Politique / Monde

Qu'a tweeté Trump cette semaine? Chronique du 23 au 29 novembre

Temps de lecture : 20 min

Plongée dans la logorrhée du futur ex-président américain.

Donald Trump et la dinde de Thanksgiving qu'il s'apprête à gracier, dans la roseraie de la Maison-Blanche, le 24 novembre 2020. | Mandel Ngan / AFP
Donald Trump et la dinde de Thanksgiving qu'il s'apprête à gracier, dans la roseraie de la Maison-Blanche, le 24 novembre 2020. | Mandel Ngan / AFP

Avertissement: cette chronique non exhaustive se base sur les tweets de la semaine jugés les plus pertinents. L'homme le plus puissant du monde a une production si pléthorique que l'analyse de toutes ses productions numériques nécessiterait des jours et des nuits de décorticage et de labeur selon des conditions de travail dénoncées par les conventions de Genève.

Cette semaine est marquée par deux amnisties présidentielles à la Maison-Blanche: celle de Michael Flynn, qui referme ainsi le dossier de l'affaire de la collusion russe, et celle d'une dinde. Sur le front électoral, rien ne change: si Trump laisse entendre qu'il partira si on l'y oblige (on l'y oblige), ce ne sera vraiment pas juste car IL A GAGNÉ.

Lundi 23 novembre

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui Trump sacrifie la quantité à la qualité. Deux tweets présidentiels seulement dans la journée, c'est rare. Le processus de transition se débloque après le feu vert donné par le GSA (General Service Administration, chargé d'autoriser la transition entre les deux équipes présidentielles). L'équipe Biden va pouvoir se mettre au travail et disposer de données utiles, notamment dans le domaine de la lutte contre la pandémie et de la mise en circulation des vaccins. Trump cède (pas le choix), mais que les choses soient claires: le combat continue.

«Je veux remercier Emily Murphy du GSA pour son constant dévouement et sa loyauté à notre Pays. Elle a été harcelée, menacée et agressée –et je ne veux pas voir ce genre de choses arriver ni à elle, ni à sa famille ni aux employés du GSA. Notre affaire se poursuit AVEC FORCE, nous continuerons notre juste combat, et je crois que nous serons vainqueurs! Cependant, dans l'intérêt de notre Pays, je recommande qu'Emily et son équipe fassent ce qui doit être fait pour engager les protocoles et j'ai dit à mon équipe de faire la même chose.»

Mais que l'on ne s'y trompe pas. Ce tweet présidentiel n'est PAS une concession. Trump sait qu'il a perdu, mais tant qu'il a la main il continuera de semer les graines du doute. Ainsi partira-t-il la tête haute, en vainqueur sacrifié, et surtout son équipe de campagne pourra-t-elle continuer de récolter des fonds dans le cadre de son comité, Save America, destiné au financement de ses procès et à rester présent, politiquement, après le 20 janvier (notamment en continuant de sponsoriser ses candidats préférés).

«Qu'est-ce que le fait de permettre au GSA d'entamer des travaux préliminaires avec les Dems a à voir avec la poursuite de nos divers dossiers sur ce qui restera l'élection la plus corrompue de l'histoire politique américaine? On fonce. Ne cèderai jamais face aux faux bulletins & “Dominion”.»

Mardi 24 novembre

Trump a retrouvé sa dextérité tweetesque. Aujourd'hui ça va vite, très vite, et le président rebondit beaucoup sur des tweets d'admirateurs pour enfoncer le clou de sa prétendue victoire.

En réponse à l'acteur Randy Quaid, qui le qualifie modestement de «Plus Grand Président que ce pays ait jamais eu» et «d'homme du peuple épatant, qui se bat pour chacun d'entre nous, pas pour Big Pharma», Trump opine:

«Merci Randy, je travaille dur pour nettoyer la puanteur de l'escroquerie des Élections 2020!»

Quand il tient une timeline qui lui est favorable, le président aime en retweeter des extraits en rafale, avec ou sans commentaire, comme ici. Dans le tweet d'origine, Randy Quaid déplore: «Nous avons perdu toute confiance dans le système qui élit nos dirigeants. 79 millions d'Américains pensent que l'élection était truquée, et les résultats frauduleux. Il nous faut un nouveau vote, physique uniquement, avec bulletins papier, et tout particulièrement dans les États où des irrégularités se sont produites. Sans précision, pas de démocratie!»

Et Trump de renchérir, validant donc l'idée de faire revoter le pays:

«Vous entendez ça, les Républicains?»

