Politique / Monde

Pourquoi le Japon a-t-il rejoint les forces de l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale?

Temps de lecture : 3 min

Le Japon détestait l'Occident. Pourtant, il a accepté de s'allier avec l'Allemagne et l'Italie. Une alliance qui ne s'est pas avérée très fructueuse.

Le drapeau de l'armée impériale japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale. | Rama via Wikicommons
Le drapeau de l'armée impériale japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale. | Rama via Wikicommons

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

La question du jour: «Pourquoi le Japon a-t-il rejoint les forces de l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale ?»

La réponse de Brian Gogarty, étudiant en histoire:

Le Japon s'est rapproché de l'Allemagne et de l'Italie avant même le début de la guerre. À l'époque, ces trois pays cherchaient à devenir de grandes puissances impériales, au point de violer les lois internationales.

En Europe, l'Allemagne nazie était en train de se reconstituer une armée puissante, ce qui était interdit par le traité de Versailles, et elle a quitté la Société des nations (SDN) dès 1933. De son côté, l'Italie de Mussolini avait envahi brutalement l'Éthiopie en 1935, ce qui lui a valu des sanctions de la SDN avant de décider de quitter cette organisation en 1937.

En Asie, le Japon s'était aussi emparé en 1931 de la Mandchourie en Chine, ce qui fut également condamné à l'échelle internationale. Le Japon s'est donc retrouvé isolé des grandes puissances, ce qui l'a poussé à claquer la porte à la SDN en 1933. Le Japon, l'Allemagne et l'Italie se sont donc retrouvées isolées diplomatiquement, et cherchaient alors du soutien. Même s'ils se méfiaient réciproquement les uns des autres, les trois pays se sont peu à peu rapprochés.

En novembre 1936, l'Allemagne et le Japon ont signé le Pacte anti-Komintern, ils étaient ainsi associés pour la première fois. Mussolini le ratifia l'année suivante.

Même si, dans la pratique, ce pacte ne signifiait pas grand-chose, le soutien moral (ou immoral) qu'il apportait aux fascistes européens encourageait les Japonais à poursuivre leur objectif d'annexion du reste de la Chine. Ainsi, en 1937, ils ont déclenché l'invasion à grande échelle du pays, s'emparant de la capitale, Nankin, et d'une grande partie de la côte.

Un soldat japonais devant des victimes du massacre de Nankin. | Moriyasu Murase via Wikicommons

Efforts diplomatiques

Le 27 septembre 1940, le Japon, l'Allemagne et l'Italie ont signé le Pacte tripartite, qui consistait essentiellement à former une alliance défensive pour écarter le danger d'une déclaration de guerre américaine: si Roosevelt attaquait l'un des membres de l'Axe, il devrait également affronter les autres puissances.

Ce pacte a mis Roosevelt hors de lui, il estimait que ces trois pays projetaient de «s'unir dans un ultime combat contre les USA». Et ce n'était pas la première fois que les Japonais s'attiraient l'hostilité des Américains. Leurs atrocités en Chine et leur mainmise sur l'Indochine française en août 1940 les avaient aussi beaucoup ulcérés. En représailles, Roosevelt décida de suspendre les livraisons de pétrole vers le Japon et bloqua les avoirs de ce pays.

Mais, pour revenir au Pacte tripartite, malgré cette alliance défensive contre les États-Unis, les efforts diplomatiques entre le Japon et les fascistes européens n'allaient pas beaucoup plus loin. Ils gardaient toujours leur méfiance réciproque. Par exemple, lorsque le ministre japonais des Affaires étrangères, Yōsuke Matsuoka, s'est rendu à Berlin au printemps 1941, Hitler n'avait pas mentionné ses projets d'attaque de l'URSS. En effet, il n'avait pas l'intention de partager le butin avec le Japon, il souhaitait plutôt l'encourager à attaquer les colonies britanniques en Extrême-Orient.

Non averti de la tension croissante sur le front de l'Est, Matsuoka rentra au Japon via Moscou et signa un pacte de neutralité avec Staline, qui resta en vigueur jusqu'à l'invasion soviétique de la Mandchourie à la fin de la guerre. Le 7 décembre 1941, le Japon attaqua les États-Unis à Pearl Harbor, sans en informer l'Allemagne et l'Italie. Le 11 décembre, Hitler et Mussolini ont à leur tour déclaré la guerre aux États-Unis, sans doute espérant ainsi convaincre le Japon de combattre l'URSS (contre laquelle ils étaient désormais en difficulté) à leurs côtés, mais en vain.

De toute façon, le Japon et l'Allemagne/Italie ne pouvaient pas se soutenir militairement ni économiquement car les Alliés contrôlaient les océans, ce qui les empêchait d'acheminer des troupes et des marchandises entre l'Europe et l'Asie. Ils ont alors dû se débrouiller seuls. On ne peut donc pas dire que cette alliance fut très fructueuse pour les trois pays.

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