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Une lanceuse d'alerte signale des cas de stérilisation forcée dans un camp de détention de migrants aux États-Unis

Temps de lecture : 2 min

En Géorgie, dans un camp géré par une entreprise privée, des migrantes subissent des hystérectomies dont la légitimité est sujette à caution.

Une femme dans un camp de détention à Phoenix en Arizona en 2010. | John Moore / Getty Images North America / AFP
Une femme dans un camp de détention à Phoenix en Arizona en 2010. | John Moore / Getty Images North America / AFP

Lundi 14 septembre, plusieurs groupes de défense (Project South, Georgia Detention Watch, Georgia Latino Alliance for Human Rights et South Georgia Immigrant Support Network) ont déposé plainte auprès du Département de la Sécurité intérieure américain (DHS) après qu'une lanceuse d'alerte, une infirmière appelée Dawn Wooten ayant travaillé dans un centre de rétention d'immigrant·es clandestin·es, a signalé un refus de dépister les personnes détenues pour détecter une éventuelle infection au coronavirus ainsi qu'un nombre «démesuré» d'hystérectomies.

Dawn Wooten travaillait dans le centre de détention d'Irwin County (ICDC), en Géorgie, camp géré par une entreprise carcérale privée appelée LaSalle Correction.

Plusieurs femmes se sont plaintes auprès de Project South de ce qu'il leur semble être un nombre anormal d'ablations de l'utérus. Elles rapportent que beaucoup des femmes qui ont subi cette opération étaient «confuses» lorsqu'on leur demandait pourquoi elles l'avaient subie.

«Récemment, une migrante détenue a dit à Project South qu'elle avait parlé à cinq femmes différentes détenues au ICDC entre octobre et décembre 2019 qui avaient eu une hystérectomie, expose la plainte. Ces femmes étaient confuses quand il s'agissait d'expliquer pourquoi elles l'avaient subie.» Cette témoin a confié à Project South qu'elle avait l'impression que celles-ci essayaient «de se convaincre elles-mêmes que tout allait bien se passer», rapporte le site Law & Crime.

Faux prétextes

Selon Dawn Wooten, l'ICDC avait recours à un gynécologue en particulier, en dehors du camp, qui optait quasiment toujours pour l'ablation complète ou partielle de l'utérus de ses patientes détenues. «Toutes celles qu'il voit subissent une hystérectomie –à peu près toutes, explique Dawn Wooten. Ce n'est pas possible que les utérus de toutes ces femmes soient fichus à ce point.» L'infirmière affirme également que beaucoup de détenues à qui elle a parlé lui ont dit ne pas avoir compris pourquoi on les obligeait à subir cette opération. Que certaines des infirmières qui ne parlaient pas espagnol ont obtenu leur consentement «en googlant simplement en espagnol».

La plainte comporte plusieurs récit de détenues, notamment de l'une d'entre elles mal anesthésiée pendant la procédure et qui a entendu le médecin en question dire à l'infirmière qu'il avait retiré le mauvais ovaire par erreur, ce qui a eu pour conséquence de la rendre stérile. Une autre raconte qu'elle devait subir cette opération, et que lorsqu'elle a demandé pourquoi elle était nécessaire, elle a reçu plusieurs réponses différentes.


L'agence chargée du contrôle des frontières et de l'immigration (ICE) a refusé de commenter la plainte et déclaré qu'elle prenait «toutes les accusations au sérieux, tout en précisant qu'en règle générale, les accusations anonymes et non-prouvées faites sans détails vérifiables doivent être traitées avec le scepticisme approprié qu'elles méritent».«Au départ, le médecin lui a dit qu'elle avait un kyste ovarien et qu'elle allait avoir une petite opération de vingt minutes, que trois petits trous seraient percés dans son ventre pour le drainer, peut-on lire dans la plainte. Le policier qui l'a conduite à l'hôpital lui a dit qu'on allait lui faire une hystérectomie pour lui retirer son utérus. Quand l'hôpital a refusé de l'opérer parce que son test de dépistage Covid était positif et montrait qu'elle avait des anticorps, elle a été transférée de nouveau au ICDC où l'infirmière lui a dit que l'opération qu'elle allait subir impliquait une dilatation du vagin et un curetage de tissus.»

Une autre infirmière lui a expliqué que la procédure servait à réduire ses règles abondantes, alors qu'elle n'avait pas ce problème. Lorsqu'elle l'a expliqué, l'infirmière «a réagi en se mettant en colère, en s'énervant et en lui criant dessus».

La lanceuse d'alerte n'est pas anonyme.

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