Culture

«The Crown», saison 4: le récap épisode par épisode

Temps de lecture : 15 min

[ATTENTION SPOILERS] Au programme: Lady Di en confinement, Thatcher en plein bizutage, et la métamorphose de Charles en grand méchant de l'histoire.

Ce moment qu'on attendait tant. | Capture d'écran via YouTube
Ce moment qu'on attendait tant. | Capture d'écran via YouTube

La série de Peter Morgan amorce un vrai retour en forme après une troisième saison un peu décevante. Cette excellente saison 4 couvre l'arrivée de Diana, interprétée à la perfection par Emma Corrin, ainsi que les années Thatcher et la relation tendue entre la Première ministre et la reine. Évidemment, on a notre mot à dire. Notre résumé, épisode par épisode.

Épisode 1: «Gold stick»

La saison démarre très fort, avec un parallèle entre la parade de la famille royale et les revendications des indépendantistes irlandais. Avant même que le générique ne démarre, les deux thèmes de l'épisode sont établis: l'assassinat par l'IRA de Lord Mountbatten, le grand-oncle et père de substitution de Charles, et l'arrivée de Diana dans la famille royale.

Contrairement à ce que cette scène d'ouverture pourrait laisser croire, les tensions entre le pouvoir et l'IRA ne seront jamais évoquées au-delà de cet épisode. Mais la mort de Mountbatten est surtout là pour explorer un peu plus les daddy issues de Charles, et surtout, pour expliquer l'intérêt du prince pour Diana. La dernière lettre de Mountbatten lui conseillait ainsi de se marier à une gentille fille qui ne ferait pas de vagues… On se demande comment ça va finir!!! (PS: à notre connaissance, cette lettre n'a jamais existé, mais il fallait bien trouver un truc pour lier les deux intrigues.)

La rencontre entre Charles et Diana, d'ailleurs, est impeccablement mise en scène (bien que totalement, 100000% fausse). Alors que Charles rend visite à une de ses vingt-huit petites amies, Sarah Spencer, il croise Diana, la petite sœur de cette dernière. Elle est timide, charmante, déguisée en arbre (ne nous demandez pas pourquoi): le destin est en marche. C'est une entrée en matière pleine d'anticipation et de tension, qui établit tout de suite la place centrale de la jeune femme, son aura mystérieuse et son goût pour le spectacle. Savourez ce moment, parce que les scènes où Charles est sympa avec elle vont se faire de plus en plus rares.

Quand tu veux éviter les contrôles au parc parce que c'est à plus d'un kilomètre de chez toi. | Capture d'écran Netflix

Mais cet épisode, c'est aussi l'entrée en scène de Gillian Anderson dans le rôle de Margaret Thatcher. On a d'ailleurs droit à un moment méta où la future dame de fer entre dans son rôle de Première ministre en pratiquant un discours face à son miroir, tout comme Gillian Anderson entre dans le rôle de Thatcher. The Crown adore les clins d'œil symboliques, et s'ils ont parfois tendance à être lourds, celui-ci fonctionne très bien. C'est aussi l'occasion de découvrir que Maggie Thatcher est… hyper gênante.

Thatcher elle était déléguée de classe en 6e, c'est sûr. | Capture d'écran Netflix

Un très très bon démarrage pour la saison.

Épisode 2: «The Balmoral Test»

Il y a tout dans ce petit bijou d'épisode: une métaphore animalière, un bizutage de haut vol, des jeux à boire, des paysages écossais, une princesse Margaret délicieusement mesquine et plein de scènes avec Diana!

L'épisode se déroule principalement à Balmoral, la résidence écossaise de la reine, où Margaret Thatcher, puis Diana, doivent passer une série de tests officieux imposés par la famille royale à ses invité·es.

Thatcher se fait donc allègrement bizuter par les Windsor dans un choc des cultures assez jouissif à regarder. Le mépris de classe pratiqué par l'entourage de la reine atteint des niveaux olympiques, mais il faut dire que la Première ministre est aussi une énorme reloue. Elle a l'air au bord de la crise d'apoplexie quand on lui propose de participer à des jeux de groupe, elle ne pense qu'au travail, déteste la nature, les jours fériés et même les Highland Games! Franchement, on veut bien qu'elle ait du mal avec la famille royale, mais comment ne pas apprécier la vue d'hommes en kilt qui lancent des troncs d'arbres en l'air?!

