Société

L'arrogance est un comportement contagieux

Temps de lecture : 2 min

Le better-than-average effect consiste à penser que nous sommes meilleur·es que la moyenne.

Si le prix Nobel d’économie de 2002 avait une baguette magique, il éliminerait notre complexe de supériorité. | krakenimages via Unsplash
Si le prix Nobel d’économie de 2002 avait une baguette magique, il éliminerait notre complexe de supériorité. | krakenimages via Unsplash

Nous avons l'habitude de penser que nous sommes plus intelligent·es, plus athlétiques, plus honnêtes, ou plus sympathiques que la moyenne. Il s'agit du better-than-average effect (littéralement «l'effet mieux-que-la-moyenne»). D'après Ethan Zell, maître de conférence en psychologie à l'université de Caroline du Nord à Greensboro, «quand on donne à des gens un questionnaire dans lequel ils doivent se noter par rapport à la moyenne, presque tous estiment être au-dessus de celle-ci dans pratiquement tous les domaines».

Les conséquences peuvent être sérieuses. Comme le professeur en psychologie James Reason le suggère, un excès de confiance en ses compétences sur la route peut mener à une conduite imprudente et à des accidents graves. En médecine, cela peut aboutir à des mauvais diagnostics; en droit, à des erreurs judiciaires; dans le monde des affaires, à des actions frauduleuses ou à la faillite d'une entreprise. Daniel Kahneman, lauréat du prix Nobel d'économie en 2002, a d'ailleurs fait remarquer que s'il avait une baguette magique grâce à laquelle il pourrait modifier un aspect de la psychologie humaine, il éliminerait notre complexe de supériorité.

Le virus de l'arrogance

Une nouvelle recherche dirigée par Joey Cheng, maîtresse de conférence en psychologie à l'université de York, montre que l'arrogance peut être contagieuse. «Si vous avez été en contact avec une personne arrogante, vous avez alors plus de chances de surestimer à votre tour vos propres capacités», explique-t-elle. Au sein d'une équipe, cela pourrait avoir des conséquences dangereuses.

Pour son étude, Joey Cheng a souhaité comprendre si notre ego pouvait gonfler au contact d'individus dont la confiance en soi est déjà surdimensionnée. L'une de ses expériences comportait deux étapes. Tout d'abord, les participant·es devaient analyser les visages d'inconnu·es sur des photos pour deviner leurs traits de caractère. Les volontaires devaient noter leur habileté à faire cet exercice par rapport au reste du groupe, afin que la chercheuse puisse mesurer les niveaux de confiance en soi de chacun·e. Dans un deuxième temps, les volontaires se livraient au même exercice, mais cette fois-ci par deux. Au moment de se noter par rapport aux autres, Joey Cheng a regardé si l'arrogance d'un des individus de la paire déteignait sur son acolyte.

Après plusieurs expériences, la chercheuse était en mesure de confirmer que l'illusion de supériorité d'une personne pouvait se transmettre aux autres. Au sein d'un groupe, cela pourrait même mener à un effet de cascade, à la suite duquel l'ensemble des individus se sentent supérieurs aux autres. Enfin, Joey Cheng décèle également un «effet de débordement»: une fois qu'une personne devient sûre d'elle dans un domaine, elle aurait tendance à devenir arrogante dans un autre.

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