Puis il relaie une petite vidéo à éviter à tout prix si vous êtes épileptique. Pourquoi cette voix? Pourquoi ces lumières? Est-ce une interprétation artistique de l'intérieur de la tête de Donald Trump? Tant de questions sans réponses.

On ressort un vieux dossier, car Trump a la rancune tenace. James Mattis a été secrétaire à la Défense jusqu'à sa démission, fin 2018 (dans ce tweet, Trump laisse entendre que c'est lui qui l'a limogé, ce qui est faux). En juin 2020, il a publiquement déclaré que Trump était «une menace pour la constitution». Avec le recul, on ne voit vraiment pas pourquoi.

«Ça dit tout sur Mattis. Obama l'a viré. J'aurais dû le virer plus tôt. J'ai fait un meilleur travail après son départ. Le général le plus surfait du monde!»

Et pour que les choses soient claires, Trump retweete cette photo de lui en vainqueur qui ne se laisse pas abattre, assortie de la légende idoine:

«Je ne concède rien!»

«Rappelez-vous que le GSA a été génial et qu'Emily Murphy a fait du très bon travail, mais ce n'est pas le GSA qui détermine qui sera le prochain Président des États-Unis.»

En l'occurrence, il a raison: c'est le collège électoral, dont le vote du 14 décembre sera validé par le Congrès début janvier. Ce qui ne change pas grand-chose.

Aujourd'hui, Trump tient la conférence de presse la plus curieuse de l'histoire des conférences de presse.

Elle va durer soixante-quatre secondes. La seule information qu'il donne est que le Dow Jones a atteint le «nombre sacré» de 30.000 points. Tout est précipité: son arrivée, son débit, son départ. Pourquoi tant de hâte? Fatigue, nervosité, envie de faire pipi? Dans ce tweet montrant les vingt dernières secondes, on entend les journalistes criant des questions dans le vide, tandis qu'une voix conclut en disant tout haut ce que tout le monde pense tout bas:

«That was weird as shit», ou en bon français: «Mais c'est totalement délirant!»

En revanche, Trump prendra le temps qu'il faut pour s'adresser à la nation et lui souhaiter un joyeux Thanksgiving et lui annoncer que, comme chaque année, il a gracié une dinde (spoiler: l'autre ne sera pas sacrifiée non plus).

«De la part de toute la Famille Trump, je veux souhaiter à chaque Américain un Joyeux Thanksgiving plein de Santé! Aujourd'hui nous nous sommes réunis dans la roseraie pour perpétuer une tradition annuelle chérie: la Grâce Présidentielle Officielle d'une Dinde de Thanksgiving particulièrement chanceuse...»

(Notons que Trump prend huit fois plus de temps pour gracier une dinde que pour s'adresser à la nation en pleine pandémie.)

Enfin, un petit slogan pour finir la journée.

L'AMÉRIQUE D'ABORD!

Mercredi 25 novembre

«Pourquoi est-ce que @GASecofState Brad Raffensperger, un soi-disant Républicain, ne nous permet-il pas de regarder les signatures sur les enveloppes pour vérification? Nous trouverons des dizaines de milliers de bulletins frauduleux et illégaux...»

La technique Trump: demander un maximum de procédures, aussi irréalistes les unes que les autres, en les saupoudrant d'accusations paranoïaques, car plus il fera de demandes rejetées, plus il pourra affirmer qu'il est victime d'une cabale.

Petit reportage publié par le président, où on le voit avec la dinde chanceuse (en blanc):

C'est le moment de rappeler qu'il y a deux ans, Trump avait fait de l'humour sur la dinde qui n'avait pas été graciée. À la lumière des faits actuels, on peut parler d'ironie mordante. Voici ce qu'il déclarait en novembre 2018, à propos de la pauvre dinde Carrots:

«La gagnante de ce vote a été choisie par une élection honnête et ouverte, conduite sur le site internet de la Maison-Blanche. Cette élection a été honnête. Malheureusement, Carrots a refusé de concéder qu'elle avait perdu, et a exigé un recomptage, et nous sommes encore en plein conflit avec Carrots. Et je vais vous dire, on est arrivé à une conclusion; Carrots, je suis désolé de te l'annoncer, le résultat n'a pas changé. Dommage pour Carrots.»

Un message plein d'espoir. Au tweet de John Solomon affirmant qu'une majorité de Républicains voteront Trump en 2024, le président répond:

«Mais 2020 est loin d'être terminée!»

En effet. Et c'est bien long.

