Monde / Économie

Si la vie à Bali coûte cinq fois moins cher, pourquoi si peu de personnes vont-elles y vivre?

Temps de lecture : 16 min

La réalité est loin d'être aussi idyllique que ce que vous imaginez.

«Beaucoup de personnes ne sont simplement pas faites pour vivre à Bali.» | Cihan Cesur via Flickr
«Beaucoup de personnes ne sont simplement pas faites pour vivre à Bali.» | Cihan Cesur via Flickr

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «La vie à Bali est cinq fois moins chère qu'en France environ. Pourquoi peu de personnes vont y vivre?»

La réponse d'Alexis Alfred:

Vous partez de deux suppositions fausses.

La première est que Bali est cinq fois moins cher qu'en France, ce qui peut être le cas, mais loin d'être une règle générale.

La deuxième est que tout le monde aimerait ou pourrait vivre à Bali, ce qui est aussi assez loin de la réalité.

On va commencer par le coût de la vie.

Bali peut être moins cher dans certaines conditions, mais il y a aussi un certain coût relativement incompressible dans le fait de vivre à Bali qui n'est pas nécessairement beaucoup moins élevé qu'en France. Le reste dépendra de votre style de vie.

D'une manière générale, vous allez avoir des besoins différents que ceux de la population locale, donc vous ne pouvez simplement pas vivre sur un salaire local, ne serait-ce qu'à cause de votre statut d'étranger ou d'étrangère.

Pour faire simple, disons que votre visa va vous coûter une moyenne de 100 euros par mois. C'est moins pour un·e touriste qui le fait seul·e, à peu de choses près le prix si vous le faites avec un· agent·e, et le double si vous souhaitez un vrai permis de séjour avec permis de travail. Ça, vous ne pouvez pas vraiment y échapper.

Si vous êtes sur un visa touriste, il faudra ressortir tous les six mois, probablement à Singapour. Un ticket aller-retour coûte environ 200 euros en ce moment (c'était moins il y'a quelques années, peut-être que post coronavirus ça redescendra aussi), et au minimum 15 euros par nuit pour dormir dans une auberge de jeunesse de la cité-État, ou 60 euros (vraiment le minimum) pour un hôtel. Donc vous pouvez ajouter 50 euros par mois à votre budget visa si vous ne sortez qu'à Singapour.

De la même manière, vous ne pouvez pas vraiment échapper à une assurance santé qui vous assure au pire pour les choses graves. La mienne coûte environ 80 euros par mois et ne m'assure qu'en cas d'hospitalisation, de trucs graves ou de rapatriements. Tout le reste est de ma poche, donc mieux vaut que j'aie toujours un peu d'argent de côté au cas où j'aie un pépin. À mesure que votre âge augmente, le coût de l'assurance aussi.

Juste avec ces deux frais, vous êtes déjà au-delà d'un petit salaire local, sauf que vous n'avez pas mangé et vous n'avez pas de toit au dessus de vous.

Il y a logement et logement

Une chambre décente avec confort équivalent au confort occidental (lit sympa, eau chaude et clim) vous coûte dans les 3 millions minimum dans les endroits en vogue, soit à peu près 200 euros. Ce que vous avez pour ce prix varie d'une région à l'autre. Dans les plus en vogue, ça peut être vraiment pas top pour ce prix; dans les terres ou dans des régions moins hype, il peut y avoir des guesthouses sympas avec piscine. Internet et l'électricité incluses.

Vous pouvez aussi louer à l'année une maison locale et payer tout indépendamment, mais vous avez peu de chances de le faire en arrivant.

Vous pouvez également vraiment descendre en confort et louer un kos, qui fera passer votre ancienne chambre du Crous pour un hôtel de luxe. Mais ce n'est sûrement pas ce que vous cherchez en vivant à Bali, et c'est assez pénible sur le long terme. Par contre, si on vous accepte —souvent ces lieux n'aiment pas trop louer aux étrangers et aux étrangères— ça ne vous coûtera que 50 balles par mois.

En terme de logement, prévoir 200 euros par mois pour une personne occidentale est je pense un minimum, et ne vous donne la plupart du temps droit qu'à une chambre confortable mais basique. Les premières villas commencent à environ 500 euros par mois pour les plus petites.

On va dire qu'avec logement, assurance et visas, le plancher est autour de 450 euros par mois pour une personne seule sur un visa touriste. À titre comparatif, mon loyer de mon appartement étudiant à Lille était à 450 euros avec les charges, et je n'avais ni besoin de visa, ni besoin d'assurance privée. En termes de confort, c'était même mieux que ce que vous avez à Bali pour 200 euros.

