Sarko et les intellos, Acte III
Après avoir tenté de les séduire, puis réussi à se les mettre à dos, le chef de l'Etat cherche à renouer le dialogue.
- Devant la Sorbonne, en février, l'acteur Louis Garrel lit «La Princesse de Cleves», dont le chef de l'Etat s'est moqué. REUTERS -
Président cherche soutiens intellos désespérément. Boudé par l'opinion, Nicolas Sarkozy est snobé par ceux qu'il s'est appliqué à courtiser au début de son mandat : les intellectuels. Historiens, chercheurs, philosophes... le chef de l'Etat s'est mis le gratin de l'université française à dos. Il est loin le temps où le philosophe André Glucksmann paradait aux premiers rangs des meetings UMP. C'était lors de la campagne électorale, quand le candidat Sarko séduisait à gauche avec ses promesses de rompre avec la politique étrangère à la papa.
Depuis quelques temps, les philosophes se font discrets et c'est Gilbert Montagné et David Douillet qui sont recrutés par le parti du Président. Un casting plus raccord avec la vraie nature de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat n'est pas un grand lecteur et la culture qu'il apprécie est celle de Johnny Hallyday et de Jean-Marie Bigard. Des goûts dont il ne tire aucun complexe et qu'il revendique au contraire haut et fort. «Oh, je ne suis pas un intellectuel! Je suis quelqu'un de concret», affirmait-il encore sur TF1 en juin 2007. Pour lui, les intellos sont des faiseurs, des beaux parleurs droits-de-l'hommiste scotchés à Saint-Germain-des-Prés et complètement déconnectés des vrais problèmes des Français. Dans la même veine, il se moquait de voir figurer «La Princesse de Clèves» au programme d'un concours administratif.
Mais voilà, Nicolas Sarkozy a un péché: il adore séduire et ne supporte pas qu'on lui résiste. Il a donc tout fait pour s'attirer les bonnes grâces de ses ennemis naturels. A peine arrivé à l'Elysée, il a demandé à sa conseillère Catherine Pégard de lui organiser des déjeuners d'intellos comme le font tous les présidents depuis Pompidou. Les académiciens Pierre Nora et Jean-Marie Rouart, le patron de la revue «Le Débat» Marcel Gauchet, l'historien Max Gallo ou les philosophes Luc Ferry et Pascal Bruckner ont ainsi eu l'honneur d'être invités à la table présidentielle. Lors de ces agapes, le chef de l'Etat teste ses idées et fait le service après vente de ses réformes. Convaincre même ceux qui lui sont apparemment hostiles est l'un des grands plaisirs de Nicolas Sarkozy. Si tous ceux qui sont conviés à déjeuner répondent positivement à l'invitation, ils n'en ressortent pas forcément convertis. Au contraire.
Car le divorce semble bel et bien consommé entre Sarko et les intellos. «C'est un one-man-show amusant à observer mais c'est tout», note un convive d'un jour. D'emblée, il s'est aliéné les historiens avec sa récupération lourdingue du jeune résistant communiste Guy Moquet puis avec sa proposition de faire porter à chaque écolier la mémoire d'un enfant de la Shoah. Une idée jugée «incongrue» par l'historien Henry Rousso, «scandaleuse à tous égards» par son collègue Jean-pierre Azéma, «dangereuse» pour le philosophe Pascal Bruckner. Il a ensuite déçu ses rares soutiens parmi les intellos néo-conservateurs qui avaient apprécié ses déclarations de campagne de politique étrangère. Nicolas Sarkozy s'indignait alors qu'on puisse serrer la main de Vladimir Poutine et prônait la fin de la Françafrique. Une fois au pouvoir, il a vite oublié ses promesses : accueil princier à Khadafi, courbettes aux dirigeants chinois, coup de téléphone de félicitation à Poutine pour sa victoire électorale aux législatives, le bras de fer avec les dictateurs n'est plus de mise. Même André Glucksmann admet qu'il a été choqué: « je ne comprends pas Nicolas Sarkozy», a-t-il confié au Corriere della Serra à propos des relations Sarkozy-Poutine.
Coup de grâce enfin avec les réformes concernant l'Education nationale. Le Président est devenu la cible des critiques du monde enseignant et des chercheurs, y compris les plus modérés. Pensant trouver un allié en la personne du généticien Axel Kahn qui avait co-signé une tribune dans le Monde pour défendre certains points de la réforme des universités, il s'est félicité de son soutien début février. Mal lui en a pris: furieux d'être instrumentalisé de la sorte, le président de l'université Paris 5 s'est précipité sur Europe 1 pour demander à Sarko de suspendre sa réforme.
Pour tenter de renouer avec cette communauté, ce dernier organise depuis quelques semaines un autre type de déjeuners. Désormais, il ne convie plus à sa table des sommités du monde enseignant mais accueille des chercheurs lambda. Mercredi dernier, il a ainsi reçu une dizaine de scientifiques élus cette année membres juniors de l'Institut Universitaire de France ou lauréat des bourses du conseil européen de la Science. Une nouvelle tactique pour contourner les mandarins et les leaders syndicaux qu'il soupçonne de mener la fronde contre lui.
