Égalités / Culture

La famille de Roald Dahl s’excuse de son antisémitisme

Temps de lecture : 2 min

«La famille Dahl et la société des histoires de Roald Dahl s’excuse sincèrement pour la peine durable et compréhensible causée par certaines affirmations de Roald Dahl.»

L'auteur jeunesse à une séance de dédicasse, 12 October 1988 | Rob Bogaerts / Anefo via Wikimedia Commons 
L'auteur jeunesse à une séance de dédicasse, 12 October 1988 | Rob Bogaerts / Anefo via Wikimedia Commons 

Harriet Sherwood, journaliste au Guardian a découvert les excuses de la famille de Roald Dahl sur le site officiel de l’auteur. Le britannique est surtout connu pour ses œuvres jeunesse comme Charlie et la Chocolaterie, Sacrées Sorcières ou encore Matilda.

En 1983, nous apprend le Guardian, l’auteur donne une interview au magazine New Statesman où il déclare: «Il y a un trait de caractère chez les Juifs qui provoque de l’animosité, peut-être que c’est une sorte de manque de générosité envers les non-Juifs. Je veux dire, il y a toujours une raison originelle à l’anti-quoi que ce soit, avant d’ajouter, même un salopard comme Hilter ne les a pas choisis sans raison.»

Le communiqué officiel de la famille sur le site internet est intitulé «Excuses pour les commentaires antisémites émis par Roald Dahl». Il y est écrit: «La famille Dahl et la société des histoires de Roald Dahl s’excusent sincèrement pour la peine durable et compréhensible causée par certaines affirmations de Roald Dahl.»

Le communiqué poursuit en notant le caractère dual de l'artiste: «Ces remarques discriminantes sont incompréhensibles pour nous et sont en totale opposition avec l’homme que nous connaissions et avec les valeurs au cœur des histoires de Roald Dahl qui ont positivement influencé des générations de jeunes.»

En 2016, un article de la BBC titrait sur «le côté sombre de Roald Dahl» en expliquant que James et la pêche géante avait été épinglé pour racisme et que de manière générale l'auteur était «bigot»: les Oompa Loompas étaient à l'origine décrits comme de petits pigmés noirs, les personnages féminins de ces œuvres ont tendance à être forcément douces ou diaboliques...

Finalement, le communiqué conclut en rappelant l'importance des mots: «Nous espérons que, comme il l'a fait, de la meilleure des manières comme de la pire, Roald Dahl peut nous permettre de nous souvenir de l’impact durable des mots.»

La biographie de l’auteur sur le site ne mentionne pas cette partie de son histoire. Selon Harriet Sherwood, cette excuse n’a pas non plus été partagée à des organisations ou associations juives.

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La journaliste rappelle aussi que Roald Dahl donna une seconde interview problématique en 1990 dans The Independent dans laquelle il disait: «Je suis tout à fait anti-Israël et je suis devenu antisémite de la même façon qu’une personne juive vivant dans un autre pays comme l'Angleterre soutiendrait le sionisme. Je pense qu’ils devraient voir les deux points de vue.» Il poursuivait alors: «Il n’y a aucun éditeur non-Juif nulle part, ils contrôlent les médias -rudement malin- c’est pour cela que le président des États-Unis est obligé de vendre ses trucs à Israël.»

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