Santé / Monde

La Chine a vacciné plus de 100.000 personnes contre le Covid-19 sans attendre la fin des essais

Temps de lecture : 2 min

Plusieurs vaccins expérimentaux sont administrés en toute discrétion depuis le mois de juillet.

Trois vaccins expérimentaux ont été approuvés par Pékin pour une utilisation d'urgence au niveau national. | Nicolas Asfouri / AFP
Trois vaccins expérimentaux ont été approuvés par Pékin pour une utilisation d'urgence au niveau national. | Nicolas Asfouri / AFP

Tandis que la course mondiale pour la découverte d'un vaccin contre le Covid-19 bat son plein, la Chine semble avoir pris un raccourci pour arriver en tête, quitte à mettre sa population en danger.

Sinopharm, la société publique qui développe deux des principaux vaccins chinois contre le virus, a déclaré le 7 septembre qu'elle avait déjà vacciné plus d'une centaine de milliers de personnes avant même la fin des essais cliniques, rapporte le média Vox.

Ce sont en fait trois vaccins expérimentaux, encore à la phase 3 des essais cliniques, qui ont été approuvés par Pékin pour une utilisation d'urgence au niveau national, lancée dès le mois de juillet. Parmi ces vaccins, deux sont développés par la China National Biotec Groupe Co., une filiale de Sinopharm, et un par Sinovac, une société biopharmaceutique chinoise. Cette dernière a notamment déclaré que 90% des employé·es de l'entreprise ainsi que leurs proches -soit environ 3.000 personnes- ont aussi été vaccinés, ajoute le média américain.

La vaccination massive de plus de 100.000 personnes s'est faite en toute discrétion. Ce n'est qu'à la fin du mois d'août que ces vaccinations dans le cadre du programme d'urgence nationale ont été rendues publiques, soit plus d'un mois après son lancement.

Les injections ont été administrées sur des personnes à haut risque, comme le personnel médical, les douanier·ères, les diplomates et des membres du personnel de l'industrie des services.

Risques d'effets secondaires

C'est une vraie prise de risque de la part de Pékin, qui souhaite, à l'instar de la Russie et son vaccin «Spoutnik V», aller vite. Pourtant, cela peut s'avérer dangereux et injecter un vaccin qui n'a pas encore fait ses preuves à la troisième phase des essais cliniques peut avoir de lourdes conséquences.

L'enjeu de la phase 3, ultime étape des tests, est d'identifier les effets secondaires que les deux phases préalables n'ont peut-être pas détectés, d'établir la balance bénéfices-risques du vaccin ainsi que de définir les précautions d’emploi.

Cette phase d'essai s'est avérée essentielle il y a quelques jours à peine. Un patient a mal réagi au vaccin élaboré par le laboratoire britannique AstraZeneca, alors dans la phase trois des essais. Le 8 septembre, le laboratoire a mis en pause les tests du vaccin, pourtant annoncé comme étant l'un des plus prometteurs.

Pour l'heure, le gouvernement chinois et Sinopharm n'ont rapporté aucun cas de personnes ayant eu des effets indésirables après l'injection de ces vaccins expérimentaux. Par ailleurs, aucun·e d'entre elles·eux n'aurait été infecté par le coronavirus depuis la vaccination. Affaire à suivre.

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