Politique / Monde

Le Covid-19 pourrait faire grimper la cote de popularité de Trump

Temps de lecture : 2 min

Jair Bolsonaro et Boris Johnson, tous deux testés positifs au Covid-19 il y a quelques mois, ont retrouvé une certaine popularité après leur convalescence.

Les prochains jours seront décisifs dans la course à la Maison-Blanche. Donald Trump, le 18 septembre 2019. | Brendan Smialowski / AFP
 
Les prochains jours seront décisifs dans la course à la Maison-Blanche. Donald Trump, le 18 septembre 2019. | Brendan Smialowski / AFP  

Le 4 octobre, le président Donald Trump s'est accordé une petite sortie en voiture pour saluer ses partisan·es devant l'hôpital où il est hospitalisé, après avoir été testé positif au Covid-19, le 2 octobre. Le pensionnaire de la Maison-Blanche se veut rassurant car, il le sait, sa contamination pourrait bien faire basculer l'élection présidentielle américaine, prévue dans un peu moins d'un mois. Mais de quel côté?

Deux cas similaires peuvent nous permettre de mieux comprendre comment la cote de popularité d'un dirigeant fluctue lorsqu'il est infecté: celle du président brésilien Jair Bolsonaro et celle de Boris Johnson, premier ministre britannique, tous deux testés positifs il y a quelques mois.

Comme Trump, Jair Bolsonaro a plusieurs fois minimisé la gravité de l'épidémie et s'est régulièrement montré en public sans masque. Très critiqué pour sa gestion de la pandémie au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé par le virus, Bolsonaro n'a pourtant pas perdu en popularité lorsqu'il a été testé positif au Covid-19, le 8 juillet dernier.

Alors que la cote de popularité du président brésilien était de 32% un mois avant qu'il soit contaminé, elle a grimpé jusqu'à 37% le 14 août, soit un mois après avoir été testé positif, rapporte Vice US. Un élan de popularité qui n'a pas faibli depuis.

Même constat pour Boris Johnson, qui a contracté la maladie au printemps: sa cote de popularité est passée de 54 à 60% après son hospitalisation le 5 avril, selon YouGov. Son combat contre le virus, qui lui a valu d'être transféré en soins intensifs, a redoré son image auparavant ternie par sa gestion jugée désastreuse de l'épidémie.

Effet de courte durée

Si l'on s'appuie sur ces deux exemples, l'actuel président américain pourrait bien bénéficier de sa contamination pour rattraper son concurrent Joe Biden dans la course présidentielle, malgré une campagne électorale complètement chamboulée.

Actuellement à 14 points d'intentions de vote derrière le candidat démocrate (39% contre 53% selon un sondage effectué après le débat par le Wall Street Journal et NBC), Trump n'a que jusqu'au 3 novembre, date de l'élection, pour inverser la tendance.

Ce court laps de temps pourrait pourtant jouer en faveur de Trump. Si on suit l'exemple de Boris Johnson, on observe que sa hausse de popularité n'a été que de courte durée. Elle a bondi lorsqu'il est tombé malade, puis s'est effondrée un peu plus d'un mois après. Cet effet de ralliement, décrit par The Conversation, pourrait donc bénéficier à Trump dans les prochaines semaines, qui seront décisives dans la course à la Maison-Blanche.

D'un autre côté, cette contamination vient totalement contrarier sa stratégie, qui consistait à passer sous silence sa gestion dramatique de l'épidémie. Pas sûr que l'épreuve qu'il traverse actuellement depuis l'hôpital Walter Reed de Bethesda suffise à adoucir son image et à rendre indulgent l'électorat encore indécis.

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