Pour les transports, vous pouvez louer un scooter pour quelque chose comme 40 balles par mois. L'essence ne coûte pas grand chose, 50 centimes le litre environ. Par contre les voitures sont très chères à l'achat, beaucoup plus qu'en France. Un scooter neuf va coûter plus de 1.200 euros, pour les modèles classiques.

Ensuite, il y a le budget bouffe. D'une manière générale, il n'y a pas photo: c'est moins cher. Un repas local dans un warung local va coûter 1 euro, ou quelques centimes de plus. Dans les warungs un peu plus classes, vous pouvez vous en sortir pour 3 ou 4 euros avec boisson. Un repas sympa dans un restau occidental vaut entre 6 et 15 euros, sans alcool. Dans les cuisines les plus recherchées, l'addition va aller taquiner les 30 euros. Les premiers restaurants gastronomiques sont accessibles pour une centaine d'euros.

Mais, les ingrédients importés (fromages, viandes, produits spéciaux, etc.) vont coûter deux fois plus cher qu'en France, et l'alcool est extrêmement coûteux. Le budget bouffe est donc très variable suivant les gens. Vous pouvez vous en sortir pour 70 balles par mois en ne mangeant que du riz et des œufs, ou vous pouvez vous sentir serré avec 500 euros par tête si vous allez quotidiennement dans des restaus occidentaux.

Personnellement, j'ai la chance d'adorer la cuisine locale, donc ça ne me dérange pas de carburer là-dessus la majorité du temps et de me faire des petits plaisirs à droite à gauche. Mais j'en connais beaucoup qui n'y arrivent pas et ont, de fait, des budgets nourriture beaucoup plus conséquents que le mien. Idem pour l'alcool: je sors très peu et je n'aime plus trop les effets de l'alcool, donc mon budget est presque insignifiant. Mais si pour vous chaque coucher de soleil rime avec bières et cocktails dans les beach clubs, la facture va vite grimper.

Si pour vous chaque coucher de soleil rime avec bières et cocktails dans les beach clubs, la facture va vite grimper.

Avec mon style d'alimentation hybride et ma faible dépendance à l'éthanol, je suis quand même rarement sous les 200 euros par mois. Notez que je pourrais largement passer en-dessous sans en mourir! Mais de tous les occidentaux et occidentales que je connais, je suis celui qui mange le plus local, et une des personnes qui sort et boit le moins. Mais les mois où je me laisse vivre, je suis parfois proche du double, voire du triple. C'est arrivé quand j'en avais plein le dos de bouffer du riz, quand j'avais le mal du pays, quand j'ai commencé à apprécier des cocktails chers ou du café de qualité...

Les sorties ont un prix

Pour les sorties, c'est aussi très variable. La mer est gratuite, beaucoup de lieux naturels aussi. Mais les lieux d'intérêt connus (cascades, temples...) sont tous payants, et parfois ce n'est pas donné. Le cinéma coûte la même chose qu'en France, et les boites de nuit ont des tarifs assez similaires aussi.

Si vous souhaitez prendre quelques vacances, ça sera peu cher en Indonésie, surtout si vous vous rendez dans les îles voisines sans y aller en avion, mais ce sera évidemment assez coûteux si vous devez rentrer en France. Personnellement j'essaie de rentrer au moins une fois par an en France, et c'est rare que le voyage complet (entre avion, trains, bus, transports en commun, achats des trucs que je ne trouve pas à Bali et quelques verres avec la famille ou les potes) me coûte moins de 2.000 euros. Et ça, c'est en dormant chez mes parents ou mes amis et en dépensant peu à part pour bouger d'une ville à une autre. Donc, pour budgétiser ça mensuellement sur l'année, on va dire que je garde au moins 150 euros par mois.

Pour un style de vie minimaliste d'un·e occidental·e qui se fait un petit plaisir de temps à autre avec un resto français, pas de sorties coûteuses et un retour à la mère patrie une fois par an, vous serez en flux tendu avec 700 ou 800 euros par mois. Et ça n'inclut ni un peu d'économies pour payer les soins dentaires ou ophtalmologiques, ni de vraies vacances, ni l'abonnement téléphonique, pas plus que l'essence de votre scooter. Pour ce montant, vous ne mènerez pas forcément une vie de moine horrible, mais vous risquez quand même de vous faire un peu chier. En termes de niveau de vie, vous ne verrez pas une différence énorme avec une vie d'étudiant·e en province.

