France

Les ouvrières derrière la caméra

Temps de lecture : 2 min

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«Merci patron». C'est le message d'adieu que laisse une ouvrière sur le cercueil de carton plaqué sur la façade de la Confection d'Alloeu. Filmés par une ancienne «collègue», les remerciements, à regarder sur Libération, sont amers après le licenciement de 95 salariées de l'usine textile située à la Gorgue, dans le Nord.

C'était il y a tout juste un an. Stéphanie Hammou avait confié une caméra aux ouvrières pour filmer la semaine de la fermeture de leur usine. D'abord méfiantes, elles ont ensuite largement contribué à l'expérience. Les six vidéos montées par la réalisatrice traduisent l'impuissance de ces femmes «au même poste parfois depuis 40 ans». Et au fil de l'avancement de pseudo-négociations, la suite des aventures semble jouée d'avance: analyse comptable, visite dans le bureau du patron, déménagement subreptice des machines dans la nuit.

Journaliste à Libération, Luc Peillon a rencontré les ouvrières un an après cette expérience vidéo-sociale. Il revient avec elles sur l'importance de ce tournage à l'époque de la fermeture. Elles décrivent la caméra comme un «but quotidien» à laquelle se raccrocher, jusqu'à la garder chez elles et filmer les «à-côtés»: «La réception d'une lettre de licenciement ou les vivres ramenés des Restos du cœur.» Un an plus tard, le constat est morose: seules 5 des ex-salariées d'Alloeu sur les 95 licenciées ont aujourd'hui retrouvé un emploi, souvent précaire.

[Lire le dossier et regarder les vidéos sur Libération]

Photo de une: capture d'écran de la vidéo n°3

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