Quand t'as pété mais que t'essaies de faire croire que c'est pas toi. | Capture d'écran Netflix

Diana, par contre, s'intègre immédiatement dans le groupe. Elle a grandi dans cet univers et en connaît les codes. Elle, elle a emmené des chaussures de marche, elle ne s'assiérait jamais dans la chaise de Victoria, elle joue hyper bien à ibble dibble, et elle peut même peindre en mille couleurs l'air du vent (ou, en tout cas, reconnaître sa direction en regardant les nuages). Du coup, toute la famille royale est sous le charme, surtout Philip qu'elle a su brosser dans le sens du poil, et son mariage avec Charles est désormais inévitable (Diana, fuis tant qu'il est encore temps!!!).

Tout au long de l'épisode, on suit aussi un cerf blessé que la famille royale veut tuer pour abréger ses souffrances. Mais que symbolise le cerf? La monarchie en souffrance qui boîte en attendant d'être achevée? Ou bien Diana, créature innocente qui finira traquée et sacrifiée?

Épisode 3: «Fairytale»

Comme son nom l'indique, Fairytale raconte le mariage féérique entre Diana et Charles, qui vécurent heureux jusqu'à la fin des temps. Non, on déconne. Dès cet épisode, la relation entre la future princesse et le prince de Galles se corse, très sérieusement. Ça commence déjà mal lorsque Diana débarque à une soirée «distanciation sociale» à Buckingham Palace:

On dirait Eyes Wide Shut mais en beaucoup moins coquin. | Capture d'écran Netflix

La jeune Diana, qui ne connaît pas encore bien les règles de la royauté, se fait humilier lorsqu'elle se trompe dans l'ordre des personnes à qui elle doit faire la courbette. Et le cauchemar ne fait que commencer. Charles l'abandonne aussitôt pour une tournée à l'étranger, et notre future princesse se retrouve seule, sans aucune nouvelle de lui, condamnée à des leçons de bienséance avec son affreuse grand-mère, ainsi que des cours de ballet et des sessions patin à roulettes dans les couloirs du palais… C'est là qu'on se dit que le confinement à Buckingham Palace, ça doit être plutôt sympa en fait.

Plus tard, Diana est forcée de déjeuner avec Camilla, la maîtresse de son mec, dans un restaurant nommé… Ménage à trois. Vous l'avez???

Franchement, ça paraît un peu gros –c'est comme si Diana se mettait à lire un livre intitulé Mariages condamnés ou Destins tragiques au milieu de la saison. Pourtant, il paraît que le restaurant où Camilla et Diana se sont retrouvées portait bien ce nom. Parfois, l'histoire est vraiment cruelle.

C'est aussi à partir de cet épisode que la série nous montre pour la première fois les crises de boulimie de Diana, qu'elle a elle-même évoquées dans la presse quelques années plus tard. Un sujet délicat mais important à aborder qui va devenir récurrent dans le reste de la saison.

Épisode 4: «Favourites»

Mark, le fils préféré de Margaret Thatcher, ne sait pas utiliser une boussole et se perd donc dans le Sahara en plein Paris-Dakar. La Première ministre est tellement bouleversée qu'elle déclenche une guerre avec l'Argentine. C'est en tout cas ce que cet épisode essaie de nous faire croire –en réalité, les deux événements ont eu lieu à plusieurs mois d'écart. The Crown aime bien s'arranger avec l'Histoire pour servir ses thématiques narratives et on a droit ici à l'un des exemples les plus agaçants. Non seulement rien ne laisse penser que les décisions de Thatcher au sujet des Malouines aient été influencées par la disparition passagère de son fils, mais sous-entendre qu'elles l'ont été est un poil sexiste.

Mais la meilleure intrigue de cet épisode se déroule du côté de la famille royale. Choquée d'apprendre que Thatcher a un enfant préféré, la reine s'attèle à trouver quel est le sien. Elle fait donc une tournée de sa progéniture, en organisant un déjeuner avec chacun. Un excellent procédé narratif pour explorer la relation de la souveraine avec ses enfants et les personnalités de chacun·e: Edward est un énorme snob avec des petites tendances tyranniques, Anne n'a pas le temps pour ces conneries, et Charles adore vraiment les plantes.