Petit retour (pourquoi? comment?) sur un scandale de septembre dernier: Trump aurait parlé dans des termes méprisants des héros de guerre tombés pour la patrie. Ah, les Années folles.

«Il est prouvé que la déclaration sur les héros militaires morts qui seraient des “losers & des pigeons” est un mensonge et une invention totale. ELLE N'A JAMAIS ÉTÉ FAITE! Le menteur “anonyme”, ordure de premier ordre, a persisté dans son mensonge malgré 25 témoins assurant le contraire. Bienvenue dans les folles années 20!»

Une élection quoi?

«ÉLECTION TRUQUÉE!»

Le président intervient par téléphone dans une audition, à Gettysburg, qui réunit des élus républicains de Pennsylvanie décidés à contester le résultat de l'élection pour leur État, dirigée par le sénateur Doug Mastriano et animée entre autres par son avocat Rudy Giuliani. Il commence par annoncer: «C'est une élection qu'on a gagnée facilement. On l'a gagnée de beaucoup.» Puis explique que tout a été truqué. Enfin, qu'il faut «renverser le résultat des élections», appelant tranquillement à casser le processus démocratique.

Nouvelle grâce après la dinde: cette semaine, c'est le général Flynn qui est amnistié, refermant ainsi le dossier de l'enquête russe.

«J'ai l'Immense Honneur d'annoncer que le Général Michael T. Flynn a reçu une Grâce Pleine et Entière. Félicitations au @GenFlynn et à sa merveilleuse famille, je sais que dorénavant votre Thanksgiving sera vraiment fantastique!»

Les heures passent mais rien n'ébranle le message présidentiel.

«Cette élection a été TRUQUÉE, mais nous allons GAGNER!»

Et on souhaite une bonne (fin de) vie au général:

«Bonne continuation, Général Flynn!»

Jeudi 26 novembre

Mise en jambe.

«Je viens juste de voir les comptes des bulletins de vote. Il n'est PAS POSSIBLE que Biden ait eu 80.000.000 voix!!! C'est une ÉLECTION TRUQUÉE À 100%.»

«JOYEUX THANKSGIVING!» s'exclame le président américain, en commentaire d'un tweet annonçant que la décision du gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, que Trump déteste, a été retoquée et que les services religieux pourront se tenir dans l'État sans limitation du nombre de personnes.

Puis le président sort les grands mots:

«Une FRAUDE absolue. Les parlementaires républicains, fiers, forts et honnêtes, ne laisseront jamais faire cette mascarade!»

(Il évoque ici les comptes finaux des voix en Pennsylvanie, selon lui totalement improbables.)

Un vieil ami/ennemi réapparaît: la chaîne Fox News, dont les audiences seraient en baisse.

«Et ça continuera de dégringoler. Le week-end en journée c'est pire encore, mort. Ils n'y comprennent toujours rien. Des alternatives fantastiques! Le feu/grand Roger Ailes nous manque sérieusement, mais j'ai quand même gagné LES VOTES LÉGAUX et de loin!»

(Notez la fluidité de l'enchaînement entre la critique médiatique et la revendication électorale, et prenez une aspirine.)

Un peu de lecture pour prouver que Joe Biden n'a pas pu gagner les élections, puisque ce n'est tout simplement pas possible. La preuve dans un article du Federalist, journal très conservateur qui flirte avec le complotisme.

«Une lecture incontournable. Impossible que Biden ait surmonté ces difficultés, et d'autres encore plus grandes!»

Trump tient aujourd'hui une conférence de presse (trente-cinq minutes) derrière un tout petit bureau après avoir souhaité un joyeux Thanksgiving aux soldats postés à l'étranger.

C'est la première fois qu'il accepte les questions de journalistes depuis les élections. Et pour la première fois, il dit qu'il partira si le collège électoral élit Biden, mais refuse de dire s'il viendra à l'investiture.

Résumé:

«J'ai tenu une longue conférence de presse aujourd'hui après avoir souhaité un joyeux Thanksgiving à l'armée, & me suis de nouveau rendu compte que les Médias Fake News se coordonnent pour que le vrai message de ce genre de conférence ne soit pas connu. L'argument principal était que l'Élection de 2020 était TRUQUÉE et que j'ai GAGNÉ.»

Voici un extrait où l'on constate que les relations avec les journalistes sont toujours aussi apaisées:

«Ne me parlez pas comme ça. Vous n'êtes qu'un minus. Ne me parlez pas comme ça. Je suis le président des États-Unis, ne parlez jamais comme ça au président, je vais répondre à une autre question.»

