Culture

Une célèbre librairie de New York sauvée par sa clientèle

Temps de lecture : 2 min

Après un appel à l'aide, Strand a reçu 25.000 nouvelles commandes de livres, ce qui lui a rapporté plus de 170.000 dollars.

La célèbre librairie Strand a été créée en 1927 par le grand-père de sa propriétaire actuelle. | Patrick Tomasso via Unsplash
La célèbre librairie Strand a été créée en 1927 par le grand-père de sa propriétaire actuelle. | Patrick Tomasso via Unsplash

«Nous avons besoin de votre aide.» Ce sont les mots qu'a choisis Nancy Bass Wyden, propriétaire de la très célèbre librairie new-yorkaise Strand, pour débuter sa lettre adressée à sa clientèle et publiée sur son compte Twitter le 23 octobre. Face à la crise sanitaire, l'enseigne a vu ses chiffres de vente et de trésorerie drastiquement chuter.

Nancy Bass Wyden explique n'avoir eu d'autre solution que d'interpeler la population new-yorkaise. Heureusement, la mobilisation des fidèles de l'enseigne a été rapide. En seulement un week-end, 25.000 nouvelles commandes ont été passées, permettant à la librairie de vendre pour près de 200.000 dollars de marchandise.

Interrogée par le Washington Post, la propriétaire confie: «Je ne pense pas que nous soyons une simple librairie. Pour moi, nous sommes un espace de découverte et un centre communautaire. Obtenir de l'aide si rapidement après l'avoir demandée fait vraiment chaud au cœur.»

Survivre au Covid-19

Dans son appel à l'aide, la gérante racontait l'histoire de la librairie, créée en 1927 par son grand-père Benjamin Bass, et tenue ensuite par son père Fred Bass. Située aujourd'hui sur la Park Avenue, autrefois appelée Quatrième Avenue, elle est la dernière des quarante-huit librairies qui constituaient l'historique Book Row.

«Nous avons survécu à presque tout pendant quatre-vingt-treize ans: la Grande Dépression, les deux guerres mondiales, l'ouverture des grandes chaînes de librairies, la création des livres numériques et des géants en ligne, a écrit Nancy Bass Wyden. À cause de l'impact du Covid-19, nous ne pouvons pas survivre à la chute considérable de la circulation piétonne, à la perte quasi complète du tourisme, et à l'arrêt total des événements organisés dans la librairie.»

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En partageant sa détresse sur Twitter, la propriétaire espère réussir à mobiliser sa communauté et pouvoir garder les portes de sa librairie ouvertes jusqu'à la future commercialisation d'un vaccin. Une stratégie pour le moment fructueuse puisqu'en seulement un week-end, Strand a réalisé des ventes qui lui ont rapporté 170.550 dollars [146.000 euros]. À titre de comparaison, la librairie avait perdu 316.000 dollars [270.000 euros] en septembre. Parmi les client·es mobilisé·es, une femme originaire du Bronx a acheté 197 livres.

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