Israël: l'affaire de l'espionne Anat Kam
Une soldate de 23 ans a transmis des milliers de documents secrets à un journaliste pour dénoncer les exactions de l'armée. Elle risque la prison à vie.
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Failles de sécurité
Plusieurs questions se posent sur les services de contrôle militaire interne qui n'ont pas empêché la diffusion d'informations aussi sensibles que les plans militaires d'intervention. Un informaticien débutant sait que la première mesure, prise par toute entreprise pour sa sécurité, consiste à verrouiller et neutraliser les ports USB des ordinateurs afin d'empêcher la connexion d'une simple clé mémoire. Pendant plusieurs mois, plus de 2 000 documents ont été copiés et extraits de la base militaire sans difficulté et sans que les systèmes détectent l'intrusion. La réputation de la haute technologie israélienne est battue en brèche dans cette affaire.
Pour sa défense, Anat Kam a estimé que les documents classifiés prouvent, selon elle, que Tsahal a commis des crimes de guerre en Cisjordanie et qu'elle s'était donnée pour tâche militante de diffuser «certains aspects de la conduite de l'armée israélienne en Cisjordanie que je pensais être intéressants pour le public». Elle n'accepte pas que son action soit qualifiée de vol de matériel secret mais plutôt d'opération de «collecte de preuves pouvant être utilisées si l'armée était suspectée un jour de crimes de guerre». Elle ne semble pas mesurer les conséquences de son acte dicté par des convictions d'extrême-gauche.
Elle se défend d'avoir polarisé ses actes sur le détail des opérations militaires exposées par le menu mais elle prétend avoir cherché à cibler les officiers qui prenaient les décisions importantes. Elle n'éprouve aucune culpabilité d'avoir mis la sécurité du pays en danger. Elle pensait qu'en s'adressant à un journaliste, elle trouverait celui qui aurait moins de scrupules à détourner les règles de la censure militaire car il fallait, selon elle, que les crimes ne soient pas pardonnés. «Je n'ai pas eu la possibilité de modifier certaines des choses que je trouvais qu'il était important de changer au cours de mon service militaire, et j'ai pensé que, en diffusant ces documents, j'aurais pu permettre ainsi un certain changement», déclare Anat Kam.
Accusation d'espionnage
L'Etat a décidé de poursuivre Anat Kam pour le crime grave d'espionnage sous l'accusation d'avoir transmis des informations classifiées avec intention de nuire à la sécurité de l'État. Elle risque une peine de prison à vie. La collecte et la possession de documents secrets avec l'intention de nuire à la sécurité de l'Etat ne sont passibles que d'une peine d'emprisonnement maximale de 15 ans. Les accusateurs estiment que «dans le but d'informer le public de plusieurs aspects de l'action de Tsahal en Cisjordanie, ou pour enquêter sur les crimes de guerre, il n'est pas nécessaire de voler des milliers de documents classifiés top secret qui traitent de la planification militaire».
Le journaliste Uri Blau détient toujours le disque contenant les documents secrets et il s'est envolé à Londres quelques semaines avant que l'affaire éclate. Il refuse de rentrer en Israël car il craint d'être incarcéré sans pouvoir bénéficier d'une immunité journalistique. Mais le refus de restituer ces documents, qui pourraient tomber entre des mains ennemies, aggrave son cas et risque de le mettre en danger vis-à-vis d'Israël et surtout vis-à-vis de ses ennemis qui tenteront de les acquérir par tous les moyens. «Cette fuite représente une réelle menace pour les vies des soldats et des citoyens israéliens», a estimé le chef du Shin Bet, la DST israélienne.
Ethique journalistique
La question de l'utilisation par les journalistes de documents volés reste entière. Tout journaliste est à la recherche du scoop qui le rendra célèbre mais il ne peut échapper au dilemme de devoir faire œuvre d'information au prix de la mise en danger de son pays. En principe, si elle est fondée sur un vol, la révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire, soit par état ou par profession, est considérée comme un abus de confiance, un recel et une violation du secret professionnel. La personne qui obtient des documents secrets et qui est motivée par la dénonciation d'une infraction doit remettre lesdits documents au procureur de la République et non à un journaliste (article 122-4 du code pénal français). Les journalistes, israéliens ou étrangers en poste en Israël, n'ignorent pas que le pays est en guerre et constamment menacé. Ils respectent scrupuleusement les instructions de la censure militaire car la sanction tombe irrémédiablement en cas de désobéissance: la carte de presse est supprimée et l'expulsion est immédiate. En revanche, pour tout ce qui ne touche pas aux questions militaires, incluant les sujets nucléaires, la liberté est totale.
Uri Blau n'a pas obtenu le soutien de ses collègues journalistes toujours prompts d'ordinaire à s'élever quand leur liberté est remise en cause par les autorités. Ils ont été profondément gênés par la diffusion de documents volés parce que cette méthode de travail n'est pas défendable. Ils s'estiment garants des valeurs fondamentales du journalisme qui leur imposent de tout publier à condition que les sources soient honnêtes, fiables et bien définies. Ils fustigent le travail de leur collègue trop axé sur la recherche du sensationnel et qui s'est comporté en militant et non en journaliste. La profession dans son ensemble a refusé de le soutenir tandis que le Premier ministre et les principaux ministres n'ont pas jugé utile de communiquer à ce sujet parce qu'ils estiment que les règles sont claires. Quelques journalistes, à l'opposé, estiment qu'Uri Blau a fait son travail consistant à fouiller par tout les moyens pour publier les informations qu'il découvre. Selon eux, cette affaire est révélatrice non pas «de ce qu'un journaliste a fait mais de ce que les autres n'ont pas fait».
Les Israéliens ne laissent jamais impunis les actes qui touchent à la sécurité du pays et certains ont payé cher le fait de n'avoir pas respecté cette loi. Le technicien atomiste Vanunu s'était fait connaître du grand public en révélant, en 1986, au journal britannique The Sunday Times, l'existence de la centrale nucléaire de Dimona servant, selon lui, à la production d'armes nucléaires. Après sa fuite à l'étranger, il a été enlevé par le Mossad puis jugé et condamné pour «trahison de secret d'État». Il a passé plus de quinze années en prison sans pouvoir, encore aujourd'hui, bénéficier d'une liberté de déplacement.
L'intérêt de cette affaire pour Tsahal, en dehors des conséquences dramatiques touchant les protagonistes, réside dans la découverte de failles de sécurité qui vont être décortiquées par les militaires tremblant rétroactivement à l'idée qu'une main étrangère aurait pu infiltrer le saint des saints, Tsahal et la Kiria, le Pentagone israélien.
Jacques Benillouche
LIRE EGALEMENT SUR LES AFFAIRES D'ESPIONNAGE: La guerre secrète en Israël et l'Iran, Le prince vert: une taupe israélienne au sein du Hamas, L'assassinat de Dubaï minute par minute et Espions, gare au sexe!
