriptions de médicaments (-27% pour les quatre premiers mois de l'année 2004). Mais dès 2005, les dépenses de santé repartaient à la hausse, essentiellement en raison de la hausse des dépenses en médicaments (+16,3%).
À partir de 2005, une «carte vitale» a été mise en place. Elle permet notamment d'envoyer aux patients une facture leur détaillant le coût réel de leurs dépenses de santé, dans l'optique d'une prise de conscience de la population. Un plan de maîtrise du médicament, entré en vigueur en 2006, a permis d'économiser 1 milliard d'euros. Il gelait jusqu'en mars 2008 le prix des médicaments remboursables et adoptait une définition plus restreinte des médicaments «apportant un progrès thérapeutique». Il avait également réduit de 10% le prix des médicaments génériques. En 2006, le redressement de la situation financière de l'assurance maladie allemande s'est poursuivi avec un excédent de 1,7 milliard d'euros, comparable à celui de 2005.
Grâce à ce redressement financier, le gouvernement Merkel a pu introduire en 2007 une couverture maladie universelle alors qu'au moins 200.000 personnes ne bénéficiaient d'aucune couverture santé (chômeurs de longue durée, non salariés...). La couverture santé des enfants est aussi gratuite depuis 2008. La rationalisation de la gestion s'est également poursuivie, en misant sur l'augmentation de la concurrence entre les caisses d'assurance maladie publiques et privées. Les caisses d'assurance maladie privées ne peuvent désormais plus refuser d'assurer une personne éligible aux conditions de libre assurance. Un fonds pour la santé a été créé. Il est financé en grande partie par les cotisations et partiellement par l'impôt. Les assurés de l'ensemble des caisses publiques versent une même contribution, ramenée de 15,5% en moyenne à 14,9%, et l'Etat redistribue les fonds aux caisses publiques, à raison d'un montant fixe par assuré. Sans cette mesure, du fait de la crise économique, certaines caisses auraient été contraintes de relever leur taux de cotisation à 17%, voire plus.
Entre 2004 et 2008 l'assurance maladie a été chaque année excédentaire. Seule la baisse des recettes pendant la crise a entraîné un déficit de 2,48 milliards d'euros l'année passée. Ces réformes n'ont manifestement pas entraîné une dégradation de la qualité des soins ou de la santé des Allemands. A titre d'information, leur espérance de vie à la naissance en 2008 était de 77,2 ans pour les hommes et de 82,5 ans pour les femmes (en France métropolitaine: 77,2 et 84,4). Les dépenses de santé ont d'ailleurs continué à augmenter en Allemagne passant de 10,3% du PIB en 2000 à 10,5% en 2008 tandis que les dépenses publiques de santé sont passées de 79,7% en 2000 à 76,9% en 2008. Cela signifie donc qu'une partie du coût de la santé a été transférée de l'assurance maladie vers les ménages et les assurances privées.
De ces réformes allemandes étalées sur 15 ans, quels enseignements pouvons-nous tirer en France?
1/ L'avenir de notre système de santé passe par une considération renforcée pour les acteurs du monde médical et une responsabilisation accrue de chacun: médecins, hôpitaux, patients, pharmaciens... Pour reprendre un slogan connu: la santé n'a pas de prix, mais elle a un coût. Je pense qu'il est indispensable de mener une opération vérité sur le coût des soins. Non pas pour culpabiliser mais pour responsabiliser. A cet égard je trouve très intéressantes les initiatives qui visent à informer les patients du coût des soins reçus et la création d'un Centre pour la qualité de la médecine chargé de décider de certaines grandes inflexions dans le domaine de la santé et qui rassemble représentants des caisses, médecins et patients est une avancée majeure.
2/ Nous devons faire le point régulièrement sur ce qui doit relever de la solidarité nationale et donc de l'assurance maladie d'une part, et ce qui relève de la responsabilité individuelle et des complémentaires santé d'autre part. C'est évidemment un sujet très délicat mais nous devons absolument avoir ce débat avec tous les Français et le monde médical, en étant conscients que la solidarité nationale ne peut pas tout financer...
3/ Nous devons poursuivre en permanence les efforts pour optimiser la gestion. Pour garantir une offre de soins large et performante, il faut maîtriser au mieux les dépenses de structure, de gestion, notamment à l'hôpital et dans l'assurance maladie. La récente loi Hôpital-Patients-Santé-Territoires, avec notamment la création des Agences régionales de santé, s'inscrit dans cette logique. Il faut continuer cette recherche d'efficacité.