A l'Elysée, on m'assure que « les liens ne sont pas rompus avec les intellectuels». Peut-être pas complètement rompus mais bien tendus en tous cas.
Ariane Istrati
Image de une: Devant la Sorbonne, en février, l'acteur Louis Garrel lit «La Princesse de Cleves», dont le chef de l'Etat s'est moqué. Benoit Tessier REUTERS.
Mis à jour le 14/03/2009 à 11h53








































Le vrai d'une personnalité n'est-il pas la pépite chez un être humain ? Est-il absolument nécessaire d'avoir l'absolution de ce cercle vertueux des intellos parisiens ?
Vaste question qui doit avoir son importance depuis Georges Pompidou, l'exemple parfait des bonnes relations avec l'intelligentsia qui pourtant ne lui a été d'aucun secours quand la rue a grondé et quand une affaire montée de toutes pièces a défrayé la chronique des tabloïds.
Il n'y a pas de honte à apprécier un style de chanteurs, de comédiens. Il y a problème lorsqu'on veut plus séduire qu'aimer sans peur et avec reproches un auteur, un peintre, un chanteur, un écrivain, un philosophe. Le sens du beau, le sens de l'art est plus de rassembler autour de soi ce qui plaît, ce qui touche son cœur, fait vibrer quelque soit la renommée de l'artiste plutôt que de courtiser l'establisment reconnu et décoré !
C'est bien là l'erreur de notre président. Il craint le regard, le jugement de cette intelligentsia , de cette nomenklatura qui étouffe depuis Sartres le bouillonnement de la pensée.
Décomplexé, à l'aise et à l'écoute de ce qui l'entoure, lui permettrait justement de faire briller l'esprit français comme au temps des Lumières, des salons de l'après révolution.
Le couple Pompidou a eu cette intelligence, qui en son temps a été très critiqué. Mais cela a permis l'émergence de beaucoup de choses.
Le président Nicolas Sarkozy a encore du temps devant lui et peut le faire. Un David Douillet ou un Gilbert Montagnier ont autant de mérites - dans leur domaine respectif - qu'un Axel Kahn dans le sien.
Modestie et ouverture d'esprit sont des éléments qui manquent cruellement dans votre article. J'espère que cette fois-ci, mon commentaire sera compréhensible.
Mais nom d'une pipe en bois, que vous a donc bien fait le petit Nicolas ? Pas une journée sur Slate sans un article à l'encontre notre hyperprésident. Politiques de tout bord, journaleux en déshérence, ex-secrétaire d'un PS bien malade, prospectiviste fatigué,tous prennent un malin plaisir à villipender notre Nicolas.
Il n'aime pas les intellectuels et alors ? Nous devrions plutôt nous en réjouir; un président plus proche des réalités et des gens comme nous n'en n'avons jamais eu. Cela devrait être salué. Il n'aime pas la Princesse de Clêves, moi non plus. Avez-vous déjà lu, Ariane un pareil somnifère? J'ai essayé autrefois, forçé par un prof de français passéiste, j'ai pris la littérature en grippe et ai mis de longues années à guérir.
Il se met à dos les chercheurs et les universitaires, normal puisqu'il réclame aujourd'hui ce qu'aucun dans le passé n'a osé demander: une obligation de résultat. Forcément, les liens s'en trouvent tendus.
Comme absolument tous les hommes politiques élus, il y a l'homme en campagne électorale, utopiste, charmeur, plus ou moins démago, prometeur et promettant; puis l'homme devient par la force des choses pragmatique face au quotidien.
Nicolas commet certes des bourdes aussi grosses que votre diatribe, Ariane. Je ne lui en veut pas. Il est tout de même curieux de voir que ceux qui sont les plus prompts à le critiquer sont les mêmes qui se font du mourron pour les rentes de situation dont ils bénéficient. Qui, à ce jour, a osé remettre en cause, les mandarins et autres statues indéboulonnables des universités, qui a osé à ce jour dire " le mérite", " les résultats", "la réussite et le travail" doivent être pris en compte et évalués. Nicolas, pardi!
Que, grâce à une réforme nécessaire, nous puissions juger et évaluer la pertinence et les résultats des recherches de nos universitaires, quoi de plus sain et de plus normal ! Nicolas tente de réformer un pays malade de l'immobilisme de ces ex-dirigeants, malade de la main-mise des pseudos intellectuels sur les réalités quotidiennes, malade de son inertie toute franchouillarde.
Et franchement, que les intellectuels ne valorisent pas l'action de Nicolas, je m'en fiche royalement. La seule chose qui m'importe vraiment ce sont les éventuelles solutions que tout un chacun peut apporter à cette crise sans précédent.