Quand tu pensais que t'étais un rebelle parce que t'écoutais Nirvana au lycée. | Capture d'écran Netflix

C'est Andrew son préféré, et on comprend vite pourquoi: un poil insolent, il a une relation chaleureuse et décomplexée avec sa mère. Le seul truc très gênant pour les scénaristes de la série, évidemment, c'est que depuis quelques années, Andrew est mêlé à une affaire de trafic pédophile à travers son ami de longue date, Jeffrey Epstein. La série fait une allusion indirecte à ce scandale avec la liaison de l'époque entre Andrew et une actrice américaine, Koo Stark. Le prince raconte à sa mère, horrifiée, l'intrigue du film érotique qui a rendu l'actrice célèbre: l'histoire d'une adolescente de 17 ans «initiée» au sexe par des hommes beaucoup plus âgés. Tiens, tiens, les scénaristes essaient-ils de nous dire quelque chose?

Épisode 5: «Fagan»

Cet épisode s'intéresse à un fait divers plutôt croustillant: la fois où un homme dénommé Michael Fagan est entré par effraction dans Buckingham Palace. Tout, ou presque, est vrai dans l'épisode. Lors de sa première «visite», Fagan se serait effectivement assis sur le trône et aurait bu une demi-bouteille de vin. Et lors de sa deuxième effraction, il s'est vraiment coupé la main en cassant un cendrier. Par contre, grosse surprise, lui et la reine n'ont pas eu la longue conversation qu'on voit dans la série: la reine est tout de suite allée chercher de l'aide.

Quand tu te réveilles et que tu te rends compte qu'on est encore en 2020. | Capture d'écran Netflix

The Crown nous montre une fois de plus son vilain défaut, qui consiste à utiliser les destins de personnes ordinaires pour souligner le malheur ou la générosité de la famille royale. Une façon de dire: «Regardez, la reine est super sympa avec les pauvres!»

Épisode 6: «Terra Nullius»

Dans cet épisode, Diana sauve la monarchie! Elle et Charles partent en voyage officiel en Océanie, alors que Bob Hawke, un républicain, vient d'être élu Premier ministre de l'Australie. Diana a l'air aussi enthousiasmée par ce séjour que nous par une épilation du maillot. Elle réussit quand même à imposer le fait que William, encore bébé, soit du voyage, ce qui ne réjouit pas tout le monde, surtout pas le secrétaire démoniaque de Charles. Diana essaie de lui expliquer qu'un bébé ça a besoin d'amour, mais le mec, qui a l'air d'avoir autant d'empathie qu'Hannibal Lecter, n'est pas du tout réceptif.

Le couple princier ne va d'ailleurs pas fort. Charles se comporte de plus en plus comme un gros trouduc et Diana souffre toujours de crises de boulimie (la série ne nous épargne d'ailleurs aucun détail, dans des scènes d'une violence de plus en plus gratuite). Le voyage commence très mal, jusqu'à ce que le couple se retrouve seul avec bébé Will dans une ferme australienne. Diana, que tout le monde veut faire passer pour folle, rappelle quand même à son mari qu'il la trompe quasi ouvertement depuis leurs fiançailles.

Touché par sa franchise, ce dernier lui répond qu'il a juste un peu besoin d'amour (Charles, c'est le fuckboy qu'on regrette toutes d'avoir aimé quand on avait 15 ans). Au final, Charles dit à Diana qu'il l'aime (on a franchement du mal à y croire, mais ok), et la princesse, qui a vraiment le pardon facile, se met enfin à sourire. Du coup, elle devient hyper populaire, les Australien·nes oublient leur rêve de République, et le futur du Commonwealth est sauvé. L'histoire selon The Crown, c'est quand même magique.

Le seul souci, c'est que Charles est l'être le plus complexé et en manque d'attention de la planète (en même temps, vu ses parents, on peut le comprendre). C'est ce qui le rendait touchant dans la saison précédente, mais fait de lui un mari détestable dans ces nouveaux épisodes. Charles devient très vite jaloux de la popularité de sa femme, et a tellement le seum qu'il en tombe de son cheval lors d'un match de polo. À son retour d'Australie, Diana va voir la reine pour lui demander son soutien. Elizabeth est aussi chaleureuse qu'une chambre mortuaire et dans une des scènes les plus gênantes de la série, Diana l'enlace dans un câlin forcé interminable. C'est terrible. On a envie de s'enterrer six pieds sous terre. Pauvre Diana.