4/ Plus largement, nous devons vivre une révolution copernicienne dans notre rapport à la santé: en France, nous sommes souvent dans le tout curatif et peu dans la prévention. Le meilleur moyen de préserver la santé des citoyens tout en limitant nos dépenses est bien de tout faire pour qu'ils ne tombent pas malades. Dans ce domaine, nous avons beaucoup à faire. Je pense notamment à la santé au travail: en France, les citoyens arrivent à la retraite physiquement et psychologiquement plus fatigués que dans les pays scandinaves où la prévention au travail est beaucoup plus développée.
L'objectif d'une réforme de notre système de santé n'est pas de réduire les dépenses de santé. Celles-ci vont augmenter dans les années à venir. C'est une évidence. Mais nous devons optimiser la gestion des dépenses pour ne pas gâcher des ressources rares. Surtout, nous devons garantir un financement viable à long terme pour que les générations actuelles assument leurs dépenses de santé sans sacrifier le droit qu'ont les générations à venir de bénéficier des mêmes chances que nous. Dans un pays moderne, l'accès à la santé pour tous, notamment les plus modestes, est un droit que nous devons garantir. Donnons-nous les moyens de pouvoir financer cette exigence!
Jean-François Copé
Photo: Spilled Orange Pills and Medicine Bottle / Pink Sherbet via Flickr License CC by
LES AUTRES CHRONIQUES SUR LES RÉFORMES ALLEMANDES: Les Allemands prouvent que les déficits ne sont pas une fatalité; Comment sauver les retraites dans un pays vieillissant?; Les leçons du modèle allemand en matière d'emploi; Faire converger les politiques industrielles en France et en Allemagne
Mis à jour le 14/04/2010 à 12h00










































Comment expliquer que pour un appartement de 120 m² les taxes locales se montent à 450 € / an dans une ville allemande proche de la Suisse et qu'en Alsace elles soient de 2700 €. Tout d'abord la taxe d'habitation n'existe pas outre-Rhin mais surtout il n'y a queles les communes (regroupées depuis 30 ans environ) et pas de communes + comcoms + SIVOM + département + région. Il suffit de traverser le Rhin pour comparer et comprendre. Dans le sud Alsace les communes sont éparpillées chacune avec ses son centre culturel, ses services techniques etc. outre-Rhin il y a de gtrès grandes communes très bien équipées mais avec des frais de fonctionnement moindres. Tout est dit. Comme pour toute l reste la France a au moins 30 ans de retard !!!
Cher Gilles,
D’abord vous etes hors-sujet, le sujet etant les systemes d’assurance maladie.
Bon, pour vous repondre, certes les impots locaux sont tres souvent bien inferieurs en Allemagne. Cela a 2 consequences principales :
1) beaucoup de municipalites allemandes sont tres, tres endettees (beaucoup plus que leurs consoeurs francaises) ;
2) les services de ces municipalites allemandes ne sont pas a la hauteur, en tout cas par rapport aux municipalites francaises. Le manque de moyens couplé à un fort endettement reduit leur marge de manœuvre.
J’habite moi-meme depuis plus de 10 ans dans une grande ville allemande. Les trottoirs ne sont pas refaits, les routes sont dans un etat desastreux. Quand je rentre en France, j’ai l’impression de passer d’un PVD a un pays riche ! Bien sur, quand je regarde ce que ma famille paye comme impots locaux (en France), c’est moins plaisant. On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre…
JL
Nous attendons toujours vos propositions de loi pour faire converger les systèmes allemands et français! mais quand les Allemands maîtrisent avec succès les salaires et allongent la durée de cotisation des retraites, vos amis (et ministres- Mme CL en tête) de l'UMP fustigent l'Allemagne qui ne joue pas le jeu de l'Europe (comme les bons élèves se font huer dans les classes de sous-doués et de "glandeurs"), et subitement, on ne vous entend plus! so what, M.Copé??
Assez de désinformation sur le sujet : si l'État reversait à la sécu tout ce qu'il lui doit, elle serait en excédent de 9 milliards !
Démonstration :
* Une partie des taxes sur le tabac : 7, 8 milliards
* Une partie des taxes sur l'alcool : 3, 5 milliards
* Une partie des primes d'assurances automobiles : 1, 6 milliards
* La taxe sur les industries polluantes : 1, 2 milliards
* La part de TVA : 2 milliards
* Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés : 2, 1 milliards
* Retard de paiement par les entreprises : 1, 9 milliards
En additionnant tous ces montants, on arrive au chiffre de 20 milliards d'euros.
