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En dix ans, le nombre de femmes incarcérées a grimpé en flèche

Temps de lecture : 2 min

Les règles adoptées il y a dix ans pour faire diminuer le taux de femmes derrière les barreaux n'ont visiblement pas porté leurs fruits.

En une décennie, la quantité de femmes emprisonnées a augmenté de 100.000 personnes | Wendy Alvarez via Unsplash
En une décennie, la quantité de femmes emprisonnées a augmenté de 100.000 personnes | Wendy Alvarez via Unsplash

L'Association internationale de réforme pénale vient de publier plusieurs chiffres importants liés à l'emprisonnement des femmes, marquant ainsi le dixième anniversaire des Règles de Bangkok. Ce terme décrit un ensemble de règles édictées par les Nations Unies à propos du traitement des femmes détenues, et des mesures non privatives de liberté pour les femmes délinquantes.

S'appuyant sur ces nouvelles informations, The Guardian nous apprend qu'il y a actuellement 741.000 femmes et jeunes filles en prison. «Le nombre de femmes dans les prisons du monde est en train d'atteindre un taux alarmant, même si elles sont généralement condamnées pour des crimes et délits minimes et non violents», s'inquiète Olivia Rope, directrice exécutive de la PRI (pour «Penal Reform International»).

Si le cas des femmes incarcérées inquiète autant les organisations, c'est parce qu'elles sont particulièrement victimes de violences et de mauvais traitements. «De nombreuses femmes ne disposent pas de conditions d'hygiène suffisantes, ni de solutions de réinsertion. De plus, elles font face à des violences physiques et sexuelles», affirme Olivia Rope.

La pandémie mondiale a aggravé les conditions de détention de la majeure partie d'entre elles, qui ont généralement été privées de visites. Avec une conséquence double: un accès plus compliqué à certains produits essentiels habituellement fournis par leurs proches (protections périodiques, denrées alimentaires indispensables pour les femmes allaitantes ou enceintes...). Les mères incarcérées n'ont généralement pas pu préserver un lien satisfaisant avec leurs enfants.

L'un des objectifs des Règles de Bangkok était de faire baisser significativement le nombre de femmes emprisonnées. Dix ans après leur adoption, le constat est celui d'un échec cuisant: à part en Europe, le nombre de prisonnières s'est accru partout dans le monde. En une décennie, la quantité de femmes emprisonnées a augmenté de 100.000 personnes. Soit environ 15% de plus qu'il y a dix ans.

Défaite de la société

Le rapport se penche également sur les causes des incarcérations. Il révèle que les femmes, qui représentent entre 2% et 9% de la population carcérale en fonction des pays, transgressent avant tout la loi en raison de leur état de précarité. On note par exemple que les femmes sont bien plus condamnées pour des affaires liées aux stupéfiants (35% d'entre elles, contre 19% des hommes).

Secrétaire général des Nations Unies de 2007 à 2016, Ban Ki-moon était en poste lorsque les Règles de Bangkok ont été adoptées. Il rappelle que la prison n'est qu'une alternative, et qu'elle est bien souvent synonyme de défaite de la société. «Ces règles promeuvent des alternatives à l'emprisonnement des femmes. À la lumière des risques sanitaires liés au Covid-19, les gouvernements doivent en faire davantage afin que l'incarcération soit vraiment utilisée en dernier recours».

Cette semaine, plus de quatre-vingt organisations ont signé un appel à l'action destiné aux gouvernements du monde entier, les respecter pleinement les Règles de Bangkok et à faire évoluer leur politique dans le but de faire baisser le nombre de femmes présentes derrière les barreaux.

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