Société

Plus on est déprimé, mieux on se porte!

Temps de lecture : 2 min

[BLOG You Will Never Hate Alone] Pour ceux habitués à vivre depuis toujours à l'ombre de leur mélancolie, la pandémie n'a rien changé à leur vie.

La vie n'est pas une fête foraine. | Nikko Macaspac via Unsplash
La vie n'est pas une fête foraine. | Nikko Macaspac via Unsplash

On parle beaucoup de santé mentale ces derniers temps. De toute évidence, pour un grand nombre d'individus, la crise que nous traversons provoque des bouleversements tels qu'elle occasionne des troubles de l'humeur, une certaine apathie, un début de dépression voire même des idées beaucoup plus noires. Les changements ont été si brutaux, les conséquences si dévastatrices, que l'esprit se sent enclin à cette mélancolie poisseuse qui est la marque des grandes douleurs intérieures quand soudain l'on perd intérêt à tout, à sa vie comme à celle de ses proches.

L'hiver n'arrange rien. Le manque de lumière assombrit les journées, le froid engourdit le cœur, les âmes se sentent lourdes de cette atmosphère lugubre qui pèse sur les vies. Et voilà que les restaurants sont fermés, les bars clos, les cinémas muets, les amis absents, les visages masqués. Tout ce qui faisait le charme de nos vies d'antan s'en est allé, remplacé par une morne routine où l'ennui succède à l'ennui, comme une mise en bière qui ne dirait pas son nom.

Alors comme on ne peut plus sortir, on reste chez soi et bien vite la maison qui, hier encore, nous apparaissait comme le plus doux des foyers, voilà que nous la prenons en horreur avec tous ses défauts qui nous sautent au visage: l'exiguïté des pièces, la laideur du plafond, la vieillesse des tapis, la saleté des meubles, la vétusté de la cuisine, le décor d'un appartement devenu soudain l'antichambre de l'enfer.

On se sent fatigué, presque amer, au bord de la nausée. Rien ne parvient à nous égayer et quand on pense aux fêtes qui s'avancent, on a envie de les savoir déjà derrière nous, quand débutera une nouvelle année dont on veut croire qu'elle s'occupera mieux de nous, même si nous sommes sans illusions: les mois à venir seront encore une répétition de ceux déjà vécus et aucune promesse de vaccin ne parviendra à nous rendre le cœur plus léger.

Je plains ceux en proie à de pareils sentiments. Surtout à ceux qui l'éprouvent pour la première fois. Pour les autres comme moi familier de ces états d'âme maintes fois décrits ici, la pandémie n'a rien changé. Tout juste si nous ne triomphons pas de nous savoir moins seuls. C'est l'avantage des êtres qui ont reçu la vie comme une blessure: rien ne peut les atteindre; ils sont insensibles aux mouvements de l'époque puisque leur mélancolie s'étend aux territoires de l'esprit hantés par l'éternité des choses.

Autant dire que ma santé mentale ces jours-ci, comparé à d'autres, va très bien. Je dirais même qu'elle se porte comme un charme. Ni abattement, ni déprime particulière. Comment pourrions-nous aller moins bien puisque nous sommes handicapés de naissance? La vie n'est pas une fête foraine ni un bal des pompiers mais une lente et inexorable décomposition où l'on s'efforce de donner le change tout en demeurant lucide sur la possibilité du bonheur, vague idée aux contours flous dont par principe autant que par expérience on se méfie grandement.

Ce constat, certains semblent le découvrir au détour de la crise pandémique.

Bienvenue au club!

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