Pour ce montant, vous ne mènerez pas forcément une vie de moine horrible, mais vous risquez quand même de vous faire un peu chier.

Avec le double, vous commencez à être nettement plus à l'aise, sans pour autant faire des folies non plus. Mais disons qu'à 1.500 euros, vous commencez à pouvoir manger sans trop compter, à vivre dans des endroits décents tout en économisant... mais pas énormément plus qu'en France. La grosse différence viendra des restaurants que vous pouvez faire. Vous pouvez clairement manger en permanence au restau et dépenser 20 à 30 balles par jour pour des menus franchement bons sans finir à la rue. Mais ça reste un budget.

Je n'ai pas pris en compte les enfants, mais évidemment, si vous en avez, ça change tout. L'école internationale est au minimum à 10.000 euros par an et par tête. L'assurance est multipliée aussi par votre nombre d'enfants. La maison ne peut sans doute pas être trop petite, les billets d'avions sont multipliés aussi...

Pour une famille de quatre membres souhaitant vivre une vie minimaliste comme je la décrivais précédemment, on part plutôt sur des revenus minimaux de 6.000 euros par mois pour le foyer (3.000 euros par parent). Et je pense que c'est très serré, même à ce niveau-là.

Et encore: pendant toutes ces simulations, je pars du principe que vous gagnez vos revenus depuis la France, donc on parle de revenus nets. J'ai admis que vous continuiez à cotiser normalement à la sécurité sociale et à la retraite françaises.

Si ce n'est pas le cas, il faudra aussi prévoir un peu plus, surtout pour la retraite. Si vous souhaitez rester affilié·e à la retraite française, le plancher est à 400 euros par mois pour le minimum...

Pas de quoi flamber

Pour répondre à la question, est-ce que c'est cinq fois moins cher qu'en France? Oui et non.

Par rapport à un·e local·e, oui. Mais vous n'êtes pas un·e local·e et ne le serez jamais.

Si vous êtes au SMIC, Bali sera un poil moins cher, vous aurez une vie légèrement plus intéressante, mais vous n'allez pas faire plus de folies qu'avec un SMIC en France à part quelques restaurants. Si votre simili SMIC est généré hors de France sans les avantages sociaux qui vont avec, ça va même être serré.

Il n'y a pas de secret: la plupart des expatrié·es qui sont établi·es à Bali depuis plusieurs années sont arrivé·es avec de la thune, un job, ou les deux. Surtout en famille.

C'est cinq fois moins cher pour certains trucs, mais n'espérez pas diviser votre budget par cinq en bougeant à Bali. C'est illusoire pour 90% des gens. Et c'est très clairement une des raisons principales pour lesquelles ces expatriations échouent en masse.

Les personnes pour qui Bali est vraiment moins cher sont celles qui avaient déjà pas mal de thunes de côté avant de venir, ou une clientèle leur permettant de vivre confortablement en France. Ces gens-là vont pouvoir augmenter leur confort de manière significative tout en diminuant leur budget, surtout si par exemple ils louaient des grands apparts dans le centre de Paris. En général, les retraité·es y gagnent aussi pas mal au change.

Les personnes pour qui Bali est vraiment moins cher sont celles qui avaient déjà pas mal de thunes de côté avant de venir.

Mais pour les revenus très faibles et les familles, ce n'est pas forcément judicieux, surtout que vous êtes loin de vos proches qui peuvent vous assurer du soutien gratos (aide à la garde des enfants, hébergement en cas de coup dur, ou même aide financière).

Il y a très peu d'expatrié·es de moins de 30 ans qui sont établi·es de manière stable à Bali. Je parle de gens indépendants qui sont là au moins huit ou dix mois par an, via un visa touriste ou un permis de séjour, et qui sont salariés en Indonésie, entrepreneurs ou travailleurs à distance. J'exclus donc les individus qui viennent juste six mois, comme les saisonniers et saisonnières, les personnes qui dépendent de la retraite française pour vivre, les gens qui sont encore à charge de leurs parents, ou encore celles et ceux qui viennent avec la thune des allocations et du RSA.

À peu près tous les Français·es vraiment établi·es sont des personnes qualifiées, qui sont issues de la classe moyenne supérieure. Elles ne sont pas venu·es à Bali pour échapper à la pauvreté, car elles auraient aussi vécu confortablement en France.

Quelques cas à part

Bien sûr, vous avez toujours des cas spéciaux qui vivent de la pêche dans les villages reculés avec la famille de leur femme ou de leur mari, sur 200 balles par mois dans un confort plus que précaire, mais c'est vraiment une minorité.

