Sciences

La destruction de la couche d'ozone modifie la couleur des fleurs

Temps de lecture : 2 min

Ce changement de pigmentation risque de les rendre moins attractives et de perturber leur pollinisation.

Les fleurs dépendent notamment de leurs modèles de pigmentation UV pour attirer les pollinisateurs. | Skyler Ewing via Pexels
Les fleurs dépendent notamment de leurs modèles de pigmentation UV pour attirer les pollinisateurs. | Skyler Ewing via Pexels

C'est un phénomène majeur et alarmant, que l'on ne peut pas percevoir avec nos yeux d'êtres humains. Selon une étude publiée dans la revue scientifique américaine Current Biology, le changement climatique et l'appauvrissement de la couche d'ozone influent sur la couleur des fleurs, affectant à terme leur capacité à se reproduire.

Pour observer cette transformation, l'équipe de Matthew Koski, professeur au département des sciences biologiques de l'Université de Clemson, aux États-Unis, a parcouru l'Europe, l'Australie et l'Amérique du Nord à la recherche de fleurs en tout genre.

Au total, les scientifiques ont récolté et examiné 1.238 fleurs de 42 espèces différentes datant de 1940 à 2017, ce qui leur a permis de comparer l'évolution de leur pigmentation UV en fonction de l'évolution des températures et de l'exposition aux rayons du soleil sur cette période.

Les résultats montrent deux phénomènes interconnectés: d'un côté, l'appauvrissement de la couche d'ozone à cause de l'activité humaine sur la période étudiée n'a fait qu'augmenter l'exposition des fleurs aux ultraviolets (UV); de l'autre, les fleurs davantage exposées aux rayons UV contiennent plus de pigments absorbant les UV dans leurs pétales.

Ainsi, les scientifiques ont constaté que le nombre de pigments absorbant les UV dans les pétales des fleurs étudiées avait augmenté de 2% chaque année depuis 1941 –ce qui modifie la perception que les pollinisateurs ont de ces végétaux étant donné que, contrairement à nous, ils sont sensibles au rayonnement UV.

Influence sur la pollinisation

Comme l'explique EcoWatch, c'est le contraste entre les pigments UV d'un spécimen qui attire les pollinisateurs (par exemple les colibris et les abeilles). Or, avec l'augmentation du nombre de pigments UV, ce précieux contraste s'estompe et certaines fleurs perdent en attractivité au profit de fleurs contenant moins de pigments.

Les scientifiques craignent donc que le changement progressif observé dans l'étude perturbe la capacité de reproduction de certaines de ces plantes.

L'augmentation du rayonnement UV sur la surface de la Terre est déjà à l'origine d'autres modifications perceptibles. Selon une étude du MIT, la couleur des océans, qui dépend des interactions entre les rayons du soleil et tout ce qui se trouve dans l'eau, notamment le phytoplancton, pourrait virer davantage au bleu et vert. Les conséquences pourraient, là encore, être désastreuses.

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