Nicolas fait son boulot, parfois, il dérape, mais Putain, aidons-le, soutenons pour une fois un président qui se démène, donnons lui les moyens de se recadrer quand il glisse, construisons...
Intellos en tout genre, l'heure n'est pas à la défense des prés carrés mais au réalisme et au pragmatisme. Alors si les réformes de Nicolas peuvent amener un peu d'ordre et de bons sens en France, moi je dis bravo et tant pis pour les intellos...
Cordialement,
Bonjour,
je ne crois pas, vu votre commentaire, que vous avez lu l'article. Je ne vois en quoi, contrairement à ce que vous écrivez, l'article d'Ariane est à l'encontre de «notre hyperprésident». Il donne des faits, rappelle des propos des uns et des autres. Et je pense pas que le métier de journaliste n'est pas de «soutenir un président qui se démène».
Cordialement
Même si l'article prétend informer, je suis comme corto74 je n'en peux plus de ce mépris des intellos pour notre président. Je fais pourtant partie de ce monde, mais leur mauvaise foi est insupportable. Par exemple Henry Rousso, cité dans l'article, a signé l'un des tout premiers articles de Slate pour expliquer du haut de sa position de Directeur de Recherche au CNRS que derrière la loi sur l'autonomie des universités se cachait une «mise sous tutelle des universitaires»; tout cela parce que la ministre et le président proposent, en échange de réductions de services d'enseignement pour les chercheurs les plus actifs, des augmentations j'allais dire symétriques (mais ce n'est même pas le cas) pour ceux qui ne font plus de recherche ! J'arrête parce que l'université n'est pas exactement le sujet de cet article, mais trop c'est trop, alors je comprends que Corto ait l'épiderme un peu sensible.
je vous plains, les deux, Corto et vous.
Sur la "loi sur "l'autonomie" des universités" ce gouvernement a réussi le tour de force de mettre à dos tous les professionnels, et surtout mettre à dos ceux qui en ont travaillé et approuvaient cette réforme, mais comme toujours ce qui a été analysé, étudié, négocié et acquis a été jeté à la poubelle et remplacé dans les officines sarkozystes.
C'est quand même inusité qu'on n'accepte pas qu'un organe d'information comme SLATE critique un homme politique qui élu à force d'insultes, de promesses farfelues et d'agressivité en direction de tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui s'apprête à commémorer ses 2 ans de gouvernement avec un bilan d'une médiocrité qui fait la popularité de son navrant prédécesseur atteindre 74 % d'opinions positives.
On est là en France au beau milieu de deux crises économiques ; la crise financière internationale qu'on dit ne rien pouvoir faire (tant mieux, comme ce gouvernement ne fait rien, on en est rassuré), et la crise de la dette publique (67 % du PIB avant le début de la crise) qui est d'entière responsabilité de la droite française (Jospin l'avait réduite de 3 points en 5 ans sans provoquer une récession, ce qui est énorme, mais comme les français aiment rigoler...).
Cette crise franco-française avait déjà provoquée une chute de 0,4 % du PIB au deuxième trimestre de 2008 (antérieur à la crise internationale donc ) et votre président ne s'inquiète que des agapes avec des intellos pour se faire aimer (parce qu'il ne cherche pas vraiment des opinions, des idées il les a, il sait et cela lui suffit...c'est
peut-être défendable, je ne sais pas si c'est très sérieux.
Etant le seul qui ici signe "prospectiviste" et de son nom véritable, vous comprendrez que l'expression "prospectiviste fatigué" m'ait fait dresser l'oreille. Si vous lisez quelques'uns de mes commentaires vous verrez qu'ils n'empruntent pas du tout la posture que vous dénoncez.
Je me sens en pleine forme d'autant plus que je travaille à cet extraordinaire chantier que représente la mutation du monde actuel, par rapport à quoi évaluer l'actualité et la nécessité des réformes pour passer du 19ème au 21ème siècle, c'est-à-dire des cadres mentaux de cette époque ancienne dite "moderne" à une autre qui s'ouvre en plein bouillonnement, créativité et maladresses mélées.
A Johan Hufnagel qui commente votre diatribe je voudrais poser la question suivante. Pensant que le métier de journaliste n'est pas de soutenir un président qui se démène ne serait-il de soutenir tout ce qui contribue au bien commun, une fois identifié bien sûr.
Je n'ai pas réussi à lire tout votre commentaire en raison de l'absurdité de celui-ci.
Un président qui s'en fiche de la culture est bien ? savez-vous que la prmeière qualité de l'enseignement français est la culture ?
Deuxièmement moi j'aime la princesse de Clève et je ne suis pas passéiste, on dit "chacun ses goûts", c'est pas pour rien je pense.
Ensuite vous parlez des résultats dans l'enseignement secondaire. Laissez moi vous dire qu'on en demande des résultats, mais en effet ses résultats sont demandés de façon collégiale et non pas par un président économiste !
