Santé / Société

L'avenir appartient à ceux qui confinent tôt

Temps de lecture : 3 min

[BLOG You Will Never Hate Alone] C'est début septembre qu'il fallait, d'une manière ou d'une autre, reconfiner. Quand le virus était encore sous contrôle.

Il ne sert à rien d'attendre... | Dimitry B via Unsplash
Il ne sert à rien d'attendre... | Dimitry B via Unsplash

Je ne voudrais surtout pas jouer au prophète de supermarché mais franchement, ce qui se passe actuellement en France, je l'avais prévu depuis la fin de l'été. Ce n'était pas écrit, c'était surligné au stabilo rouge, entouré d'une flopée de points d'exclamation: la Gaule, toute la Gaule, allait droit dans le mur. À mes yeux d'expert, il n'y avait pas l'ombre d'un doute: tôt ou tard, il faudrait siffler la fin de la récréation et embastiller à nouveau tout ce beau monde.

Ma grand-mère me le disait souvent: «Qui déconfine trop vite, à la fin, reconfine.» Si Macron avait eu une grand-mère comme la mienne –paix à son âme–, pareil désastre ne serait jamais arrivé. Début septembre, en constatant le retour en fanfare du coronavirus, n'écoutant que son courage, son conseil scientifique et son marc de café, dans un geste d'une bravoure insensée, il aurait refermé le pays à double tour pour une semaine ou deux. Coupant la chique aux prétentions du virus.

Certes, les cafetiers, les restaurateurs, les responsables de salles de sport, à peu près la population dans son ensemble, l'aurait pendu sur la place publique mais qui veut rester dans l'histoire doit à un moment ou un autre payer de sa personne. On l'aurait traité d'hérétique là où il se serait comporté comme un sage qui, pour avoir lu comme moi toutes les encycliques consacrées au Covid-19, sait que de miracle, le virus n'en produit jamais.

Le Covid est une vieille personne qui a en horreur les trublions cherchant à jouer au plus malin avec elle. Jamais elle ne s'affole. Comme un parrain sicilien qui longuement mûrit sa vengeance, jouant avec sa moustache comme d'autres avec les statistiques, elle ne réagit point quand on la dit sur le déclin, voire lorsqu'on annonce sa disparition programmée. Elle laisse dire. Et quand on la croit tout à fait morte, elle frappe avec la célérité du samouraï et l'agilité du judoka.

Ce n'est point de la bonne gouvernance que d'être au pied du mur pour décréter le branle-bas général. À qui voulait le voir, il était évident que pour avoir trop baissé la garde pendant l'été, on en paierait le prix sitôt l'automne venu. Et quel prix! Par lâcheté, par légèreté aussi, afin de ne pas emmerder les Français, le président s'est rendu complice de la propagation exponentielle du virus. Comme n'importe quel populiste de bas étage, il a voulu croire à cette fable qui du virus, misait sur son affaiblissement voire sa disparition pure et simple.

Quelle folie! Quelle occasion ratée surtout! Que de morts on aurait pu s'épargner si dès les contaminations reparties à la hausse, quand il est apparu que le virus circulait à nouveau, on avait pris les mesures adéquates pour contenir sa progression. Des mesures qui par leur ampleur et surtout leur durée n'auraient rien eu de commun avec ce qu'on nous promet.

Certes, pour prendre la défense de notre président, il est extrêmement compliqué voire même impossible d'imposer des restrictions à une population quand le nombre des contaminations et celui des décès semblent naviguer en eaux basses. Personne n'aurait compris qu'on sorte la grosse artillerie pour combattre ce qui apparaissait alors comme une simple peccadille, une pandémie largement contenue.

De toute la France, on aurait crié au fou. À un excès de prudence. À la tyrannie du principe de précaution qui voudrait qu'on abolisse les dangers inhérents au mouvement même de la vie. Qui sait si, de manifestations en pétitions, de révoltes en défilés, le peuple n'aurait pas affiché sa désapprobation au point d'opter pour la désobéissance plus ou moins civile, plongeant le pays tout entier dans un chaos impossible?

C'est toute la perfidie de ce virus: il propage la mort à retardement. Il est comme ces armées qui la nuit tombée s'amassent sur la ligne de front mais que le planton, du haut de ses jumelles, n'aperçoit jamais, puis proclame au général venu aux nouvelles que tout est calme. Le matin venu, il est trop tard et peu de temps après, voilà qu'on fuit en ordre dispersé sous les coups de canon de l'ennemi.

On voulait la victoire sans condition, on a la débâcle avec son lot d'abjection.

Triste vérité.

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