Mais surtout, pendant cette conférence de presse, il a persisté à dire qu'il avait gagné, que cette élection était frauduleuse, et a comparé les États-Unis à un «pays du tiers-monde». Et, bien plus que ce que les médias ont voulu voir comme une concession, c'est ça qui ressort: Trump ne lâche rien, ne lâchera jamais rien. Petit roi shakespearien assis sur un trône ridicule, on le sent prêt à tout casser pour avoir gain de cause. Et on ne peut que frémir devant le potentiel tragique d'un tel déferlement de folie.

Le président Trump sait ce qui est tendance et ce qui ne l'est pas, contrairement à Twitter qui met en avant n'importe quoi.

«Twitter affiche des “Tendances” totalement fausses qui n'ont rien à voir avec ce qui est vraiment les tendances dans le monde. Ils les inventent, et uniquement des “trucs” négatifs. Il va arriver à Twitter la même chose qu'aux programmes de @FoxNews en journée. Et puis, grosse discrimination contre les conservateurs!»

D'ailleurs:

«Dans l'intérêt de la Sécurité Nationale, la Section 230 doit être immédiatement éliminée!!!»

(Rappel: la section 230 du Communications Decency Act dégage la responsabilité des fournisseurs de services internet et des usagers vis-à-vis du contenu de tiers qu'ils publient ou consultent. Elle permet aussi à ces fournisseurs de supprimer ou modérer certains contenus qu'ils estiment obscènes ou offensants, et c'est ce qui permet à Twitter de censurer certains tweets du président américain. Ceci dit, l'abrogation de la section 230 rendrait Twitter responsable des contenus publiés et inciterait la plateforme à en censurer davantage.)

Vendredi 27 novembre

Ce qu'il y a de bien avec Trump, c'est qu'on sait toujours à peu près quand il est devant sa télé et quelle chaîne il regarde. Aujourd'hui, rafale de tweets sur One America News Network, sa nouvelle chaîne favorite.

«REPORTAGE: le Discours de Thanksgiving de Biden n'a que 1.000 vues, un record de médiocrité. Les observateurs disent qu'un candidat avec “80.000.000” de voix devrait avoir plus de vues en ligne que ça. Les chiffres ne mentent pas, les comptes sont pas bons! @OANN»

(Le discours en question a eu des millions de vues.)

«GRANDE NOUVELLE: scrutateurs en Pennsylvanie: des clés USB téléchargées dans des machines ont accordé à Biden des milliers de voix. Disent que 47 clés USB manquent à l'appel. CHAQUE TÉLÉCHARGEMENT A DONNÉ 50.000 VOIX À BIDEN. @OANN»

(On ne peut s'empêcher de penser parfois qu'OANN ne diffuse ses programmes qu'à l'intention de Trump, et de personne d'autre.)

«Wow! Twitter bannit le très respecté sénateur de Pennsylvanie Doug Mastriano après qu'il a brillamment dirigé une audition sur la Fraude Électorale de 2020. Eux et les Fake News, en collusion, veulent RÉDUIRE LA VÉRITÉ AU SILENCE. On ne peut pas laisser faire ça. C'est ce que font les pays Communistes!»

Le compte du sénateur Mastriano a été temporairement suspendu après avoir dirigé l'audition de Gettysburg visant à amplifier les revendications de fraude électorale.

Une petite giclée de testostérone...

«Une armée toute neuve!»

... et ça repart.

«Big Tech et les Médias Fake News se sont alliés pour Censurer. La Liberté de la Presse a disparu, elle appartient au passé. C'est pour ça qu'ils refusent de rapporter les vrais faits et les chiffres de l'élection de 2020 ou même, où est Hunter!»

(Il s'agit bien sûr de Hunter Biden, fils du président élu, à qui Trump reproche d'être corrompu.)

Un peu de poésie animalière, avec la publication par le président d'une vidéo où l'on voit un lion encerclé, acculé par des hyènes... mais qui s'en sortira, car c'est lui le plus fort.

«Tant de vérité!»

(Vous l'avez, la subtile allégorie?)

«Biden ne pourra entrer à la Maison-Blanche en tant que Président que s'il peut prouver que ses ridicules “80.000.000 de voix” n'ont pas été obtenues de manière frauduleuse ou illégale. Quand on voit ce qui s'est passé à Détroit, Atlanta, Philadelphie & Milwaukee, une fraude électorale massive, il a un gros problème insoluble à régler!»

