Égalités

Le plus célèbre dictionnaire anglais se débarrasse de ses définitions sexistes

Temps de lecture : 2 min

Les dictionnaires Oxford seront plus inclusifs et moins misogynes.

LEGENDE | selfthy via Flickr CC License by
LEGENDE | selfthy via Flickr CC License by

Les Presses Universitaires d'Oxford viennent de modifier plusieurs définitions dans leurs différents dictionnaires avec pour objectif d'en gommer toute forme de discrimination, notamment sexiste ou homophobe. Dans les anciennes versions, on lisait par exemple que le mot «femme» pouvait désigner «l'épouse d'un homme, sa petite amie ou son amante». Dans cette définition, le mot «homme» a été remplacé par «personne» afin de sortir du champ hétérosexuel.

Une modification similaire a d'ailleurs été apportée à la définition du mot «homme». De façon plus large, de nombreux termes liés à l'orientation sexuelle et à l'activité sexuelle ont été revus et corrigés, explique The Guardian. Les Presses Universitaires d'Oxford ont tenté de chasser toute définition pouvant être «désobligeante», «grossière» ou «datée», indiquent ses porte-parole.

L'an dernier, les dictionnaires Oxford avaient fait l'objet d'une pétition visant à demander la modification de l'entrée «femme», pour laquelle étaient proposés comme synonymes les mots «bitch», «bint» ou encore «wench» (que l'on peut respectivement traduire par «garce», «nana» et «servante», même si d'autres traductions plus grossières existent également).

Certains exemples accompagnant des définitions pour les illustrer ont également été modifiés, les femmes y étant régulièrement sexualisées ou présentées commes les subordonnées des hommes.

À l'origine de la pétition, qui avait récolté plus de 30.000 signatures, Maria Beatrice Giovanardi a réagi en se disant «très heureuse» des modifications apportées, affirmant que 90% de ses objectifs étaient atteints. Elle est notamment revenue sur l'aspect plus inclusif de certaines définitions, qui marquent «un immense pas en avant pour les personnes LGBT+». «Cela respecte leurs amours et leurs relations», a ajouté la militante.

Encore des progrès à faire

Maria Beatrice Giovanardi regrette cependant que le mot «bitch» , qui désigne une «femme malveillante, désagréable ou impopulaire», soit encore proposé comme synonyme du mot «femme», même s'il est désormais indiqué que ce mot «bitch» est considéré comme «grossier».

En comparaison, elle explique que le mot «dickhead» (qu'on vous laisse traduire), qui fait référence à «un homme stupide, irritant ou ridicule» et est accompagné de la mention «argot vulgaire», n'est pas proposé dans la liste des synonymes du mot «homme».

Aux Presse Universitaires d'Oxford, on rétorque que les dictionnaires «reflètent la façon dont le langage est utilisé, plus qu'ils ne l'édictent», et que ces choix sont simplement fidèles à la façon dont la langue anglaise est utilisée au quotidien: «De par notre approche éditioriale indépendante, nos dictionnaires proposent une vision précise de la langue anglaise, même lorsque cela implique d'intégrer des emplois de mots qui soient grossiers ou désobligeants, et que nous n'utiliserions pas nous-mêmes.»

Chez Oxford, on ne compte de toute façon pas s'arrêter en si bon chemin: la maison d'édition travaille actuellement sur la façon d'être à la page au niveau des questions raciales. Des comités de réflexion se penchent également sur des mots comme «they» (dont la traduction de base est «ils» ou «elles»), utilisé depuis des années pour désigner les personnes non-binaires lorsqu'elle ne souhaitent utiliser ni «il» ni «elle».

Newsletters

Les agressions contre les Asiatiques, dramatique confirmation d'un racisme amplifié par le Covid

Les agressions contre les Asiatiques, dramatique confirmation d'un racisme amplifié par le Covid

Avec le virus, les communautés asiatiques sont passées du statut de «minorité modèle» à celui de menace envahissante.

Comme les femmes, les filles aussi peuvent être victimes de violences conjugales

Comme les femmes, les filles aussi peuvent être victimes de violences conjugales

Des sales cons, on peut en rencontrer toute notre vie, même au début.

Assumer socialement la transidentité, une épreuve aussi pour le conjoint et l'enfant

Assumer socialement la transidentité, une épreuve aussi pour le conjoint et l'enfant

Le poids des préjugés sociaux joue encore un rôle prégnant dans l'acception de la transition d'un membre de la famille.

Newsletters