Les prétendus 11 milliards de trou seraient aujourd'hui 9 milliards d'excédent !
Ces chiffres ne sont pas inventés. Vous pouvez les consulter sur le site de la sécu, ils sont issus du rapport des comptes.
A noter qu'en additionnant tous les cadeaux fiscaux consentis à la clientèle électorale de l'UMP (bouclier fiscal, baisse de la TVA sur la restauration, suppression des droits de succession et de la taxe professionnelle), on atteint allégrement ces fameux 11 milliards.
@Edmond : La SECU n'a pas un budget de 11 milliards. Et elle a des revenus qui lui sont versés.
Je n'ai trouvé nul part, sur le rapport des comptes de la SECU 2008, vos chiffres (2009 n'étant publié qu'en juin 2010)
Vous parlez d'une dette que vous liez à des revenus spécifiques du compte de résultats. Ca n'a aucun sens d'un point de vu comptable.
Quand bien même, je fais un effort de lire les comptes, je constate que la dette des entités publiques envers la SECU est de 4 milliards... loin de vos 20 milliards, mais étonnament j'ai l'impression que vos 2 retards de paiement correspondent à ce que je trouve... Ainsi donc, vos chiffres de 16.1 milliards ont bien été payé par l'état...
Si l'on regarde un peu plus en profondeur, la dette publique 'finance' 17.4 milliards. (vous savez, ce que vos enfants devrons un jour payé, mais bon... qu'est-ce qu'on a faire ? Ca sera plus notre problème...)
Si on regarde un peu plus en avant, les 11milliards de déficits, prenne en comtpe le retard des 4 milliards non payé. Ainsi, si ce n'avait pas été le cas, il aurait du annoncé 15 milliards de dette.
Je ne sais pas ou vous avez trouvé les chiffres sur chaque taxe (ce qui est super intéressant), mais je peux vous donner la total des taxes ET IMPOT qui financent la SECU en 2008. (c'est d'ailleurs le seul chiffre que l'on peut trouver sur le rapports des comtpes de la SECU) : 107.2559 milliards
Mr Coppé, certes lors de sa création la Sécu était de type bismarckien, mais elle est devenue béveridgienne depuis l'extension toujours plus grande des populations couvertes se terminant avec l'adoption de la CMU et l'introduction de la CSG qui fait entrer la fiscalité dans son financement.
Ne pas faire cette analyse démontre votre méconnaissance du fonctionnement de l'assurance maladie en France. Le niveau du député moyen sur ce sujet devant être équivalent au vôtre un micro trottoir à l'assemblée sur ce sujet ne manquerait pas d'être désopilant. Ce n'est pas demain la veille que partant d'une analyse fausse vous arriverez à de réelles solutions pour notre protection sociale.
Au passage je vous rappellerai seulement que la transformation d'un type à l'autre aurait dû entraîner le paiement par l'impôt (et non les cotisations) des prestations versées aux populations non salariés. Il est spécieux pour l'Etat de parler de la gestion de la Sécu lorsqu'il ne paye pas les conséquences de ses décisions.
Je suis un peu perplexe devant votre article M. COPE au demeurant très bien fait et documenté... Cependant, comme l'internaute ci-dessous, je m'étonne non seulement que les sommes dues n'aient jamais été versées, mais je trouve que vous avez vraiment une admiration sans borne pour l'Allemagne. Pour ma part, je préfère le système finlandais mais enfin...
Cela étant dit, pourquoi n'avoir pas réagi plus tôt ? Vous vous réveillez en 2010, comme si il y avait une urgence absolue or, dans ce domaine, il y a eu toujours urgence absolue !! Votre parti est aux affaires depuis longtemps mais bon mieux vaut tard que jamais pour prendre conscience d'une situation qui va devenir explosive.
Il faudrait aussi croiser tous les fichiers de la sécurité sociale, des allocations familiales, des pôles "emploi" et vous aurez des surprises....
Je pense notamment à toutes les parents isolés, qui touchent beaucoup d'aides et qui vivent avec un conjoint, ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Mais quand on voit les cadeaux accordés aux plus riches par M. SARKOZY, on peut fermer les yeux sur les petites fausses déclarations.
La période "bling-bling" va être difficile à effacer, M. COPE, puisque vous demandez de faire des efforts à beaucoup de personnes, alors que les plus riches sont toujours plus riches et les plus pauvres sont toujours plus pauvres. On est loin du slogan "travailler plus pour gagner plus" !
Tout d'abord M. Copé vous n'avez pas répondu à ma question concernant le reversement de 300M€ sur une économie de 500M€, par la sécu aux pharmaciens comme prime pour la vente des génériques VRAI OU PAS ????