Enfin bon, vive la culture qui est et restera un grand symbole français en notre bas monde.
Sarkozy n'aime pas la culture car il ne la comprend pas, il ne comprend pas son intérêt alors que les enseignants l'ont trouvé depuis longtemps cet intérêt.
Je n'ai pas une énorme sympathie pour ce qui se présente aujourd'hui comme nos élites intellectuels, resistant de la dernière heure, engagé sous haute protection, plus souvent préoccupé de promotion que d'idée, plus souvent devant une caméra que devant leur travail. Pour autant je remarque cette constante de défendre ce président au reste que lui il bosse. Pour le moment Nicolas Sarkozy a surtout valeur de ventilateur à mes yeux. Toujours donnant l'impression de l'hyper actif engagé dans ses convictions... et qui pour autant en change constamment sans nullement avancer en rien. Les heures supplémentaires seront mieux payé ! Hourra crie la France qui se lève tôt et travaille tard... trois mois plus tard pour apprendre qu'en fait ses horaires de travail allait être augmenté et de fait ses heures supp réduite à l'impossible. Et d'ailleurs comment gagner plus en travaillant plus quand on fait les trois huits. Nous allons céer une loi sur la récidive ! Hourra crient les les électeurs de Lepen, dommage, cette loi existe déjà, et ce qui est proposé est à l'examen d'une légalité toute relative. Nous allons créer une taxe carbone ! Hourra... ah non là personne n'a crié hourra, pas même les premiers visé par cette effet de séduction, à vrai dire la cours des compte encore moins qui se demande comment on va pouvoir mettre en place ce schmilblick impossible. Nous avons réduit la TVA de la restauration ! Hourra crient les restaurateurs qui pour autant ne changent rien à leur tarif. Nous allons chercher la croissance avec les dents s'il le faut ! Hourra crient ceux qui croient que les magiciens le sont vraiment. Hélas les subprimes sont un peu dur à avaler même pour des canines aiguisées. Bref comme disait ce vieux Bill beaucoup de bruit pour rien. Ou non pas tout à fait, car peu importe que tout ça ne soit finalement que du vent, l'important c'est la petite chanson qu'on raconte "je travail moi, je sorts la France de l'immobilisme" et en matière de flûte il s'y entend notre président. Il ne s'est fait élire que pour se faire réelire. Il n'a pour le moment rien réformé sinon la direction de SA télé, SON salaire, et le bouclier fiscal de SES amis, beaucoup fait parlé de lui, et strictement rien n'a avancé, strictement rien. La France est plus immobile que jamais, plus repliée sur elle même que jamais, et plus méfiante que jamais.... Ah si, il a fait fermer Sangate... et fait empirer le problème. Il serait en effet peut-être temps qu'il commence par arrêter de vouloir séduire n'importe quoi et commence par bosser pour de bon, parce que non, contrairement à ce que petit ambitieux a dit gouverner ce n'est pas facile.
lors du lancement de slate.fr, j'avais pas compris qu'il s'agissait d'aligner des analyses anti-Sarkozy! Quand on ose écrire "Depuis quelques temps, les philosophes se font discrets et c'est Gilbert Montagné et David Douillet qui sont recrutés par le parti du Président. Un casting plus raccord avec la vraie nature de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat n'est pas un grand lecteur et la culture qu'il apprécie est celle de Johnny Hallyday et de Jean-Marie Bigard.", c'est qu'on essaie même pas d'être un tant soit peu objectif.
En gros le message c'est : 'quand on est diplômé c'est qu'on est intelligent et donc cultivé et donc anti-sarko'. Ce lien étrange entre intelligence et gauche, je ne sais pas d'où il sort mais vous y tenez fermement. Pour la droite par conséquent, il ne reste que les débiles. Et notre Président en fait partie bien sûr, pour preuve il n'y a que des débiles qui le soutiennent... C'est vraiment affligeant de sectarisme et de légèreté comme vision.
Et d'ailleurs d'où tenez-vous d'une certitude éternelle que Sarkozy ne lit pas ? Quand on questionne ceux qui connaissent personnellement le Président nous apprennent qu'il lit! Incroyable! Récemment je lisais une interview de sa femme où elle explique que son mari passe tout son temps libre à lire (je crois me souvenir qu'elle a même évoqué Sartre et Marc Aurèle). Bref, qu'il lise ou pas on s'en fiche pas mal. Par contre qu'on essaie de nous persuader qu'il est stupide c'est assez pénible, et pour le coup, vraiment stupide.
Je suis d'accord avec vous, Harry. En France, si on ne fait pas ami-ami avec l'intelligentsia (parisienne), on ne mérite pas les honneurs de la presse, ou alors, on ne mérite que son mépris. Cette intelligentsia aime se qualifier elle même "d'intellectuels"; il y a un côté auto-satisfaction; ça doit renvoyer au siècles des lumières, à une légitimité historique et ça évite de de pointer du doigt que la plupart des "intellectuels" sont avant tout des chroniqueurs qui n'ont pas vraiment d'idées personnelles.
