Égalités / Société

Les violences économiques, l'autre facette des violences conjugales

Temps de lecture : 12 min

Les violences physiques, sexuelles et psychologiques s'accompagnent souvent d'un quatrième type de sévices.

«Il vidait quasiment les comptes, faisait des chèques à l'étranger. Je ne sais toujours pas où est parti cet argent.» | Icare Girard via Flickr
«Il vidait quasiment les comptes, faisait des chèques à l'étranger. Je ne sais toujours pas où est parti cet argent.» | Icare Girard via Flickr

«L'argent, c'était la boîte noire. Je n'avais aucune idée des montants se trouvant sur notre compte, aucun accès.» Ainsi parle Marie*, 40 ans, dix ans de vie commune avec un homme qui lui a fait subir de nombreuses violences.

Au terme générique de violences conjugales, on associe souvent les violences physiques (coups, jets d'objets...), psychologiques (insultes, dévalorisation de l'autre...) et sexuelles (viol...). Le quatrième mur de l'enfer est plutôt méconnu, car parfois considéré comme moins inquiétant: c'est celui des violences économiques ou administratives. Le non-accès aux comptes en banque. La mainmise de la personne perverse sur tout un pan administratif de la vie de l'autre. Le moindre achat, la plus petite course, l'acte le plus anodin de la vie quotidienne qui dépend d'autrui.

Ce quatrième mur vient pourtant boucler l'emprise d'une personne sur une autre. Dans une interview, la psychiatre Marie-France Hirigoyen définit l'emprise comme «un phénomène de violences psychologiques qui s'installent dans le temps. Une phase de séduction narcissique, puis une alternance de violences et de marques d'affection. Un brouillage s'opère [...] Sur le registre cognitif, ces messages contradictoires ont un effet paralysant sur le cerveau. Ce brouillage entraîne la perte de l'esprit critique.»

«Pour acheter des vêtements aux enfants, je devais négocier, quémander.»
Marie, 40 ans

Cela débute, dans la plupart des cas, de manière insidieuse. Comme pour Marie. À 20 ans, elle renonce à un travail pour suivre son compagnon «dans un coin paumé». Elle veut être avec lui, dépend de son argent en attendant de toucher les allocations chômage. Il lui propose un compte joint, un mariage. La jeune femme retrouve du boulot, un 80% qu'elle sait, instinctivement, précieux. «Je gérais tout: les enfants, le ménage, les courses... Il m'a dit qu'il allait gérer l'administratif. J'ai délégué.»

Marie se retrouve sans accès au compte joint de son couple, dont seul son mari possède la carte bancaire. Elle ignore quel salaire il touche. Sur son compte à elle, un virement automatique mensuel de 500 euros, pour la nourriture et les enfants. Rien d'autre. «Pour acheter des vêtements aux enfants, je devais négocier, quémander comme une ado. J'avais la tête dans le guidon, je me disais qu'on n'avait pas d'argent.» Elle découvrira plus tard que ses beaux-parents utilisaient le compte commun pour payer les travaux de leur nouvelle maison. «Les mêmes qui me disaient qu'ils allaient me mettre chez les fous et me piquer mes enfants.»

Piétinée par l'homme idéal

Coupée de sa propre famille, éloignée de ses amis, Marie s'aperçoit que les gens voient en son compagnon «un mari parfait». Après la naissance de leur troisième enfant, il manœuvre afin qu'elle ne reprenne pas le travail. «Je n'avais plus de libre arbitre. Tout a été fait pour que je ne puisse pas reprendre le travail, donc que je ne puisse pas partir.» Elle s'accroche à son boulot.

Pendant ce temps, son mari «coupe tout»: aucun accès à la mutuelle, subtilisation des relevés dans la boîte aux lettres... Une fois, Marie réussit à en récupérer un. Elle prend rendez-vous à la banque. «J'ai découvert qu'il sortait du liquide, de gros montants. Il jouait, je crois... Il vidait quasiment les comptes, faisait des chèques à l'étranger. Je ne sais toujours pas où est parti cet argent.»

Spécialiste des violences faites aux femmes, l'avocate nantaise féministe Anne Bouillon constate des violences qui viennent infiltrer «toutes les sphères de la conjugalité. Les violences économiques sont donc un des éléments constitutifs d'un système d'emprise globale. Elles viennent parachever ce système, avec une volonté totale de maîtrise de l'autre.»

Malheureusement aidé par une dématérialisation massive de l'administratif, ce type de violence empêche les femmes de s'éloigner, de pouvoir reprendre la main sur leur vie. «Elles ne sont plus sujet. Elles sont dépossédées de tout, épuisées. C'est aussi sur l'argent qu'elles vont céder: elles sont prêtes à abdiquer sur plein de choses pour conserver l'essentiel.»

