Santé / Société

Pour être vaccinés en premier, les soignants américains se font des coups bas

Temps de lecture : 2 min

Des tensions entre les différents services hospitaliers apparaissent alors que les premières injections contre le Covid-19 sont administrées.

Une infirmière injecte le vaccin Pfizer-BioNTech à un soignant au Westchester Medical Center, le 15 décembre 2020 à New York. | John Moore / Getty Images North America / Getty Images via AFP

 
Une infirmière injecte le vaccin Pfizer-BioNTech à un soignant au Westchester Medical Center, le 15 décembre 2020 à New York. | John Moore / Getty Images North America / Getty Images via AFP  

Le 14 décembre, une infirmière new-yorkaise est devenue la première personne à se faire vacciner contre le Covid-19 aux États-Unis. Pourtant, derrière le sourire qu'affichait la jeune femme devant les caméras, se cachait une réalité bien moins joyeuse: dans les hôpitaux de New York, les membres du personnel soignant se tournent les un·es contre les autres pour être vacciné·es en premier·ère.

Dans une série de témoignages, pour la plupart anonymes, le New York Times rapporte les différents coups bas auxquels se livrent infirmier·ères, médecins, anesthésistes et autres pour recevoir en premier leur injection contre le Covid-19.

Sur les groupes WhatsApp des soignant·es, une rumeur a tout d'abord circulée attestant qu'un chirurgien plastique s'était fait vacciner avant tout le monde. Puis, petit à petit, les membres des hôpitaux se sont donnés des conseils pour recevoir le vaccin avant la date prévue, suscitant la méfiance des uns et attisant la colère des autres.

S'en sont suivies des dénonciations, des lettres anonymes, des fraudes dans les queues de vaccination, des plaintes d'anesthésistes s'éstimant lésés dans leur ordre de passage etc. Une attitude qualifée de «chacun pour soi» par un médecin de l'hôpital Mont Sinaï, à Manhattan.

Il faut dire que New York a été particulièrement frappée par la première vague du Covid-19, et subit actuellement de plein fouet la deuxième. Au total, plus de 890.000 personnes ont été testées positives au virus dans la l'Etat du même nom.

Aujourd'hui, la distribution du vaccin est un soulagement, notamment pour un personnel hospitalier débordé par l'événement et prêt à tout pour se le voir administrer. «Il est clair que nous sommes prêts à nous écraser les uns les autres pour cela (se faire vacciner)», ajoute au quotidien new-yorkais un médecin de l'hôpital pour enfants Morgan Stanley.

Une distribution en question

Pour l'heure, le vaccin n'est pas disponible en très grande quantité -trois millions de doses ont été livrées la semaine dernière.

Les membres du personnel soignant sont notamment prioritaires et doivent être vaccinés dans la première phase de distribution dans l'État de New York. Mais il revient aux établissements de santé la responsabilité d'élaborer à leur guise un plan de vaccination. Une situation qui a pour conséquence d'attiser les tensions en interne.

Dix jours après le début de la campagne de vaccination dans le pays, un million d’Américain·es ont tout de même déjà reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19. L'objectif affiché outre-Atlantique est d’immuniser 100 millions de personnes avant la fin du premier trimestre 2021, et 100 autres millions avant la fin du deuxième trimestre. Les deux vaccins autorisés à la distribution par les autorités sanitaires aux États-Unis sont ceux des sociétés Pfizer-BioNTech et Moderna.

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