Société

Cette année encore plus que les autres, l'esprit de Noël doit être au rendez-vous

Temps de lecture : 4 min

Voici un guide pour trier les jouets dont vos enfants n'ont plus l'utilité et les donner à ceux chez qui le sapin brillera moins.

De nombreuses structures ont dû mettre leur activité de collecte entre parenthèses à cause du confinement, mais il existe plein d'autres possibilités de donner. | Kira auf der Heide via Unsplash
De nombreuses structures ont dû mettre leur activité de collecte entre parenthèses à cause du confinement, mais il existe plein d'autres possibilités de donner. | Kira auf der Heide via Unsplash

On ne va pas se mentir, ce Noël est parti pour être étonnamment bizarre, si ce n'est étrangement saugrenu. Et pas seulement pour des raisons de restrictions du cercle familial mais également, pour beaucoup, à cause de restrictions financières. Alors ce week-end, si vous ne saviez pas quoi faire, vous pouvez faire du tri. Ne faites pas comme moi qui, chaque année, me lance dans le tri des jouets à donner le 12 décembre et découvre qu'il aurait fallu s'y prendre un mois plus tôt. Et vous pouvez bien sûr donner autre chose que des jouets.

Stratégies du tri

Concernant le déroulement de l'opération tri, on sait qu'il dépend en grande partie de l'âge de l'enfant. Avant 5 ans, n'ayez aucune culpabilité à trier sans l'enfant voire carrément, disons-le tout net, derrière son dos. Vous enlevez les trucs cassés sur lesquels il n'a pas posé les yeux depuis six mois. (Personnellement, traumatisée par la mémoire éléphantesque de ma progéniture, j'étais obligée de passer d'abord les merdouilles dans un sas. Un endroit caché de la maison où la merdouille reposait quelques mois histoire d'être certaine qu'ils l'avaient bel et bien oubliée. Un jour, totalement par hasard, ils ont découvert la planque secrète aux jouets pétés. Vous n'imaginez pas leur surexcitation et mon désarroi.)

Enlevez ce dont vous souhaitez absolument vous débarrasser, mais gardez-lui un tri à faire ensemble. Trier et jeter, ça s'apprend. Et puis, si ça se trouve, l'enfant va vous surprendre et décider de donner certaines choses. À partir de 8 ans, vous pouvez vous contenter de les accompagner dans le tri. Vous aurez noté un trou temporel. Entre 5 et 8 ans, à mon avis, avec certains, c'est foutu. Non seulement le moindre bras de bonhomme Lego devient la chose la plus précieuse de l'espace intergalactique, mais en plus ils savent exactement ce qu'ils possèdent. Vous voyez Rain Man avec la boîte d'allumettes? C'est mon fils à 6 ans devant sa boîte de Lego. Aux alentours de 8 ans, ils ont une conscience politique qui s'affirme un peu, ils savent qu'on va donner à d'autres enfants et, a priori, ils ont envie de faire plaisir.

À noter que le plus simple à trier, ça reste les déguisements. Question de taille, rien à négocier. S'ils sont en bon état, on peut les donner, et avec les accessoires c'est encore mieux. Et enfin, il y a les livres. Là aussi, il y a une question d'âge qui permet de faire le tri. Alors, ok, à Noël, ça fait peut-être moins briller les yeux qu'un jouet qui fait pouic-pouic, mais il ne faut jamais sous-estimer l'impact de long terme des livres. Ce sont des cadeaux de marathonien, ils développent leur puissance plus tard.

De multiples possibilités pour donner

Une fois l'opération tri menée à terme, que faire? Bien sûr, confinement oblige, cette année tout est moins simple. De nombreuses structures ont dû mettre leur activité de collecte entre parenthèses pour le moment. Mais après vérification, voici quelques possibilités.

Vous pouvez contacter la structure du Secours populaire la plus proche de chez vous pour les dons d'objets, vêtements, jouets.

Vous pouvez également passer par Ecosystem qui récupère les jouets et les redonne à d'autres associations comme Emmaüs. (Intéressant: ils prennent les jeux électroniques/électriques pour tenter de les réparer.) Attention: c'est du 21 au 29 novembre.

En Île-de-France, il y a aussi l'association Rejoué dont j'ai déjà parlé. On ne donne pas les jouets pour d'autres enfants, on les donne puis l'association les vend d'occasion. Elle emploie des publics en insertion. Donc vous pouvez y donner et y acheter des jouets d'occasion. Important à savoir: leurs boutiques fonctionnent en click and collect. Mais surtout, Rejoué propose une solution très simple: vous pouvez déposer vos jouets à donner dans des bacs prévus dans les Monoprix. C'est du 2 au 14 décembre, et la liste des Monoprix participants est là.

Comme tous les ans, vous pouvez également apporter les jouets dans les agences immobilières du réseau Century 21 pendant tout le mois de novembre.

Et puis, quand on ira acheter des jouets, pour ceux qui peuvent se le permettre, pourquoi ne pas en prendre un en plus? Acheter deux toupies Beyblade Burst Turbo Excalibur à la place d'une pour l'offrir. Ou un jeu de 7 familles. Un jeu de Piou Piou. Une voiture. Un paquet de cartes Pokémon. Une peluche. Que sais-je.

Et bien sûr, vous pouvez demander à votre mairie qui doit avoir à disposition les adresses des associations auxquelles donner.

Dans un autre genre, j'ai récemment découvert l'appli Geev qui propose de donner à des particuliers autour de chez vous, ça concerne tout (vêtements, objets, jouets, livres), et je me dis qu'avant Noël, ça peut valoir le coup de s'en servir.

Bien sûr, on peut aussi donner du temps. Vous pouvez trouver des pistes pour faire du bénévolat –même ponctuel ou de courte durée– ici. Et sinon, on le sait: le nerf de la guerre, c'est et ça reste le pognon. On peut donner de l'argent à une association. On peut même donner nos titres-restaurant ou nos chèques-vacances.

Il y a quelques années, il y avait eu la mode des calendriers de l'Avent inversés. Le principe était séduisant:

Plutôt que de recevoir, donner à quelqu'un qui en a besoin. Mais je vous conseille cet excellent article qui explique que ce n'est pas toujours une bonne idée. Comment approcher une personne que vous ne connaissez pas pour lui donner votre boîte? Bref, comme le suggère ce papier, on peut aussi simplement demander aux enfants s'ils ont une idée de quelque chose qu'ils pourraient faire pour aider quelqu'un ou lui faire plaisir. Rien que de leur poser la question peut ouvrir le champ des possibles.

Ils vont sans doute penser à des gens de leur famille, peut-être à celles et ceux dont ils se disent qu'ils souffrent le plus du confinement. Ils vont sans doute vouloir faire un dessin, écrire une lettre, préparer un gâteau, faire des photos rigolotes. (On peut aussi envisager d'adapter ce calendrier de l'Avent de la classe qui me plaît bien.) Rien d'incroyable, mais ne serait-ce que prendre le temps de se demander ce qu'ils peuvent faire pour autrui, c'est déjà l'esprit de Noël.

Je suis d'ordinaire très sensible à l'esprit de Noël, mais avec le contexte actuel, je crois qu'on en a encore plus besoin. On a besoin de dessins, de chansons, de choses gentilles et de pulls moches.

Ce texte est paru dans la newsletter hebdomadaire de Titiou Lecoq.

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