Koh-Lanta, la télé-réalité en circuit fermé
L'émission de TF1 est un monstre qui s'auto-alimente.
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En fait, c'est même toute la télé-réalité qui excelle dans l'art de faire du neuf avec du vieux (et on ne pense pas forcément à la présence d'Aldo Maccione dans La Ferme célébrités 3); mais tout de même, cette 10e édition de Koh Lanta, c'est un peu comme si la 8e saison avait copulé avec la 9e et accouché d'un monstre à deux têtes:
- à ma gauche, d'anciens candidats qui poussent le masochisme jusqu'à rempiler pour une nouvelle période de privation et de souffrances physiques au nom du dépassement de soi et assez probablement pour payer les travaux de la piscine.
- à ma droite, d'anciens sportifs pas frais frais mais suffisamment vaillants pour qu'on les envoie perdre des kilos sur une île déserte sur l'air de «vous faites moins les malins là».
Le challenge peut d'ailleurs paraitre déséquilibré. Si les anciens candidats ont prouvé qu'ils étaient capables de se brosser les dents avec du bambou et tirer la substantifique moelle d'un bigorneau, et même si on admet qu'ils avaient probablement 18/20 en EPS, on imagine que les sportifs représentés entre autres par Djamel Bouras et Franck Leboeuf (la lala la la, lalalalala la lala la la) sont dotés d'une forme physique et d'une endurance qui leur donneront quelques longueurs d'avance. D'ailleurs, Frank Leboeuf a récemment gaffé dans une interview à la radio en laissant échapper: «Jamais dans mon idée, je ne pensais gagner». Une bien belle boulette pour celui qui avait déjà éprouvé sa télégénie et son éloquence dans une publicité pour la viande bovine («Moi, ce que je préfère, c'est le boeuf»).
Hostilité du climat
Mais peu importe, car les gagnants, on s'en fout. Qui se souvient du nom des vainqueurs des précédentes éditions? Qui se souvient des différentes îles sur lesquelles ont été tournées les différentes saisons (car Koh Lanta comme le Paris-Dakar a gardé le nom du premier lieu de tournage même si depuis, les aventuriers ont échoué au Costa Rica, aux Philippines ou encore au Vanuatu). Bref, tout ça on s'en tape, ce qu'on veut, et il faudra bien l'admettre, c'est les voir becqueter des vers gluants et suer sang et eau, debout sur des rondins de bois en plein cagnard.
Et même si ce plaisir sadique a commencé à s'émousser aux alentours de la 5e saison, il garantit encore le succès de cette nouvelle édition. L'idée selon laquelle il existe une télé-réalité noble (Koh lanta, Nouvelle star...) et une télé-réalité beurk caca (La Ferme Célébrités, La Star Ac'...) n'est ni plus ni moins qu'un alibi vaseux pour continuer à regarder des anonymes en quête de célébrité se coller la honte à la télé.
Certes, le fait que Koh Lanta soit dénué de toute la tension sexuelle qui a fait le sel des premiers émissions de trash tv (Loft Story en tête) retire au moins un des enjeux. On peut d'ailleurs s'en étonner, dans la mesure ou une simple piscine avait suffit à faire péter la libido des lofteurs alors qu'on avait à peine eu le temps de dire «coca-cola» tandis que les aventuriers sont entourés de flotte et ne songent pour autant pas à forniquer dans de l'eau de mer. On peut aussi imaginer que les conditions d'hygiène déplorables alliées à la faim qui tenaille les candidats les font davantage rêver d'une douche et d'une entrecôte que d'un gang bang dans les lagons bleus. Et cette absence cruelle d'ébats aquatiques, les téléspectateurs s'en accommodent très bien, dès lors qu'on leur donne le reste: l'hostilité du climats, des conditions de vie, et fatalement des rapports entre les êtres.
Aux Etats-Unis, Survivor, qui a inspiré Koh lanta, en est à sa 20ème diffusion sur CBS. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ont su broder autour du concept. La 8eme saison a ainsi vu arriver des participants des précédentes émissions (principe dont s'est directement inspiré le Koh Lanta All stars de 2009). Mais ils sont allés beaucoup plus loin, et sans s'embarrasser du politiquement correct. La saison 13 baptisée Survivor Cook Islands s'est ainsi basée sur des affrontements entre les couleurs de peau, se faisant s'opposer des Afro-Américains, des Asio-Américains, des Hispano-Américains et des Blancs américains.
Évidemment, le concept a largement indigné mais la production s'en est plus ou moins sortie en rétorquant qu'il s'agissait là de représenter la population américaine dans toute sa diversité. Après des éditions qui constituaient les équipes en fonction des sexes (homme vs femmes) ou encore des âges (jeunes vs vieux), Survivor est allé encore un peu plus loin en créant une édition «Favoris vs Fans», soit les grands vainqueurs des éditions précédentes opposés à des adeptes de l'émission qui possédaient donc un atout: ils connaissaient les points forts et les faiblesses de leurs adversaires pour les avoir vus évoluer depuis leur canapé.