«Les violences économiques sont donc un des éléments constitutifs d'un système d'emprise globale.»
Anne Bouillon, avocate

Bien souvent, cette mainmise administrative du conjoint ne leur apparaît même pas comme une violence. «Il y a des dizaines de femmes qui n'ont déjà pas conscience que le viol conjugal, c'est du viol, et qu'une gifle est une violence, observe Anne Bouillon. Mon boulot, c'est justement de nommer les violences, de les accompagner dans cette prise de conscience.»

Pour Marie, les violences ont explosé quand elle a voulu se séparer de son mari. Poussée dans l'escalier, enfermée dans une pièce, tirée par les cheveux «parce que ça ne laisse pas de traces», la jeune femme finit par déposer plainte après qu'il l'a frappée devant les enfants.

Aujourd'hui, des années après, même à l'abri, Marie conserve des séquelles dans son rapport à l'argent. «Je me sens toujours pauvre malgré mon salaire. J'arrive à faire plaisir aux enfants, heureusement, mais je reste une fourmi. Je ne peux pas me lâcher, je compte tout, je suis en sous-consommation permanente, incapable de me faire plaisir.» Un emploi sûr la rassure, un peu. «Mais je ne serai jamais sereine. Je paye encore tout pour les enfants. J'ai acheté l'éloignement et la tranquillité. On m'a volé dix ans. Je suis encore stupéfaite de ce que je n'ai pas vu...»

Transparente pour la société

Mère au foyer de trois enfants, Pauline*, 33 ans, a elle aussi été rendue invisible sur le plan administratif: plus aucun accès à tout ce qui la concernait. En plus de lui faire subir des violences physiques, psychologiques et sexuelles, son mari a modifié chaque mot de passe, (Sécurité sociale, impôts, CAF, compte en banque). Dans une société où chaque démarche nécessite de passer par ces sites, la jeune femme est bloquée de partout, prisonnière du bon vouloir de cet homme. Elle ne sait pas combien gagne son mari. Il fait fermer son compte personnel, transférer les allocations sur le sien.

Les 500 euros d'allocations versées par la CAF doivent en outre servir «uniquement à l'alimentaire, avec interdiction de dépasser ce montant. On allait faire les courses tous les deux, avec un budget décidé par lui. Aucun extra, aucun plaisir.» Lorsque Pauline en parle autour d'elle, on lui dit bien que la situation est anormale, mais elle a «trop peur de lui pour rechanger les mots de passe».

«À la CAF, on m'a dit qu'il pourrait rechanger le mot de passe en sortant de prison...»
Pauline, 33 ans

L'humiliation est quotidienne. «Il était au courant de tous mes soins via le compte Améli. Si je voulais aller chez le médecin, je devais demander sa carte, limite supplier. Les violences administratives paraissent dérisoires au début, mais après tu te rends compte que c'est ça, plus ça, plus ça... Un de mes enfants en venait même à me donner son argent de poche!»

Aujourd'hui séparée, et son mari incarcéré après sa plainte pour des faits passibles de la cour d'assises, la jeune femme n'a longtemps pas été dans la possibilité de retirer un centime. Elle a découvert des crédits à la consommation qu'elle ignorait. Elle a pu refaire des mots de passe pour tous ces comptes. Pour l'instant. «Le numéro d'allocataire, on l'a à vie, alors à la CAF on m'a dit qu'il pourrait rechanger le mot de passe en sortant de prison...»

Pauline a pu rouvrir un compte. En revanche, pour le moment, elle ne peut pas changer de banque. Elle essaye également de faire en sorte que ses enfants ne soient plus rattachés à la carte vitale de son futur ex-mari. «Le système est très mal fait pour nous protéger. Quand il gérait tout, c'est comme si je n'étais personne, transparente pour la société. Comme s'il te disait: “Tu n'existes qu'à travers moi, tu n'es quelqu'un que grâce à moi”.»

Remonter la pente

L'accompagnement global de ces femmes qui fuient l'emprise, y compris sa dimension administrative, est un des axes de travail du lieu d'accueil et d'écoute Citad'Elles, à Nantes. Valérie Alassaunière, directrice de la structure ouverte depuis à peine un an, observe avant toute chose chez ces femmes «la nécessité de prendre soin de soi et des autres, et le besoin d'informations juridiques. On a aussi déjà dû doubler les temps de permanences d'écoute psychologique.»