Photo: Anat Kam / Reuters
Mis à jour le 14/04/2010 à 9h45













































Dans votre article deux logiques s'affrontent. Celle d'une jeune soldate de 23 ans persuadée qu'elle est le témoin de "crimes de guerre" au sein de l'armée de son pays, et celle de l'état dont tout le monde comprend bien qu'il ne peut pas laisser divulguer ses secrets plus ou moins avouables.
Force est de constater que ce qui ressort de votre article c'est l'étonnante impéritie d'une armée dont vous nous aviez décrit toute la puissance technologique par ailleurs, face à une Antigone moderne décidée à braver l'état, au prix de sa vie, pour une cause qu'elle croit juste.
Tout change et rien ne change.
Bonjour,
Quel rapport entre cette affaire et le niveau technologique de l'armée israélienne ? Il y a une différence majeure entre proteger un système informatique contre des intrusions extérieures et le fait qu'une personne autorisée puisse avoir accès à des documents top secrets et de les copier. Anat Kam était la secrétaire du général en charge de la région militaire Centre (qui couvre la Cisjordanie) et elle avait passée toutes les exigences de fiabilité pour ce poste. La faille n'est donc pas technologique mais organisationnelle due au codex éthique de Tsahal qui ne questionne pas ses soldats sur leurs orientations politiques, idéologiques ou toutes autres du domaine de la vie privée, droits de l'homme et démocratie oblige n'en déplaise à certains. Faudrait-il changer cet état de chose ? fort heureusement la question ne fait pas débat en Israël, ce type de situation étant rarissime. Quant à Antigone Kam, rassurez- vous elle ne sera pas enterrée vivante, elle n'est d'ailleurs pas emprisonnée et attend de passer en jugement.
"Antigone with the wind" me paraît être un titre bien léger eu égard à ce que risque cette très jeune femme de 23 ans !
Pardonnez mon inexpérience en matière militaire, mais lorsque monsieur Benillouche écrit : " Un informaticien débutant sait que la première mesure prise par toute entreprise pour sa sécurité, consiste à verrouiller et neutraliser les portes USB... " j'en conclus qu'une des premières armées du monde ne l'a pas fait et que cela a été dommageable pour elle même si je n'ai pas su démêler si la faille avait été organisationnelle plutôt que technologique.
Je ne demande qu'à vous croire lorsque vous nous rassurez sur le sort de Anat Kam, mais je n'ai pas rêvé que monsieur Benillouche a écrit : "Elle risque une peine de prison à vie."
Vous avez tout à fait raison de souligner la phrase de l'article de J. Benillouche concernant les ports USB. Il y a une confusion de sa part. Selon ce qui a été publié dans les médias israéliens ( Je tiens les références à la disposition de J. Benillouche) le vol n'a pas été commis à l'aide d' une clef USB, mais sur des CD à partir d'un ordinateur possédant un graveur spécifiquement dédié à cet usage, l'accès à cet ordinateur était limité et nécessitait une autorisation préalable pour son utilisation, autorisation dont disposait Anat Kam du fait de sa position de secrétaire du "boss", par conséquent les soldats chargés de contrôler l'accès à cet ordinateur ne pouvait l'en empêcher ni vérifier le contenu des documents copiés puisque eux n'avaient pas le degré d'accès nécessaire pour consulter le type de documents dont s'occupait Anat Kam. L'abus de confiance était total et à tous les niveaux. Il s'agit donc bien d'une faille organisationnelle et non technologique, faille difficilement détectable pour les raisons expliquées dans mon post précèdent. Un dernier point, une peine de prison à perpétuité en Israël correspond à 15 ans d'emprisonnement, avec possibilité de remises de peine.
Prendre tous ces risques pour confirmer ce qu'on savait déjà par le rapport Goldstone accusant Israél (et la Palestine ) de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, c'est irresponsable! et, comme Israël fait à peu près ce qu'il veut en bafouant les lois internationales (M.Vanunu a été kidnappé en Italie), on ne peut que craindre pour la vie de M. Blau, de Haaretz!
Un Etat totalitaire "sûr de lui et dominateur"n'a que deux devises:"la raison du plus fort est toujours la meilleure" et "la fin justifie les moyens"!
La "cause" qu'Anat Kam a défendu était sa cupidité:
ces avocats lui ont conseillé de se cacher derrière cette histoire de "but d'informer le public".
La vérité est qu'elle désirait être journaliste (ce qu'elle est devenue par la suite) et qu'elle monnayait un piston.
En tout cas c'est la version qui traine dans les rues weizmann - shaul hamelekh à tel aviv...
cette histoire montre bien une chose, c'est que les journalistes d'extrème gauche sont bien plus dangeureux que n'importe quel terroriste ennemie officiel d'Israel.
Trois remarques à propos de cet article :
Vous semblez une fois de plus relayer sans aucun recul la position officielle des autorités israéliennes, comme en témoigne le fait que, sous couvert d'une fausse objectivité, vous dressez déjà le réquisitoire de cette courageuse jeune femme : " Elle ne semble pas mesurer les conséquences de son acte dicté par des convictions d'extrême-gauche"..."Elle n'éprouve aucune culpabilité d'avoir mis la sécurité du pays en danger". Pourtant, à aucun moment vous n'apportez la preuve que les documents en question ont effectivement "mis en danger la sécurité du pays", à moins que pour vous dénoncer des crimes de guerre ne soit synonyme de trahison.
Du coup, votre remarque concernant Uri Blau prend un relief particulier, dans la mesure où elle s'applique parfaitement à votre cas personnel : "Ils fustigent le travail de leur collègue [...] qui s'est comporté en militant et non en journaliste". Au fait, pensez vous que les escadrons de la mort du Mossad iront jusqu’à éliminer physiquement votre collègue « traitre à la patrie »?
Passons sur votre leçon de « déontologie » journalistique passablement hypocrite selon laquelle un journaliste ne doit jamais se servir de sources « volées ». Pour ne citer qu’un seul exemple parmi des milliers d'autres, sans ce procédé jamais le scandale de l’affaire Dreyfus n’aurait éclaté.
Dans trente ou quarante ans, quand Israël sera entré dans le processus inévitable de repentance des injustices et des crimes commis à l'encontre du peuple palestinien, Anat Kam sera réhabilitée et célébrée comme une nouvelle "juste", qui a su trouver le courage de s'élever contre la déchéance morale de l'armée et de la société israélienne.