Si y a un truc pour lequel on peut remercier le Covid, c'est qu'il nous épargne ce genre de scènes. | Capture d'écran Netflix

Épisode 7: «The Hereditary Principle»

Cet épisode s'aventure sur un territoire jusqu'alors jamais exploré dans The Crown: la dépression de la princesse Margaret… Oh, wait. Donc pour changer, Margaret déprime. Même ses séjours sur son île privée préférée ne lui remontent pas le moral, à tel point qu'elle finit par aller voir une psy, à contrecœur. C'est grâce à ce ressort scénaristique tout pété que la princesse apprend qu'elle a plusieurs cousines handicapées mentales, qui ont été déclarées mortes et cachées dans un asile depuis des années (cette famille est vraiment pire que les Lannister et les Borgia réunis).

L'épisode fait durer le suspense le plus longtemps possible avant cette révélation, avec un montage qui alterne entre le quotidien de Margaret et des images d'un asile psychiatrique qui semblent n'avoir aucun lien avec le reste de l'intrigue. Mais encore une fois, le sort vraiment tragique de Nerissa et Katherine Bowes-Lyon est surtout utilisé pour souligner le malheur de Margaret, qui, elle aussi, est une sorte de marginale qui se sent rejetée par sa famille parce qu'elle ne rentre pas parfaitement dans les cases. Les scénaristes ne reculent décidément devant rien pour nous faire pleurer sur le sort de la famille la plus privilégiée d'Europe.

On n'avait pas vu autant de culot depuis le fameux «les masques, ça sert à rien» du printemps dernier. Ah, et petit point bullshitomètre: Margaret, selon toute vraisemblance, n'est jamais partie en mission espionnage pour enquêter sur le sort de ses cousines.

Épisode 8: «48:1»

Probablement l'épisode le plus chiant de toute la saison (on aurait dû s'en douter avec son titre qui évoque les heures les plus sombres de nos cours de maths). Déso, mais les tensions politiques molles du genou entre la reine et Thatcher, ça ne nous tient pas particulièrement en haleine.

L'épisode s'ouvre sur une apparition surprise de Claire Foy (!!!). La scène ne sert pas à grand-chose, mais ça fait toujours plaisir de revoir notre reine préférée dans ses jeunes années. L'intrigue de ce chapitre tourne autour des désaccords entre Elizabeth et sa Première ministre, qui refuse de mettre en place des sanctions contre le régime de l'Apartheid de l'Afrique du Sud, malgré les pressions de la monarque et des autres États du Commonwealth.

Thatcher, qui n'a pas peur des contradictions, dit d'ailleurs à ses conseillers qu'elle déteste le Commonwealth, tout en cuisinant du kedgeree, un plat d'origine indienne. On a ensuite droit à tout un cirque autour d'un mot (UN mot) dans une déclaration. Thatcher pouvait pas ouvrir un dico des synonymes et proposer une solution elle-même, sérieux? Et où est Sam Seaborne quand on a besoin de lui?

Le gouvernement Macron à chaque fois qu'on lui propose une mesure sociale de gauche. | Capture d'écran Netflix

Pendant ce temps, Andrew est sur le point de se marier avec Sarah Ferguson, qu'on apercevra juste deux fois dans toute la saison. Justice pour Fergie! On espère que la série couvrira ses aventures, surtout la fois où un millionnaire texan lui a sucé les doigts de pied, dans la prochaine saison. Mais le vrai héros de l'épisode, c'est Michael, l'attaché de presse de la reine, soldat fidèle sacrifié à l'autel de la monarchie. Franchement, ça nous a brisé le cœur de le voir quitter le palais avec son carton sous le bras. La famille royale ne te méritait pas, Michael.

Épisode 9: «Avalanche»

Comme son titre l'indique, cet épisode se focalise sur l'effondrement catastrophique du mariage de Charles et Diana…. Mais aussi, littéralement, sur une avalanche!

Avant de partir au ski, Charles et Diana semblent plus ou moins bien s'entendre. Lors de l'anniversaire du prince, ils vont à l'opéra pour assister à une sorte de compilation des plus grands opéras et ballets de tous les temps (les soirées d'anniversaire de riches, c'est quand même quelque chose).

À un moment, Diana s'éclipse, et apparaît quelques minutes plus tard… sur scène, pour un numéro de danse tout à fait charmant et légèrement affriolant… Ce qui met Charles dans une rage folle. Bref, Diana nous a fait un Zou bisou, et comme Megan dans Mad Men, elle a fait l'énorme erreur de rappeler à son mari, de manière très publique, qu'elle est plus jeune, plus sexy et plus fun que lui. Un vrai royal faux-pas!!! (Au fait, Diana a vraiment fait ça, mais ça n'était apparemment pas l'anniversaire de Charles, juste un gala de Noël.)