D'ailleurs, comme disait Pierre Dac ou Coluche, bref, un autre grand comique: quand on voit ce qu'on voit, qu'on entend ce qu'on entend et qu'on sait ce qu'on sait, on se dit qu'on a raison de penser ce qu'on pense.

Samedi 28 novembre

Aujourd'hui, golf et tweet.

«Les 1.126.940 bulletins ont été créés de toutes pièces. J'ai gagné la Pennsylvanie de loin, peut-être plus que personne ne le saura jamais. Les votes de Pennsylvanie ont été TRUQUÉS. Pareil dans tous les autres États-clés. Le monde nous regarde!»

«Ils ont tant de mérite les courageux hommes et femmes des parlements qui sont en train de défendre notre grande Constitution. Merci!»

(Traduction: en Pennsylvanie, des parlementaires républicains ont tenté de faire passer une résolution contestant la validité de la certification des résultats.)

Et parce qu'une bonne chaîne de télé est une chaîne trumpienne:

«@FoxNews en journée est pratiquement irregardable, surtout le week-end. Regardez @OANN, @newsmax ou presque n'importe quoi d'autre. Vous n'aurez pas à subir d'interminables interviews avec des Démocrates, et même pire!»

Puis les tweets se succèdent et se ressemblent:

«Le recomptage du Wisconsin n'est pas fait pour trouver des erreurs dans les comptes, mais pour trouver des gens qui ont voté de façon illégale, et cette affaire sera portée devant les tribunaux quand le recomptage sera fini, lundi ou mardi. Nous avons trouvé de nombreux bulletins illégaux. Restez connectés!»

«Des allégations spécifiques ont été faites, et nous avons des preuves massives, pour la Pennsylvanie. Certaines personnes ne veulent juste pas le voir. Ils ne veulent pas se mêler de sauver notre Pays. C'est triste!!!»

«Le nombre de bulletins que notre Campagne remet en question dans le cas de la Pennsylvanie est BIEN PLUS GRAND que la marge de 81.000 voix. Même pas de loin. Fraude et illégalité SONT une grande partie de l'affaire. Les documents sont en train d'être complétés. Nous ferons appel!»

Dimanche 29 novembre

Aujourd'hui, Trump donne sa première interview (par téléphone) depuis les élections, sur la chaîne Fox News, celle à qui hier encore il reprochait de faire des audiences pourries le week-end et de n'inviter que des Démocrates.

Il en tweete quelques extraits.

«Des morts ont voté. Pire encore, des morts ont demandé des bulletins par correspondance.»

«On n'a pas la liberté de la presse dans le pays. On a la censure par la presse. Ils censurent», dit Trump qui confond les réseaux sociaux dont il vient de parler et la presse.

«On a gagné l'élection facilement. Joe Biden n'a pas pu gagner 80 millions de voix! Je viens de le dire, ce n'est pas possible que Joe Biden ait battu Barack Obama au sein des communautés noires de plusieurs villes et qu'il ait eu de très mauvais scores par rapport à Obama dans d'autres villes des États-Unis. Ce n'est pas possible. Cette élection était une fraude. Une élection truquée.»

«J'ai sorti des vaccin... On s'en sort mieux que l'Europe [...] On s'en sort mieux que le reste du monde.»

Pas de preuves, pas de faits, mais du grain à moudre pour tous ses partisans et autres complotistes de comptoir:

«Nous avons de grandes choses qui se passent dans le cadre de nos divers litiges à propos de l'Arnaque Électorale. Tout le monde sait que c'était Truqué. Ils savent que Biden n'a pas eu plus de voix de la part de la communauté Noire qu'Obama, & n'a certainement pas eu 80.000.000 de voix. Regardez ce qu'il s'est passé à Détroit, Philadelphie, ailleurs!»

Soudain, un petit miracle, Trump se conduit comme un président normal face à un adversaire blessé (Biden s'est fracturé la cheville ce week-end):

«Bon rétablissement!»

Enfin Trump conclut cette semaine en postant une vidéo d'espoir: «Plus il y aura de gens pour vous dire que ce n'est pas possible, qu'on ne peut pas le faire, plus vous devez être déterminé à leur montrer qu'ils se trompent. Considérez le mot “impossible” comme un moteur.»

«AUCUNE CHANCE QUE NOUS AYONS PERDU CETTE ÉLECTION!»

Retrouvez l'actualité de l'élection présidentielle américaine chaque mercredi soir dans Trump 2020, le podcast d'analyse et de décryptage de Slate.fr en collaboration avec l'Ifri et TTSO.

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