Culture

Des fruits et légumes utilisés pour les bruitages des films d'horreur

Temps de lecture : 2 min

En se servant de poireaux, céleris et tomates, le bruiteur Ronnie van der Veer recrée les sons les plus terrifiants.

Pour reproduire le son d'un os qui se brise, le bruiteur utilise du céleri. | Sharon Pittaway via Unsplash
Pour reproduire le son d'un os qui se brise, le bruiteur utilise du céleri. | Sharon Pittaway via Unsplash

Ronnie van der Veer est bruiteur. Son métier consiste à créer les sons que l'on entend ensuite dans les films. Il a notamment mis sa créativité au service des programmes Netflix L'essor de l'Empire ottoman et Ares, ainsi que pour le film The Lobster, primé au Festival de Cannes. La spécialité de l'artiste? Créer des sons qui donnent la chair de poule en utilisant des fruits et des légumes.

Ronnie van der Veer était étudiant lorsqu'il a dû pour la première fois recréer un son pour un film d'horreur. Dans la scène, le doigt d'un personnage était arraché. Pour rendre l'action vraisemblable, il avait cassé un poireau en deux.

La chair de la tomate

Dans un film, le bruit communique la douleur, même si la réalité est souvent bien moins spectaculaire. Pour Ronnie van der Veer, produire des bruits exagérés permet de mieux faire ressentir les actions au public, comme lorsqu'un coup de poing est donné.

Comment savoir à quoi ressemble le bruit que produit un membre lorsqu'il est arraché? Le bruiteur explique qu'il s'inspire d'abord de ce que d'autres cinéastes ont pu imaginer. Puis, débute une étape d'observation méticuleuse. Par exemple, dans le cas où il s'agirait de reproduire le bruit d'un doigt qui serait arraché d'une main, il convient d'abord d'établir qu'un doigt produira un son plus net et plus aigu qu'un bras, puisqu'il est plus petit. Dans un doigt, il y a des os, des tendons et de la peau. Il faut alors reproduire individuellement chacun de ces sons, avant de les associer ensemble.

Pour reproduire le son des os, Ronnie van der Veer aime utiliser du céleri. Les poireaux, plus croquants, sont parfaits pour un doigt. Et afin de reproduire le son de la chaire juteuse déchiquetée, l'artiste écrase des tomates entre ses mains.

Ronnie van der Veer aime particulièrement imaginer des sons forts, percutants et sanglants. Dans The Lobster, une scène montre un homme qui se frappe la tête contre une table et dont le nez se met à saigner. Pour reproduire ce son, le bruiteur tape la table avec sa main et casse en deux une botte de céleris. Grâce à ce jeu de sons, la scène devient encore plus percutante.

C'est probablement pour la série Ares que Ronnie van der Veer a dû imaginer le son le plus répugnant de sa carrière: reproduire le bruit d'un ongle se faisant arracher. Si l'image donnait déjà des frissons, le son l'a rendue bien pire. Le bruiteur a choisi d'utiliser des pistaches. En enlevant leurs coques, un claquement se fait entendre, ressemblant au bruit d'un ongle arraché de sa peau. Ce bruitage est ensuite combiné au son d'une mandarine en train d'être épluchée. Une fois finie, la séquence sonore créée comporte finalement quatre couches et permet de rendre l'action encore plus vraisemblable... et terrifiante.

Newsletters

Andalousie: un ancien bar pourrait être une synagogue perdue

Andalousie: un ancien bar pourrait être une synagogue perdue

Ce bâtiment abandonné daté du XIVe siècle pourrait faire partie de l’héritage de la communauté juive.

«Dickinson», l'une des meilleures créations comiques de ces dernières années

«Dickinson», l'une des meilleures créations comiques de ces dernières années

En s'attaquant à la vie de la poétesse, la série créée par Alena Smith relève un défi de taille.

20 églises magnifiques à Paris, dont certaines (trop) peu connues

20 églises magnifiques à Paris, dont certaines (trop) peu connues

Au-delà du Paris de Saint-Louis et de Victor Hugo, les églises préférées des visiteurs de la capitale réservent quelques très belles surprises. À l'heure du Covid, c'est le moment ou jamais de partir à leur découverte.

Newsletters