Moi je me méfie de ce qui traine dans les rues... on sait pas où elles ont trainné avant...
un petit rajout
Rien que le titre de votre article me parait tendancieux:
- La qualifier d'"espionne" préjuge de l'issue du procès et porte donc atteinte à la présomption d'innocence (en admettant qu'un tel concept existe dans l'état "démocratique" d'Israël)
- Un "espion" travaille en principe pour le compte d'une puissance étrangère ; vous qui êtes si bien informé, pouvez vous nous préciser laquelle ?
De mon point de vue, cette "espionne"a fait preuve d'un formidable patriotisme en contribuant à restaurer l'honneur perdu d'Israël. Ce sont des personnes comme elle qui nous réconcilient avec le peuple d'Israël.
"La planification militaire".
J'ai du mal avec ce terme. Ca peut être des plans géographiques de mouvement de troupe prévu en cas d'incursion, et dont très danguereux pour les troupes Israéliennes (mines, get apen, etc...). Mais ca peut être également les procédures à effectuer lors des incurtions... ce qui est potentiellement sujet à caution de crime de guerre en fonction de ce qui est dans les documents. Et certainement pas dangeureux pour les troupes, mais beaucoup plus pour le gouvernement ou l'état major.
Dans le premier cas, je comprendrai, dans le second cas, elle se devait d'agir de la sorte. Ne pas le faire serait potentiellement passible de complicité de crime de guerre.
@oyez : Le rapport Goldstone est ciblé sur l'offensive de Tsahal dans la bande de Gaza à une période bien précise. Donc, rien de ce qui a un rapport avec la Cisjordanie. C'est donc très intéressant de savoir que les exactions constaté dans le rapport Goldstone ne sont finalement pour Tsahal pas des exactions étant donné qu'il font ca régulièrement ailleurs sans problème. La nuance est importante donc.
@Yaacov : J'aurai tendance à me méfier des rumeurs ayant but de décribiliser. Ca semble plus être une stratégie de communication qu'autre chose.
D'abord, j'ai du mal à croire que cette jeune femme soit tellement stupide et cupide que sa motivation ait été son ascension sociale. Tsahal ne donne pas le rôle de secrétaire d'un général à des de jeunes écervelés.
Le crois qu'Anat Kam savait ce qu'elle faisait et pourquoi elle le faisait. Aux premières loges de la planification de l'attaque de la bande Gazza., sa conscience lui a dicté sa conduite. Ce petit bout de jeune femme est courageuse comme peu d'hommes le sont.
Paradoxalement, elle fait beaucoup pour la cause Juive. Grâce à elle des millions de Gentils à travers le monde se disent que tout n'est pas pourri dans le royaume d'Israël. Je crois d'ailleurs que, secrètement, des millions de Juifs sont très fiers d'elle. Ceux là doivent prendre la parole et rompre l'omerta: dire haut et fort que Tsahal n'agit pas en leur nom (Not in my name).
Ce cas illustre très bien ce qui se passe en ce moment.
Parallèlement à la radicalisation du Sionisme, et à la baisse des compétences de ses militaires et de ses services secrets, on assiste dans la diaspora à un désenchantement des jeunes qui soit s'en désintéressent totalement, soit vont jusqu'à militer contre Israël. Ce n'est pas un phénomène marginal. Aux US, de plus en plus de jeunes Juifs sont plus motivés par faire exister les réformes prônées par Obama qu'à développer le projet sioniste, avec lequel, depuis la mort de Rabin, ils se sentent de plus en plus inconfortables.
Les commentaires péremptoires de certains intervenants ici ne sont même pas désolants mais tout simplement hilarants.
oyez parle d'"Etat totalitaire" concernant Israël. qualificatif qui dénote d'une culture générale et politique pour le moins lacunaire.
Edmond compare avec l'affaire Dreyfus. Zola a-t-il publié des documents secrets "volés" de l'État major français? Quant à l'"honneur perdu" d Israël, sachez qu'en Israël beaucoup préfèrent que vous vous posiez en donneur de leçons plutôt que de compter sur votre rigueur morale à géométrie plus que variable. Nous n'avons pas la mémoire courte, pour autant encore faudrait-il que vous puissiez vous le permettre et motiver votre assertion en donnant des exemples comparatifs, il en va de même concernant "la déchéance morale de l'armée et de la société israélienne" mis à part le pathétisme de la formule elle sous entendrait qu'il y eut un temps 'où vous les admiriez ? Il serait intéressant de savoir quand.
testatio lui semble avoir lu les documents, plus de 2000,et a décidé qu'ils ne contenaient pas d'informations susceptibles de mettre en danger des soldats israéliens. Avec une telle clairvoyance extra lucide heureusement qu'il poste sous un pseudo sinon il aurait tous les services de renseignements de la planète à ses trousses !
Spiroute Zantafiotte fait encore plus fort, il écrit qu'Anat Kam était "Aux premières loges de la planification de l'attaque de la bande Gazza " Là par contre, on est en pleine science fiction vu qu'elle ne se trouvait pas dans les bureaux du commandement la région sud mais du centre ! Bravo ! De plus il sait que "secrètement, des millions de Juifs sont très fiers d'elle" Trop fort ! Spiroute Zantafiotte vous avez surpassé testatio dans le pataquès ! Bravissimo !
Une fois de plus je suis le meilleur... merci !
Elle était suffisamment aux premières loges pour avoir accès aux documents les plus secrets. Fort heureusement tous les Juifs ne sont pas des sionistes fanatiques, beaucoup, à juste titre, sont embarrassés par les excès des gouvernements Israéliens successifs qui sont proches de l'extrême droite. Avigdor Liebermann est l'équivalent local de Le Pen et lui, fait parti du gouvernement. J'imagine que pour beaucoup de Juiufs dans le monde, quel que soit leur sentiment à l'égard du projet Sioniste, la pilule doit passer avec difficulté. De plus, Tsahal et le Mossad n'impressionnent plus personne. Là ou, dans le passé, ils utilisaient l'astuce et l'audace pour obtenir des résultats spectaculaires, ils utilisent maintenant seulement la force brute pour des résultats peu convaincants. Pas très bon pour le moral des troupes.. en fait je dis "je sais" car cela à été discuté récemment sur Slate.fr dans un excellent et récent article du managing editor de Slate.com...
Sans vouloir être désobligeant, c'est votre culture générale qui est "lacunaire" ; visiblement vous n'avez jamais entendu parler de la publication par le journal "Le Matin"du bordereau Esterhazy, épisode clé de l'affaire Dreyfus.
Concernant la déchéance morale de l'armée et de la société israélienne, permettez moi de citer en vrac les faits suivants : la colonisation de droit divin des territoires occupés, le châtiment collectif érigé en principe suprême de la politique répressive israélienne depuis des décennies, le viol resté impuni de 64 résolutions et recommandations de l'ONU depuis 1967, le massacre de près de 2000 civils libanais et palestiniens lors des deux dernières guerres, la nomination du Le Pen israélien (Avigdor Libierman) au poste de ministre des affaires étrangères, etc.etc. Ca vous suffit ?
