Le pape peut-il déchoir un saint?
C'est peu probable, l'Eglise ne prévoit aucune procédure pour rouvrir le dossier d'un saint qui a officiellement été reconnu comme tel.
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L'Eglise catholique va peut-être reporter la béatification du pape Jean-Paul II. En effet, au sein de l'Eglise et en dehors, on enquête pour savoir si l'ancien souverain pontife a protégé des curés pédophiles et couvert leurs actes.
Parallèlement à ces investigations, un journal polonais affirme que la religieuse française que le défunt pape est censé avoir miraculeusement guérie d'une maladie de Parkinson souffrait en fait d'une maladie curable. D'autres soupçonnent tout simplement Sœur Marie-Simon-Pierre d'avoir créé tous ses symptômes dans sa tête. Si le pape Jean-Paul II fait l'objet d'une béatification ou d'une canonisation, et qu'on apprend ultérieurement qu'il s'était livré à des activités illégales ou que ses miracles étaient manifestement bidons, peut-il être déchu de son titre de sainteté?
C'est peu probable. L'Eglise catholique romaine ne prévoit aucune procédure pour rouvrir le dossier d'un saint qui a officiellement été reconnu comme tel. Si bien que celle ou celui qui parvient à figurer sur le canon (catalogue officiel des saints reconnus par l'Eglise catholique) y reste inscrit pour l'éternité.
«Décanonisation»?
La seule fois où l'Eglise a failli «rétrograder» un groupe de saints, c'est en 1969. Le pape Paul VI avait alors demandé à ce qu'on réexamine le cas de ceux qui avaient obtenu leur statut honorifique avant l'institution des procédures formelles de canonisation, au 13ème siècle. Auparavant, des évêques faisaient des milliers de saints sans consulter le souverain pontife. (En 1247, un groupe de cardinaux a constaté que les premiers saints étaient très peu à avoir acquis leur titre après examen du Vatican.) Après avoir étudié ces premiers cas, Paul VI a découvert que certains saints très anciens vénérés (y compris le très populaire Saint Christophe) n'avaient peut-être jamais existé. Ces personnages n'ont toutefois pas été «décanonisés»; le pape a simplement supprimé les fêtes religieuses célébrées en leur honneur.
Selon la doctrine de l'Eglise, la sainteté a un sens limité pour celles et ceux qui en sont honorés. L'acte de canonisation est indépendant de l'ultime destinée de l'âme d'un saint. Il garantit simplement, pour le bénéfice des humains ici-bas, que le défunt est avec Dieu. Ainsi, les catholiques du monde entier peuvent prier le saint et lui demander de s'adresser à Dieu de leur part. Par conséquent, quand bien même le pape annulerait une canonisation, le saint déchu ne serait pas arraché aux bras aimants de Dieu pour être jeté aux flammes. Même le pape n'a pas de ce pouvoir.
Infaillible
Le rapport de l'infaillibilité papale vis-à-vis de la canonisation est controversé. Cette doctrine s'applique quand le pape est à l'origine d'un décret solennel sur une question liée à la foi ou à la morale. La formule consacrée lorsqu'il s'agit de reconnaître un saint, «nous déclarons et définissons solennellement Saint/e», suggère une certaine infaillibilité. Pourtant, aucun dignitaire de l'Eglise n'a jamais tenu à l'évoquer. Thomas d'Aquin, par exemple, considérait la canonisation comme un acte infaillible (avant d'être lui-même déclaré saint). Cependant, la plupart des théologiens modernes croient que le pape pourrait retirer sa sainteté à un religieux sans mettre à mal la doctrine de l'Eglise.
Heureusement pour le Vatican, la vie de la plupart des saints est enfouie dans des siècles d'histoires et sous une kyrielle d'hagiographies débordant d'adoration. Les accusations embarrassantes sont donc celles qui surgissent avant l'acte de canonisation. (Par exemple, les accusations de faux miracles et d'abus sexuels ont poursuivi Padre Pio quelques années avant sa canonisation [2002]).
Il y a une exception notable à cette règle: en 1985, un journaliste italien a affirmé qu'une martyre du début du siècle du nom de Maria Goretti - canonisée en 1950 par le pape Pie XII, qui voulait honorer sa pureté sexuelle - était seulement une femme qui se faisait désirer et que Pi XII avait inventé cette histoire de vierge italienne innocente pour attiser le courroux des catholiques contre la force d'occupation américaine sexuellement libérée. Le corps du Vatican chargé d'examiner le cas des candidats à la canonisation a refusé de rouvrir ce dossier. La sainteté de Goretti n'a donc jamais été remise en cause. Au lieu de cela, le Vatican a convoqué un groupe d'ecclésiastiques indépendants, qui a conclu que ces accusations étaient fausses. De toute façon, ce comité n'avait pas vocation à donner son avis sur le bienfondé de la décision de canonisation. Il n'a du reste jamais envisagé de le faire.