Qu'il lise ou pas, qu'il ait ou non des relations avec les "intellectuels", cela n'a aucune influence ni sur son efficacité en tant que dirigeant, ni sur son élection, ni sur aucune élection que ce soit, car une élection ne se gagne pas dans les cercles parisiens.
Il faudrait en fait renverser la question: Pourquoi, à supposer que Sarlozy se soit coupé des "intellectuels", est-ce si grave? Pourquoi les "intellectuels" souffrent ils tellement de ne pas se sentir reconnus par le pouvoir en place?
Enfin, travers bien français, pourquoi est-ce "mieux" d'être un intellectuel, par opposition à manuel, puisque c'est le fondement de l'opposition? Je connais toutes sortes de gens remarquables qui n'entrent pas ou pas complètement dans la catégorie "intellectuels".
Bonjour,
je pense que vous faites de l'anti-intellectualisme primaire. L'article n'est pas de d'opposer les intellos aux manuels, il n'y a rien dans cet article qui parle de cela. Pas plus qu'il y aurait des débiles qui soutiendraient NS et les intelligents qui voteraient à gauche. C'est un article d'information sur «l'intelligentsia» et Sarkozy. Comment ce dernier cherche à séduire la première. Que vous n'aimiez pas les intellos, c'est votre droit. Mais ne confondez pas un point de vue et un article d'analyse.
Oui nous lisons l'article, certes il n'est pas particulièrement agressif, mais il prend pour argent comptant les légendes que la plupart des intellos propagent sans scrupule. Nous regardons aussi la photo d'accompagnement : Devant la Sorbonne, en février, l'acteur Louis Garrel lit «La Princesse de Clèves», dont le chef de l'Etat s'est moqué. Ah qu'il est beau cet acteur (que j'apprécie par ailleurs). Il est dans le temple, avec je ne sais combien de micros et de photographes. Et tout cela pourquoi ? Parce que notre président a estimé qu'il était incongru de poser des questions sur La Princesse de Clèves lors d'un concours administratif. Il s'est exprimé en termes excessifs (il a parlé de sadisme je crois) mais entre cette déclaration et la légende (je ne vois pas bien pourquoi il faudrait dire storystelling aujourd'hui) il y a un monde, et ce monde a un nom : propagande.
Relire aussi l'article de Pierre Assouline en 2006 sur la polémique de la princesse de Clèves http://passouline.blog.lemonde.fr/2006/12/10/qui-veut-tuer-la-princesse-de-cleves/ et ceux de René Pommier sur l'analyse du livre http://rene.pommier.free.fr/Princesse.htm
Oui cela fait du bien de relire certains blogs avec deux ans de recul : « M.Sarkozy de Nagy-Bocsa a-t-il un compte personnel à régler avec Mme de Lafayette ? A moins que, plus probablement, ce titre l’insupporte car il y voit en transparence l’insupportable métaphore de celle que l’on appelle la Dame en blanc alias Zapattera alias Sœur Sourire alias Blanche-Neige alias l’Immaculée Conception socialiste alias l’Hôtesse de l’air alias la Tueuse d’éléphants alias Jeanne d’Arc alias celle qui va lui mettre une sacrée claque aux prochaines élections, et ce ne sera pas une apparition. »
Bien écrit, tout en finesse et en prémonition, non ?
Quand même, le ton de l'article ne suggère pas que la "rupture" représente une dimension positive de NS....
« Axel Kahn avait co-signé une tribune dans le Monde pour défendre certains points de la réforme des universités » : qu'en termes pudiques ces choses-là sont dites. Désolé, voici l'information. Axel Kahn s'est exprimé le 3 novembre en tant que président de Paris V dans une lettre envoyée à ses collègues, je tiens le texte intégral à votre disposition. « Chers Collègues, La Ministre, Madame Valérie Pécresse, et son cabinet ont présenté, le Jeudi 30 octobre 2008, le projet de décret [...] Il implique une refonte profonde des services des enseignants-chercheurs et du déroulement de leur carrière. Certains des points saillants de la réforme en cours, tirés des réponses de la Ministre ou des textes joints, sont les suivants » [suivent sept point détaillés] « Comme vous le voyez, Chers Collègues, il s’agit là de changements profonds accompagnés d’une augmentation considérable des missions, marges de manoeuvre, mais aussi responsabilités et tâches incombant à l’Université. Le reproche fait aux enseignants-chercheurs de n’être pas évalués, périodiquement, contrairement aux chercheurs, ne pourra plus être tenu. Cette évaluation portera sur les différentes missions des MCF et des PR, en particulier la recherche (bien entendu) et l’enseignement. Cette dernière évaluation reposera avant tout sur l’Université elle-même, selon des principes que notre communauté a commencé à mettre au point depuis 10 mois [...] En contrepartie, selon notre souhait commun, il sera enfin possible d’assurer la promotion des enseignants-chercheurs en fonction de la qualité de leur engagement et de leur créativité dans les différentes missions de l’Université, et non plus seulement selon
les critères de la production scientifique. Ce sont là des évolutions que nous souhaitions tous, et que nous étions déterminés à mettre en oeuvre comme en témoigne notre projet quadriennal 2010-2013 ».
