Monde / Économie

L'extrême pauvreté s'aggrave dans le monde pour la première fois depuis des décennies

Temps de lecture : 2 min

Le seuil est fixé par la Banque mondiale à moins d'1,90 dollar par jour, soit 1,60 euro.

Des millions de nouvelles personnes pourraient se retrouver à vivre sous le seuil d’extrême pauvreté. | Frantisek_Krejci via Pixabay
Des millions de nouvelles personnes pourraient se retrouver à vivre sous le seuil d’extrême pauvreté. | Frantisek_Krejci via Pixabay

Alors que l'extrême pauvreté reculait dans le monde depuis plusieurs décennies, il semblerait que la tendance s'inverse en raison de la crise du Covid-19. En effet, des millions de nouvelles personnes pourraient se retrouver à vivre sous le seuil d'extrême pauvreté établi par la Banque mondiale, soit avec moins de 1,90 dollar par jour (environ 1,60 euro).

Durant les cinquantes dernières années, des centaines de millions de familles étaient parvenues à dépasser le seuil d'extrême pauvreté. Même si leurs revenus restaient le plus souvent faibles, cela leur permettait toutefois de sortir de la famine, d'assister à moins de morts prématurées et d'avoir davantage d'opportunités. En moins d'un an, le Covid-19 a inversé cette tendance.

D'après les prédictions de la Banque mondiale, le nombre de personnes vivant sous le seuil d'extrême pauvreté augmentera considérablement. Entre 70 millions et 100 millions d'individus supplémentaires pourraient se retrouver dans ce cas. Un tableau qui devrait persister pendant quelques années, en raison du ralentissement de la croissance économique à la suite du Covid-19, notamment dans des pays comme le Nigeria ou l'Inde, où les personnes les plus précaires résident. De plus, la Banque mondiale estime qu'entre 40 et 150 millions de personnes supplémentaires tomberont sous le seuil de pauvreté et devront donc vivre avec moins de 3,20 dollars par jour (environ 2,70 euros).

L'apparition de «nouveaux pauvres»

Selon un récent rapport de la Banque mondiale, «non seulement la crise du Covid-19 maintient les personnes dans la pauvreté, mais elle crée également un classe de “nouveaux pauvres”», notamment en Asie du Sud. Cela serait une conséquence d'un triple choc dû à «la pandémie en elle-même, à l'impact économique du confinement, et aux répercussions d'une récession mondiale».

La crise sanitaire actuelle constitue un recul important dans la lutte contre la pauvreté mondiale qui marquera les années, voire les décennies à venir. La plupart des dégâts ne sont pas directement liés au virus, mais à la récession économique mondiale qui en découle et qui a mené à l'effondrement de l'industrie du tourisme, à une chute spectaculaire de la demande en pétrole, et à l'interruption de l'activité de production de grandes usines.

Bien que les différentes organisations ne s'accordent pas sur la définition de la pauvreté, toutes conviennent que la situation s'améliorait jusqu'ici et, qu'à présent, elle se détériore. À ce sujet, la Fondation Gate écrit: «Nous avons célébré des décennies de progrès historiques dans la lutte contre la pauvreté et la maladie. Mais nous devons faire face à la situation actuelle avec franchise: ce progrès a maintenant pris fin.» Selon Andrew Sumner, économiste au King's College London, «cette pandémie a montré la fragilité des récents progrès».

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