Inutile de me rétorquer qu'Israël est en état de légitime défense perpétuelle face au "terrorisme" ; il ne tient qu'à cet état d'obtenir une paix définitive avec le monde arabe par la simple application du droit international, ce même droit qui a permis Nuremberg et la création de l'État d'Israël.
Edmond vous mélangez tout et ce n'est pas surprenant. Le Matin publia le 1er novembre 1896 « un fac-similé du bordereau écrit par Dreyfus », dans le but de prouver la culpabilité de Dreyfus et pour appuyer la campagne de diffamation contre celui-ci et non pour dénoncer une quelconque malversation au sein de l'État- Major français. C'est un an plus tard que Mathieu Dreyfus, le frère d'Alfred, dénonce Esterházy comme espion dans Le Figaro le 16 novembre 1897, ce qui relance l'Affaire. Voila pour les faits historiques. De plus, en publiant ce fac-similé Le Matin enfreignait-il une quelconque censure ? Divulguait- il un document classifié secret de l'armée française ou bien les écrits d'un traitre destinés à l'ennemi ? Quel rapport avec les documents volés par Anat Kam qui eux sont bien des documents classifiés secrets pour plus de 700 d'entre eux, les 1300 autres n'étant "que" confidentiels ?
Ceci étant dit votre petit laïus accusateur est tellement univoque et tendancieux et si conforme à la rhétorique grandiloquente anti-israélienne habituelle qu'il ne suscite qu'un sourire d'ennui. Eh oui ! Edmond, n'est pas Zola qui veut.
Admettons que je ne sois pas un spécialiste de l'affaire Dreyfus. Il n'empêche qu'innombrables sont les exemples dans l'histoire du journalisme mondial de scandales révélés grâce à des documents "volés", qu'ils soient ou non couverts par le secret militaire ; le dernier en date : la vidéo de l'armée américaine montrant les circonstances controversées de la mort de deux journalistes irakiens, que vous avez certainement visionnée sans vous offusquer le moins du monde qu'elle ait été obtenue" illégalement".
Dans ce dernier cas, un ou une Anat Kam américain(e) a jugé salutaire que le public américain (ce public auquel on a tant menti pour une mauvaise cause) puisse avoir accès à ce document pourtant classé secret défense. Le déplorez vous ?
Quant à la prétention extravagante que vous me prêtez de me prendre pour un nouveau Zola (quel outrage pour ce grand écrivain pour lequel j'ai le plus profond respect), elle n'est que le fruit de la mauvaise foi qui transparait dans la plupart de vos propos.
Le "sourire d'ennui" qui vous dispense de toute réfutation argumentée de mes propos pourtant éminemment factuels, je l'interprète comme une manœuvre d'évitement destinée à ménager votre conscience, laquelle ne supporterait pas un examen objectif des faits. Vous préférez le déni de réalité à la remise en cause.
Edmond,
Vous écrivez que vos propos sont "pourtant éminemment factuels", parfait, discutons-en, parce que faire valoir le bien fondé de vos assertions, non pas par des tournures à l'emporte pièce lues et relues mais en formulant des arguments motivés et en articulant la discussion sur des éléments qui puissent être vérifiés et non par des humeurs est me semble-t-il une meilleure approche qui peut être la base d'une discussion. Essayons.
Je vous cite: Il n'empêche qu'innombrables sont les exemples dans l'histoire du journalisme mondial de scandales révélés grâce à des documents "volés", qu'ils soient ou non couverts par le secret militaire;
1)Citez moi des exemples.
2) Quel sont exactement et factuellement, le prétendus "scandales" révélés par Haaretz ?
3) Uri Blau a écrit dans son article que des consignes secrètes "d'abattre des terroristes au lieu de les faire prisonnier" avaient été données par un général en charge de la région militaire centre et incluant la Cisjordanie , il convient de noter qu'aucune de ces prétendues exactions n'a pu trouver un commencement de preuve. Si j'ai bien lu les articles concernant les documents volés ceux-ci ne se référaient pas à des faits (des exactions commises ), mais plutôt à des conseils ou des directives censées avoir été émise par l'État-Major et qui seraient (conditionnel) suspectées de fournir une justification a priori à des exactions non établies.
C'est cela qui justifie la curée contre Tsahal à laquelle vous participez soi-disant au nom de la démocratie, des droits de l'homme et de la liberté de la presse ?
La mis en circulation des rumeurs d'exactions par des tiers qui ne font pas mystère de leur parti pris ne demanderaient pas un soupçon de réserve de la part la personne si attachée aux faits que vous prétendez être ?
Si exactions il y aurait eu, il faut évidemment qu'elles soient punies, mettez vous en cause l'intégrité de la justice israélienne et contesteriez vous qu'elle le fasse le cas échéant comme ce fut le cas dans le passé ?
4)Anat Kam a volé plus de 2000 documents. parmi ces documents :
- Compte-rendus opérationnels d'unités spéciales.
- Le nom des unités concernées.
- La localisation de ces unités.
- Analyses d' exercices.
- Rapports d'unités de renseignements.
- Doctrines militaires concernant la Cisjordanie.
Vous avez interpellé J. Benillouche sur son choix du mot "espionne" pour qualifier Anat Kam, pour ma part je ne suis pas contraint à une formules allégée comme celle qu'il a employé du fait des limites du champs sémantique utilisable par un journaliste qui essaie de faire de l'info et non de manipuler l'opinion comme d'aucuns l'accusent. Le détail (partiel) ci-dessus du type de documents volés par Anat Kam et remis entre des mains hostiles et qui auraient pu arriver entre celles d'ennemis, par un soldat, a fortiori quand son pays est en guerre est, dans n'importe quel pays de la planète , éminemment factuellement, de la trahison.
Permettez moi, vu l'emphase démagogique de vos posts de penser que votre point de vue n'est pas stérile de connotations plus que douteuses du même acabit que ce que vous appelez " massacres", "colonisation de droit divin" ou bien "la déchéance morale de l'armée et de la société israélienne" Je vous répondrais en détail, sur cela aussi après que vous aurez répondu "éminemment factuellement" ce post.
Haneelam, pour vous répondre point par point :
1- J'ai cité l'exemple de la vidéo classifiée de l'armée américaine publiée par wikileaks (http://wikileaks.org/) dans mon dernier commentaire, que visiblement vous ne vous êtes pas donné la peine de lire attentivement.
2- Vous fournissez obligeamment la réponse à cette question dans votre troisième point. Vous relisez-vous vous même ?