C'est clair ou non ? Quand le même déclare sur Europe 1 trois mois plus tard qu'il est « devenu blême en entendant le chef de l'Etat parler de son "approbation du décret" », où est le courage, où est l'honnêteté ? D'autant plus qu'il explique : « Avant que je me démarque de ces déclarations, j'ai vu quelque chose de terrible : les gens me tournaient le dos ou bien me présentaient leurs condoléances » ! Sincèrement s'il s'agit de défendre les libertés dans ce cas ce n'est pas Sarko qui m'inquiète.
Assez d'accord avec Corto74. Je viens de lire de nombreuses contributions sur un autre site orienté économie.
Il m'est apparu sidérant qu'une majorité de contributeurs, à la lecture d'un article soigné sur la fin de la crise qui s'approche, soient déçus et même s'insurgent que le monde ne s'enfonce pas plus dans la pauvreté et que le système pète pour une re-fondation basée sur un modèle de décroissance. Une grande part des intellectuels de gogôche sont paniqués à l'idée que le "capitalisme" ne s'effondre pas avec la force de leur "divin" mais raté communisme. Ils veulent leur revanche pour ensuite jouer la belle. Alors repartir dans la lutte des classes et renverser tout ce qui peut ressembler à du libéralisme. A leurs yeux, c'est l'Etat Français le dernier rempart à l'horrible libéralisme. Qui est-ce qui tient les rennes de l'Etat actuellement ? Nous avons la réponse à la question qu'un certain nombre de personnes se posent en regard de la hargne des intellectuels envers Nicolas Sarkosy... et ne parlons pas des "prélats" laïques ou non qui, jusqu'à la mort, garderons envers ce Président une haine trouble liée à ses origines.
L'article invite à plusieurs lectures. Anecdotique l'ironie classique à l'égard de l'expression et des fréquentations de Nicolas Sarkozy. Plus sérieuse la question de la contribution des intellectuels à l'analyse et au traitement des affaires du pays qu'à en charge le Président de la République élu.
Par exemple la crise financière et économique qu'en disent-ils, une fois dénoncés les méchants, pour éclairer ce qui nous arrive, à l'échelle du monde, et ce que nous pouvons en faire pour en sortir par le haut?
Au-delà, il y a bien une question de posture des intellectuels dans ce pays (sans exclusivité), et de position dans la mutation de civilisation qui se trame de crises en crises.
La plus grande crise c'est la crise des représentations - mentales, des idées et des modèles. Il s'agit non seulement de contenus qui deviennent obsolètes, comme des idées du passé dépassées mais aussi du statut concédé à ces représentations qui constituent la vision intellectuelle du monde et ses réalités.
Les intellectuels sont ceux qui ont développé et exercent une habileté particulière dans le maniement des représentations mentales. Or ils sont concernés par deux problèmes:
l'autonomisation de la sphère mentale par rapport à la factualité et donc aussi de l'action que l'on pourrait dire de terrain. Action purement formelle, croyance dans l'efficience des procédures et des formules, croyance dans la causalité des systèmes qui ne sont que systèmes de représentations, c'est là la dérive d'une civilisation des représentations sur sa fin. Elle s'accompagne d'un « autisme des élites » formule commune qui en rend compte mais aussi d'un mépris défensif vis-à-vis des affaires concrètes, comme on le disait du travail manuel. Pour éviter de se salir les mains sans doute ou pour préserver l'idée que les représentations (mentales) sont la substance du monde qui leur est confiée.
L'autre c'est le dépassement des représentations par la question du Sens, du Sens partagé, des communautés de Sens dont les représentations - mentales sont de simples médiations, des moyens intermédiaires. Là l'essentiel c'est le Sens, partagé en commun, le Sens du bien commun. Un crise de Sens nous provoque à expérimenter un regard plus profond sur nos réalités humaines pour en rechercher le Sens au-delà des formes, des modèles, un choix de Sens qui ne va plus se soi et nous renvoie à la condition humaine, un engagement de Sens en commun pour réaliser le monde (les mondes) que nous voulons.
Le premier problème se traduit par ce divorce structurel entre le pragmatique d'un Nicolas Sarkozy et la classe intellectuelle surtout quand il se permet, en responsable politique, de l'interpeller sur sa responsabilité dans la cité.
Le deuxième problème est celui de la pertinence des intellectuels pour éclairer la crise, la mutation, les transformations extraordinaires d'un monde dont nous sommes témoins mais aussi de plus en plus conscienmment responsables. Un Président de la République y est confronté. Des intellectuels, du moins ceux qui se sont enfermés dans leurs systèmes de représentations croyant y être libres, s'en sont exonéré, comme de la réalité de leurs contemporains. Que l'autonomisation des universités, c'est à dire leur responsabilisation, soit si décriée dans ce pays est le corrolaire d'une particulière révérence pour les représentations mentales et la Raison, il y a peu divinisée, et les clercs qui s'y consacrent.
