Sciences

Nos gènes limitent-ils notre libre arbitre?

Temps de lecture : 2 min

Notre ADN et certains événements ayant marqué la vie de nos ancêtres pourraient influencer notre comportement.

L'épigénétique étudie la façon dont la nature peut s'entremêler avec la culture. | qimono via Pixabay
L'épigénétique étudie la façon dont la nature peut s'entremêler avec la culture. | qimono via Pixabay

Nous avons tendance à penser que nous sommes les maîtres et maîtresses de notre destinée. Pourtant, notre ADN ainsi que certains événements ayant marqué la vie de nos ancêtres pourraient influencer des aspects de notre comportement.

Plusieurs recherches ont déjà montré que certains gènes pouvaient déterminer notre taille, la couleur de nos yeux ou notre poids, mais également notre vulnérabilité aux maladies mentales, notre intelligence ou notre impulsivité. Ces traits sont, à des degrés variables, déjà écrits dans nos gènes. Il semblerait même que certains de ces derniers nous prédisposent à des comportements plus complexes et influent sur nos idéologies politiques ou la religion que nous choisissons.

L'épigénétique, une science nouvelle

L'épigénétique est un domaine scientifique relativement nouveau, qui étudie la façon dont la nature peut s'entremêler avec la culture. Cette discipline ne s'intéresse pas aux modifications des gènes, mais plutôt à la façon dont les expériences personnelles agissent sur les marqueurs génétiques et modifient l'expression génétique.

En 2014, une étude s'est intéressée aux changements épigénétiques en menant une expérience sur des souris. Ces petits rongeurs aiment l'odeur des cerises. Quand celle-ci parvient à leurs narines, une zone de leur cerveau liée au plaisir se met en marche et les motive à chercher le fruit. Dans le cadre de leur recherche, les scientifiques ont décidé d'associer cette odeur à un léger choc électrique. Rapidement, les souris ont appris et anticipé qu'elles ne devaient plus bouger lorsqu'elles sentaient cette odeur. Cette «nouvelle mémoire» était ensuite transmise aux générations suivantes: les petits-enfants des premières souris avaient peur des cerises sans avoir jamais ressenti de choc électrique. L'ADN du sperme de leur ancêtre n'était plus le même, une trace de son expérience passée était inscrite dans ses gènes.

L'épigénétique est une science nouvelle. Beaucoup de recherches dans ce domaine sont en cours, et s'interrogent quant à son applicabilité à l'espèce humaine. Des résultats préliminaires indiquent que des changements épigénétiques pourraient influencer les descendant·es d'individus ayant vécu des événements traumatiques.

C'est par exemple le cas d'une étude qui montre que les survivant·es de l'Holocauste et leurs enfants portent des modifications épigénétiques sur un gène lié à leurs niveaux de cortisol, l'hormone du stress. Les résultats de la recherche suggèrent que leurs descendant·es ont par la suite un taux de cortisol plus élevé et ont donc plus de risques de développer des troubles anxieux.

Ces différentes recherches ne signifient pas que nos vies sont prédéfinies par notre cerveau, l'ADN hérité de nos parents, et les souvenirs transmis par nos grands-parents. Il nous reste heureusement une marge de manœuvre grâce à laquelle nous pouvons construire notre futur, sans être restreint·es par nos gènes.

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