3-La "curée contre Tsahal" que vous dénoncez trouve sa justification dans le rapport Gladstone, dans les témoignages de soldats israéliens ayant participé à la guerre de Gaza (surement des traitres dans votre terminologie, des hommes d'honneur dans la mienne) et dans les investigations menées par l'armée israélienne elle-même. Puisque vous paraissez ne retenir de l'actualité que ce qui vous arrange, je vous informe que la dernière enquête de ce genre concerne la mort récente de deux adolescents palestiniens tués par balles en Cisjordanie. Je souhaite me tromper, mais il est plus que probable les soldats coupables de ces exécutions à coup de balles dans la tête s'en sortiront avec un blâme, ou quelques jours d'arrêt de rigueur tout au plus (quel contraste avec ce que risque Anat Kam !) C'est ce que vaut actuellement la vie d'un mineur palestinien, au mieux. L'affaire Salah Hamouri, pour ne citer qu'elle, démontre suffisamment le caractère colonial de la justice israélienne appliquée aux Palestiniens.
4- Vous accusez, sans aucune de ces "preuves" que vous réclamez à tout bout de champ, Anat Kam de trahison. Quel châtiment préconisez-vous pour ce crime majeur ? Douze balles dans la peau, tirées dans le dos par un peloton d'exécution ? Expliquez moi comment ces documents confiés à un journaliste israélien que je juge bien plus authentiquement patriote que vous ne l'êtes auraient pu atterrir dans des mains ennemies. Et de manière FACTUELLE, s'il vous plait.
Au total, vous me faites l'effet d'un porte parole de l'extrême droite israélienne, auprès duquel J.Benillouche apparait effectivement comme un modèle d'honnêteté et de modération.
J'ajouterai qu'en matière de verbiage, j'ai trouvé mon maitre.
Edmond se veut donneur de leçons, soit, mais encore faut-il pour cela en avoir l'étoffe et les capacités. Ce qui n'est pas sons cas, loin de là. Lorsqu'il avance sa comparaison entre l'afaire Dreyfus et celle d'Anat Kam, il se trompe et trompe, ce qui ne l'empêche pas de railler son interlocuteur lorsque la remarque lui est faite en rajoutant de l'arrogance à son ignorance: "c'est votre culture générale qui est "lacunaire" et lorsque la démonstration lui est faite qu'il affabule, il balaie ses inepties par un "Admettons que je ne sois pas un spécialiste de l'affaire Dreyfus." A partir de là c'est une minable fuite en avant.
Passons sur le fait qu'il a été incapable aussi de produire d'"innombrables exemples de l'histoire du journalisme mondial de scandales révélés grâce à des documents "volés" autre que la vidéo de wikileaks qui même si elle était couverte par le secret défense, sa diffusion ne posait en aucune manière une quelconque menace pour l'armée américaine puisqu'elle ne contient que des images d'une opération et non des informations secrètes,contrairement aux 2000 documents volés par Anat Kam .Il n'y a donc aucune comparaison possible.
Quant à cette vidéo, voici ce qu'en dit Jean Paul Ney, grand reporter et professeur à l’Ecole supérieure de journalisme de Paris: http://www.jeanpaulney.com/2010/04/05/la-mort-de-deux-journalistes-en-direct-la-video-de-larmee-americaine-rendue-publique/
« Sur la vidéo, qui sert de propagande aux groupes extrémistes et anti-militaristes, on voit clairement des individus armés de RPG et de fusils AK-47.»
Passons.
Edmond. lui persiste faisant impasse sur le fait qu'il n'y a aucunes preuves fournies par Uri Blau dans son article et embraye sur une autre calomnie qui a fait long feu sur les "Témoignages de soldats israéliens ayant participé à la guerre de Gaza "
Haaretz (encore lui) publie le 19 novembre 2009 une enquête de son correspondant militaire, Amos Harel, faisant état de "crimes de guerre caractérisés" pendant les opérations à Gaza selon des témoignages anonymes d'élèves l’école préparatoire au service militaire (“mechina”) Yitzhak Rabin d’Oranim, qui auraient été collectés par un enseignant, Danny Zamir.
voila ce qu'en écrit Danny Zamir lui-même: http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1239710802882&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull
"Les médias étaient tellement prompts à critiquer Tsahal qu'ils se sont rués sur une simple conversation entre neuf soldats. Des hommes qui ne faisaient que dévoiler leurs sentiments personnels.Et les journalistes ne se sont pas contentés de tirer leurs conclusions, ils ont prononcé une véritable sentence à l'égard de l'armée.
Un phénomène qui n'a pas manqué de conduire à de sérieux malentendus quant à la profondeur et la complexité de la réalité israélienne.Ces récits personnels n'auraient jamais dû être utilisés comme fondement aux généralisations démesurées et aux conclusions hâtives des médias."
Je pourrais démonter de la même manière, tous les autres points avancés par Edmond dans ses posts, mais lorsque l'on voit la faiblesse de l'argumentation,sa malhonnêteté criarde, la rhétorique nauséeuse et tendancieuse flagrante qu'il utilise alors qu'il prétend tenir des propos "pourtant éminemment factuels" ce n'est même plus un sourire d'ennui qu'il suscite mais carrément une franche rigolade, surtout quand il m'accuse d'être "d'extrême droite". J'en suis très loin. Mais il est vrai que je suis sioniste tout comme Itzhak Rabin l'était, ne lui en déplaise...
@ haneelam : J'aimerai que vous lisiez chaque mot d'un commentaire avant de le critiquer... vous passeriez moins pour un idéologue incapable de réfléchir par lui-même.
Je m'intérrogeais sur une expression de M. BENILLOUCHE qu'il a prise : "La planification militaire". Dans son article, ce n'est pas clair du tout ce qu'il entend par là, et ca peut faire référence à beaucoup de chose.
Vous constaterez d'ailleurs que dans son commentaire de précision, M. BENILLOUCHE confirme une des possibilités que j'avais évoqué. Ma réfléction était donc loin d'être débile comme vous l'entendez.
On ne sait pas ce qu'il y a dans ces documents, mais visiblement, cette journalistes a utilisé ces informations pour dénoncer des crimes de guerres, commis par Tsahal en Cisjordanie. (Enfin, c'est ce qui est écrit dans l'article, mais j'ai un doute maintenant de savoir si vous avez vraiment lu l'article).
La phrase de M. BENILLOUCHE "Les accusateurs estiment que «dans le but d'informer le public de plusieurs aspects de l'action de Tsahal en Cisjordanie, ou pour enquêter sur les crimes de guerre, il n'est pas nécessaire de voler des milliers de documents classifiés top secret qui traitent de la planification militaire»." dans l'article semble clair.
En conclusion, ce n'est pas clair du tout ce qu'il y a dans ces documents volés. Selon les accusateurs, ce sont des "planification militaire", selon Anat Kam, ce sont des compte-rendu sur les exactions commises par Stahal en Cisjordanie. Dans le premier cas, elle devrait rendre ces documents, dans le second cas, elle doit les publier.