Il y a ainsi deux grandes raisons à un divorce qui n'est pas anecdotique et dont les carences initiales ne sont pas forcément à rechercher uniquement du côté des comportements du Président de la République que le pays s'est donné en ce temps de mutations.
Mais rien n'oblige les intellectuels à être autistes ou shyzophrènes. Ils ont au contraire à cultiver le discernement et la responsabilité comme cela s'est toujours fait à condition de sortir du champ clos des représentations convenues entre pairs. Peut-être faudrait-il appeler cela l'intelligence. Penser ou réfléchir il faut choisir...
arrêtez de vous cacher derriére Nicolas Sarkozy , dont par allieurs bon nombre de ces critiqueurs, commentateurs, observateurs passifs chroniques profitent largement pour vendre des livres ou des commentaires dans les médias qui puent la haîne et la frustration .
alors oui c'est quoi un intellectuel et surtout ça sert à quoi quand ça fait des fixettes puériles, au point d'en perdre toutes limites et surtout toute capacité d' autocritique .
Pierre Nora , Jean-Marie RouartMarcel Gauchet, l'historien (!!!) Max Gallo (!!!), Luc Ferry et Pascal Bruckner.
On ne va pas classer un auteur de best-sellers de gondole de supermarché d'historien quand même ! Agatha Christie ne travaillait pas à la Scotland Yard ni Paulo Coelho n'a le pouvoir d'excommunier personne malgré tout son prosélytisme.
Si on appelle Max Gallo de historien on fait quoi de Marc Ferro ou de Benjamin Stora ?
Je ne sais pas si les liens sont rompus entre Sarkozy et les intellectuels mais, à en croire ces commentaires, les supporters de Sarkozy ont un problème avec le mot "intellectuel" :-)
Ce n'est pourtant pas prendre un grand risque que de pronostiquer que parmi ceux et celles qui postent des commentaires sur ce site, les "intellos" sont très largement sur-représentés. Et si vous tenez tant à la classification du monde en supporters d'une équipe ou d'une autre, j'espère que vous avez pris du plaisir hier soir avec PSG-OM. Amitiés.
Et c'est d'ailleurs pour cela que je faisais référence au mot et non au concept, qui visiblement excite certains lecteurs comme la cape rouge du toréador excite le taureau.
Le thème de l'article c'était Après avoir tenté de les séduire, puis réussi à se les mettre à dos, le chef de l'Etat cherche à renouer le dialogue.
La plupart des réactions ne répondent pas à cette analyse, mais sont plutôt des variations sur le thème: Sarkozy a bien raison de mépriser des intellos qui le lui rendent bien.
Maintenant je reconnais que la communication de Sarkozy sur les intellos et des intellos sur Sarkozy relève généralement du cliché et laisse peu de place à la réflexion.
Au sketch de Sarkozy sur la princesse de Clèves, renvoie la photographie de Louis Garrel, beau comme un ange de la renaissance avec ses bouclettes, mais qui, seul face à la presse, porte le blouson en cuir comme un vrai rebelle pour défendre sa princesse. :-)
en lisant l'article et les commentaires me vient une question:
Le divorce est-il pas général ?
cela ne serait-il pas un divorce de "l'opinons" face aux dirigeants et élites ?
les uns arguant leur diplôme les autres leur légitimité électoral ou culturel voir nominative ....
Le pape à des soucis,
obama aussi un peut et de plus en plus,
dans pas mal de pays où les dirigeants sont "actifs" ou même "hyper actif".
Conséquence des masse média?
conséquence des hyper actifs ?
ou simple besoin de vendre?
Ou envie de devenir calife à la place du calife ?
un peut de tout plus une crise je crois.
La crise à mis en évidence la faillite des grand intellectuels de la finance et montré que les pouvoirs étaient aveugle et sourds .... Mais que si on avait écouté le bac+5 de « tobo bibi » ou le fonctionnaire de l’Ardèche alors là …. Sans compter le syndicaliste du poitou…..
C’est pas vraiment une fuite des intellos mais une réorganisation des pouvoirs qui est en jeux…. Non ?
C’est un juste constat que livre Ariane Istrati dans cet article. Il montre comment l’hyper président arrive à se déconnecter des divers catégories sociales, et pointe celle des intellectuels qui ont pu en leur temps le soutenir.
Cet article montre comment l’hyper président se perd dans l’exercice du pragmatisme et des représentations sociales. Si je suis d’accord avec Roger Nifle dans ce qu’il dit des représentations « La plus grande crise c'est la crise des représentations - mentales, des idées et des modèles », Il oublie dans les représentations, celle de l’image, celle qu’il renvoi, celle qu’il l’on veut que l’on perçoit, celle qu’il l’on veut que l’on croit qu’on perçoit.
