Société

Pourquoi on s'entend si bien avec certaines personnes (et pas du tout avec d'autres)

Temps de lecture : 2 min

La théorie de la réalité partagée permettrait de répondre à cette interrogation.

Partager une même réalité permettrait de se rapprocher plus facilement de l'autre. | Kelly Sikkema via Unsplash
Partager une même réalité permettrait de se rapprocher plus facilement de l'autre. | Kelly Sikkema via Unsplash

Qu'est-ce qui fait que l'on a parfois de très bonnes affinités avec certaines personnes, tandis que le courant ne passe pas du tout avec d'autres? C'est la question sur laquelle s'est penchée Maya Rossignac-Milon, psychologue à l'université de Columbia. Selon elle, si certains individus accrochent vite, c'est parce qu'ils partagent une même réalité.

Pour mener son étude, Maya Rossignac-Milon a créé un questionnaire qui mesure à quel point les couples partagent une réalité commune. Chaque volontaire devait dire s'il était d'accord avec des affirmations telles que: «Nous pensons souvent la même chose au même moment» ou «À travers nos discussions, nous adoptons généralement des réflexions similaires».

Une fois le questionnaire rempli, chaque participant·e a, de son côté, été soumis·e à des expériences sensorielles, comme déguster des aliments ou regarder des images, avant de les noter. L'équipe de recherche a ensuite fait de faux retours aux couples: elle a dit à la moitié d'entre eux qu'ils vivaient le monde sensoriel de la même manière, et à l'autre moitié qu'elle le vivait différemment.

Une fois réunis, les couples devaient ensuite discuter entre eux de diverses images. Maya Rossignac-Milon a remarqué que les couples qui pensaient être sur la même longueur d'onde, mais à qui on avait affirmé le contraire, tentaient de montrer une complicité, en finissant les phrases de l'autre ou en faisant des blagues qu'eux seuls peuvent comprendre. «Ils réaffirmaient que malgré ces retours [négatifs], ils vivaient réellement le monde de la même manière», commente la chercheuse.

La réalité partagée entre deux inconnus

Maya Rossignac-Milon a également cherché à comprendre le rôle que joue la réalité partagée entre deux personnes inconnues. Grâce à une plateforme en ligne, elle a créé des paires d'inconnu·es qui devaient échanger sur une série d'images abstraites en leur donnant un sens. La recherche a conclu que les duos qui sympathisaient le plus étaient ceux qui imaginaient dans les dessins des formes similaires et partagaient une même réalité.

Cette recherche remet en cause l'idée traditionnelle selon laquelle nous sommes davantage attiré·es par les personnes qui nous ressemblent, avant même de les rencontrer. Selon la théorie de la réalité partagée, nos préférences se forment à travers nos interactions sociales, et n'existent pas antérieurement à nos rencontres.

Cette idée s'oppose au principe des applications de rencontre selon lequel il serait possible de former des couples parfaits en collectant assez d'informations sur chaque personne. La théorie de la réalité partagée prétend qu'il est difficile de prédire la réussite d'une entente entre deux personnes, celle-ci dépendant de notre façon d'appréhender le monde conjointement. Elle suggère que les chances de se sentir proche de quelqu'un sont plus élevées lorsque l'attention est portée sur un sujet autre que nous-même.

Newsletters

«J'ai toujours galéré pour les pantalons»: quand la mode reste bloquée sur les normes

«J'ai toujours galéré pour les pantalons»: quand la mode reste bloquée sur les normes

Lorsqu'on est gros ou en situation de handicap, trouver des vêtements est un défi du quotidien.

Elli, 34 ans: «J'étais vraiment focus sur l'exploration de la bite»

Elli, 34 ans: «J'étais vraiment focus sur l'exploration de la bite»

«Plus je vieillis, moins je serai raisonnable. J'espère avoir un parcours croissant vers le déraisonnable.» Elli est une femme cis de 34 ans qui s'est longtemps définie comme hétérosexuelle, mais qui préfère aujourd'hui le terme...

Comment des militants voulaient faire entrer la pédophilie dans les mœurs

Comment des militants voulaient faire entrer la pédophilie dans les mœurs

Dans les années 1970-1980, ils ont tenté d'obtenir la légitimité de leur pratique, sans succès, comme en a encore témoigné l'affaire Gabriel Matzneff.

Newsletters