On trouve aussi d'autres situations au sein de la population étrangère. Par exemple, il y a un certain nombre d'Australien·nes qui sont d'ancien·nes mineur·es ou des mineur·es ayant deux semaines libres par mois. En échange d'un travail particulièrement ingrat et dangereux, les gens dont je vous parle sont payés des sommes astronomiques (souvent plus de 100.000 euros par an), achètent des villas ou lancent des business à Bali sur leur temps libre. Mais tout comme les gens qui vivent de la pêche, ça reste un cas à part.

Deuxième point, souvent faux, c'est que tout le monde aime ou pourrait vivre à Bali.

Évidemment, comme vu précédemment, le budget crée déjà une certaine sélection naturelle, surtout pour les familles avec enfants, les gens qui n'ont pas de revenus indépendants de leur localisation, les gens qui ne sont pas suffisamment éduqués pour trouver un emploi où les populations étrangères sont tolérées, et les gens qui ne sont pas entrepreneurs.

Vous enlevez déjà une énorme partie de la population.

Mais ce n'est pas la seule chose.

Beaucoup de personnes ne sont simplement pas faites pour vivre à Bali. Voici une liste (non exhaustive) des choses qui peuvent déplaire ou être handicapantes:

  • Il y a peu d'emplois pour les gens qui viennent de l'étranger. La plupart des gens vous diront qu'il n'y a juste pas d'emplois pour nous. J'en ai eu un, donc je ne peux pas vraiment dire que ça n'existe pas, mais ça reste rare. Quand il y en a, vous pouvez tranquillement diviser votre salaire français par deux ou trois, sans les cotisations sociales qui vont avec.

  • La politique d'immigration est chiante. Se maintenir à Bali est pénible au niveau des visas. Les extensions sont mensuelles pour les visas touristes. Quant aux permis de séjour, ils sont compliqués à obtenir et nécessitent d'être employé·e, marié·e à un·e local·e ou retraité·e (je simplifie, mais dans les grandes lignes c'est ça).

  • Même avec les bons visas, vous ne pouvez pas vraiment acheter d'immobilier en Indonésie. Ou alors ça passe par un peu de magouilles, qui marchent jusqu'au jour où elles ne marchent plus, ou bien jusqu'au jour où le gouvernement change d'avis sur une loi. Personnellement, jamais je ne mettrais toutes les économies d'une vie dans une villa à Bali. Si vous pouvez les perdre sans que ça n'impacte trop votre futur, vous pouvez tenter, en étant accompagné d'un·e bon·ne avocat·e. Mais si ce sont toutes vos économies, gardez-les quelque part en sécurité, dans une juridiction où le droit est à votre avantage.

  • Pour créer une entreprise qui vous appartienne légalement (pas avec un prête-nom local), il va falloir débourser beaucoup d'argent, ou vous préparer à tout perdre le jour où le gouvernement décide d'appliquer ses propres lois.

  • Si vous voulez vivre en immersion avec la population locale, vous allez être déçu·e. À moins de vous convertir à l'hindouisme ou à une autre religion, votre immersion dans la vie locale sera au mieux partielle. La vie sociale est organisée autour de la religion ou autour du village d'origine. Vous n'en ferez probablement jamais partie, ou alors ça prendra plusieurs années (disons minimum cinq ans, mais plutôt dix). Ce n'est pas parce que ce sont vos voisin·es, que vous partagez un repas ou une sortie à l'occasion, qu'à leurs yeux vous êtes de même valeur. Ce sont les locales et les locaux, et vous restez des touristes.
Si vous voulez vivre en immersion avec la population locale, vous allez être déçu·e.
  • Si vous êtes égalitariste, la vie à Bali va être intolérable pour vous. La société est très très très inégale, et encore plus quand on y ajoute le tourisme. Vous pouvez voir des gens vivre dans des cabanes, et d'autres vivre dans des villas à dix mètres de là.

  • Si vous êtes écologiste, vous allez souffrir aussi. La situation s'améliore chaque année, mais on est encore à des années-lumière du traitement des déchets et de la conscience écologique à l'occidentale. Il y aura des déchets partout où vous allez. Préparez-vous à nager dedans pendant les premiers jours de la saison des pluies.

  • Si vous aimez l'ordre, ça va être compliqué. L'État change d'avis tous les deux jours, rien n'est clair, la moindre contrainte administrative peut se transformer en enfer... Conséquence directe, la corruption reste omniprésente. Si, pour vous, glisser un billet à un policier ou un fonctionnaire quelconque est impensable, mieux vaut ne pas venir.