Je vous repose donc la question et ayez l'amabalité et le respect de répondre à un citoyen.
Tout d' abord il faut que vous cessiez de "demander" à nos voisins politiquement responsable de vouloir "converger" avec la France dont la politique est basée sur le bulletin de vote et non sur la responsabilité et le devoir de l'élu face aux défis de la nation.
Pour ce qui de votre édito il est pertinent mais comme d'habitude des idées sans action.
Voyons l'absurdité de la France par exemple le remboursement des médicaments dont paraît-il l'efficacité n'est pas réeellement prouvée, 30% parfois 15% , un médicament est efficace ou non il n'y a pas de peut-être, on verra....
Autre point dont j'ai été l'intéressé direct pour une opération l'anesthésiste me demande si je souhaite une anesthésie générale ou une péridurale ma question à ce patricien: le moins cher pour la sécu je peux vous assurer que son étonnment était "risible" CE N'EST PAS AU PATIENT DE CHOISIR SON MODE OPERATOIRE.
Vous oubliez que nos amis allemands limitent le médicament au besoin réel et non à la boîte merci pour les labos et tant pis pour la Sécu Monsieur!!!!!
Je suis étonné que vous ne remettiez pas en cause l'AFSSAPS inutile car toujours en retard d'un train et +/- ficelée par les labos.
Comme pour tout M. Copé de belles paroles mais INCAPABLE d'étudier un sujet de A à Z comme pour les retraites.
Vos ambitions politiques honorables sont celles du bulletin de vote mais du vrai sujet , sortir notre pays de ses spirales infernales.
Je suis prêt à accepter une augmentation des prélèvements de 5% si cela permet à mes compatriotes de vivrent mieux mais à une condition la fin de la gestion de notre pays par les politiques de droites de gauches du centre etc dont la démagogie a mené notre pays au rang du surendettement dramatique, voilà ce que vous laissez à nos enfants.
STOP aux éditos et belles paroles vous êtes le chef de file de la majorité au parlement vous avez le POUVOIR législatif alors au travail et à l'action stop à la démagogie politique
Au fait vous n'avez pas répondu à M. Bourdin sur le décret concernant la gratuité des appels pour le pôle emploi loi de 2004 j'insiste 2004 et oui vous votez et aprés RIEN à quoi servez vous??????, voilà un sujet à débattre UTILITE DU POLITIQUE EN FRANCE
Bonjour,
Il y a également une chose qui semble tomber sous le sens mais qui n'a jamais pu être mise en place pour des raisons que j'ignore : le suivi centralisé du patient. S'il était possible pour les professionnels de santé, d'accéder à un dossier médical du patient via sa carte vitale, consignant l'ensemble des consultations passées, résultats d'examens et de bilans, on améliorerait sans doute nettement la prise en charge médicale des patients, et on économiserait sans doute pas mal d'examens complémentaires parfois coûteux (scanners ou autres) effectués en double ou triple.
Je l'ai vécu avec mon père qui a une prise en charge relativement lourde, est passé d'hôpitaux en soins de suite, de convalescence en hôpitaux, etc, et dès son arrivée, c'était toujours une nouvelle batterie d'examens...
Mais la chose est extrapolable à la médecine de ville où le médecin n'a souvent que les dires du patient pour se faire une idée des antécédents médicaux.
Certains médecins étaient opposés à ce principe (notamment avec feu le carnet de santé), qui pourtant ne viole pas le principe du secret médical.
IL me semble qu'il serait utile pour tout le monde de le remettre dans les tuyaux !
Article interessant mais il manque un aspect important: le fait qu'a la fin des annees 90, un systeme de medecine a 2 vitesses a ete mis en place en Allemagne. Concretement, les salaries du prive ont la possibilite de passer par une caisse privee au lieu des AOK. Le service est souvent meilleur (par ex, quand je vais voir mon medecin, je passe devant tout le monde en salle d'attente, enfin tous ceux venant des AOK!), et le medecin fait payer davantage ces patients du prive. Les revendications des medecins a propos du tarif de base correspondant au traitement des patients du regime public / AOK restent tres moderees, ce qui contribue a l'equilibre financier du systeme.
Pour simplifier, ce sont les riches patients qui financent davantage le systeme, mais en retour ils beneficient d'un meilleur service. Aux medecins de se partager cette clientele - un medecin ici me confiait recemment qu'ils ne gagnent reellement de l'argent qu'avec les patients prives, qu'ils facturent jusqu'a 3x.
Est-ce transposable en France? Les Francais seraient-ils prets a accepter un systeme inegalitaire (meme si efficace)?