@Chère Marianne ARNAUD
La puissance militaire de Tsahal n’est pas entachée par les défaillances des services de sécurité interne. L’armée est faite d’hommes avec toutes leurs faiblesses mais cet incident grave ne remet nullement en cause mon article sur la puissance technologique de Tsahal : les tanks, les fusées, les missiles et les radars. En revanche, s’ils me le demandaient, je conseillerai aux militaires de changer de directeur informatique.
La faute d’Anat Kam est passible d’une peine à perpétuité mais cela ne signifie pas que le procureur la réclamera et que les juges le suivront. Elle passera en jugement et la justice décidera en son âme et conscience. Les israéliens ont confiance dans leur justice parce que les juges israéliens ont déjà fait la preuve de leur indépendance en envoyant plusieurs ministres en prison et en poursuivant le premier d’entre eux : Ehoud Olmert.
@Edmond
J’ignore le contenu de l’ordinateur du commandant de la région centre mais je pense qu’il ne comportait pas uniquement des recettes de cuisine et des donnes de bridge.
Le colonel Amir que j’avais interviewé il y a quelques années et qui était l’adjoint de cet officier, m’a dit sans que cela soit un secret inviolable, que l’Etat-major des opérations passait son temps à imaginer différents scénarios pour d’éventuelles opérations qui étaient stockés et qui ressortaient des tiroirs, ou plutôt des disques, lorsque l’échelon politique exigeait une action militaire. Aucune opération n’était improvisée et toutes les opérations étaient codifiées par avance. Je suppose donc, sans mettre à main à couper, que cet ordinateur contenait un certain nombre de scénarios qui devront être mis aujourd’hui au rebut.
Je n’ai pas trouvé d’autre terme qu'espion pour qualifier une personne qui fait une intrusion dans l'ordinateur d'un tiers pour lui dérober des informations à des fins délictueuses.
@Spiroute Zantafiotte
Je l’ai écrit ici plusieurs fois. Mes opinions, mon passé et mon présent n’ont aucun intérêt pour les lecteurs de Slate. Seul le contenu de mes articles est soumis à la critique. Avoir de bonnes sources fiables est une qualité journalistique qui n’est pas forcément synonyme d’inféodation à un parti ou à un gouvernement ou à une officine mystérieuse. Mais d'autres collègues détiennent des sources aussi bonnes que les miennes sans avoir à les voler.
Merci pour vos commentaires
Tout d'abord, merci pour cette mise au point rédigée sur un ton modéré qui plaide en faveur de votre professionnalisme.
Je vais tenter de faire court pour ne pas abuser de votre temps :
- Vous reconnaissez implicitement que nous ne sommes pas en présence d'une affaire d'espionnage "classique", qui aurait eu pour but de transmettre à d'éventuels ennemis des informations susceptibles de mettre en danger des soldats israéliens. C'est déjà un progrès en soi. Si d'ailleurs cela avait été le cas, je doute qu'Anat Kam eut été laissée en liberté.
- Il en résulte que l'enjeu principal de cette affaire est à mon sens essentiellement d'ordre moral et politique : jusqu'à quel point Tsahal peut-il tolérer que certains de ses membres appliquent à la lettre leur droit de désobéir à des ordres illégaux (selon les critères énoncés par l'institution elle-même) ou de les dénoncer publiquement ? En d'autres termes, qu'est-ce qui est le plus grave ? De dénoncer des crimes de guerre, ou d'en fournir des preuves obtenues illégalement ?
- J'ai le regret d'être en désaccord avec votre suggestion de limoger le directeur informatique. Aucun système de sécurité (à moins de basculer dans un système totalitaire) n'est en mesure d'empêcher un individu d'agir selon sa conscience, fut-il chef d'état major. La faille en l'occurrence n'est pas technique, mais sublimement humaine.
- Plus généralement, je veux bien admettre que votre position de journaliste indépendant soit difficile à tenir dans le contexte ultra émotionnel de ce conflit. Mais alors, si l'on vous traite de gauchiste, comment qualifie-t'on les journalistes d'Haaretz ?
Pour ma part, tant que vous dissociez les faits des commentaires, vous êtes parfaitement libre de professer les opinions de votre choix. Le problème est que vous me donnez parfois (ainsi qu'à d'autres) le sentiment de ne pas toujours y parvenir, délibérément ou non (pardon si je me trompe). Et quand vous dîtes que vos opinions importent peu, vous méconnaissez le principe qui veut que la question "qui parle "est d'une importance cruciale pour évaluer la crédibilité et l'objectivité d'un propos quel qu'il soit.
Je continuerai néanmoins à vous lire avec intérêt, mais toujours avec circonspection.
Plusieurs commentaires ont été désobligeants à mon égard. Voilà ma réponse.
Je n’ai jamais pris position dans cet article ni dans aucun autre. Je me borne à transcrire des informations qui me sont communiquées ou de rapporter l’état d’esprit de l’opinion israélienne et je pense les lecteurs de Slate suffisamment intelligents pour faire la part des choses et extraire éventuellement ce qu’ils peuvent considérer comme de la propagande.
Si vous avez perçu mes propres opinions et non des informations c’est que j’aurai failli. Le ministère des affaires étrangères israélien a des fonctionnaires autrement plus efficaces que, nous, journalistes de terrain.
Je sors hier d’un colloque au salon du livre de langue française à Jérusalem avec la participation les correspondants de RFI, France Inter et AFP au cours duquel la majeure partie de l’auditoire m’a qualifié de gauchiste notoire parce que mes articles sur Slate sont considérés comme anti israéliens et mon dernier article comme un soutien inadmissible à Anat Kam.
C’est vous dire la relativité des jugements des lecteurs et la difficulté d’informer quand la passion se substitue au simple bon sens.
Dans cette affaire, Anat Kam se serait grandie à aller au feu toute seule, sans le paravent d’un journaliste, en utilisant un parti politique, une association politique comme «La paix maintenant » ou B’Tselem ou alors, encore plus courageux, en déposant une plainte officielle auprès du procureur.
Il ne faut pas voir la main du Mossad partout et considérer les journalistes en Israël comme des agents au service du Mossad. Vous n’aurez jamais posé cette question aux journalistes du Canard Enchainé qui dévoilent tant de secrets.
Je vais vous faire une confidence que vous croirez ou pas mais qui portera atteinte à ma modestie.
Parce que Slate est l’un des rares sites à aborder, de manière régulière et avec équilibre je pense, les sujets du Proche-Orient et parce que je me comporte en journaliste et non en militant, les informations viennent à moi plus facilement et mes informateurs savent que j’en ferai un bon usage.