  • Si vous ne supportez pas les bouchons, vous êtes dans le mauvais pays. Ce n'est pas un problème qui concerne uniquement Bali, mais l'Indonésie en général: la circulation est pénible. C'est lent, c'est dangereux, les gens se garent n'importe où, roulent à contresens, brûlent les feux rouges... tout ça sur des routes souvent trop étroites. Donc les bouchons sont constants. Dans certains lieux, rouler à 45 km/h peut constituer une pointe de vitesse hors norme.

  • Si vous êtes fan de justice et de police, dommage pour vous. Les deux sont absolument inutiles. Ce sont des organisations religieuses hindoues qui organisent la sécurité et la justice dans Bali. En France, on appellerait ça des milices. Elles ont droit de vie ou de mort sur quiconque. Le milieu de la nuit est aussi sécurisé par des gens peu recommandables.

  • Si vous n'aimez pas la chaleur, bon courage. La chaleur constante huit mois par an et l'humidité élevée ne sont pas toujours vos amies. De 10 heures à 15 heures, voire plus tard, sortir dehors peut être une épreuve.

  • Si vous avez des phobies maladives de certaines bébêtes, vous risquez quand même d'en voir. C'est l'Asie du Sud-Est, quoi.

  • Si vous n'aimez pas les touristes, ce n'est pas la bonne île. Il y a 4 millions d'habitant·es mais 12 millions de touristes par an. Vous comprendrez alors aisément qu'au vu des chiffres, pour la plupart des Balinais·es vous n'êtes qu'un·e autre touriste...

  • Si la religion vous est insupportable, il faut éviter aussi. Ici, la religion est sacrée, le blasphème ou la promotion de l'athéisme peuvent vous envoyer en prison.

  • Si vous aimez la drogue, cherchez un pays plus tolérant. C'est vraiment un des pires endroits au monde pour fumer des joints ou se faire des lignes. Vous trouverez relativement facilement des champignons et de la kétamine, mais ça ne veut pas dire que c'est conseillé.

  • Si vous aimez la franchise et les gens honnêtes, il va falloir prendre sur vous. Ici les problèmes ne sont pas souvent mis en avant, ils sont passés sous silence, minimisés voire complètement niés. Tout va toujours bien. Même quand rien ne va. Le but est de vous dire les choses qui vous feront plaisir afin de garder une certaine harmonie sociale. La vérité est flexible et secondaire.

Loin des cartes postales

Le coût de la vie n'est qu'un élément pour choisir d'aller vivre ou non dans un pays. Sinon on irait tous vivre au Soudan du Sud, où le PIB par habitant est l'un des plus faibles.

En l'état, beaucoup de gens aimeraient vivre à Bali parce qu'ils n'y sont jamais allés et en ont une image de carte postale, ou parce qu'ils y sont allés en vacances, ce qui n'a pas grand chose à voir avec le fait d'y vivre.

Ça revient un peu au même que si je vous disais que Marseille a l'air paradisiaque parce qu'il y a la mer. Ou que Paris est idyllique parce qu'il y a la tour Eiffel, le Louvre et des artistes qui vous peignent sur la butte Montmartre. La vérité, c'est qu'il y a un monde entre ce que dit l'office du tourisme aux visiteurs et visiteuses et ce qu'il s'y passe vraiment.

Ça revient un peu au même que si je vous disais que Marseille a l'air paradisiaque parce qu'il y a la mer.

Parmi les personnes que je connais qui pourraient y vivre (bonnes finances, business en ligne, entrepreneuriat ou télétravail), je ne connais au final pas grand monde qui voudrait le faire. Et finalement, si certaines y vont parfois, peu s'y établissent formellement. Beaucoup ne font que passer.

D'ailleurs, avec le coronavirus, presque toutes les personnes expatriées sont rentrées dans leur pays. D'après les services d'immigration, en ce moment, nous ne sommes plus que 7.000 étrangers et étrangères à Bali.

Peu de personnes viennent vivre à Bali parce qu'à l'heure actuelle, ça reste compliqué et assez cher, et parce que tout le monde ne veut pas d'un changement de vie aussi drastique. On ne va pas se mentir: le taux d'échec est énorme. Surtout chez les jeunes, souvent trop idéalistes et trop précaires.

Au-delà d'un certain âge, j'ai quand même l'impression que les décisions de déménagement sont souvent plus réfléchies et mieux financées. Mais ça n'empêche pas de se prendre des échecs cuisants, de rencontrer des problèmes graves ou de détester son quotidien. Et donc de rentrer.

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