Covid-19 et amours à distance: trois conseils pour bien gérer sa relation aux écrans
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Covid-19 et amours à distance: trois conseils pour bien gérer sa relation aux écrans

Temps de lecture : 3 min
Slate.fr

Un amour peut-il durer et se fortifier uniquement au travers d’un quotidien rythmé par le virtuel? C’est la question que pose, avec subtilité et émotion, A cœur battant, le film de la réalisatrice israélienne Keren Ben Rafael, qui sort le 30 septembre sur les écrans.

Durant plus de cinquante-cinq jours, ils ont été radicalement séparés. Simon était tenu de terminer son contrat en Turquie tandis que Clara se confinait chez sa mère en Normandie, tout en assurant en ligne son activité d’enseignante en lettres. Annulés le week-end romantique à Istanbul et le retour de Simon pour l’anniversaire de sa compagne au mois d’avril 2020. Pour des milliers de couples vivant des relations à distance, l'épidémie de Covid-19 a été un challenge supplémentaire, l’incertitude des retrouvailles s’ajoutant à un quotidien amoureux déjà rythmé par le virtuel.

Et gérer la présence des écrans et l’instantanéité des échanges n’a pas toujours été une évidence, comme le confie Clara, 27 ans. «Avec Simon, il y a vraiment eu des moments où on «déjeunait ensemble» en posant le téléphone ou l’ordinateur sur un coin de table! Ma mère m’a gentiment fait remarquer que ça devenait envahissant».

S’il est trop tôt pour analyser à quel point le confinement et la fermeture des frontières ont bouleversé nos habitudes de communication, voici quelques conseils pour gérer plus sainement votre relation aux écrans si vous expérimentez actuellement une relation à distance.

1. Réfléchir à ce que partager veut dire

Un amour peut-il s’épanouir, durer et se solidifier uniquement au travers d’une relation virtuelle et d’écrans interposés ? C’est la question que pose, de façon subtile et émouvante, le film A cœur battant d’une réalisatrice à suivre, Keren Ben Rafael, qui sortira le 30 septembre sur les écrans de cinéma.

Nommé meilleur film au Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles, le long-métrage met en scène Julie (jouée par Judith Chemla) et Yuval, un jeune couple franco-israélien sommé de séjourner chacun dans leurs pays respectifs en attendant une régularisation administrative. C’est donc uniquement au travers de leurs caméras de visio-conférence que l’on observe se dérouler leur vie: des premiers pas de leur enfant à une fête de famille filmée en direct.

Un dispositif audacieux qui permet de mesurer les richesses comme les limites du virtuel dans la construction à distance d’un amour. Et de s’interroger sur la communication à mettre en place autour d’un tel quotidien. Car, paradoxalement, si les protagonistes du film sont en contact permanent, leurs désirs et leurs partages s’étiolent et s’appauvrissent au fur et à mesure qu’ils sont envahis par les kilomètres qui les séparent et qu’ils subissent de plein fouet. L’écran ne se substitue en aucun cas au dialogue. A coeur battant rappelle de façon prégnante qu’une caméra allumée constamment ne remplace pas un véritable échange.

2. (Ré)inventer son intimité virtuelle

Le film de Keren Ben Rafael s’ouvre sur une scène de sexe dont on comprend progressivement qu’elle est vécue par écrans interposés. Un amour à distance n’est pas un frein pour la vie affective et sexuelle. Au contraire, elle peut aussi devenir l’occasion de se rapprocher… toutes proportions gardées!

« La relation à distance m’a permis de prendre confiance dans mon corps et dans l’image qu’il renvoie, explique Clara. On s’est envoyé pas mal de photos, on se regarde à travers une caméra, on enregistre des voice notes un peu scénarisées et ce sont nos uniques moyens d’échange… ça pousse à être inventifs et à sortir de sa zone de confort. Grâce à la séparation, j’ai bizarrement l’impression qu’on se connaît beaucoup mieux dans nos désirs et nos envies».

Réfléchir à de nouveaux modes de communication, des plus pointus aux plus old school, ouvre à l’épanchement amoureux comme à l’érotisme. S’envoyer des lettres manuscrites, par exemple, peut permettre de recréer l’attente, de s’émanciper du joug de l’instantanéité et de coucher son cœur sur le papier. Alors, prêt.e.s à faire preuve d’imagination?

3. Un droit à la déconnexion amoureuse

Être sans cesse en train de courir après un rendez-vous Skype, avoir la sensation d’être rivé.e à son téléphone en permanence et déclencher des crises de jalousie irraisonnées lorsqu’on omet de donner des nouvelles plus de quatre heures d’affilée. Tels sont les travers dans lesquels peuvent aisément tomber les amoureux du XXIème siècle trop fusionnels.

Il est important de se rappeler que, si la communication 2.0 permet d’oublier les kilomètres de séparation, elle n’est pas pour autant un palliatif à l’éloignement. Rien ne sert donc d’en faire un trop grand usage. «Au bout de quelques semaines, j’ai craqué, se souvient Clara. Et j’ai demandé à un droit à la déconnexion amoureuse! Sinon, entre le télétravail et ma télérelation, j’avais l’impression de ne plus vivre du tout dans le monde réel».

En planifiant des heures de rendez-vous à durée déterminée et en se laissant du temps pour profiter de sa famille, Clara a pu retrouver une juste mesure dans son utilisation romantique des écrans durant le confinement. Pour la jeune femme qui a enfin retrouvé son amoureux, «tout est possible si on sait garder un équilibre».

Crédit photo: © Condor Distribution

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