JL
Le mirage allemand est lassant à observer car il ne correspond pas à notre système social. L'équilibre des comptes peut être aisément obtenu à droits constants d'accès aux soins dés lors où on analyse les coûts de santé. Ainsi, la T2A hospitalière est devenue inflationniste comme l'était le prix de journée d'hospitalisation au profit des Générales de santé qui se spécialisent de le soin lucratif. Il faut sortir ces structures privées (les copains de M COPE) du système de soins et rétablir la Dotation globale annuelle de financement (DGF), calculée sur les résultats analytiques de la T2A. Les ARS doivent désormais vérifier l'activité réelle des établissements et leur réelle utilité dans les territoires de santé. Le coût de distribution du médicament est très lucrativement et en moyenne de 45 % du prix de vente contre 15 % pour la grande distribution. Des économies salvatrices sont ainsi à réaliser en réformant ces citadelles du fric (re les copains de M COPE et de Mme BACHELOT) et au grand profit des malades (ce à quoi sert le système de soins). Il faut agir aussi sur le prix de vente de la lunetterie, prothèses et les marges d'action sont aussi importantes (la lunetterie vendue par internet coûte 60 % moins cher !!! rien ne justifie économiquement qu'une paire de lunettes coûte plus cher, de tous temps, qu'une machine à laver ???) ; les tarifs des actes de biologie, radiologie doivent être révisés périodiquement à concurrence de leur automatisation croissante. L'exercice de la médecine dite libérale (ne pas rire !) ne doit plus être régit uniquement pas la charte médicale de ... 1927 !!! et il est temps de faire sauter le verrou imbécile du numérus clausus du nombre d'étudiants en médecine (il existe un numérus clausus dans les autres formations supérieures qui sont aussi longues aujourd'hui ???) et de confier la décision d'installation des professionnels (donc de leur entrée ou maintien dans le marché de soins) aux seules caisses d'assurance maladie ou directeurs d'ARS à raison des seuls besoins de la population. Aujourd'hui, les caisses subissent financièrement le choix d'installation des professionnels dans leurs circonscriptions sans aucun pouvoir de régulation (et les déserts médicaux se développent surtout loin du soleil du midi). Les frais de transport de malades, dans notre société d'auto déplacement, dépassent les honoraires des spécialistes et chirurgiens. Ces dépenses non médicales (le remboursement d'un transport "familial" coûte dix fois moins cher qu'un transport professionnel) peuvent être aisément régulées à partir d'une analyse de la valeur desdites dépenses et d'un peu d'imagination (qui manque cruellement à M COPE) pour les recomposer rationnellement. Avec ces quelques pistes force, le système de soins français se révélera parfaitement viable à prestations revalorisées ou optimisées et financement équilibré.
Voilà qui réconforte ceux qui pensent que les élus de la Nation sont un coût et non une utilité la preuve:
Le budget 2011 qui doit être débattu !!!! à l'assemblée n'est pas à l'ordre du jour mais déjà le Président de la République (toujours en campagne) vient de décider sans le vote du parlement, d'augmenter la cotisation des médecins généralistes de 1€ à partir du 01/01/2011.
Je ne juge pas cette augmentation mais la procédure qui prouve une nouvelle fois l'INUTILITE du parlement.
Alors votre édito ne sert à rien, comme bien autres, vous refusez de prendre VOS RESPONSABILITES. Comme il est dit populairement il faut en avoir, ce qui est populaire n'est pas politique, dommage.
J'ai fait l'erreur comme bien d'autres français de croire à votre souhait de changer notre pays mais vous nous avez trompés et vous le "payez" à chaque élection.
Cher Jean-Francois,
effectivement vos idées sont bonnes d'un point de vue économique, mais où sont les gens la dedans ? seront-ils toujours aussi bien soignés ?
L'exemple allemand que vous prenez est démonstratif des effets d'une approche purement économique, regardez ici : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPECF02228
et vous verrez que la durée de vie en bonne santé d'un allemand après avoir culminée à 65 ans en 2003 à chutée drastiquement, elle est maintenant de moins de 59 ans. Donc avec une retraite à 65 ans, un allemand va travailler 6 ans en état d'invalidité.
Ne serait-ce pas là les effets de la politique de santé sociale que vous prônez pour la France ?
Je ne suis pas sûr que votre exemple soit le bon à moins bien sûr que vous ne pensiez qu'à une partie de la population, celle qui aura les moyens de se payer les soins nécessaires pour vivre normalement. Et tant pis pour l'autre, elle n'avait qu'à travailler plus !
A bon entendeur.