Monde

L'assassinat de l'extrémiste Terre'Blanche fait craindre une flambée de violence en Afrique du sud

Slate.fr, mis à jour le 06.04.2010 à 9 h 21

Les autorités d'Afrique du sud ont lancé de nombreux appels au calme après le meurtre samedi 3 avril du dirigeant d'extrême droite Eugène Terre'Blanche, tandis que les partisans de la suprématie blanche promettaient de se venger.

Des dizaines de ses partisans ont convergé dimanche 4 avril autour de la ferme de l'ancien champion de la suprématie blanche, criant leur peur et leur colère. Certains déposaient des gerbes de fleurs, d'autres priaient, en larmes. Eugène Terre'Blanche, 69 ans, a été retrouvé battu à mort.  Emprisonné en 2001 pour avoir tenté d'assassiner un garde de sécurité noir, il avait été libéré en 2004 pour bonne conduite et était tombé dans un oubli relatif. A la tête de milices paramilitaires dotées d'un emblème proche de la croix gammée nazie, il avait organisé des attentats meurtriers pour s'opposer aux premières élections multiraciales, en 1994. Depuis son mouvement, l'AWB, est tombé en désuétude.

Mais le meurtre de l'extrémiste, apparemment commis par deux ouvriers agricoles noirs après une dispute sur des salaires non payés, pourrait raviver les tensions et les violences raciales à deux mois de la Coupe du monde de football dans un pays où la couleur de la peau reste un sujet douloureux seize ans après la fin officielle du régime d'apartheid.

Les exploitations agricoles d'Afrique du sud sont toujours pour l'essentiel entre les mains des fermiers blancs. Il y règne un climat de violence et près de 1 250 personnes ont été tuées entre 1997 et 2007 dans les fermes.

L'actuel secrétaire général de l'AWB , André Visagie, a promis que le mouvement déciderait «des actions pour venger la mort de M. Terre'Blanche» le 1er mai, demandant à ses membres de «rester calmes pour le moment.» «Nous ne sommes pas des racistes. Nous pensons simplement que chacun doit rester avec ceux de sa race», a affirmé le «commandant» de l'AWB Pieter Steyn, arborant un T-shirt «100% Boer» (fermier en Afrikaans, la langue des descendants des premiers colons néerlandais et huguenots) et entouré d'hommes armés.

Les deux jeunes ouvriers agricoles noirs soupçonnés d'être les auteurs de l'assassinat ont été arrêtés. Le président sud-africain Jacob Zuma, qui entend maintenir de bonnes relations avec la minorité afrikaner, a évoqué un «acte atroce» et invité ses compatriotes à ne pas «permettre aux agents provocateurs de profiter de la situation en alimentant la haine raciale».

Les craintes de nouvelles tensions raciales ont été aussi alimentées récemment par une chanson controversée «Kill the Boer» interprétée par le leader du mouvement de jeunesse du Congrès national africain (ANC) au pouvoir, Julius Malema. Certains pensent que cette chanson aurait pu pousser des Noirs à passer à l'action et tuer Eugène Terre'Blanche.

L'ANC a souligné que cette chanson n'était qu'un moyen de se souvenir de l'histoire de l'oppression, mais sa diffusion a semé l'inquiétude dans la minorité blanche, qui représente 10% de la population sud-africaine et dont 3.000 membres ont été tués depuis l'abolition de l'apartheid.

 

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Image de Une: Eugène Terre'Blanche Reuters
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