Koh Lanta pourra difficilement reprendre le concept «couleurs de peau» sans s'attirer les foudres des ligues antiracistes, mais on peut parier que les fans français se bousculeraient pour affronter les Jade et autres Romuald. Reste pourtant que l'émission de TF1 pourrait également pousser le bouchon un peu plus loin et assurer sa longévité en proposant des concepts inédits qui ne s'inspireraient pas du modèle américain. Pourquoi pas un Koh Lanta Super Nanny où l'on enverrait des sales gosses manger des cailloux et boire la tasse pour apprendre la vie. Ou encore un Koh Lanta spécial animateurs dans lequel Christophe Hondelatte serait bien emmerdé en blouson de cuir par 45° à l'ombre. Ou pire, Koh Lanta Eric Zemmour vs des noirs et des arabes qui permettrait au chroniqueur d'étayer les théories selon lesquelles les noirs grimpent vite aux arbres et les arabes tiennent rudement bien sans manger merci le ramadan)... Ce jour venu, il sera temps pour nous de nous exiler à notre tour sur une île, mais sans caméras et surtout sans télé.
Nadia Daam
Image de une: Frank Leboeuf / REUTERS, Ian Waldie
Mis à jour le 02/04/2010 à 18h25












































Y a-t-il un responsable éditorial de slate.fr qui pourrait m'expliquer l'intérêt informatif ou même critique de ce très médiocre texte ?
Denis Brogniart est agaçant ? Il suffit de voir la première édition de Kho Lanta pour le comparer au premier présentateur (multiple vainqueur du Paris Dakar moto) qu’il a remplacé depuis, pour se rendre compte du talent qu’il faut pour donner du piment à cette aventure des temps modernes…
Et quel cliché facile, que de critiquer les téléclichés : retour d’anciens candidats masochistes (et certainement revanchards), face à des sportifs sur le retour (évidemment en manque de notoriété)… Les Français sont si nuls qu’ils ne peuvent bien sur s’inspirer que de réussites télévisuelles américaines (si bien éprouvées qu’elles ont assuré la fortune de leurs producteurs, alors pourquoi pas celle d’une chaîne Française)…
Quel mal y a t’il, à ce que des anonymes se collent la honte à la télé ?
Quelle importance, dans peu de temps tout le monde les aura oublié (de même que les anciens vainqueurs du jeu comme vous le faites remarquer).
Entre temps, un spectacle de divertissement aura été produit. Avec l’unique ambition de trouver un public qui n’a pas d’autre envie que de s’évader d’un quotidien nuageux. De se rêver un instant dans un endroit paradisiaque, où il serait possible de survivre en osmose avec la nature et n’ayant de compte à rendre à personne, sinon aux bigorneaux qu’ils n’auraient pas encore mangés... Loin de l’abnégation quotidienne du devoir que nous avons envers une société dont les dimensions nous dépassent…
… Alors tant qu’on y est, pourquoi ne pas proposer pour les prochaines saisons, une équipe de vigiles contre une bande de voyous à demi karcherisés, dans le cadre idyllique d’une décharge publique, recouvrant des tonnes de déchets radioactifs rendant inutile la guerre du feu pour cuire l’emballage des aliments dont ils rêvent de se remplir la panse en ne pensant à rien d’autre qu’à leur gloire médiatique futile, leur désir d’existence…
A quoi ça sert de consacrer un article à Koh Lanta si vous n'aimez pas? Vous semblez être la première personne convaincue que l'émission ne mérite aucun intérêt, mais c'est finalement le sujet de votre 1er article Slate...
Pour ma part je ne suis plus l'émission depuis longtemps mais j'estime qu'elle est largement au dessus du niveau des autres émissions de télé-réalité proposées par les différentes chaînes..
..et je pense que les expériences vécues par les candidats (manque de nourriture, chasse, pêche, constuire des abris, épreuves, etc) sont largement plus intéressantes que celles dans Loft Story par exemple. Les candidats me paraissent aussi moins superficiels que les autres d'ailleurs.
Chic, j'ai réussi à me connecter ! Et malheureusement je tombe sur cet article d'une nouvelle " journaliste "pour le moins expéditive dans ses jugements. Dommage.
Koh Lanta commettrait de graves dégats écologiques ? Vous etes journaliste, non ? prouvez-le,mettez des liens ! expliquez!
Denis Brogiard agaçant ? ah bon, jugement péremptoire ou circonstancié ? Démontrez !