Je consulte, je trie, je vérifie, j’élimine et quand j’ai l’assurance de ne pas être manipulé, je publie. Il m’arrive de me tromper mais je suis un humain et non un robot.
J’ai mes entrées effectivement, à droite comme à gauche de l’échiquier, parce que mes interlocuteurs préfèrent mes analyses aux professions de foi des autres. J’essaie d’expliquer le fond d’un sujet.
On m’appelle plus que je n’appelle et, parce qu’on connait ma rigueur et ma liberté, je suis sollicité par plusieurs médias, journaux et télévision, qui refusent d’être soumis à la seule dictature de l’information officielle.
Le Proche-Orient souffre parce qu’on méconnait le fond des problèmes et parce que les interlocuteurs s'invectivent au lieu de confronter leurs idées. Il faut systématiquement enfoncer le clou du dialogue par l’écrit et ne pas condamner ceux qui font œuvre d’information et d’explication en les traitant de vendus à un pays ou à une cause.
Merci de vos commentaires.
Quoi que l'on puisse dire les lois d'Israël ne sont pas plus absurdes que les nôtres, cette jeune fille aurait été poursuivie dans tout les pays du monde. Divulguer des documents militaires de son propre pays, c'est une trahison, on peut penser qu'elle était portée par un but noble (même si personne ne verra l'intérêt de voler 2000 documents pour lever un secret de polichinelle c'est un point qu'il reste quand même à éclaircir ) mais dans les fait cela reste une trahison, c'est nuire au fonctionnement de l'institution qui est censé garantir la sécurité des citoyens de son pays. Si il y a matière à se plaindre de Tsahal il y a des recours légaux pour le faire.
Je lis sur Slate.fr tous les articles de Jacques. Benillouche, auxquels j'ai parfois apporté des commentaires.
Je lis également tous les commentaires de haneelam avec qui j'ai eu de vifs accrochages.
J'ai appris ainsi pas mal de choses sur les opinions en Israël concernant notamment le Palestine sans pour autant croire que à eux deux ils pourraient représenter l'ensemble des points de vue en Israël. D'ailleurs ils ne prétendent pas le faire.
J'ai également lu l'ensemble des commentaires des Slateurs sur l'affaire Anat Kam. Ces Slateurs non plus ne représentent pas l'ensemble des opinions possibles en Europe. D'une part ils sont tous francophones et sans doute pour la plupart ils sont Français. D'autre part, après ce que j'ai pu observer cette année, les Slateurs tendent à représenter un éventail d'opinions allant du centre droit à la gauche mais évitant les extrêmes gauche-droite.
Ce qui me frappe en lisant c'est le gouffre qui semble exister entre l'Israël présenté par ces deux Israéliens (je suppose que haneelam est israélien) et les Slateurs dans leur ensemble.
D'abord haneelam : croyant fervent, nous a-t-il déjà dit, il base l'ensemble de ses commentaires sur un certain nombre de prophéties d'antan que nous pouvons verifier nous-mêmes et qui sont aussi peu mystérieux – il m'a expliqué – qu'un méteo de nos jours (oubliant que les illuminés d'il y a 3000 ans qu'il cite comptaient sur le surnaturel tandis que les méteorologues d'aujourd'hui utilisent des données scientifiques et naturelles. Mais passons).
Par dessus ses croyances religieuses, auquelles bien sûr il a droit à condition qu'elles n'oppriment pas le voisin, haneelam semble avoir des connaissances militaires qui vont au delà de celles d'un simple citoyen. A croire même qu'il est lui-même militaire ou très proche des cercles militaires.
Ceci fait surgir les craintes, exprimées d'ailleurs par Benillouche lui-même dans d'autres articles, d'un rapprochement inquiétant entre une partie de l'armée Israélienne et certains religieux zélés.
Ce type de rapprochement est inconnu aujourd'hui en Europe, le dernier en date étant Cromwell!
Benillouche, excellent journaliste, ne partage aucune des eccentricités d'haneelam heureusement.
Mais apprendre de sa plume que lors d'une récente intervention “la majeure partie de l’auditoire m’a qualifié de gauchiste notoire parce que mes articles sur Slate sont considérés comme anti israéliens...” illustre le gouffre qui existe entre l'opinion israélienne et la réalité telle qu'elle est vue par les Européens.
Benillouche couvre un assez large éventail d'évènements en Israël. Il est parfois critique de son gouvernement et de là, je suppose, de son pays.
Mais de l'avis de plusieurs Slateurs, dont moi-même, il s'accomode trop souvent à des prises de position israéliennes qui à nos yeux sont contestables ou très discutables. Le journaliste semble se transformer parfois en porte parole gouvernemental. 'The Economist' londonien parle de 'hasbarah' dans ce type de cas.
Benillouche un gaucho dangereux? Un risque pour l'Israël? C'est risible!
Mais Benillouche et haneelam ont une chose en commun. Ils adoptent chacun des positions très défensives en répondant à leurs critiques qui fait écho d'une certaine fébrilité.
Dans des cas justement comme celui d' Anat Kam où les faits, par exemple à Gaza, objet d'un rapport accablant par l'ONU, et un peu de bon sens plaideraient à priori en faveur de l'accusé. Des crimes de guerre semblent avoir été commises.
Benillouche parfois blessé, souvent gêné, essaie souvent d'expliquer l'inexplicable un peu comme ces journalistes américains pendant la guerre du Vietnam qui aimaient leurs pays mais qui n'aimaient pas trop ce qu'il faisait.
Haneelam répond avec sarcasme à tous ses critiques, sûr de son bon droit, chiffres et lettres à l'appui, car tout avait été prévu par ses prophètes.
Il ne comprendra jamais que le monde change autour du Moyen Orient et qu'à la différence peut-être de son (ancien?) allié les USA, les nouvelles puissances mondiales – la Chine, l'Inde, le Brésil - se tapent totalement de ses prophètes. Haneelam est condamné par ses certitudes.
Voilà donc, à mon sens, illustration d'un gouffre entre l'Europe et l'Israël qui n'existait pas dans ma jeunesse quand ce pays a été créé.
Les Israéliens ordinaires devraient s'en inquiéter davantage plutôt que de continuer d'offenser l'opinion publique occidentale par des actes, tels les colonisations, incompréhensibles et injustes à tous sauf aux haneelam de ce monde.
Peter Wright, pourquoi mentir ? Avez vous oublié que tous mes commentaires sont encore visibles ? http://www.slate.fr/story/18661/netanyahou-conflit-Etats-Unis-moyens-de-tenir-tete-washington
Voici ce que j'ai écrit:
Peter Wright, ignoriez vous que les juifs furent déportés massivement de leur terre par les Romains de l'Antiquité ? Ce qui est la cause de leur exil à travers le monde et en fit des apatrides pourchassés et persécutés partout où ils s'installèrent en Europe et dans les pays arabes durant deux millénaires jusqu'à que les différents mouvements sionistes modernes comprirent que seul le Retour ( qui soit dit en passant était prédit par les prophètes juifs et dont l'espoir a toujours fait parti de la transmission culturelle de ce peuple durant son exil ) était le seul moyen de les soustraire a ces persécutions systématiques dont l'apothéose macabre et ignoble fut la Shoah ?