Quand c'est TON anniversaire et pas celui de ta mère. | Capture d'écran Netflix

Comme si ça ne suffisait pas, peu de temps après, Charles manque d'être englouti sous une avalanche lors d'un week-end au ski. Encore une fois, on pourrait dire que le symbolisme est un peu gros, mais ça s'est vraiment produit. Le prince en sort indemne, mais perd son ami Hugh Lindsay dans la catastrophe.

Si on en croit la série, c'est aussi à cette occasion qu'il réalise qu'il ne peut plus vivre sans Camilla et que son mariage doit cesser. Du côté de Buckingham, la reine, qui a clairement la flemme de s'occuper des histoires de cœur de son fils, organise malgré tout une thérapie de couple d'urgence. Charles est sur le point de larguer Diana devant ses parents (le goujat), mais celle-ci lui coupe l'herbe sous le pied et réaffirme sa volonté de faire des efforts pour que leur couple survive. On n'a jamais vu un homme aussi malheureux d'être aimé.

Quand tout le monde aime ta femme mais, que toi, tu l'aimes pas. | Capture d'écran Netflix

Comme nous le 2 janvier, les jeunes marié·es abandonnent rapidement leurs bonnes résolutions, et après un échange de cadeaux particulièrement gênant, le couple est plus distant que jamais. Non seulement, Charles se moque cruellement avec Anne de la cassette que Diana a enregistrée pour lui à l'occasion de leur anniversaire de mariage, mais en plus, il esquive ses appels pendant tout le reste de l'épisode. C'est officiel, Charles est enfin devenu un des pires personnages de la série, juste en dessous de celui qui était littéralement un nazi.

Épisode 10: «War»

Cette saison a un peu été le Star Wars: La Revanche des Sith de The Crown: la transformation d'un des personnages les plus sympathiques de la série, Charles, en grand méchant. Du début à la fin de ce dernier chapitre, le prince de Galles se comporte en effet comme une Grosse Merde (appellation d'origine contrôlée).

Après avoir poussé Diana dans les bras de son amant en l'isolant le plus possible, il va se plaindre à sa mère pour la convaincre de donner son accord à une séparation. Heureusement, Philip interrompt ses complaintes insupportables d'un simple «shh» (ce moment = notre nouveau kink) parce qu'il préfère regarder Thatcher se faire trahir par ses collaborateurs à la télé que d'écouter son fils. On ne s'est jamais autant identifiées au prince Philip –qui, d'ailleurs, aura été réjouissant durant cette saison.

C'est l'autre arc narratif de cet épisode: après onze ans au pouvoir, Thatcher quitte Downing Street. Du coup, pendant toutes ses scènes, elle passe son temps à essayer de ne pas fondre en larmes –on dirait nous quand on regarde Grey's Anatomy, le premier jour de nos règles. Mais on ne va pas s'attarder sur Thatcher, parce que, soyons honnêtes, on s'en fout. Nous, ce qu'on veut, c'est Diana!! La princesse part en voyage solo à New York et c'est un énorme succès, malgré toutes les prédictions de l'entourage de Charles qui essaie de plus en plus de la faire passer pour une hystérique intenable en public.

En voyant ça, Camilla se dit qu'elle ne pourra jamais rivaliser (on confirme) et Charles, pour changer, est hyper jaloux et tape une crise à sa femme à son retour. En plus d'être un gros trou de balle, c'est un très mauvais stratège, puisqu'il dit carrément à Diana comment faire du mal à Camilla: en continuant d'être ultra populaire. Nous, on serait Diana, on ferait tout pour devenir la personnalité la plus adorée de tous les temps. Oh, wait! C'est exactement ce qu'il va se passer! On a tellement hâte de voir Elizabeth Debicki mettre le feu à la famille royale dans la prochaine saison.

Observations en vrac

Genre Philip, il connaît Billy Joel.

La famille royale se fait des cadeaux d'anniversaire hyper chelous quand même:

Nous, quand on sort dans la rue sans notre attestation:

La méthode actor's studio de Gillian Anderson: sucer des pastilles Ricola en permanence pour reproduire l'air constipé de Thatcher.

Le plus triste dans cette saison c'est qu'on n'a eu droit qu'à une seule scène de Tywin Lannister en marinière.

Dites donc, Charles aime vraiment beaucoup les plantes.

Quand Raoult nous assure que «la deuxième vague n'existe pas».

Il faudrait faire un spin-off sur le kilt de Philip.

Nous, quand on parle des scénaristes de The Crown:

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