Si l'urgence porte d'abord sur les questions de santé, les professionnelles du lieu ne peuvent pas mettre longtemps de côté l'aspect économique. «Il faut qu'elles puissent retrouver leurs droits sociaux, aussi on enclenche assez rapidement ce genre de démarche, assure la directrice. La conscientisation que le côté administratif est aussi une forme de violence permet de pleinement démarrer le parcours d'accompagnement.»

«Je comprends que certaines femmes craquent et disent “Stop, je retourne avec lui”...»
Pauline, 33 ans

Permanence de la CAF dans les locaux de Citad'Elles, partenariat avec le CCAS, mise à disposition de l'outillage numérique: les axes de travail sont nombreux. Pour autant, l'équipe se doit d'aller au rythme de la femme accueillie, et Valérie Alassaunière a parfois des remontées de démarches compliquées.

Les administrations ne simplifient pas la vie des femmes victimes de violence: c'est ce que confirme Pauline, qui bataille chaque jour pour se sortir de ce bourbier administratif. «Je sais que je n'ai pas fini avec les assurances et les banques. Rien ne nous facilite la vie, rien n'est pensé pour ce genre de situation... La mesure d'éloignement, tout ça, très bien, c'est physique, mais le reste? Aucune loi ne vient nous protéger là-dessus, il n'y a jamais rien qui va au niveau des papiers. Je comprends que certaines femmes craquent et disent “Stop, je retourne avec lui”...»

L'emprise est si puissante que nombre de femmes se voient donc confisquer leur propre argent. Comme Marie et Pauline, Océane*, 34 ans, a vu son compte joint devenir le compte particulier de son mari. La jeune femme est interdite de dépenses. Pas de vêtement ni de salon de coiffure, jamais de vacances. Son mari lui laisse du liquide pour l'essence ou les courses. Tout le reste, il le met sur un livret à son nom. L'année dernière, elle rouvre finalement un compte à son nom à elle. «Il m'a crié dessus en disant que je faisais ça derrière son dos...»

Décidée à divorcer, Océane, qui vit toujours sous le même toit que son mari, a rencontré un avocat. Quand elle le lui a annoncé, l'homme a retiré son nom à lui du compte joint, pour finalement s'en ouvrir un autre. «Le compte joint ne l'est plus, vu qu'à présent il est seulement à mon nom. Or toutes les charges passent dessus... Du coup, ce compte est toujours à découvert. Lui s'est acheté une voiture et s'est débrouillé pour que son assurance voiture soit prélevée sur ce compte, où il met ce qu'il veut, quand il le veut...»

La jeune femme ne s'en sort plus avec son seul salaire et les misérables montants que monsieur daigne injecter au compte-goutte. «Il ne donne plus rien pour ma fille, ne paye plus la moitié du loyer, me dit qu'il ne touche plus le chômage...» C'est le fait que son mari refuse qu'elle prenne un crédit pour l'enterrement de son père qui décide finalement Océane à rompre.

Emmurées vivantes

Aujourd'hui, Océane a toujours très peur de son mari, mais ne se voit pas en situation d'urgence: «Je ne prends pas de coups.» Cependant, elle a déjà vu les enfants de son mari, nés d'une précédente union, «s'enfuir chez le voisin pour échapper à leur père». Pendant toute la durée de leur union, l'homme contrôlait ce qu'elle mangeait, ce qu'elle portait, lui interdisait d'avoir un compte Facebook et lui disait qu'elle était «grosse et mal habillée». Sans compter les multiples violences sexuelles. «J'étais une boniche, je devais le servir, faire à manger, le ménage... J'ai tout payé à ma fille depuis qu'elle est née. Et là, je gère toutes les dettes.»

Tout au long de l'entretien, Océane, sans s'en rendre compte, dit d'ailleurs «ma fille» à chaque fois qu'elle parle de l'enfant qu'elle a eu avec cet homme violent. «Quand on se marie, on nous dit “Vous êtes solidaires de tout, y compris au niveau de l'argent, il n'y a pas de vol entre époux”, ce genre de choses. Moi, je n'avais jamais entendu parler de violences économiques avant...»

Comme pour les autres violences, l'ombre du patriarcat plane sur le mariage. Pour Anne Bouillon, ces femmes «emmurées dans une nasse administrative», qui ont «conscientisé qu'il y avait un “chef de famille” et un “devoir conjugal”» sont la résultante de décennies de violences conjugales traitées comme des faits divers ou de simples disputes de couples.