Non, Peter Wright,je ne suis pas un "ultra" et je reconnais aux Palestiniens le droit d' avoir un pays comme d'ailleurs plus de 80% des israéliens, puisque de facto, en 63 ans ils sont devenus un peuple à part entière. Accessoirement consultez les chartes respectives du Hamas et de l'OLP et la déclaration du sommet de Karthoum en 1967...
Pour le reste vous pouvez contester ce que bon vous semble, cela est votre droit je vous l'ai déjà écrit, seulement ayez la correction de me citer comme je le fais et de ne pas me prêter des propos que je n'ai jamais écrit. Il n'y a aucune référence à D.ieu dans mes posts.
En plus vous avez décidé que je défends une doctrine religieuse, alors que je suis anti-religieux ! Eh oui ! Être croyant n'implique pas nécessairement que l'on soit religieux, croire dans les prophéties bibliques n'est pas différend que de croire ce que prédisent ( A plus cours terme il est vrai) les météorologues. De plus saviez- vous que . n'est pas un vieillard à barbe blanche sur un nuage ? Me contesteriez vous le droit de croire en ce que je crois Peter Wright ? Vous même n' êtes vous pas un "prosélyte fanatique" de votre "religion" l'athéisme. Je vous cite:
"La force et l’avantage de l’athéisme c’est qu’il permet de juger les cas sereinement et objectivement sans se soucier de ce qu’aurait dit un prophète d’antan.
Selon votre système de valeur, l'athéisme surpasse et triomphe les autres croyances, car l'athéisme en est une. Croire en rien c'est aussi croire mais en...Rien.
Des posteurs comme haneelam, j'en ai rencontré un certain nombre sur tous les forums de discussion relatifs au conflit israélo-palestinien. Ils partagent tous les mêmes caractéristiques : sectaires, arrogants, verbeux, pinailleurs, ils se complaisent dans la mauvaise foi et le déni de réalité pour rejeter en bloc tout ce qui ne cadre pas avec leur vision du monde reposant sur le nationalisme religieux le plus rétrograde. Les attaques personnelles leur tiennent généralement lieu d'argumentation. Toute discussion avec eux est donc vouée à s'enliser dans le dialogue de sourds, quand elle ne se termine pas par des insultes ou la sempiternelle accusation d’antisémitisme (je sens que ça le démange…). C’est un spectacle fascinant, mais aussi quelque peu glaçant de constater à quel point le fanatisme peut détruire l’intelligence et le sens moral d’êtres pourtant apparemment sensés.
Mais comme je suis d’un naturel bienveillant, obstiné et patient, je consens à relever une dernière foi les incohérences, les mensonges et les omissions coupables d’haneelam.
Voici en vrac d’autres exemples de scandales révélés grâce à des documents volés, que votre culture lacunaire ne vous permet pas de connaitre :
- Les « pentagon papers » (La majorité, mais pas l'intégralité, de ces 4000 pages de texte assorties de 3000 pages d'analyse, pour la période 1945-1967, formant les Pentagon Papers ont été illégalement transmises à la rédaction du New York Times au début de l'année 1971 par un ancien officiel du Département d'État, Daniel Ellsberg. La révélation au public du contenu de ce document acheva de détériorer le soutien de l'opinion publique pour les opérations dans la péninsule indochinoise).
- Le manuel de Guantanamo(http://www.wired.com/politics/onlinerights/news/2007/11/gitmo )
- En avril 2008, wikileaks publie plusieurs pages sur le fonctionnement et les objectifs des hautes sphères de l’église de la Scientologie (http://www.theregister.co.uk/2008/03/12/wikileaks_scientology_documents/)
- En France, le canard enchainé s’est fait une spécialité de la publication de documents volés, comme les déclarations d’impôt d’un certain nombre de personnalités.
J e pourrais continuer comme ça pendant des pages et des pages, mais quelque chose me dit que vous me réclameriez encore et encore plus de « preuves »… Selon le procédé plus qu' éculé qui consiste à ergoter à l’infini sur des détails pour tenter de faire oublier l’essentiel.
Pour le reste, vous ne retenez des faits que ce qui vous arrange, en vous appuyant sur des sources émanant pour l’essentiel de la droite et de l’extrême droite israélienne, et vous éludez soigneusement toutes les questions gênantes.
Ainsi, vous omettez de répondre sur de nombreux points que j’évoquais dans mon dernier post : le rapport Gladstone, les enquêtes menées sur l’exécution récente de jeunes Palestiniens en Cisjordanie, le cas du franco-palestinien Salah Hamouri….
Vous pratiquez la désinformation en parlant de RPG à propos de la vidéo de l’armée américaine, alors que la plupart des sources s’accordent à reconnaitre qu’il s’agissait en fait du téléobjectif d’un des journalistes…
Un minimum d’honnêteté intellectuelle est requis pour une discussion constructive. Au contraire de J.Benillouche, vous êtes très loin du compte.
Et si réellement vous êtes un modéré, j'ose à peine imaginer à quoi peuvent bien ressembler les ultras. Sur ce point, Peter Wright (que je salue au passage) a entièrement raison.
J'ai lu l'édito de M. Bellinouche et l'ensemble des commentaires et comme d'habitude la passion vis à vis de ce conflit et tout ce qui l'entoure est extraordinaire, avec je crois pour une grande partie de l'opinion un balancier permanent.
Si je prends mon cas à une époque j'étais un fervent partisan des palestiniens, pour moi Israel refusait le droit de vivre aux arabes et puis les arabes ont à leur tour refusé à Israel le droit de vivre avec à la clé les extrémistes du Hamas, aujourd'hui Israel relance les colonisations, alors je mis qu'il se dé....., comment finira ce conflit peu m'importe, une seule pensée pour ceux qui souffrent des deux côtés, bien souvent les plus faibles.
De lire cet échange incessant d'invectives que se lancent les protagonistes commentant les papiers de M. Benillouche, et auquel j'ai moi-même participé en ironisant sur le parallèle fait par haneelam, quelques commentaires plus haut, entre les prophéties bibliques et les prévisions météo (mon commentaire a bien sûr été censuré!)!
Faut-il en arriver à l'interdiction de commenter les papiers de M. Benillouche, qui nous apporte une vision intéressante de la société israélienne, ou sommes-nous capables d'apporter au débat nos analyses et prises de position, souvent inconciliables, hélas, mais sans nous écharper?