Du neuf avec du vieux ! et alors pourquoi pas si cela fonctionne et si cela plait.
Pour payer les travaux de la piscine ? ah bon, ils ont tous une piscine les candidats et quand bien même, généralement si on joue c'est pour gagner si en plus on peut gagner de l'argent, pourquoi s en priver
Leboeuf qui ferait de la pub pour de la viande ? pourquoi ne profiterait-il pas de sa notoriété? jalouse ?
Plaisir sadique qui s'émousse ? même pas l'émission fonctionne toujours aussi bien
"...ni plus ni moins qu un alibi..." Cela vous pose-til un problème que nombreux sont ceux qui regardent simplement parce qu'ils aiment bien , point barre.
Quant à vos propositions pour de nouveaux thèmes ou nouveaux types de participants, vous cherchez le bâton pour vous faire battre a moins que ce ne soit le buzz qui vous tente, c'est mal parti.
Non franchement cet article ne vaut pas tripette et ne fait pas honneur à la profession. Et sans vouloir me faire de la pub , je vous engage à lire cet article, peut etre, pourrez vous, vous y reconnaitre.
http://corto74.unblog.fr/2010/03/26/je-suis-la-preuve-vivante-folie-passagere-316/
cordialement
Pour un premier article, je rejoins pleinement l'opinion de Mecenius quant à son manque cruel de profondeur. L'important n'est pas, à mon sens, la prise de position par le journaliste en faveur ou non du thème présenté, mais bien le recul que ce dernier peut prendre par rapport à celui-ci. En l'occurrence, Mme Daam, vous ne faites que nous livrer votre opinion personnelle. Vos propos pourraient se classer dans la catégorie "petit coup de gueule émotionnel"; je n'y vois aucun sens critique, ni analyse du phénomène étudié; tant du point de vue des médias qui font de l'audimat avec ce genre d'événement que de celui des spectateurs qui les consomment. La conclusion vaguement humoristique me semble totalement gratuite et un peu facile.
Je suis plutôt d'accord avec certains d'entre vous: Koh Lanta vaut un peu mieux que la plupart des autres programmes de télé-réalité mais je m'inquiète de constater que pour continuer d'exister, l'émission s'éloigne du modèle de départ (des anonymes lâchés sur une île déserte) en faisant appel à des sportifs un brin people ou à des ex-candidats, qui de fait, ne sont plus des anonymes. Ce nouveau schéma change complètement l'enjeu initial du programme et montre que finalement, le concept du jeu avait des limites.
Alors, c'est vrai, dire en public que l'on regarde Koh Lanta ne vous attirera jamais de regards atterrés, ou si peu.
Et pourtant, Koh Lanta joue exactement sur les mêmes ressorts que les Loft Story et autres Star Ac:
Huis-clos et promiscuité: Même s'il s'agit d'une île déserte et non d'une maison en carton pâte en banlieue parisienne, les candidats dorment les uns sur les autres, n'ont absolument aucune intimité et n'ont aucun contact avec leur famille pendant 42 jours
La carotte: sur la Star ac, c'est chanter en duo avec Mariah Carey, sur Koh Lanta, c'est du rab de riz ou un coup de fil d'un proche. Autant de carottes qui pousseront les candidats à aller au delà de leurs limites physiques pour Koh Lanta, et au delà de leur dignité pour les autres programmes. Mais, dans tous les cas, les candidats restent à la merci de la production qui fixe les règles, et les changent à leur guise, sans qu'aucun candidat ne s'en indigne.
Le bâton: La solennité des cérémonies du feu de camp et le fameux totem de l'immunité pourraient à tort nous faire oublier qu'il s'agit ni plus ni moins de l'équivalent du "pour lourder machin tapez un". Sur Koh Lanta, ce sont les candidats qui décident d'évincer ou non un des leurs, et c'est cette règle qui va déterminer les comportements sur l'île, et les pousser à aller contre leurs principes de loyauté et de solidarité.
Je reste persuadée que le spectacle de ces naufragés volontaires n'est pas beaucoup moins indécent que celui offert par les académiciens et les lofteurs. Quant à l'idée qui voudrait que les candidats de Koh Lanta valent mieux que les autres, je ne dirais qu'un mot: MOUNDIR.
Bref, la télé-réalité, par sa mise-en-scène et ses mécanismes, implique largement le spectateur et il est impossible de ne pas avoir d'avis tranché sur tel ou tel programme et de ne pas s'autoriser à avoir des jugements gratuits sur un animateur ou un candidat. Bref, la télé-réalité et tous ses acteurs donnent le bâton pour se faire battre, alors ne nous privons pas.
À la lecture de certains des commentaires précédents, j'ai dû mal à comprendre ce qui suscité cette hargne envers la journaliste, qui a écrit sur un sujet léger certes, mais sans jamais prétendre bouleverser l