«Le législateur ne s'est saisi que très récemment d'une analyse féministe pour enfin finir par considérer ces violences au prisme d'une inégalité hommes-femmes criante. Or, sans ce travail d'analyse, on passe à côté du fait qu'il s'agit bien d'un système organisé, global, extensif, de prise de pouvoir de l'un sur l'autre, d'un véritable phénomène de domination.» En plus de défendre ses clientes traumatisées, l'avocate mène le combat au-delà, pour déconstruire «cette inégalité structurelle. On touche là au fondement même de notre société. C'est ici que la pensée féministe est nécessaire.»

Océane est décidée à se battre elle aussi pour s'extraire de cette situation. Sous antidépresseurs, la jeune femme ne veut plus qu'on ouvre son courrier, qu'on lise ses bulletins de salaire. «J'ai demandé à mon entreprise de me les envoyer par mail. Aujourd'hui je veux vivre, je veux pouvoir emmener ma fille au resto, au cinéma...»

Difficiles à quantifier

Amélia*, 34 ans, se souvient elle aussi des méandres de l'administratif, elle qui a subi le quatuor de violences quand elle avait la vingtaine. «À l'époque, je n'étais pas très à l'aise avec l'utilisation des comptes bancaires sur internet. Quand je me connectais, les sites m'annonçaient toujours que mon mot de passe était erroné. Quand j'en demandais un nouveau, je ne recevais jamais le SMS me permettant de faire la modification. Un jour, je suis allée en agence et j'ai constaté que le numéro de téléphone enregistré était le sien.» Le conjoint d'Amélia réussit même à se faire remettre un chéquier lui appartenant.

Après la séparation, les choses empirent. L'homme multiplie les actions pour lui mettre des bâtons dans les roues et s'inviter dans toutes les administrations. Il lui crée ainsi des problèmes avec Pôle Emploi, la Sécurité sociale, les impôts. Selon les deux premiers organismes, elle aurait signalé un départ à l'étranger. Sans cesse, il lui faut résoudre les litiges, gérer des complications. «J'ai appris par ma compagnie d'assurance que j'étais assurée pour un logement dans lequel il vivait...»

Auparavant, le jeune homme avait ostensiblement refusé de signer la résiliation du bail de leur appartement commun. «J'ai dû payer six mois pour rien, alors que nous n'y n'étions plus...» La liste est si longue que parfois Amélia s'emmêle, doute. Elle finit par se demander si les erreurs ne viennent pas d'elle ou de l'administration.

«J'ai appris par ma compagnie d'assurance que j'étais assurée pour un logement dans lequel il vivait...»
Amélia, 34 ans

Aujourd'hui, la trentenaire conserve des séquelles de cette période, qui influent sur sa vie avec son nouveau compagnon. «J'ai préféré que chacun ait son appartement, même si nous vivons ensemble dans le mien. Il loue le sien. Pourtant, nous pourrions acheter une belle maison. Nous n'avons pas de compte commun, pas de PACS, pas de mariage, pas de voiture commune, pas de messagerie commune, nous ne sommes pas ensemble sur le contrat de mutuelle...»

Travailleuse sociale et chargée d'appui aux coordinatrices de Citad'Elles, Emmanuelle Billi reconnaît que «l'homme peut être dans la manipulation de l'interlocuteur administratif en face de lui». Les professionnelles du lieu d'accueil évoquent par exemple le cas d'hommes ayant rusé pour trouver la nouvelle adresse de leur ex-compagne, ou d'autres ayant réussi à détecter et infiltrer toutes les applications pourtant cachées sur son téléphone.

Ce type d'intrusion est relativement fréquent dans l'histoire des femmes victimes de violences conjugales. Parce qu'elles sont minimisées par les victimes elles-mêmes, il est pourtant difficile de les quantifier, tant par les associations que par les juristes[1].

Pour autant, des progrès ont été faits ces dernières années afin «de mieux verrouiller les accès aux comptes, indique Emmanuelle Billi. Notre rôle est d'accompagner ces femmes à reprendre le contrôle sur cet administratif, source de grande appréhension, de leur permettre cet accès à leurs droits. Alors nous développons un lien partenarial avec des interlocuteurs sensibilisés, formés, plus efficaces.»

Le chemin reste cependant chaotique. «Quand tu t'es pris cette claque, tu n'as plus confiance en toi, résume Pauline, qui doit tout reconstruire, tout repenser. Tu te demandes si tu vas arriver à gérer tout ça à nouveau. Alors, il faut simplifier les choses. Pensez à simplifier les démarches administratives pour nous!»

* Les prénoms ont été changés. Dans un souci de protection, nous n'indiquerons ni les villes, ni les métiers, ni l'âge des enfants.

1 — Citad'Elles proposera son premier rapport d'activité en novembre prochain. Retourner à l'article

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