Économie

La troisième grève à la SNCF depuis janvier s'annonce «conséquente»

Temps de lecture : 2 min

Pour la troisième fois en à peine trois mois, le trafic de la SNCF connaîtra des perturbations importantes en raison d'une nouvelle grève qui débutera mardi 6 avril à 20 heures pour une durée encore indéterminée.

Deux des plus importants syndicats de l'entreprise publique, la CGT (40% des voix aux élections professionnelles) et Sud Rail (18%) appellent les agents à une grève reconductible sur la question des salaires, du fret et des réorganisations au sein de l'entreprise. La CGT a déposé des préavis pour les 6 et 8 avril et la direction s'attend à un mouvement au moins jusqu'à jeudi soir, en dépit des divisions syndicales, la CFDT et la FGAAC ayant retiré leurs mots d'ordre de grève.

L'appel à la grève concerne les contrôleurs, les agents du fret et les 16.000 conducteurs de train à partir de mardi 20 heures. Les autres catégories de personnel, y compris les agents affectés au matériel, les commerciaux et les administratifs sont appelés à une grève de 24 heures à partir de jeudi par la CGT et dès mercredi par SUD-rail. Aucune reprise des négociations n'est officiellement prévue avant le début de la grève, selon la direction de la SNCF et la CGT.

Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT des cheminots, a affirmé que la durée de la grève serait liée à «l'ouverture ou non des négociations et des résultats». «Personne ne peut dire aujourd'hui combien de temps le conflit va durer», a-t-il menacé sur RMC.

Des cheminots de Sud Rail aimeraient joindre aux revendications le dossier des retraites qui s'ouvre, avec une première réunion de cadrage le 12 avril au ministère du Travail.

La direction de la SNCF répète que sa porte est ouverte pour négocier sur plusieurs points, ce qu'elle a fait la semaine dernière avec la CFDT et la FGAAC (conducteurs), qui ont finalement retiré leur préavis.

La CFDT semble pour sa part soucieuse de ne pas épuiser ses troupes avec le bras de fer prévisible avec le gouvernement sur le dossier des retraites, mais sa défection n'a pas entamé la détermination de la CGT.

«D'après mes informations, ce mouvement s'annonce assez conséquent. Il faut que le président de la SNCF ouvre de vraies discussions sur l'emploi, a estimé Didier Le Reste. On nous annonce 450 nouvelles embauches, mais il faut faire la part des choses et distinguer ce qui relève de l'affichage: une partie de ces embauches ont été décidées en 2009. Je pense qu'il y a tromperie sur la marchandise».

La CGT exige l'embauche de 2 000 cheminots supplémentaires pour 2010, alors que, selon elle, 22 000 postes ont été supprimés depuis 2002.

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Image de Une: voies désertées Regis Duvignau / Reuters

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