Politique

Le vol à l'étalage a grimpé en flèche depuis le début de la pandémie

Temps de lecture : 2 min

La nature des articles dérobés est très révélatrice de la détresse dans laquelle se trouvent actuellement tant de citoyens et de citoyennes.

1 Américain·e sur 8 n'aurait pas toujours de quoi manger à sa faim | Imants Kaziļuns via Unsplash
1 Américain·e sur 8 n'aurait pas toujours de quoi manger à sa faim | Imants Kaziļuns via Unsplash

C'est une conséquence inattendue de la crise du Covid-19: la police et les propriétaires de commerces s'accordent à dire que le vol à l'étalage a augmenté de façon significative depuis le printemps dernier. Le Washington Post révèle également que la nature des articles dérobés n'est pas la même qu'en temps normal, et que ceux-ci sont très révélateurs de la détresse dans laquelle se trouvent les voleurs et voleuses.

Pains, pâtes, lait maternisé, couches pour bébé: les produits les plus volés sont des biens de première nécessité. Toujours d'après le Washington Post, aux États-Unis, 1 Américain·e sur 8 n'aurait pas toujours de quoi manger à sa faim, soit 26 millions de personnes (ce taux étant même de 1 personne sur 6 pour les foyers avec enfants). Il n'est donc pas étonnant que les petits vols se multiplient et qu'ils portent sur des denrées fondamentales.

Si les chiffres du vol à l'étalage ont toujours tendance à augmenter en période de crise, les médias américains soulignent que la crise sanitaire que nous traversons actuellement apparaît comme bien plus violente économiquement. Après le 11 septembre 2001, les vols avaient bondi de 16% par rapport au chiffre habituel. Lors de la crise économique de 2008, l'augmentation avait été d'environ 34%. Si l'on ne dispose pas encore d'un chiffre pour 2020, il semblerait néanmoins que ce nouveau bond batte tous les records.

Prises à la gorge

Les journalistes Abha Bhattarai et Hannah Denham sont parties à la rencontre de personnes ayant commencé à voler dans les magasins au début de la pandémie. Toutes se disent prises à la gorge, dans l'impossibilité de nourrir leur famille une fois les factures essentielles payées.

«Je ne me sens pas trop coupable, dit l'une d'entre elles. C'est très frustrant de faire partie de cette catégorie de personnes qui est en train de perdre tellement, tout en sachant que d'autres catégories sont en train de profiter de cette pandémie. Disons que je ne me sens pas trop mal de voler pour 15 ou 20 dollars chez Whole Foods, sachant que Jeff Bezos est l'homme le plus riche de la planète.» D'autres se sentent bien plus coupables d'avoir dû se mettre à transgresser les règles dans le simple but d'assurer leur survie et celle de leurs proches.

Reprenant l'information, Jezebel rappelle que l'élue Alexandria Ocasio-Cortez avait affirmé dès cet été que le nombre croissant de crimes et délits résultait du besoin des Américain·es de répondre à des besoins essentiels. Cette déclaration lui avait valu d'être traitée de «fucking bitch» par un membre du Congrès, Ted Yoho, qui mange sans doute à sa faim à chaque repas.

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