Monde

Les États-Unis viennent d'élire leur première candidate QAnon au Congrès

Temps de lecture : 2 min

Marjorie Taylor Greene a remporté l'élection dans le 14e district de Géorgie.

La candidate Marjorie Taylor Greene à Dallas, en Géorgie, le 15 octobre 2020. | Dustin Chambers / Getty images North America / Getty images via AFP
La candidate Marjorie Taylor Greene à Dallas, en Géorgie, le 15 octobre 2020. | Dustin Chambers / Getty images North America / Getty images via AFP

Sans surprise, Marjorie Taylor Greene est devenue la première candidate adepte de QAnon à être élue au Congrès américain, dans la nuit du 3 au 4 novembre 2020. La candidate républicaine a facilement remporté l'élection pour le poste d'élue à la Chambre des représentants dans le 14e district de Géorgie, où son adversaire, le Démocrate Kevin Van Ausdal, avait jeté l'éponge en septembre après trente-et-un jours de campagne. Quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote, sa victoire a été annoncée.

QAnon, c'est une théorie conspirationniste qui, comme l'explique Le Monde, «dessine l'image d'une Amérique contrôlée secrètement par une cabale, composée d'agents du “deep state”, de pédophiles, voire de satanistes», et dans laquelle Donald Trump joue le rôle du sauveur.

Si cette victoire est marquante, c'est parce que Marjorie Taylor Greene n'a pas flirté avec QAnon uniquement par pur appât du gain. Elle a activement participé à sa propagation. Si elle a depuis supprimé tweets, posts Facebook et vidéos YouTube, elle déclarait en 2017 que QAnon était «une opportunité unique d'anéantir cette cabale mondiale de pédophiles qui vénèrent Satan».

Interrogée en août sur Fox News, Marjorie Taylor Green assurait qu'elle n'était «pas une candidate QAnon» et que QAnon «ne faisait pas partie de [sa] campagne». «Quand j'ai commencé à y trouver des exemples de désinformation, j'ai décidé d'emprunter une autre voie», racontait-elle.

Pourtant, indique CNN, cela ne veut pas dire qu'elle a arrêté de partager de la désinformation. «En septembre, Greene affirmait dans un tweet que “les enfants ne devraient pas porter de masques”, rejetant ainsi les recommandations du CDC et des experts de la santé», explique le site américain. Plus récemment, elle a posté sur Facebook une image d'elle, arme à la main aux côtés des Démocrates Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar et Rashida Tlaib et encourageait alors «les chrétiens conservateurs à partir à l'attaque contre les socialistes qui veulent déchirer le pays». Facebook avait supprimé la publication.

Pour BuzzFeed, son élection «pourrait aider à légitimer une théorie conspirationniste dangereuse qui s'est propagée dans une ère Trump, où des théories conspirationnistes sans fondement adoptées ont été blanchies dans la conscience américaine via des plateformes de réseaux sociaux qui ont bien voulu jouer le jeu». Mais surtout, estime le site américain, son élection montre «à quel point le Parti républicain a embrassé les candidats QAnon qui avaient une chance de l'emporter tout en se distanciant de la théorie conspirationniste».

Selon un chercheur de Media Matters for America, vingt-sept candidat·es lié·es à QAnon sont en lice pour un poste d'élu·e à la Chambre des représentants ou au Sénat lors de ces élections, soit presque 2%. C'est sans compter celles et ceux qui sont également en lice pour un poste dans les Chambres des représentants ou Sénats des différents États.

Retrouvez l'actualité de la campagne présidentielle américaine chaque mercredi soir dans Trump 2020, le podcast d'analyse et de décryptage de Slate.fr en collaboration avec l'Ifri et TTSO.

Newsletters

Qu'a tweeté Trump cette semaine? Chronique du 16 au 22 novembre

Qu'a tweeté Trump cette semaine? Chronique du 16 au 22 novembre

Plongée dans la logorrhée du futur ex-président américain.

L'élection de Joe Biden peut rebattre les cartes en Asie-Pacifique

L'élection de Joe Biden peut rebattre les cartes en Asie-Pacifique

S'il réactivait l'accord transpacifique duquel Trump s'était retiré, le futur président des États-Unis troublerait la toute nouvelle plus grande zone de libre-échange au monde.

Près de trois-quarts des femmes ont peur de faire du sport en extérieur dans l'obscurité lors du confinement

Près de trois-quarts des femmes ont peur de faire du sport en extérieur dans l'obscurité lors du confinement

Cela joue sur la santé mentale, alors que l'hiver arrive.

Newsletters