C’est dans cette dernière représentation qu’il n’arrive pas ou plus à être en phase avec une grande partie de la population d’intellectuels ou non. L’image et le message sont devenus invisibles et inaudibles !
Les voltes face, les contradictions, et la stigmatisation d’un milieu dont l’essence est de penser ne peut que faire réfléchir les intellectuels, sur ses intentions et les moyens qu’il déploie pour arriver à ses fins !
Je n'ai pas tout compris dans ce que vous dites que j'ai oublié mais j'en ai aperçu le Sens. Dès lors croyez bien que je comprend très bien ce jeu complexe des représentations qui dépend non seulement de ceux qui s'expriment mais aussi de ceux qui reçoivent et réciproquement en écho.
Concernant Nicolas Sarkozy j'ai vu une vidéo d'analyse de son discours du 22 janvier par un sémioticien. Terrible la mauvaise foi du professionnel. Par contre il n'était pas difficile de comprendre que l'orateur venait sans doute de recevoir des informations sur différents problèmes (qu'il ne fréquente pas) et qu'il était "remonté". Les problèmes soulevés relatifs à l'activité de certains milieux de la recherche sont connus et ont fait l'objet de publications même si cela doit rester tabou dans un milieu qui se protège tant de toute évaluation véritable que de toute exigence morale interne. Les chercheurs et enseignants chercheurs ont à balayer devant leur porte avant de hurler à la mort de l'université et de la recherche. S'il y a maladresse ou imprudence du président quel est le plus grave le défaut de communication ou le problème qu'il faut masquer à tout prix. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il y a une sorte de détournement du sujet à focaliser sur Nicolas Sarkozy et noyer le poisson de l'état moral et scientifique de pans entiers de la recherche et aussi son rapport à l'université. Il ne faut pas que l'attachement aux représentations en fasse oublier le Sens, c'est à dire l'essentiel.
La Crise des représentations c'est la crispation sur les constructions anciennes conservatrices et suicidaires, l'abus et la fuite en avant qui ont pour fonction de noyer le poisson, la maniement des représentations pour manipuler les émotions (opinion publique) et enfin le dépassement qui oblige à quitter pour certains leurs sinécures et pour les autres à se remettre à penser, le Sens au-delà ses signes, en situation. Les intellectuels (et chercheurs aussi) doivent-ils être des penseurs, créateurs de représentations nouvelles mais surtout éclaireurs de Sens ou bien rester des "réfléchisseurs" de représentations dans lesquelles ils se mirent. Il faudra sans doute faire évoluer le modèle.
Pour les responsables politique aussi, donner le Sens, donner des représentations, ou donner des solutions? Il va falloir faire évoluer nos modèles souvent un peu simplets et repenser la démocratie elle-même.
Je commence à m’inquiéter quand je lis ou j’entends que l’on désigne les intellectuels sous le vocable méprisant d’intellos et je regrette que l’auteur de l’article se soit laissé aller à cette facilité en contradiction avec la teneur de son propos. Les plus anciens peuvent se rappeler la définition du technocrate qui avait cours dans les années 60 : "un technicien vu par un poujadiste" ; un intello ? "Un intellectuel vu par… " Allez, je ne veux pas être insultant !
Bien sûr certains en font trop ; bons clients pour les médias, ils les saturent de leur présence voire plus rarement de leur suffisance. Bien sûr tous leurs choix - tant s’en faut - n’ont pas été légitimés par l’histoire. Bien sûr quelques uns d’entre eux ont fait dériver l’humanité vers fascisme, nazisme stalinisme et maoïsme. Bien sûr une fraction d’entre eux se complaisent dans le caviar et la people-isation… Mais peut-on réfléchir une seconde que les intellectuels sont en particulier des scientifiques qui nourrissent le progrès, des médecins qui allongent la durée de vie, des sociologues qui aident à l’explication du monde, des historiens qui décryptent là d’où on vient, des philosophes qui donnent un sens à l’univers, avec ou sans le recours de Dieu, des chercheurs qui privilégient l’être à l’avoir… Montaigne et l’humanisme, Montesquieu et le droit, Voltaire et Callas, Tocqueville et la démocratie, Lamartine et le suffrage universel, Hugo et l’abolition de l’esclavage, Zola et Dreyfus, Malraux et la culture pour tous… des intellos ? Et le peuple, du populo ? "Après avoir tenté de le séduire, puis réussi à se le mettre à dos, Sarkozy cherche à renouer le dialogue avec le populo"!!! Je comprends que les tenants de la droite soient énervés par la propension naturelle des intellectuels de penser (de pencher) à gauche, de là à les mépriser et - il faut bien le dire concernant NS - de là à les insulter ! J’essaye d’être objectif, il me semble que l’une des critiques les plus fondées qui puisse lui être adressée est sa détestation des contre-pouvoirs. Avec les intellectuels Sarko a du boulo.