Santé

On croit à tort que fêter Noël en famille nous fait courir peu de risques face au Covid

Temps de lecture : 2 min

Selon certains scientifiques, nous pensons intuitivement que notre famille a moins de risques d'être atteinte du virus que des personnes inconnues.

Selon la théorie de la «sélection de parentèle», nous sommes davantage prêt·es à aider notre famille dans le but de protéger notre héritage génétique. | Rodion Kutsaev via Unsplash
Selon la théorie de la «sélection de parentèle», nous sommes davantage prêt·es à aider notre famille dans le but de protéger notre héritage génétique. | Rodion Kutsaev via Unsplash

Chaque année, Noël est une fête qu'attendent petits et grands. Pour de nombreuses familles, elle est l'occasion de se réunir autour d'un bon repas. Malheureusement, la pandémie de Covid-19 pourrait nous empêcher de la célébrer à plusieurs autour d'une grande tablée cette année. Pourtant, certaines personnes semblent encore réticentes à l'idée d'abandonner le traditionnel repas familial. Pourquoi sommes-nous prêt·es à mettre en danger notre santé et celle de nos proches le 24 décembre prochain?

Si nous avons tendance à attendre de nos actes d'amitié qu'ils soient réciproques, nous faisons généralement davantage preuve d'altruisme envers les membres de notre famille. Richard Dawkins explique cela par la théorie de la «sélection de parentèle», selon laquelle nous aiderions plus notre famille dans le but de protéger notre héritage génétique.

La théorie de la «sélection de parentèle» semble toutefois aller à l'encontre de notre comportement actuel qui consiste à vouloir célébrer Noël en famille, malgré les risques sanitaires. En effet, une récente analyse démontre que les risques d'attraper le Covid-19 par un membre de son foyer déjà infecté sont de 19%. Alors, pourquoi vouloir à tout prix célébrer les fêtes de Noël?

Les dangers du virus négligés en famille

Selon la Dr Tegan Cruwys, on pense intuitivement que sa famille a moins de chance d'être atteinte du virus que des individus inconnus. «Le fait est que nous sommes prêts à prendre plus de risques avec les personnes de notre foyer, nos amis les plus proches et notre famille, même dans un contexte hors Covid», dit-elle.

Pour comprendre ce phénomène, il est intéressant de considérer la façon dont les risques étaient évalués pendant la préhistoire. Si nos ancêtres ne savaient pas comment se transmettait un virus, certaines règles élémentaires avaient néanmoins été mises en place. C'est ainsi que les hommes préhistoriques avaient moins confiance en des peuples étrangers, susceptibles d'être sources de menaces et de véhiculer de nouvelles infections, et préféraient compter sur des membres de leur communauté.

De nos jours, on retrouve des mécanismes similaires dans les festivals, par exemple, où celles et ceux qui se connaissent partagent plus volontiers leurs boissons et s'engagent parfois dans des rapports sexuels non protégés. En partageant une identité commune, le risque de ces pratiques est négligé.

Pour Tegan Cruwys, cela expliquerait pourquoi nous sous-estimons les dangers potentiels des rassemblements familiaux. «Beaucoup de personnes cherchent sur Google “Comment ne pas attraper le Covid si quelqu'un qui fait un jogging passe près de moi?”, mais peu s'interrogent sur la façon de célébrer un anniversaire prudemment», souligne-t-elle. Selon la docteure, les pouvoirs publics devraient davantage communiquer sur les dangers de la circulation du virus au sein des foyers et souligner qu'appliquer des mesures préventives est un acte d'amour pour ses proches.

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