Brian Palmer
Traduit par Micha Cziffra
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Photo: Jean-Paul II en 2003, REUTERS/Alessia Pierdomenico
Mis à jour le 11/04/2010 à 16h56










































Voilà encore un article qui, n'en doutons pas, va passionner les foules.
Permettez-moi, cependant de relever quelques erreurs : quand vous écrivez : "Heureusement pour le Vatican, la vie de la plupart des saints est enfouie dans des siècles d'histoires et sous une kyrielle d'hagiographies débordantes d'adoration", le mot "adoration" est très mal choisi, parce que jusqu'à plus ample informé, dans l'Eglise catholique on n'adore que Dieu. "Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement" dit le premier commandement de mon catéchisme, autant qu'il m'en souvienne.
Pour ce qui est de Maria Goretti, elle n'était pas une femme mais une enfant de douze ans qui a été tuée à coups de couteau par un jeune prédateur sexuel de ses voisins, ce qui fait qu'on ne peut pas dire que sa canonisation soit vraiment imméritée.
Et pour en terminer, je dirais que cette histoire de "décanonisation des saints" est parfaitement grotesque puisque l'Eglise considère que tous les catholiques morts dans la paix de Dieu sont saints, d'où leur fête célébrée le 1er novembre, le jour de la Toussaint. Pour "décanoniser" les saints il faudrait pouvoir prouver qu'ils ont été rejetés par Dieu, ce qui est impossible.
Votre premier lien ne marche pas. JPII n'a pas qu'un miracle non prouvé à son actif. Si celui-là est rejeté, d'autres prendraient les relais, ce qui ne mettrai pas en cause le processus. Pour les histoires de pédophilie, laissons l'enquête, mais au vu des dernières affaires, ou plutôt non-affaires résultant d'une propagande anti-cléricale, ne nous inquiétons pas trop.
Pour Padre Pio, Wikipédia ne mentionne pas les prétendues soupçons de pédophilie. Mais je suppose qu'une personne très atteinte physiquement toute sa vie, ascète mangeant un ersatz de repas par jour, confessant en moyenne plus de 16h par jour, convertissant un grand nombre de personnes par ses confessions, célébrant des messes de 5h, profondément humble, n'a pas ce genre d'horreur à son actif. Et ce genre de calomnies, ce n'est pas juste avant sa canonisation, c'est tout au long de sa vie qu'il a dû y faire face.
L'église et plus particulièrement les catholiques s'octroie des droits non pas en fonction de la religion mais en fonction d'une rivalité très ancienne entre la royauté et le clergé où est la légitimité du droit canon?
L'église émet ses propres lois "voté par les nantis" du clergé
J'ai toujours pensé que Jean-Paul II était sectaire car comme tout bon catho très en retrait des pb du monde malgré ses "grandes messes" avec la jeunesse.
Les pb actuels montrent que l'église savait mais couvrait, alors qu'elle devrait être aujourd'hui assise devant un tribunal de la République sauf que nos politiques sont frileux
L'église a besoin pour exister de fabriquer un saint, question de marketing car la religion traditionnelle perd de plus en plus d'adeptes.
Ces gens se situent au-dessus des lois.. De quel droit? Simplement parce qu'ils ont des millions de personnes qui les suivent? Ça ne me parait ni suffisant ni légitime.
Il est évident qu'on ne DÉcanonise pas comme on ne reconnait les travers et perversions de ses ministres....
Omerta oblige!
Décidement, quand une religion est dans le décor, tout va de travers...
Les religions traditionnelles perdent des points, en effet; mais les adeptes continuent, pour la plupart, a vouloir croire en quelque chose, ils se replient sur d'autres. voir le succès des sectes nouvelles, enfin nouvelles par rapport à l'ancienneté du christianisme, islamisme, judaisme... Les préceptes paraissent différents mais en fouillant un peu, les fondements sont similaires: croyance en une ou plusieurs divinités, éventuellement extraterrestres et obligation pour le croyant d'adopter un mode de pensée et un mode de vie conforme à la doctrine.
Restriction de la liberté de pensée et des libertés individuelles sont les deux mamelles de ces mascarades.
Excusez ma méconnaissance de ce site, je suis nouveau!
Je répondais à MAYOMBE et pensais que mon commentaire s'afficherait directement en dessous du sien.
Voilà pour éviter toute incompréhension.